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[e-med] Les génériques ARV thaïlandais en attente de diffusion
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 9 Sep 2002 03:11:29 -0400 (EDT)
E-MED: Les génériques ARV thaïlandais en attente de diffusion
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Les génériques thaïlandais en attente de diffusion
Les centaines de copies de médicaments développés ont élargi l'accès aux
soins
http://www.liberation.fr/page.php?Article=49101
Par Arnaud DUBUS
lundi 26 août 2002
Grâce aux génériques, le coût des trithérapies en Thaïlande est passé de
250 euros par mois au milieu des années 90 à environ 60 euros aujourd'hui.
Bangkok de notre correspondant
50 ans, Krissana Kraisintu, chef du département de recherche de
l'Organisation pharmaceutique
thaïlandaise (GPO) depuis vingt ans, a pris la tête d'une croisade : elle
veut exporter la technologie de production des antirétroviraux génériques
vers l'Afrique. Ce petit bout de femme déborde d'énergie. Elle a développé
des centaines de médicaments génériques, élargissant l'accès aux soins à
des millions de Thaïlandais démunis. Ces dernières années, la chimiste,
formée en Ecosse, s'est concentrée sur la fabrication générique des
composants des trithérapies. Avec des résultats spectaculaires : le coût
local du traitement est passé de 250 euros par mois au milieu des années 90
à environ 60 euros aujourd'hui. En mars dernier, l'Organisation
pharmaceutique a transformé l'essai en annonçant la mise au point d'une
pilule unique, baptisée GPOvir, qui combine les trois composants de la
trithérapie (névirapine, stavudine et lamivudine) pour un coût mensuel d'à
peine 30 euros, un des traitements les moins chers au monde.
En se proposant de transférer son savoir-faire aux Africains, le docteur
Krissana a franchi un nouveau pas qui inquiète les multinationales: elles
craignentde perdre des marchés potentiels. Le médecin insiste sur le fait
qu'elle entend respecter tous les brevets déposés par ces firmes sur des
composants de la trithérapie dans les pays visés. Mais les pressions
semblent avoir été suffisantes pour refroidir l'enthousiasme des supérieurs
hiérarchiques de la bouillante chercheuse.
Qu'importe, celle-ci ne se laisse pas impressionner et se dit prête à aller
seule de l'avant. «Si vous vous contentez d'exporter des génériques, ce
n'est pas du développement durable, explique-t-elle. La production locale
est la seule solution à long terme.» Après avoir démissionné de son poste,
elle compte ouvrir «avant la fin de l'année» des centres de production de
génériques dans les quatre grandes régions d'Afrique. Le Maroc, le Ghana et
l'Ethiopie ont été identifiés comme possibles bases, qui exporteront dans
les pays voisins, tandis que le siège de l'«Intiative pour le transfert de
technologie pharmaceutique» sera en Afrique du Sud. Loin d'être guidée par
des considérations commerciales, la scientifique thaïe défend son projet en
termes de solidarité : «La seule chose que la Thaïlande puisse apporter aux
pays en voie de développement est son savoir-faire», explique-t-elle.
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