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[e-med] Maroc: le secteur des plantes médicinales à développer


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  • Date: Fri, 26 Jul 2002 02:58:12 -0400 (EDT)

E-MED: Maroc: le secteur des plantes médicinales à développer
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Plantes médicinales et aromatiques: un secteur
mal exploité et menacé par les herboristes

Libération (Casablanca)
25 Juillet 2002
Publié sur le web le 25 Juillet 2002

Leila Hallaoui

Les plantes médicinales sont toujours un secteur sous-estimé au
Maroc. S'il est vrai que notre pays en possède 4.200 espèces au
moins, il n'en exploite qu'une petite partie limitée à 280 types
seulement. Résultat : le manque à gagner dans cette affaire se chiffre
à mille emplois qu'aurait pu créer le secteur si chaque province s'était
dotée de 05 à 10 PME spécialisées dans la production de plantes
médicinales et aromatiques. C'est ce que révèle en tout cas une
étude présentée au cours du festival des sciences organisé du 22
juillet au 03 août à Tanger.

Le débat sur ce secteur a marqué donc un intérêt presque légitime.
La conférence animée par M. Mohamed Hmamouchi, mardi, durant
cette même manifestation initiée par l'Université Abdelmalek Essaâdi
et la Fondation Sigma pour les sciences et la culture a relevé les
diverses lacunes qui freinent le lancement d'une véritable activité de
ce secteur. Selon M. Hmamouchi, également directeur du pôle des
compétences des plantes médicinales et responsable de l'Institut
national de plantes médicinales (à Rabat), a évoqué les mauvaises
conditions de stockage de ce type de plantes et l'ignorance des
citoyens des modes de leur utilisation.

A ce propos, l'intervenant, dont les propos sont rapportés par la MAP,
a affirmé que seuls 5% des Marocains vont à la pharmacie pour
s'acheter des remèdes de plantes médicinales alors que la majorité
qui reste se dirige toujours vers les herboristes. Des prétendus
guérisseurs dont les connaissances en la matière sont le fruit d'un
héritage et non d'études scientifiques. De ce fait, les
recommandations d'utilisation telles que les perçoivent ces charlatans
sont en fait des recettes mal formulées et surtout d'un danger certain.
Pour n'en citer qu'un exemple de près de 600 recettes les plus
vendues dans les herboristeries, M. Hmamouchi a évoqué la plus
célèbre connue sous le nom de «Ras Al Hanout». La constitution de
cette dernière est un mélange de 14 drogues dont la nocivité est
désormais attestée par les scientifiques mais, inconnu par les
citoyens pour qui le prix est souvent le premier souci.

M. Hmamouchi n'a pas omis pour sa part d'attirer l'attention sur les
chiffres importants que représente l'investissement dans ce secteur.
Prenant pour exemple le cas de la France où 4.500 entreprises
fabriquent des produits à base de plantes médicinales et
aromatiques, il a insisté sur le fait que le Maroc a toutes les
possibilités de suivre le même chemin comme il est déjà le cas pour
le Bénin, la Guinée, le Burkina Faso et le Congo. D'ailleurs le Maroc,
a-t-il rappelé, exporte vers la France 12.000 tonnes de plantes
médicinales et aromatiques pour une valeur de 300 millions de
dirhams et importe l'équivalent de 100 millions de dh.

Il n'y a pas de doute sur ce fait que ces plantes médicinales sont
effectivement un enjeu médical et environnemental. Mis à part le
secteur pharmaceutique où elles sont utilisées, ces plantes sont aussi
matière de fabrication pour les produits cosmétiques et
agro-alimentaires. Plus de 30% des recettes de formulation des
médicaments sont extraites de ces plantes mais leurs prix très élevé
par rapport au pouvoir d'achat de la masse et l'exportation abusive ne
sont certainement pas des vecteurs au développement à venir
attendu.

Le Maroc en est pleinement conscient. Son intérêt pour ce domaine
s'est confirmé encore plus durant le premier symposium international
organisé à Rabat en mai dernier sous le thème «Plantes médicinales,
santé, environnement au service du développement». Parmi les
recommandations à retenir de cette rencontre, M. Najib Zerouali,
ministre de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et
de la Recherche scientifique, a mis l'accent sur la nécessité de
dynamiser le secteur par la maîtrise des connaissances et des
technologies et de faire évoluer les perspectives de recherches en la
matière afin, aussi, de préserver ce patrimoine que représentent ces
plantes.

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