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[e-med] Nouvelles de la conférence sur le sida à Barcelone (suite)


  • From: remed@remed.org
  • Date: Thu, 11 Jul 2002 04:20:53 -0400 (EDT)

E-MED: Nouvelles de la conférence sur le sida à Barcelone (suite)
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LE MONDE | 10.07.02 | 15h33
La bronca d'Act Up fait battre en retraite le délégué américain à Barcelone
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3220--284343-,00.html

Barcelone de notre envoyé spécial

Tommy Thompson se rappellera sans doute longtemps sa venue à la XIVe
Conférence internationale sur le sida, mardi 9 juillet, à Barcelone. Le
secrétaire d'Etat américain à la santé était venu délivrer un discours
proclamant qu'avec une contribution de 500 millions de dollars au Fonds
global pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme, soit le
quart du total des engagements internationaux, "aucun gouvernement dans
aucun pays n'a jamais fait de la lutte contre le VIH/sida une priorité aussi
élevée"que l'administration Bush.
Avant de "presser toutes les autres nations - en particulier les nations
européennes - de prendre de nouveaux engagements vis-à-vis de ce Fonds,
comme nous l'avons fait", il avait donc prévu de rejeter comme "faciles et
populaires"les reproches de ne pas en faire assez adressés aux Etats-Unis.

Malheureusement pour lui, Tommy Thompson n'a pas pu faire entendre ses
arguments. Dès qu'il s'est présenté à la tribune, où se sont exprimés
Richard Feachem, directeur exécutif du Fonds global, et Gro Harlem
Brundtland, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS),
le ministre américain a vu affluer devant lui une cinquantaine de militants
américains et français d'Act Up et de l'association Health Gap. Pendant une
bonne dizaine de minutes, sifflets stridents, cris et slogans l'ont
contraint au silence. "Où sont les 10 milliards ?", "Des milliards pour le
Fonds maintenant !", ont scandé les perturbateurs, brandissant des pancartes
traitant George W. Bush d'"assassin", qui manifestement trouvaient la
contribution américaine insuffisante.

JEAN-FRANÇOIS MATTEI CHAHUTÉ

Le calme a paru revenir et les manifestants s'éloigner, au grand soulagement
de Tommy Thompson, qui a cru en avoir fini et a tenté de lire son discours.
Mais la bronca a repris de plus belle, même si elle n'a pas connu les
sommets qu'a atteints celle qui a accompagné en permanence l'intervention de
l'homologue espagnole de Tommy Thompson lors de la séance inaugurale de la
conférence de Barcelone. Finalement, après une ultime tentative et toujours
inaudible, le ministre américain a tourné les talons et, escorté par ses
gardes du corps, a quitté la salle par une porte de service.

Les militants d'Act Up et des autres associations radicales de lutte contre
le sida ne s'en sont pas pris qu'au seul Tommy Thompson. Outre la mise à sac
du stand du laboratoire Roche, lundi 8 juillet, à laquelle il faut ajouter
celle du stand du laboratoire Gilead par des militants italiens, Act
Up-Paris a interpellé Jean-François Mattei, venu brièvement à Barcelone,
mardi 9 juillet, pour y lire la déclaration de Jacques Chirac (Le Monde du 9
juillet) lors d'une des séances, rencontrer les associations et répondre à
la presse. Le ministre a énoncé les mesures déjà prises par la France par le
gouvernement précédent, sans annoncer de mesures nouvelles, en particulier
sur la contribution au Fonds global.

C'est ce qu'ont dénoncé des militants d'Act Up, qui avaient été reçus la
semaine précédente par le ministre et à l'Elysée. Affirmant qu'il lui
"aurait été plus facile de ne pas venir", Jean-François Mattei a fait valoir
que le gouvernement dont il est membre n'avait pas encore eu le temps de
prendre des mesures supplémentaires et a assuré qu'il s'y emploierait.

Paul Benkimoun

? ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.07.02

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LE MONDE | 08.07.02 | 15h29
? MIS A JOUR LE 08.07.02 | 15h31
MSF : favoriser "l'accès équitable" aux traitements
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3220--284050-,00.html

Barcelone de notre envoyé spécial

Moins de 4 % des personnes atteintes par le virus du sida dans le monde en
développement ont accès à un traitement antirétroviral. L'estimation est
officielle et figure dans le rapport rendu public le 2 juillet par Onusida.
Selon l'agence des Nations unies, à peine 230 000 personnes vivant dans les
pays en développement bénéficient des médicaments antisida. La moitié
d'entre elles vit au Brésil, précise Médecins sans frontières (MSF) qui
organisait, vendredi 5 juillet, avec une autre organisation non
gouvernementale, Health Gap, un symposium satellite juste avant l'ouverture
de la conférence de Barcelone.
Les deux ONG ont mis en cause les nations les plus riches, qui manquent à
leur devoir de financer la lutte contre le sida.

Illustrant sa volonté de "transformer le droit au traitement antisida", MSF
a rendu publics à cette occasion les résultats d'une étude sur sept
programmes pilotes de traitement par une trithérapie (Afrique du Sud,
Malawi, Cameroun, Kenya, Cambodge, Thaïlande et Guatemala), qui démontrent
les bénéfices concrets pour les malades.

Les données présentées par le docteur Jean-Michel Tassie concernaient 743
patients, chez qui les traitements ont débuté, alors qu'ils étaient déjà à
un stade avancé de la maladie. La probabilité d'être en vie six mois après
le début du traitement était de 93 %. Au bout de six mois, 95 % des patients
continuaient de prendre correctement leur traitement. Même dans un contexte
de pays en développement, il est donc possible et spectaculairement
efficace de traiter les personnes souffrant du sida avec une trithérapie.

MSF a mis en cause l'approche de l'industrie pharmaceutique dans son
initiative "Accélérer l'accès", pour laquelle Onusida et l'Organisation
mondiale de la santé (OMS) aident les pays à mettre au point des plans
antisida et facilitent leurs échanges avec les laboratoires. "Les firmes
pharmaceutiques définissent les règles et pratiquent des réductions de prix
différentes suivant les pays par des discussions séparées", a expliqué
Carmen Perez de MSF-Espagne. La manière la plus sûre de faire baisser les
prix est de faire jouer la concurrence avec les médicaments génériques qui,
à combinaison identique, sont de deux à quatre fois moins chers que les
médicaments originaux des laboratoires. C'est ce que MS F appelle l'accès
équitable pour ces médicaments essentiels.

Plutôt que de s'en remettre au seul dispositif de prix différenciés - les
produits seraient vendus moins chers au Sud qu'au Nord où les laboratoires
récupéreraient leurs investissements -, MSF souhaite que les patients comme
les gouvernements et les institutions internationales encouragent l'achat
des médicaments les moins chers grâce à la compétition et la production
locale de médicaments génériques.

Paul Benkimoun

? ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 09.07.02

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