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[e-med] La croisade d'un médecin Ougandais pour des ARV
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 19 Jun 2002 03:43:22 -0400 (EDT)
E-MED: La croisade d'un médecin Ougandais pour des ARV
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[Modérateur: remerciements à Charles Rambert pour la traduction de cet
article publié sur la liste de diffusion ip-health le 13 juin 2002 par Mike
Palmedo. CB]
[Ip-health] WP: Ugandan Doctor Crusades for Cheaper AIDS Drugs
http://online.wsj.com/article/0,,SB1023907484772816520-search,00.html?collec
tion=wsjie/30day&vql-string=(barcelona)<in>(article-body)
La croisade d'un médecin Ougandais pour des médicaments contre le SIDA moins
chers
MICHAEL WALDHOLZ
Si Peter Mugyenyi était médecin aux USA, au lieu de l'Ouganda, il serait une
superstar.
Les épaules carrées et portant bien, le Dr. Mugyenyi est connu dans toute
l'Afrique sub-Saharienne comme expert infectiologue. C'est aussi un héros
local. Jeune médecin, il fuit l'Ouganda et les voyous de Idi Amin Dada, en
sautnt par une fenêtre pour ne pas entre arrêté. Par une ironie de
l'histoire, des années pus tard, il a établi une clinique pionnière en son
temps pour le SIDA, à l'endroit même dans Kampala, ou stationnaient les
troupes d'Amin Dada.
Mais il est surtout célèbre maintenant pour sa croisade, qui remonte à 1996,
quand il était l'un des premiers médecins africains à demander que ses
patients puisent recevoir les traitements compliqués qui ont révolutionné le
traitement du VIH/SIDA aux USA.
La première fois que je l'ai rencontré, en 1998, au Joint Clinical Research
Centre, il regardait mourir ses patients sans pouvoir les aider, alors que
son armoire était pleine de médicaments qui périmaient. En l'absence de
sécurité sociale, et alors que des pressions sont faites sur le gouvernement
pour qu'il paie les soins, comment un Ougandais gagnant bien sa vie, soit
600 US$ par mois, pourrait-il se payer un traitement à 12.000 US$ par an ?
Il m'a présenté un homme d'âge moyen, infecté du SIDA, du nom de Sam, qui
espérait que les médicaments l'empêcheraient de mourir avant que ses enfants
n'aillent à l'école primaire. Mais même en rassemblant toutes ses économies,
en vendant ses vaches et en empruntant dans sa famille, il ne pourrait
acheter que quelques mois de traitement.
Maintenant le Dr Mugyenyi justifie sa position, tout en restant combatif.
On a montré qu'ils avaient tort » m'a-t-il dit au téléphone l'autre jour,
en parlant des dirigeants des labos qui défendent le prix juteux des
médicaments en disant que les africains seraient incapables de suivre un
traitement correctement, qu'il fallait des années de formation pour faire un
médecin, et que le peu de ressources disponibles devrait entre utilisé en
prévention, pas en curatif.
Maintenant, il traite quelques 4.000 patients, contre 200 il y a quelques
années. « Même des gens dans des endroits reculés sont bien suivis », là où
la clinique a essaimé 4 cliniques satellites. « On a montré au monde entier
que le seul frein au traitement salvateur en est le prix élevé »
ajoute-t-il. Près de 1,5 millions d'Ougandais sont infectés, et la plupart
devrait être traité. Trouver une solution au prix « est la question la plus
importante maintenant ».
Dr. Mugyenyi et ses collègues en Afrique sub-Saharienne ou 28 millions
de personnes sont infectées par le virus ont pu montrer qu'ils avaient
raison l'an dernier, quand, sous la pression internationale, les fabricants
ont décidés de casser leurs prix de 90% et plus en faveur des pays pauvres.
Dr. Mugyenyi a poussé dans ce sens en défiant les règlements sur les
importations en achetant des produits bon marché, génériques. "Je
réceptionnait moi-même les produits à l'aéroport et je forçait les autorités
à les laisser passer," dit-il, se référant à ses commandes passées à Cipla,
le fabricant indien de génériques. Maintenant, un "cocktail" de trois
produits de Cipla coûte $420 par an. Le même sous nom de marque coûte le
double.
« Mes patients, en prenant le produit de Cipla, ignorent qu'ils sont en
infraction ».
Malgré la chute brutale des prix, sans précèdent, faciliter l'accès aux
médicaments pour les pauvres du monde entier reste un sujet majeur a
débattre lors de la 14eme Conférence Internationale sur le SIDA à
Barcelone, en juillet. Poussé par Kofi Annan, le Secrétaire Général des
Nations Unies, l'an dernier, a été créé un fonds global de lutte contre le
SIDA et d'autres maladies. Il a déjà reçu 2 des 10 milliards US$ nécessaires
chaque année pour lutter contre le SIDA. L'Ouganda en a reçu 52 millions US$
dont la majeure partie pour aider les patients actuels, pense le Dr Mugyenyi
: « si nous voulons vraiment gagner ce combat, les prix doivent encore
baisser, sinon il faut aider financièrement, par les pays africains ou par
une augmentation significative du fonds» ajoute-t-il.
A Barcelone, une coalition des fabricants, de l'OMS, de la Banque Mondiale,
de l'ONU, appelée l'Initiative pour un Accès Rapide IAR -- Accelerating
Access Initiative - présente un rapport montrant que 36,000 personnes en
Afrique sub-Saharienne sont traitées depuis la baisse des prix de l'an
dernier. Nombre des officiels de cette coalition pensent que ces chiffres
sont faibles en comparaison du nombre de malades. Pour J-P Garnier,
Président de GSK, « c'est une augmentation significative, près de 4 fois le
nombre de cas traités précédemment. Nous jouons notre rôle, faisant
remarquer que la bi-association appelée Combivir coûte maintenant 2 US$ par
jour, contre près de 13 aux USA. Mais les gouvernements africains doivent
aussi faire preuve d'initiative, et les pays riches doivent augmenter leur
contribution ».
Il ajoute que beaucoup de pays ont accepté les critères de l'IAR pour
obtenir de meilleurs prix, mais les commandes ne se bousculent pas. Sowedi
Muyingo, qui conduit un programme à Kampala financé par Abbott et géré par
Axios International Ltd., une agence de consultants basée à Dublin et
opérant en Afrique, qui ajoute que IAR et le fond global pourrait accroître
de façon significative l'usage du fonds si les activités marketing ciblaient
les hôpitaux privés et les organisations sans but lucratif, au lieu des
trous sans fond des gouvernements qui passent leur temps à débattre de
l'absence de fonds. « On reçoit des demandes de toute l'Afrique, de petits
centres, demandant comment développer l'accès aux traitements, mais ce qui
manque c'est l'argent, et les gouvernements ne les aident pas » selon le Dr
Mugyenyi.
Pour Mr. Muyingo, accroître l'accès aux traitements, est le meilleur moyen
d'accroître la prévention. La plupart des gens en Ouganda ignorent être
infectés et n'ont pas d'incitation à se faire tester parce qu'ils ne
pourront pas se payer les traitements par la suite. "Comment peut-on espérer
convaincre les gens de ne pas disséminer le virus quand ils ignorent être
infectés ? » demande-t-il. Un argument que beaucoup emploieront à Barcelone.
Il est certain que le débat pour augmenter le fonds fera rage à Barcelone,
sachant que les autorites veulent étendre la couverture en traitement à 3
millions de patients d'ici à 2005. Même avec les 250 million US$ libérés par
l'administration Bush pour le fonds, les USA seront sous pression pour
augmenter leur aide, sans doute à hauteur de 1 milliard US$, ou plus, cette
année. Même si l'Afrique parait lointaine à beaucoup d'Américains, lutter
contre l'épidémie est aussi important pour notre sécurité que lutter contre
le terrorisme.
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