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[e-med] revue de presse sur le sida
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 14 Jun 2002 04:39:45 -0400 (EDT)
E-MED: revue de presse sur le sida
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Sida en Afrique: la Croix Rouge réclame des soutiens du secteur privé
GENEVE, 13 juin (AFP) - 18h55
La Croix-Rouge internationale a réclamé jeudi davantage de soutiens du
secteur privé à ses programmes contre le sida en Afrique, au moment où elle
se voyait octroyer une contribution de 3 millions de francs suisses (2
M.EUROS) de la part de la multinationale suisse Nestlé.
"Il faut concevoir de nouveaux partenariats et moyens d'opérer si l'on veut
secourir les gens et arrêter une épidémie", a déclaré à Genève Didier
Cherpitel, secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.
Nestlé a remis un premier chèque de 500.000 FS dans le cadre d'une action de
soutien de trois ans à une initiative de santé des sociétés africaines de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, "ARCHI 2010", qui prévoit des actions
d'assistance et d'éducation à la santé.
Cette contribution du géant suisse de l'agro-alimentaire sera principalement
affectée à des programmes au Nigéria, qui a enregistré ces dernières années
une véritable explosion de cas de contamination. Plus de 2,7 millions
d'habitants de ce pays seraient aujourd'hui séropositifs.
L'engagement de Nestlé dans les pays en développement a été controversée
dans les années 70 et 80, en particulier ses campagnes pour la promotion des
laits en poudre qui se substituaient à l'allaitement maternel.
Alors que certaines opinions critiques jugent que Nestlé cherche aujourd'hui
à redorer son blason, son vice-président et administrateur délégué, Peter
Brabeck, a insisté sur le fait que l'engagement de Nestlé dans des
"responsabilités sociales" et d'autres programmes anti-sida n'est pas
nouveau.
"C'est bien simple, nous avons réalisé qu'une grande part des employés et
de l'encadrement de nos usines en Afrique du Sud sont en train de mourir", a
déclaré M. Brabeck à des journalistes.
Environ 45 pour cent des employés de Nestlé le sont dans les pays en
développement, y compris 12.000 répartis dans 30 usines en Afrique.
M. Brabeck a exhorté d'autres sociétés à rejoindre l'effort commun contre le
sida. "Seuls, nous ne pouvons faire que peu de choses, mais si beaucoup
s'allient, cela peut faire une différence notable et substantielle", a-t-il
dit.
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Grossesse et sida: les avantages des médicaments supérieurs aux risques
WASHINGTON, 12 juin (AFP) - 23h00
Les cocktails anti-sida administrés aux femmes séropositives pendant une
grossesse sont efficaces pour prévenir la transmission du sida au foetus,
sans augmenter les risques de complications telles que la naissance
prématurée ou la mort foetale tardive, selon une étude américaine à paraître
jeudi.
Les auteurs de l'article publié par la revue The New England Journal of
Medicine notent néanmoins un léger accroissement du risque de mettre au
monde un enfant de faible poids (moins de 1,5 kg) parmi les femmes dont le
traitement anti-sida comprend des médicaments de la classe des inhibiteurs
de protéase.
Ce type de médicaments bloque l'activité de la protéase du VIH (virus du
sida), l'empêchant de se reconstituer de manière fonctionnelle et
d'infecter d'autres cellules.
L'article compile les résultats de sept études américaines sur des femmes
enceintes et séropositives. Il va à l'encontre des conclusions d'une étude
suisse de 1998 selon laquelle les femmes enceintes suivant un traitement
comprenant des inhibiteurs de protéase auraient un risque d'accouchement
prématuré supérieur de 33% aux femmes séropositives ne prenant pas ce type
de médicaments.
"Le cocktail thérapeutique est sans équivalent pour prévenir la
transmission du VIH de la mère à l'enfant", a déclaré Duane Alexander,
directeur du National Institute of Child Health and Human Development
(NICHD), qui a financé l'étude américaine.
Les études portent au total sur 3.266 femmes séropositive (VIH-1) qui ont
donné naissance à un enfant entre 1990 et 1998. Parmi elles, 1.590 n'ont
reçu qu'un type de médicaments anti-sida (pas d'inhibiteurs de protéase),
396 femmes ont reçu un cocktail de médicaments toujours sans inhibiteurs de
protéase, 137 ont reçu un cocktail avec inhibiteurs, et 1.143 n'ont reçu
aucun antirétroviral.
Le taux d'accouchements prématurés s'est montré similaire chez les femmes
ayant reçu des médicaments antirétroviraux (16%) et pour celles qui n'en
n'ont pas reçu (17%). Les thérapies combinant les antirétroviraux n'ont pas
eu d'effet sur le taux de naissances prématurées.
Et parmi les 137 femmes qui ont reçu un cocktail de thérapies comprenant des
inhibiteurs de protéase, sept femmes ont accouché d'enfants à faible poids
de naissance (5%) contre neuf femmes (2%) dans le même cas et qui avaient
reçu un cocktail sans inhibiteurs.
L'étude suisse (qui concluait à un risque accru de 33% d'accouchement
prématuré chez les femmes prenant des inibiteurs de protéase) portait sur un
total de 33 femmes dont 13 avaient pris ce type de médicaments.
"Nos données nous permettent de penser que les risques de complications
durant la grossesse attribuables à la thérapie antirétrovirale sont faibles
et sont certainement compensés par les bénéfices de telles thérapies pendant
la grossesse", écrivent les auteurs en conclusion de leur article.
Il existe trois catégories de médicaments pour lutter contre le sida, chaque
famille d'antirétroviraux agissant en bloquant l'une des trois protéines
dont se sert le VIH pour se répliquer à l'intérieur des cellules du système
immunitaire: la protéase, la transcriptase inverse et l'intégrase. Ils
visent à réduire la présence du virus dans le sang à des niveaux
indétectables.
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Livre. L'évolution de l'accès aux médicaments dans les pays pauvres.
Petites victoires pour les malades du Sud
http://www.liberation.fr/page.php?Article=32006
Par Eric FAVEREAU
mardi 04 juin 2002
Il y a une lecture optimiste du livre de Paul Benkimoun sur l'accès aux
médicaments dans les pays pauvres, en particulier les traitements antisida.
En quelques années, les évolutions ont été spectaculaires, quasi
miraculeuses. On est passé de la toute-puissance des industries
pharmaceutiques qui décidaient, selon l'évolution de leur courbe de profit,
de la sortie ou du retrait de tel médicament, à la défaite symbolique
survenue lors du procès dit de Pretoria où lesdites entreprises ont été
obligées de retirer leur plainte contre le gouvernement sud-africain qui
entendait importer des génériques antisida.
En termes de discours ou de déclarations, les mois passés ont été ainsi
jalonnés de victoires. Alors que dans les années 90, un grand nombre
d'experts continuaient de dire que la question de l'accès aux médicaments
des pays pauvres n'était franchement pas la priorité, que «la prévention
était essentielle», et qu'en tout état de cause «les médicaments n'étaient
pas faits pour eux, car trop compliqués à prendre à heure fixe,
rendez-vous compte ?», aujourd'hui rares sont ceux qui osent encore tenir
pareil discours. Les grandes firmes pharmaceutiques ont été contraintes de
nuancer leur stratégie et d'intégrer en partie les notions de santé
publique. Elles ne peuvent se contenter de répéter que «l'importation des
génériques est un crime, remettant en cause leur existence même».
Et surtout, ces firmes ont baissé très fortement le prix de leurs molécules
pour les pays pauvres, adoptant une politique dite de «prix différenciés».
Ce n'est pas le moindre mérite du travail de Paul Benkimoun, journaliste au
Monde, que d'avoir retracé la genèse de ces petites victoires. Des avancées
toutes conquises sur l'indifférence, toutes menées par des activistes en
proie au départ au sourire goguenard des experts. Du Brésil à l'Afrique du
Sud, en passant par Genève ou Paris, ce sont des militants qui ont fait
bouger les lignes de la fatalité. Comme Eloan dos Santos Pinheirio,
Brésilienne et chimiste de formation : «Je connais très bien cette industrie
pharmaceutique, elle m'a tout appris, elle m'a appris à être une bonne
gestionnaire, à comprendre les lois du brevet, mais aussi à retirer un
médicament du marché non pas parce qu'il est mauvais mais parce qu'il ne
génère pas assez de profits. Mais je suis fatiguée de discuter avec ces
gens-là», dit cette femme qui se bat depuis sans fin.
Et puis, il y a une lecture pessimiste de cette enquête. Certes, les
discours ont changé, il existe même à l'initiative de l'ONU un fonds global
de lutte contre le sida mais, dans les faits, que voit-on ? Sur les trois
millions de morts annoncés en 2002 à cause du sida dans le monde, combien
vont être évités ? Combien d'habitants d'Afrique subsaharienne sont-ils
aujourd'hui sous traitement ?
Les mots ont évolué, pas vraiment les pratiques.
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