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[e-med] A propos des prix des médicaments en Europe et aux USA
- From: "James Love" <james.love@cptech.org>
- Date: Wed, 12 Jun 2002 04:13:45 -0400 (EDT)
E-MED: A propos des prix des médicaments en Europe et aux USA
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[Modérateur: remerciements à Charles Rambert pour la traduction de ces deux
articles communiqué par James Loves à la liste de diffusion ip-health.CB]
From: "James Love" <james.love@cptech.org>
To: <ip-health@lists.essential.org>
Date: Fri, 7 Jun 2002 14:35:45 -0400
Subject: [Ip-health] WJS on European price controls
http://online.wsj.com/article/0,,SB1023410062557115600,00.html?mod=Page%20On
e
En Europe, les fabricants de médicaments luttent contre les baisses de prix
autoritaires
By VANESSA FUHRMANS and GAUTAM NAIK
Staff Reporters of THE WALL STREET JOURNAL
Etant l?acheteur de près de 80% des médicaments vendus sur prescription, les
caisses d?assurance maladie allemandes versent des milliards d?euros dans
les caisses de l?industrie chaque année. Mais l?hiver dernier, dans un rôle
inverse, les plus grands fabricants mondiaux ont reversés plus de 200
millions d?euros, quelques 189 millions de dollars, aux programmes financés
par l?état.
Ce payement est le résultat d?une négociation de 11h entre l?industrie et le
Chancelier Gerhard Schroeder visant à empêcher le Ministère de la Santé d?
imposer une réduction des prix de 4% sur les médicaments de prescriptions.
En novembre, au cours d?une réception à la chancellerie à Berlin, les
dirigeants de l?industrie étaient tombés d?accord pour ouvrir un compte
commun où 38 laboratoires verseraient de l?argent si Mr. Schroeder
réussissait à arrêter la décision du ministère de la santé. Au nombre de ces
laboratoires on compte Pfizer, GSK, MSD, etc.
Les négociateurs de l?industrie ont préféré une négociation visant a aider l
?Allemagne à faire face au coût croissant des soins plutôt qu?une baisse
arbitraire des prix que d?autres gouvernements européens pourraient utiliser
comme précèdent.
Le coup joué en Allemagne n?est qu?un exemple de la bataille désespérée que
livre l?industrie contre les baisses de prix en Europe, où les gouvernements
ont l?habitude de contrôler les prix. Les conséquences sont une implication
directe sur les hausses de prix aux USA.
Tout cela parce que les USA sont le seul grand pays développé à ne pas avoir
de système de contrôle des prix. Dans un passé récent, alors que les prix
des médicaments en Europe ont connu des baisses significatives, dans le même
temps les fabricants augmentaient leurs prix de 2 a 3% chaque année, parfois
plus, en Amérique. Plus tôt cette année, MSD a décidé d?augmenter le prix de
ses 3 produits leaders de 5,9% ; le Cozaar cardiovasculaire, le Singulair
pour l?asthme et le Fosamax pour l?ostéoporose.
« Petit à petit, la profitabilité des marchés européens décroît, et nous
dépendons de plus en plus des USA » a déclaré Jean-Francois Dehecq, PDG de
Sanofi-Synthelabo. « Au début du cycle de vie du produit, ce n?est pas trop
mal. Mais année après année, on augmente les prix en Amérique. Dans le même
temps on les réduit en Europe? Quelques années plus tard, c?est un
désastre. » a-t-il confirmé.
Le résultat en est une grande disparité des prix entre les USA et les autres
pays. Rita Cohn, une retraitée de 70 ans vivant à Hollywood paie 3,98$? la
plupart du temps sans remboursement ? chaque pilule de Lipitor 40mg qu?elle
prend quotidiennement pour abaisser son cholestérol. En Espagne, ce produit
ne coûte que 1,95$ la pilule, soit environ la moitié. A cause de ces écarts
de prix, les politiciens, les assureurs et les consommateurs demandent un
changement de politique en Amérique.
« C?est dingue, dit Mme Cohn, de pouvoir payer 50% de moins de l?autre côté
de la frontière au Canada ». Elle dit dépenser 600$ de sa poche tous les
trois mois pour des médicaments de prescription en plus des 250$ payés par
les assurances maladies.
Il y a dix ans, l?Europe était le premier marché pharmaceutique dans le
monde. Maintenant, à cause du contrôle des prix, elle ne représente que 22%
d?un marché mondial évalué à 400 milliards de dollars US, d?après la société
d?études de marchés américaine IMS. Par contre, avec moins de population,
les USA représentent 46% des ventes de médicaments et 60% des profits de l?
industrie.
« Pourquoi les Américains doivent-ils financer les dépenses de santé des
Norvégiens ou des Français? » a demandé Mme. Shalala, qui fut la Secrétaire
d?Etat américaine à la Santé pendant la présidence Clinton, et qui est
maintenant présidente de l?Université de Miami, en Floride.
Elle ajoute que les contribuables américains, par le NIH Institut National
de la Santé, ont financé la plupart des recherches qui sont à l?origine des
produits de l?industrie. « Nous avons payé pour ces recherches et en plus
devons-nous payer plus chers pour les produits ? Ce n?est pas juste»
ajoute-t-elle.
Jusque récemment, les fabricants pouvaient tolérer les diminutions de prix
en Europe car les ventes en Amérique augmentaient elles rapidement. S?il
était coincé en Europe, un fabricant pouvait toujours compenser par des
augmentations en Amérique.
Or maintenant les fabricants de médicaments commencent à s?inquiéter des
nouvelles mesures en Amérique. Les réglementations préconisent des rabais
plus importants pour les patients dépendant de Medicaid, simplement pare que
les organisations de soins correspondantes demandent de meilleurs prix pour
elles-mêmes. Les procureurs généraux lancent des enquêtes sur les tactiques
de prix de l?industrie et engagent des poursuites contre des fabricants pour
avoir maintenu des prix élevés en empêchant l?arrivée de génériques bon
marché.
Les profits des fabricants sont aussi l?objet d?attaques sous d?autres
angles : nombre de leurs produits faisant les meilleures ventes vont perdre
la protection du brevet et les résultats de la recherche se font attendre.
Tous ces facteurs s?ajoutent à la faible croissance attendue des résultats
pour cette année, qui sonne comme une gifle pour cette industrie habituée à
une croissance à deux chiffres ces dernières années.
Alors cette industrie ne va pas se laisser faire en Europe. La plupart des
pays européens, tout comme d?autres pays industrialisés comme le Japon,
établissent leurs prix par comparaison avec ceux d?autres pays. Une
réduction de prix ici peut entraîner une réaction en chaîne là, en Europe ou
ailleurs.
Même si les fabricants ont pu arrêter une réduction de prix en Allemagne,
ils n?ont pas pu éviter une baisse de 5% en Italie ce mois-ci. En France, où
les prix ont diminué de 15% l?été dernier, on s?attend à d?autres baisses si
les dépenses de santé continue à croître trop vite.
L?arme de dernier recours dans les mains de l?industrie est la menace de
priver les pays européens des dernières innovations thérapeutiques. Bien que
les fabricants disent ne pas vouloir recourir à cette fin, il existe des
exemples de produits hors d?atteinte des européens.
Apres des années d?une négociation commencée en 1998, MSD a déclaré que les
autorités françaises n?accepteraient pas un prix suffisamment proche de
celui demandé par MSD pour l?antimigraineux Maxalt. MSD souhaitait un prix
proche de celui en Allemagne. Alors MSD a décidé d?arrêter les discussions
et de mettre le produit sur le marché sans remboursement. En retour,
seulement quelques grossistes ont du produit en stock. MSD a déclaré que
dans d?autres pays européens, comme l?Allemagne, ou on trouve ce produit à
12 euros par comprimé, Maxalt est le leader des anti-migraineux.
MSD a ajouté qu?il aurait perdu de l?argent s?il avait accepté le prix
proposé par les autorités françaises. Des importateurs auraient acheté
Maxalt en France en gros pour le revendre dans des pays voisins à un prix
plus bas que celui du marché. De plus d?autres pays auraient pris le prix en
France comme référence pour eux-mêmes.
« Le prix en France serait devenu le prix en Europe » a déclaré Per
Wold-Olsen, responsable des activités de MSD en Europe.
Une couverture santé universelle et étatique est devenue la norme en Europe,
en partie à cause des effets dévastateurs de la deuxième guerre mondiale.
Même si quelques Européens font appel à des assurances privées, la plupart
bénéficient d?une couverture étatique, il en est ainsi du système
nationalisé en Grand Bretagne et du système français semi privée financée
par l?état.
Le rôle déterminant des gouvernements européens en couverture maladie leur
donne le pouvoir de décider du prix et d?empêcher la publicité directe vers
le consommateur, pour garder la main haute sur la demande en médicaments.
Et pourtant, les coûts de la santé en Europe atteignent des sommets,
notamment à cause de la croissance de 2% par an de la population des
personnes de plus de 65 ans. En Europe, les dépenses de santé des plus de 65
ans est 4 fois supérieure à celle des plus jeunes. Il en résulte que l?
ardoise des médicaments sur prescription a augmenté de 10 a 20% au cours des
2 dernières années dans la plupart des pays européens.
En réponse, l?an passé, les gouvernements européens ont décidé de s?attaquer
aux produits les plus chers. L?été dernier, la France a lancé l?action la
plus agressive à ce jour en listant les produits les plus vendus, comme l?
anti-ulcéreux Prilosec d?Astra Zeneca, le Lipitor de Pfizer et l?
antidépresseur Paxil de GSK. Dans les discussions qui s?en suivirent, le
gouvernement a négociés des baisses de prix de 2 à 15%. Plus les ventes sont
élevées, plus grande est la baisse de prix.
Les responsables de l?industrie savaient qu?un nouveau tour de baisse de
prix arriverait, mais ils s?attendaient que le gouvernement vise quelques
uns des 800 produits les plus anciens du marché, et non parmi les plus
récents.
« Les gouvernements regardent les médicaments comme une ligne budgétaire,
sans rapport avec les avantages pour la communauté » a déclaré Ian Read,
Directeur Général de Pfizer, dont le prix du Lipitor a été coupé de 8%. « C?
est la santé vue par l?arithmétique ».
Les autorités françaises répondent qu?elles n?ont pas le choix. En 2000, les
remboursements ont augmenté de 10,5% pour atteindre 18 milliards d?euros. L?
augmentation est due en partie à la capacité des laboratoires à convaincre
les médecins et les utilisateurs de se tourner vers les produits nouveaux,
plus chers mais à peine meilleurs que leurs prédécesseurs, déclare Noel
Renaudin, qui dirige la commission des prix française. Aux Etats-Unis, la
note a gonflé de 17% en 2000 pour atteindre 121,8 milliards de dollars,
selon les statistiques gouvernementales.
D?après M. Renaudin, le plus grand problème des fabricants n?est pas l?état
mais leur incapacité à innover suffisamment vite.
Actuellement, les fabricants de spécialités, qui habituellement cherchent à
contrecarrer les actions des producteurs de génériques, se tournent vers ces
derniers pour trouver une solution au problème du prix. Les fabricants de
spécialités poussent à une utilisation élargie des produits (ayant des
propriétés semblables NDLR) moins chers comme la réponse la plus simple
pour réduire les coûts de la santé en Europe.
En Amérique, les génériques représentent la moitié des prescriptions. Mais
en Europe, où les prix des spécialités sont si bas, les fabricants de
génériques voient peu d?intérêt à s?y lancer. Le traitement de la goutte
Zyloric en boite de 28 comprimés, de GSK, à 3,08 euros a toujours une part
de marché de 80% en France, même si son brevet est tombé depuis 1968.
Pour les fabricants de spécialités, le marché s?ouvrirait volontiers aux
génériques si les prix étaient plus élevés pour les nouveaux produits. (Nous
assistons ici à un intéressant sophisme de l?industrie, car si le marché est
aujourd?hui à l?indice 100, par des prix plus élevés il passerait à, disons
120, et les génériques le ramèneraient à 100. Soit une économie de 20. Mais
là n?est pas la question ! La question est de passer de 100 à 90 ! NDLR)
Selon Christopher Viehbacher, Président de GSK pour la zone Europe : « La
situation est pratiquement sans issue quand vous entendez un représentant d?
un grand laboratoire dire : on devrait considérer les possibilités des
génériques et des OTC (médicaments vendus sans ordonnances NDLR) ».
Dans certaines parties de l?Europe, les prix des médicaments de
prescription sont parfois plus bas que le prix officiel parce que les
grossistes les achètent en Espagne et au Portugal, où les prix sont moins
chers pour les revendre dans les pays à prix plus élevés comme la Grande
Bretagne ou l?Allemagne.
Sanofi-Synthelabo estime que 80% des ventes de son produit pour l?
hypertension Avapro au Royaume Uni émanent d?intermédiaires qui l?achètent
en Espagne à 0,58 euro (0,55$) le comprimé de 150mg. Le gouvernement
britannique fait des économies parce que les pharmacies achètent ce produit
à des grossistes à un prix inférieur de 5 à 8% par rapport au prix officiel
grossiste de 0,79 euro. Cependant la plus grande partie de la différence va
dans la poche des grossistes. Par comparaison, en Amérique, Avapro est vendu
1,41$ aux patients par Drugstore.Com.Inc., qui d?une manière générale offre
les meilleurs prix du marché de détail.
Les fabricants estiment ainsi perdre plus de 2 milliards de dollar par an en
Europe à cause des importations parallèles, souvent encouragées ouvertement
par les gouvernements. L?Allemagne demande aux pharmacies d?acheter au
minimum 5% de leurs stock via des importations moins chères.
En Amérique, importer de grandes quantités de médicaments pour la revente
est illégal. Cependant des juristes américains s?emploient à changer cette
situation. Ils veulent que les pharmacies et les grossistes américains
puissent acheter au Canada, où les prix sont plus bas.
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Message: 2
From: "James Love" <james.love@cptech.org>
To: <ip-health@lists.essential.org>
Date: Fri, 7 Jun 2002 14:52:41 -0400
Subject: [Ip-health] Kaiser summary of WSJ on European price regulation
http://www.kaisernetwork.org/daily_reports/print_report.cfm?DR_ID=11599&dr_c
at=3
Kaiser Daily Health Policy Report
Friday, June 07, 2002
Médicaments sur prescription
Les contrôles des prix en Europe peuvent se ressentir sur les prix en
Amérique
Pour contenir la croissance des coûts de la santé qui risquent de grever
leurs budgets, les gouvernements en Europe imposent des baisses de prix sur
de nombreuses spécialités, une tendance qui pourrait avoir un effet sur les
prix en Amérique, selon le Wall Street Journal. La plupart des pays
européens ont un système de santé étatisé, qui donnent aux gouvernements un
rôle prépondérant dans la fixation des prix et dans le refus de la publicité
directe vers les consommateurs. Et parce que les Etats Unis sont la seule
nation à ne pas avoir ce qui pourrait ressembler à un contrôle des prix des
médicaments de prescription, les laboratoires pharmaceutiques augmentent
leurs prix aux USA pour compenser les pertes en Europe. Au cours des
dernières années, les fabricants ont augmenté leurs prix en Amérique de 2 à
3% par an, même quand les prix en Europe baissaient.
Bien que l?Europe représentait le plus grand marché pharmaceutique au monde
il y a dix ans, à cause du contrôle des prix, elle ne pèse plus que 22% des
400 milliards de dollars US du marche global des médicaments. Les Etats Unis
représentent pour leur part 46% de ce marché. « Petit à petit, la
profitabilité des marchés européens décroît, et nous dépendons de plus en
plus des USA » a déclaré Jean-Francois Dehecq, PDG de Sanofi-Synthelabo.
«Année après année, on augmente les prix en Amérique. Dans le même temps on
les réduit en Europe? Quelques années plus tard, c?est un désastre. » a-t-il
confirmé. « Pourquoi les Américains doivent-ils financer les dépenses de
santé des Norvégiens ou des Français? » a demandé Mme. Shalala, qui fut la
Secrétaire d?Etat américaine à la Santé. Elle fait aussi remarquer que le
NIH (l?Institut National de la Sante en Amerique NDLR) a financé la plupart
des recherches grâce aux contribuables américains, recherches qui sont à l?
origine de la plupart des médicaments de prescription. « Nous avons payé
pour ces recherches et en plus devons-nous payer plus chers pour les
produits ? Ce n?est pas juste» ajoute-t-elle. Mais sous la pression du
législateur qui cherche à diminuer le coût des prescriptions, la stratégie
qui consiste à compenser les baisses subies en Europe par des augmentations
en Amérique à vécu, selon le même journal.
Quelle défense pour l?industrie ?
L?industrie pharmaceutique est prête à se défendre contre les baisses de
prix en Europe, révèle le journal. L?arme dernière de cette industrie est la
rétention de produits innovants sur les marchés européens, même si la
plupart des laboratoires espèrent ne pas devoir recourir à une telle mesure,
révèle ce journal. Au contraire, la plupart des fabricants souhaitent un
plus grand emploi des génériques pour réduire l?ardoise des médicaments.
Compte tenu des bas prix des spécialités en Europe, les fabricants de
génériques sont peu intéressés par ce marché, selon les fabricants de
spécialités. Ils ajoutent que s?ils pouvaient bénéficier de plus de liberté
de manoeuvre pour un meilleur prix, le marché des génériques grandirait.
Christopher Viehbacher, Président de GSK pour la zone Europe, ajoute : « La
situation est pratiquement sans issue quand vous entendez un représentant d?
un grand laboratoire dire : on devrait considérer les possibilités des
génériques et des OTC (médicaments vendus sans ordonnances NDLR) ».
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In Europe, Drug Makers Fight Against Mandatory Price Cuts
By VANESSA FUHRMANS and GAUTAM NAIK
Staff Reporters of THE WALL STREET JOURNAL
As the buyer of nearly 80% of Germany's prescription drugs, the German
public health-insurance system pours billions of euros a year into the
pharmaceutical industry's coffers. But last winter, in an unusual role
reversal, a group of the world's biggest drug makers contributed ?200
million, or about $189 million, to the state-sponsored health plan.
The payment was part of an 11th-hour deal between the industry and
Chancellor Gerhard Schroeder to stop Germany's Health Ministry from imposing
a 4% price cut on prescription drugs. In November, over a bottle of red wine
at the chancellery in Berlin, industry executives agreed to set up a trust
fund into which 38 drug companies would kick in money if Mr. Schroeder
vetoed the proposed price cut. The contributors included such multinational
giants as Pfizer Inc., Merck & Co. and GlaxoSmithKline PLC.
Better a donation to help Germany finance its soaring health-care costs, the
industry negotiators concluded, than a painful price cut that could set a
precedent for other European governments.
The German gambit is just one volley in the drug industry's increasingly
desperate battle to fend off mandatory price cuts across Europe, where
governments have long dictated prices. And the outcome has direct
implications for the soaring price of drugs in the U.S.
That's because the U.S. is the only major industrialized nation without some
version of government price controls for drugs. In the past few years, as
drug prices have been slashed in Europe, drug makers have raised U.S. prices
by between 2% and 3% annually, and sometimes even more. Earlier this year,
for example, Merck boosted prices 5.9% on three of its best-selling
products: the heart drug Cozaar, Singulair for asthma, and the osteoporosis
treatment Fosamax.
"Step-by-step, the profitability of European markets is decreasing, and
we're depending on the U.S. more and more," says Jean-Francois Dehecq, chief
executive of French drug maker Sanofi-Synthelabo SA. "At the beginning of a
drug's life cycle, it isn't so bad. But each year we increase prices a
little in the U.S. And each year we have to decrease a little in Europe. ...
After a few years down the line, it's a disaster."
The result is huge price disparities between the U.S. and other markets.
Rita Cohn, a 70-year-old retiree who lives in Hollywood, Fla., pays as much
as $3.98 apiece -- most of it out of pocket -- for the 40-milligram Lipitor
pills she takes daily to lower her cholesterol. In Spain, Lipitor costs
$1.95 a pill, about half as much. Such price gaps have American consumers,
politicians and insurers calling for change.
"It's crazy when some of these drugs could cost us 50% less across the
border in Canada," says Mrs. Cohn, who says she spends as much as $600 of
her own money every three months for prescription drugs on top of her health
plan's $250 contribution.
A decade ago, Europe was the pharmaceutical industry's biggest market.
Today, mostly because of price controls, it accounts for just 22% of the
industry's $400 billion global market, according to U.S.-based
market-research firm IMS Health. Meanwhile, the U.S., which has fewer
people, accounts for 46% of the drug makers' sales and more than 60% of
their profits.
"Why should American taxpayers be subsidizing the Norwegians and the French
and everybody else?" asks Donna Shalala, who was U.S. secretary of Health
and Human Services under President Clinton and is now president of the
University of Miami, in Florida.
She adds that American taxpayers, through the National Institutes of Health,
have financed much of the basic research that underlies the industry's
products. "We have been subsidizing this research and in return, we get to
pay higher prices? It's not fair," she says.
Until recently, drug companies could tolerate the ratcheting downward of
European prices because their American sales were growing so rapidly. If it
felt pinched, a drug maker could boost its revenue simply by raising prices
in the U.S.
But now the drug industry is starting to worry about new pressures in the
U.S. State legislatures are pushing for deeper discounts for Medicaid
patients, just as managed-care companies are demanding more price cuts of
their own. State attorneys general are gearing up investigations of industry
pricing tactics and are already filing suits claiming some drug makers have
kept prices artificially high by blocking cheap generics.
Drug companies also are struggling with other threats to their profits: a
wave of patent expirations on its blockbuster drugs and a dry spell in its
research labs. All these factors add up to expectations for scant profit
growth this year, quite a comedown from the industry's double-digit growth
in recent years.
So the industry is starting to fight back in Europe. Most European nations,
as well as other developed countries, such as Japan, set their drug prices
according to formulas that reflect prices in other countries. A price
reduction by one government can set off a chain reaction of price cuts
across Europe and beyond.
Though the drug makers averted price cuts in Germany, they haven't been able
to stop a 5% price cut from taking effect in Italy this month. The French,
who chopped the prices of 100 drugs by as much as 15% last summer, say they
will cut further if their health-care expenditures rise too much.
The ultimate weapon in the industry's arsenal is the threat to withhold
innovative new treatments from European markets. Though the companies say
that they hope never to resort to that option, their decisions already have
put some new drugs beyond the reach of many Europeans.
After a year of negotiations that began in 1998, Merck says the French
government wouldn't agree on a price close to what the company wanted for
its migraine treatment Maxalt. It had hoped for something close to the
German price. So, the company called off the talks and put Maxalt on the
market as a drug not approved for reimbursement by France's state-run
health-care system. As a result, few French drug wholesalers even handle
Maxalt. Merck says that in other European countries, such as Germany --
where the drug sells for nearly ?12 a pill -- Maxalt is the best-selling
migraine drug on the market.
Merck says it would have ended up losing money selling Maxalt at the French
government's price. It says importers would have bought Maxalt in bulk in
France, then undercut the drug's price in other European countries where it
cost more. And other countries would have used the lower French price to
justify cuts in what they paid for Maxalt.
The French price "would have effectively become the price for all of
Europe," says Per Wold-Olsen, head of Merck's European operations.
Universal, state-sponsored health coverage emerged as the norm in Europe
partly as a reaction to the devastation caused by World War II. Though some
Europeans have turned to private health-care, most are covered by the
state -- from Britain's nationalized health service to France's
government-financed, privately administered system.
European governments' dominant role in health coverage gives them the clout
to dictate drug prices and ban direct-to-consumer advertising, to help keep
a lid on drug demand.
Even so, Europe's health-care costs are skyrocketing, with the number of
Europeans over 65 growing by 2% a year. In Europe, drug spending for those
who are over 65 is typically four times as high as for their younger peers.
And there are more medicines for more ailments than ever before. As a
result, prescription-drug costs have ballooned by between 10% and 20% in
most of Europe in the past two years.
Over the past year, European governments have responded by going after the
industry's costliest drugs. France launched one of the most aggressive moves
to date last summer when it drew up a target list of that country's best
sellers, such as AstraZeneca PLC's ulcer pill Prilosec, Pfizer's Lipitor and
GlaxoSmithKline's antidepressant Paxil. In subsequent talks with each
company, the government negotiated price cuts of between 2% and 15% -- the
larger the sales volumes, the deeper the cut.
Industry executives had known there would be a new round of price cuts, but
they had expected the French government to target about 800 of the older
medicines still on the market, not to take aim at the relatively new drugs.
"Governments are looking at drugs as a line item on a budget, not a benefit
to the community," says Ian Read, vice president of Pfizer, whose Lipitor
was cut 8%. "It tends to be health care by arithmetic."
French health officials say they had no choice. In 2000, France's drug
reimbursement costs jumped 10.5% to 18 billion euros. The increase was
driven in part by drug makers' success in steering doctors and patients
toward newer, more expensive drugs that were only marginally better than
their predecessors, says Noel Renaudin, who heads the panel that sets drug
prices in France. In the U.S., drug prices jumped 17% in 2000 to $121.8
billion, according to government statistics.
Mr. Renaudin says that drug makers' biggest problem hasn't been government
drug-price policies, but rather their own failure to innovate quickly
enough.
These days, brand-name drug makers, who usually seek to thwart makers of
rival generic drugs, are instead looking to them for help in escaping the
price bind they face in Europe. The brand-name manufacturers are touting
broader use of the cheaper knockoffs as one of the simplest ways for Europe
to lower its overall drug costs.
In the U.S., generics account for half of all prescriptions. But with the
price of patented drugs so low in many European countries, generic producers
see little incentive to make them. GlaxoSmithKline's gout treatment Zyloric,
for example, still enjoys an 80% market share in France at ?3.08 for a pack
of 28 pills, even though its patent expired in 1968.
Drug makers argue that if Europe gave them more leeway to set higher prices
for newer, patent-protected drugs, the market for generics would grow.
"It's a pretty desperate situation when a representative of a big pharma
company says, 'Hey, you might want to consider generics or over-the-counter
drugs,' " says Christopher Viehbacher, president of GlaxoSmithKline's
European pharmaceuticals business.
In parts of Europe, prescription-drug prices are even lower than the
official government price because wholesalers buy drugs in countries such as
Spain and Portugal, where the drugs are cheaper, and resell them in
countries with higher prices, such as Britain or Germany.
Sanofi-Synthelabo estimates that 80% of its British sales of the
blood-pressure treatment Avapro come from middlemen who buy it in countries
such as Spain, where it costs 58 European cents (55 U.S.
cents) per 150 mg tablet. The British government saves some money because
pharmacies buy Avapro from such wholesalers at 5% to 8% less than Avapro's
official British wholesale price of 79 European cents. But the wholesalers
pocket most of the difference. By comparison, 150 mg Avapro tablets cost
U.S. consumers $1.41 on drugstore.com Inc., which generally offers lower
prices than can be found at American retail pharmacies.
Drug makers estimate they lose more than $2 billion a year in European sales
to such wholesaler imports, which many governments openly encourage. Germany
requires its pharmacies to buy at least 5% of their pharmaceuticals stocks
in the form of cheaper imports.
In the U.S., it's illegal to import large quantities of drugs for resale,
but some American lawmakers are pushing to change that. They want to allow
U.S. pharmacies and wholesalers to purchase their pills from Canada, where
prices can be much lower.
--Ron Winslow contributed to this article.
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James Love mailto:james.love@cptech.org
http://www.cptech.org +1.202.387.8030 mobile +1.202.361.3040
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Prescription Drugs
European Cost Controls on Prescription Drugs Could Affect U.S.
Medication Prices
To contain the rising health care costs that threaten to strain
government budgets, European governments are implementing mandatory price
cuts on many brand-name prescription drugs, a trend that could have a direct
impact on prescription drug prices in the United States, the Wall Street
Journal reports. Most European nations have state-sponsored health care
systems, which gives European governments a "dominant role" in negotiating
drug prices and banning direct-to-consumer drug advertisements. But because
the United States is the only major industrialized nation without "some
form" of government price controls for prescription drugs, pharmaceutical
manufacturers often raise the prices of their products in the U.S. market to
offset losses in Europe. Over the past few years, drug makers have increased
the price of medicines in the United States by 2% or 3% annually, even as
drug prices have been reduced in Europe. Although Europe represented the
pharmaceutical industry's largest market a decade ago, because of price
controls, it now accounts for just 22% of the $400 billion in global drug
sales. The United States now accounts for 46% of global drug sales. "Step by
step, the profitability of European markets is decreasing, and we're
depending on the United States more and more. ... [E]ach year we increase
prices a little in the United States. And each year we have to decrease a
little in Europe," Jean-Francois Dehecq, CEO of French drug manufacturer
Sanofi-Synthelabo, said. Former HHS Secretary Donna Shalala said, "Why
should American taxpayers be subsidizing the Norwegians and the French and
everybody else?" Shalala noted that the NIH, which is funded by U.S.
taxpayers, has financed much of the research on which prescription drugs are
based. "We have been subsidizing this research and in return we get to pay
higher prices? It's not fair," Shalala said. But with U.S. lawmakers
pressing to curb prescription drug prices, the strategy of offsetting
European price cuts with increases in the United States may have come to an
end, the Journal reports.
Fighting Back
The pharmaceutical industry is now starting to "fight back" against
European price reductions, the Journal reports. The industry's "ultimate
weapon" is "threaten[ing] to withhold innovative new treatments from
European markets," although many companies have said that they hope never to
resort to that option, the Journal reports. Instead, many brand-name drug
manufacturers are "touting broader use" of generic drugs as a way for
European countries to reduce drug costs. With the cost of many patented
drugs so low in Europe, generic manufactures have little incentive to
compete for market share, brand-name manufactures say. They add that if they
were given "more leeway" in Europe to set higher prices, the generics market
would expand. Christopher Viehbacher, president of GlaxoSmithKline's
European pharmaceuticals business, said, "It's a pretty desperate situation
when a representative of a big pharma company says 'Hey, you might want to
consider generics or over-the-counter drugs,'" (Fuhrmans/Naik, Wall Street
Journal, 6/7).
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