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[e-med] Accès aux traitements dans les pays pauvres
- From: Olivier Jablonski <ojablonski@free.fr>
- Date: Wed, 29 May 2002 06:25:08 -0400 (EDT)
E-MED: Accès aux traitements dans les pays pauvres
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MONDAY 27 MAI, 5 :00 A.M. GMT
Act Up-Paris
Comuniqué de Presse
Accès aux traitements dans les pays pauvres
Le vrai visage de Pascal Lamy
Ce matin à 6 heures, une vingtaine de militants d¹Act Up-Paris ont réveillé
Pascal Lamy à son domicile aux cris de "Accès aux génériques en Afrique", "
Lamy des labos, l¹ennemi des séropos ", " Génériques empêchés, séropos
assassinés " et " Lamy, bloque les génériques, assassine l¹Afrique ".
Pascal Lamy, commissaire européen, qui s¹est présenté comme le fer de lance
du combat pour l¹accès aux médicaments(1) retourne finalement dans le giron
de l¹industrie pharmaceutique.
En témoignent les propositions de la Commission Européenne dans le cadre des
négociations aux conseils de TRIPS.
A Doha en novembre dernier, les Etats membres de l¹OMC ont donné mandat au
conseil de TRIPS pour identifier avant la fin 2002 une solution permettant
aux pays exportateurs de génériques d¹approvisionner les pays ne produisant
pas eux-mêmes.
Or, les propositions de la Commission européenne, minimisant des besoins
sanitaires pourtant reconnus de tous, vont aujourd¹hui à l¹encontre de
l¹esprit de la déclaration ³TRIPS et santé publique² de Doha et limitent par
tous les moyens l¹exportation de génériques :
1) Par la discrimination : Pour la Commission européenne, les pays qui
souhaitent recourir aux génériques seraient tenus de donner les preuves
qu'ils sont suffisamment pauvres, faibles, ou incapables de produire
eux-mêmes, des preuves que leurs besoins sont véritables ou encore que la
maladie contre laquelle ils luttent est suffisamment grave (Cf
www.actupp.org/article510.html).
Selon Gaëlle Krikorian d¹Act Up-Paris : « outre l¹obscénité de la démarche,
la Commission nie tout bonnement la souveraineté de ces pays et les droits
élémentaires de leur population. Elle nie le fait que les malades des pays
pauvres, souffrant de maladies ou symptomes qui ne sont pas mortelles mais
gravement handicapants, comme l¹arthrose, la dépression chronique ou la
polyomélithe, ont le même droit que les habitants des pays riches de se
soigner et d¹éviter la douleur ».
2) Par la contrainte : la Commission européenne tente d¹imposer aux pays
producteurs et aux pays importateurs un véritable arsenal de contraintes et
de mesures de contrôle qui ne sert qu¹un objectif, limiter la production
même de génériques.
Pour Act Up-Paris, « ces mesures sont aussi absurdes qu¹in-éthiques. Ce sont
aux pays riches, disposant d¹ores et déjà d¹outils de régulation et de
surveillance, d¹assurer le contrôle de la circulation des produits à leurs
propres frontières ».
En outre, en exigeant des pays désireux de s¹approvisionner en génériques
d'innombrables garanties et de justifier à de multiples égards de la
légitimité de leur démarche, la Commission européenne les expose à subir à
nouveau les mêmes types de pressions et de menaces qui leur ont interdit
jusqu'ici le recours aux licences obligatoires et aux génériques.
Ce faisant, elle ne sert qu¹un intérêt, celui du lobby pharmaceutique,
quiredoute l¹entrée des produits génériques sur les marchés des pays riches.
Pascal Lamy prétend s¹être « battu depuis deux ans pour une prise
deconscience internationale de la nécessité d'une réduction drastique du
prix des médicaments pour lutter contre les grandes épidémies dans le pays
du sud »(2). Mais pour les malades la bataille n¹est pas terminée et le
droit de bénéficier de l¹exportation de génériques est un enjeu déterminant.
Pascal Lamy affirme qu¹il est « possible de faire bouger les lignes de la
mondialisation, l¹organiser en fonction des intérêts généraux des
sociétés »(3). Pourtant en mettant actuellement en avant la question des
prix différenciés ? qui n¹est ni plus ni moins qu¹un arrangement avec les
industriels détenteurs des marques ? il ne fait le jeu que des sociétés
pharmaceutiques et occulte la question déterminante de l¹exportation des
génériques
De l¹Europe et de l¹OMC, on attend au contraire qu¹elles permettent aux pays
qui souhaitent utiliser des génériques de le faire aussi simplement que
s'ils étaient en mesure de les produire eux-mêmes.
(1) P. Lamy, Le vicaire du diable, Cap.5 ; Ce n¹est pas notre affaire : sida
et labos.
(2) De Cotonou a Doha. Réunion des Ministres ACP du Commerce, Bruxelles, 5
novembre 2001
(3) P. Lamy, Le vicaire du diable, Cap.5 ; Ce n¹est pas notre affaire : sida
et labos.
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89.
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