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[e-med] Procès du distilbène, le laboratoire jugé responsable
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 24 May 2002 10:34:51 -0400 (EDT)
E-MED: Procès du distilbène, le laboratoire jugé responsable
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Procès du distilbène, le laboratoire jugé responsable
NANTERRE, 23 mai (AFP) - 14h01
Le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) a reconnu
vendredi la responsabilité du laboratoire UCB Pharma dans l'affaire de deux
jeunes femmes atteintes de cancers à la suite de prise de distilbène, un
médicament censé prévenir les fausses couches.
[modérateur: nous avions déjà évoqué ce sujet, cf. ci-dessous.CB]
http://old.healthnet.org/programs/e-med-hma/e-med.200203/msg00040.html
To: e-med@usa.healthnet.org
Subject: [e-med] France: le procès du Distilbène, la bombe à
retardement explose
From: remed@remed.org
Date: Wed, 27 Mar 2002 04:32:52 -0500 (EST)
Reply-To: e-med@usa.healthnet.org
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E-MED: France: le procès du Distilbène, la bombe à retardement explose
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Le procès du Distilbène vendredi en justice après onze ans de procédure
NANTERRE, 27 mars (AFP) - 9h00
Une action engagée en 1991 contre le laboratoire UCB Pharma pour la
diffusion du Distilbène, un médicament censé prévenir les fausses couches
mais qui s'est révélé avoir un effet nocif sur les foetus, arrive en
audience vendredi au tribunal de grande instance de Nanterre
(Hauts-de-Seine).
Des millions de mères ont utilisé ce médicament interdit aux Etats-Unis dès
1971 mais distribué en France jusqu'en 1977. Nombre de leurs filles ont
souffert de lésions, malformations génitales et ont eu des difficultés à
mener leurs grossesses à terme.
En France, 160.000 femmes et hommes nés entre 1950 et 1971 seraient
concernés, selon l'association de défense des victimes. Une étude
épidémiologique menée en 1983 a montré chez les femmes des résultats très
alarmants. Pour les hommes nés de mères traitées au Distilbène (DES), cela
s'est traduit par une altération du sperme, des atrophies des testicules ou
leur non-descente dans les bourses.
Sur 10 femmes atteintes d'un cancer du vagin ou du col utérin qui avaient
engagé une procédure il y a 11 ans, deux restent actives dans une action
retardée par la traduction de travaux scientifiques et une expertise qui a
duré 4 ans. Elles seront représentées par Mes Anne Sourcis et Martine
Verdier du barreau d'Orléans. D'autres procédures concernant une vingtaine
d'autres femmes ont été engagées à Nanterre, proche du siège social d'UCB
Pharma.
Le distilbène, appelé scientifiquement dyethylstilbestrol, oestrogène de
synthèse, a été commercialisé à partir de 1940 dans le monde et de 1947 en
France. A partir de 1953, il fut établi qu'il était inefficace pour la
prévention des avortements spontanés mais c'est en 1971 qu'il a été prouvé
qu'il provoquait de graves malformations chez les enfants de mères traitées
avec ce médicament. Son utilisation serait notamment à l'origine de cancers
de l'utérus ou du vagin ou les deux dans la proportion de 1 pour mille.
"Suivi rigoureux"
Dès 1971 son utilisation anti-abortive a été interrompue aux Etats-Unis mais
il a été administré à cette fin en France jusqu'en 1977 avec des pics de
consommation entre 1968 et 1973 et a longtemps été considéré comme une
"thérapeutique miracle". Il est encore utilisé pour sa destination première
: traiter des cancers de la prostate.
La preuve de la prise de ce médicament par la mère de la personne concernée,
semble être le principal frein à la multiplication des procédures. Un site
internet et un réseau de personnes concernées ont été mis en place pour
faire circuler les informations. A la fin des années 80, le ministère de la
Santé avait également alerté tous les gynécologues, leur demandant d'exercer
un "suivi rigoureux" des "filles du Distilbène" sans que les inquiétudes de
certains chercheurs exprimées lors de plusieurs congrès ne trouvent d'écho
significatif.
Aucun montant n'a encore été envisagé à titre de dédommagement ou par mesure
conservatoire dans une procédure qui, si une partie devait faire appel,
pourrait encore prendre plusieurs années, a-t-on appris auprès des avocats.
Déjà UCB Pharma a déposé 80 pages de conclusions avant l'audience de
vendredi, a-t-on appris de même source.
Aux Pays-Bas, une action menée contre plusieurs laboratoires fabriquant le
Distilbène a abouti à la création d'un fonds de dédommagement doté de 26
millions de florins (35 millions d'euros).
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