[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]
[e-med] OMS: la recherche génomique peut sauver des vies dans les PED
- From: remed@remed.org
- Date: Thu, 2 May 2002 04:12:58 -0400 (EDT)
E-MED: OMS: la recherche génomique peut sauver des vies dans les PED
-------------------------------------------------------------------------
Communiqué de presse OMS/34
30 avril 2002
LA RECHERCHE GENOMIQUE PEUT SAUVER DES MILLIONS DE VIES DANS LES PAYS EN
DEVELOPPEMENT
http://www.who.int/inf/fr/cp-2002-34.html
L'OMS publie un rapport en faveur de la médecine génétique pour tous
Dans un rapport récent sur les effets de la génomique, l'Organisation
mondiale de la Santé (OMS) estime que les avancées majeures de la recherche
génétiquepourraient améliorer dans les années à venir la lutte contre des
maladies meurtrières telles que le paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA,
et sauver des millions de vies, principalement dans les pays en
développement.
Le rapport de l'OMS, Genomics and World Health, qui couvre un large éventail
de thèmes, de l'utilisation des tests génétiques pour choisir le sexe des
enfants à la nécessité de faire en sorte que les pays pauvres bénéficient
eux aussi des progrès médicaux futurs, est une importante contribution au
débat sur l'éthique et la recherche génomique.
Le rapport appuie vigoureusement la recommandation de la Commission
Macroéconomie et santé visant à créer un Fond mondial pour la recherche en
santé, nouvelle organisation centrale de recherche et développement dotée
initialement de US$ 1,5 milliard, dont l'aide aux pays sera accordée sur la
base d'un examen des demandes par les pairs. Pour les auteurs du rapport,
US$ 1,5 milliard supplémentaire devrait être mis à la disposition des
établissements qui s'emploient à trouver de nouveaux vaccins et médicaments
contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme.
"La recherche génomique, si elle est bien menée, peut tout changer pour les
soins de santé," estime le Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de
l'OMS. "Elle peut notamment permettre aux pays en développement de brûler
les étapes du développement médical et de fournir à leurs citoyens des soins
sensiblement améliorés et des méthodes modernes à très brève échéance."
Une équipe de 14 médecins, chercheurs dans le domaine médical et
spécialistes del'éthique de renommée international venant de pays
industrialisés et de pays en développement, coordonnée par le Dr Tikki Pang,
Directeur, Politique et coopération en matière de recherche, a rédigé en 12
mois le rapport Genomics and World Health (241 pages).
Le rapport a été publié au nom du Comité consultatif de l'OMS sur la
recherche en santé (CCRS), principal organe scientifique consultatif de
l'Organisation. Fondé sur un vaste processus consultatif, le rapport décrit
en détail les progrès les plus récents de la recherche génomique, explique
comment cela pourrait faire avancer la lutte contre de nombreuses maladies,
y compris celles qui sont pandémiques dans les pays pauvres, met en garde
contre les risques pouvant être associés à cette recherche et formule des
recommandations sur la façon de faire bénéficier les pays en développement
des fruits de cette recherche.
"C'est là le premier rapport qui place la recherche génomique dans une
perspective mondiale," dit Sir David Weatherall, principal auteur du
rapport, qui enseigne à l'Institut Weatherall de médecine moléculaire de
l'Université d'Oxford et est un précurseur dans la recherche en génétique
moléculaire, hématologie, anatomie pathologique et médecine clinique. "Le
rapport illustre comment la communauté mondiale pourrait utiliser la
génétique pour venir à bout de maladies infectieuses telles que le
paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA qui font encore tant de victimes
dans les pays en développement, puis des maladies qui paralysent les
systèmes de soins de santé dans tous les pays, comme les cardiopathies, le
diabète et le cancer."
Ces dernières années, les scientifiques ont réalisé le séquençage du génome
humain complet, qui compte de 28 000 à 40 000 gènes - segments d'ADN
porteurs des informations requises pour chaque fonction biologique chez
toute créature vivante. Les chercheurs ont aussi entrepris la cartographie
des génomes de pathogènes importants, vecteurs de maladies et plantes.
Cette recherche nécessite la création et l'utilisation sur une grande
échelle de bases de données supposant un niveau élevé d'automatisation, et
par conséquent d'importants investissements en capitaux. C'est ce qui a
essentiellement limité la recherche aux pays industriels, le Brésil, la
Chine, l'Inde et Cuba constituant néanmoins des exceptions notables. Les
résultats obtenus devraient permettre à d'autres chercheurs d'élaborer des
techniques préventives et thérapeutiques d'une grande précision pour une
large gamme d'affections.
"Les pays en développement risquent de ne pas bénéficier des bienfaits de la
recherche génomique, de même qu'ils étaient restés à l'écart de la
révolution informatique des années 80 et 90," ont déclaré le Professeur Dan
Brock de l'Université Brown et un autre auteur du rapport. "La génomique et
les technologies apparentées devraient servir à réduire les inégalités
existantes au plan de la santé dans le monde, qui sont contraires à
l'éthique. Le rapport est un premier pas important vers la réalisation de ce
but".
"Tout le rapport est axé sur l'idée que cette nouvelle technologie ne nous
permettra pas de modifier instantanément la pratique médicale," indique le
Dr Weatherall. "A long terme, cependant, les possibilités sont telles que
les pays en développement, comme les pays industrialisés, doivent se
préparer dans la perspective de cette nouvelle technologie et en étudier
attentivement tout le potentiel."
La recherche génétique en cours contribuera à améliorer les soins de santé
dans les pays en développement, certains projets donnant déjà des résultats.
Parmi les recherches citées dans le rapport figurent les suivantes:
* Création d'un moustique sur mesure ne pouvant héberger le parasite du
paludisme, l'un des agents les plus meurtriers dans les pays en
développement.
* Mise au point rapide d'une classe de médicaments antipaludiques
potentiellement efficaces contre des parasites polychimiorésistants tout en
restant peu coûteux et stables. La création de ces médicaments découle à la
fois du séquençage de l'ADN du parasite du paludisme, de la bioinformatique
(l'informatique au service du stockage, de l'analyse et de l'interprétation
des données biologiques) et du traitement de très grandes quantités de
données (recherche de données génomiques comparatives).
* Elaboration, grâce à la recherche génétique, de deux nouveaux types de
vaccins contre la tuberculose, en progression dans les pays en développement
et les pays industrialisés. Les essais cliniques de l'un de ces vaccins ont
commencé.
* L'utilisation des techniques de l'amplification génique - technique de
base de la recherche génétique - a déjà permis d'améliorer le diagnostic de
la leishmaniose et de la dengue, toutes deux pandémiques dans certains pays
d'Amérique latine.
* Mise au point d'un vaccin contre la méningite B à l'Institut Carlos J.
Finlay à Cuba, attestant le potentiel des pays en développement dans le
domaine des biotechnologies.
* Début à Nairobi, au Kenya, et à Oxford, au Royaume-Uni, des essais
cliniques d'un vaccin expérimental contre le SIDA produit par génie
génétique, conçu spécifiquement pour l'Afrique.
* Utilisation de la technologie génétique pour produire des vaccins pouvant
être incorporés dans des pommes de terre ou d'autres légumes et des fruits
contre l'hépatite B, le choléra, la rougeole et le papilloma virus humain
(associé au cancer du col, commun chez les femmes en Afrique subsaharienne),
ce qui permet d'inclure les vaccins dans les aliments consommés au cours
d'un repas.
* Des chercheurs indiens du Centre international de génie génétique et de
biotechnologie de New Delhi, en collaboration avec l'Initiative des vaccins
contre le paludisme, ont récemment mis au point un vaccin expérimental
contre Plasmodium vivax, type principal du paludisme en Inde.
* En permettant de reconnaître les populations qui seront sensibles aux
traitements, la pharmacogénétique pourrait sauver des vies et de précieuses
ressources des soins de santé dans les pays en développement; certains
médicaments anti-VIH en Afrique occidentale en sont déjà la preuve.
"Ce rapport de l'OMS montre clairement que si la plupart des incitations à
produire de nouveaux médicaments et vaccins séduisent les marchés des pays
industrialisés, il nous incombe à tous d'aider à faire en sorte que le
potentiel énorme que représente l'application de la connaissance du génome
bénéficie également aux populations les plus démunies," estime le Professeur
Barry R. Bloom, Doyen de l'Ecole de santé publique de l'Université de
Harvard et membre du Comité qui a rédigé le rapport .
Le rôle que doit jouer l'éthique dans la recherche génétique et la médecine
génétique est examiné pour la première fois dans ce rapport.
Le rapport avertit des dangers associés à l'élaboration prévue de bases de
données génétiques à grande échelle et des questions d'éthique nouvelles. Il
décrit la controverse que suscite l'opportunité de créer des bases de
données de ce type et les nombreuses ambiguïtés concernant l'accès à ces
bases de données et leur surveillance. On s'inquiète surtout des dommages
potentiels pour les personnes, les groupes et les communautés.
Un autre problème d'éthique est lié aux décisions que les familles peuvent
prendre en raison des résultats de recherches génétiques. "Ce problème tient
à l'idée que, voulant aider des familles ou des personnes atteintes d'une
maladie génétique, nous risquons d'accroître le nombre de gènes délétères
dans le génome humain," indique le rapport. "En empêchant les parents
porteurs du même anomalie génétique de procréer, et ainsi d'avoir des
enfants également atteints, on peut fausser le mécanisme de l'évolution, et
la réduction naturelle de la fréquence des gènes délétères dans une
population."
Pour plus de renseignements, s?adresser à Dr Tikki Pang, Directeur, Bases
factuelles et information à l?appui des politiques de santé , OMS, Genève.
Tel. (+41 22) 791 2786/2788; Fax (+41 22) 791 4169; E-mail: pangt@who.int.
Tous les communiqués de presse, aide-mémoire et OMS information, ainsi que d
?autres informations sur le sujet, peuvent être obtenus sur Internet à la
page d?accueil de l?OMS : http://www.who.int
Téléchargement gratuit & information: www.who.int/genomics (disponible
actuellement en langue anglaise)
--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
<e-med@usa.healthnet.org>
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour toutes autres questions addresser vos messages à :
<e-med-help@usa.healthnet.org>
|