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[e-med] Rapport de HAI sur la publicité directe aux consommateurs (2)


  • From: "frederic.debels" <frederic.debels@free.fr>
  • Date: Mon, 15 Apr 2002 07:02:52 -0400 (EDT)

E-MED: Rapport de HAI sur la publicité directe aux consommateurs (2)
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Totalement aberrant que ce concept puisse même encore être un sujet de
discussion au niveau européen!

Ceci résulte, à cette échelle, d'une confusion absurde avec les concepts de
démocratie sanitaire et de droit à l'information du patient.

Même s'il existe des solutions pour pallier les concessions faites "malgré
eux" par des prescripteurs (oserions nous des validations par d'autres
médecins, par les caisses de sécu voire par les pharmaciens (non c'est
trop!), il semblait pourtant clair qu'un patient se rendait chez son médecin
pour être rassuré sa maladie et conseillé au niveau de la prise en charge
entre autres par la rédaction d'une ordonnance, laquelle faisait foi
"d'autorisation" justifiée à utiliser un médicament. Il semblait donc
également clair qu'il revenait au médecin d'établir quel était le meilleur
médicament pour son patient et pas au patient lui-même, ni à une force
publicitaire. Sinon, à quoi bon restreindre le droit de prescription? Il ne
s'agit pas de confiserie.

Pour ce qui est de l'information, elle est généralement disponible de
manière transparente au niveau des autorités de tutelles que ce soit
européennes ou nationales. Alors? Pas besoin de pub directe. On a d'ailleurs
vu ce que cela pouvait donner ne serait-ce qu'au niveau de la "formation"
des médecins..., lorsqu'il n'y a pas de contrepoint.

Par ailleurs, l'étude du BMJ est éloquente à ce sujet, même si le résultat
est naturellement intuitif et l'interprétation restrictive et partiale :
"Plus de prescriptions mais surtout plus de mauvaises prescriptions".
Sachant l'influence prépondérante au niveau décisionnel européen de la
sphère de l'industrie pharmaceutique (comme d'ailleurs pour un tas d'autres
pressions et suggestions tout aussi infondées en l'état actuel: le marché
unique, etc...), il reste néanmoins étonnant que celle-ci s'engage dans ce
sens puisqu'il pourrait entraîner dans son sillage des modifications des
conditions d'endossement de la responsabilité suite aux mauvaises
prescriptions et aux effets indésirables. Y-a qu'à voir aux USA... Mais le
profit a ses raisons que la raison ne connait pas!

Ceci amène une autre question plutôt banale et candide : comment se fait-il
que l'Europe soit complexée au point de se sentir obligée de s'inspirer d'un
soit-disant modèle américain? Les grands laboratoires, et donc les plus
influents, sont certes américains, et/ou une grande partie du chiffre
d'affaire se réalise certes aux USA, mais les consommateurs dont il est
question sont européens! Les décideurs aussi, les experts aussi. Peut-être
en fait ne s'agit-il que de cela: les décideurs ne sont pas vraiment des
décideurs, les experts ne sont plus des experts, quant aux consommateurs on,
ne le considère que comme une force d'achat avec tout ce que cela implique.
Alors, autant s'adresser directement aux consommateurs, le reste n'étant là
que pour entériner les desiderata des laboratoires. C'est peut-être ça le
message que font passer en philigrane les laboratoires. Ca fait pitié, non.
Moi, ça me ferait vachement complexer!

Franchement, il est terrible de constater que sur quelques années, des
décideurs -en partie élus- et des experts -désignés par ces mêmes en partie
élus-, au fur et à mesure qu'ils s'élèvent dans la hiérarchie décisionnelle
ou d'expertise, sont prêts pour des motifs restant obscurs à oublier qu'ils
sont justement là pour offrir un point de vue d'expert et non pour adopter
sur quelques années des points de vue habillés comme modernes mais qui d'une
part n'ont pas vécu l'échelle du temps et qui d'autre part ne sont pas
partagés par nos valeurs et principes lequels, eux, se sont forgés sur
plusieurs siècles. La notion de responsabilité dans un cadre d'expertise, de
qualité et de sécurité, ça devrait exister, même à l'échelle européenne.

Les parlements, les agences, les médecins, les pharmaciens n'ont de raison
d'être que par l'expérience, l'expertise et la décision qu'ils sont censés
apporter.

Et l'ensemble de ces remarques sont valables pour d'autres autorités
aministratives, a fortiori pour des nations dont le système de santé serait
moins organisé.

Frédéric DE BELS
Pharmacien, économiste de la santé.
frederic.debels@free.fr


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