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[e-med] Effet du distilbène surla 3eme génération


  • From: remed@remed.org
  • Date: Thu, 4 Apr 2002 01:00:09 -0500 (EST)

E-MED: Effet du distilbène surla 3eme génération
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Le distilbène frapperait aussi à la troisième génération
PARIS, 3 avr (AFP) - 8h34

Le distilbène, autrefois utilisé contre les fausses-couches, serait aussi
responsable d'anomalies congénitales à la troisième génération d'enfants
issus de femmes traitées par ce médicament durant la grossesse, selon une
étude néerlandaise.

Les fils des femmes exposées pendant leur vie prénatale au
diéthylstilbestrol (DES : principe actif du Distilbène) présentent aussi des
anomalies de l'appareil génital, des hypospadias, indique l'étude parue
dans le derniere numéro de la revue médicale britannique The Lancet.
Le traitement au DES de la grand-mère, alors qu'elle était enceinte d'une
fille, pourrait affecter la santé de son petit-fils, et donc toucher aussi
la troisième génération.

"C'est la première étude qui suggère un effet transgénérationel du
distilbène chez les humains", souligne l'épidémiologiste Sonia
Hernandez-Diaz de l'université de Boston (Etats-Unis) dans un éditorial.

Le risque de malformation serait au moins vingt fois plus élevé que la
normale, selon l'équipe du Dr Helen Klip de l'Institut néerlandais du cancer
à Amsterdam.

En revanche, précisent les auteurs, les enfants issus de fécondation in
vitro (FIV) n'ont pas de risque augmenté d'hypospadias.

Cette malformation masculine se caractérise par l'ouverture de l'orifice
externe ou méat urétral, à la face inférieure de la verge voire au niveau du
scrotum.

L'étude concerne 8.934 fils nés de 16.284 mères qui ont eu des problèmes de
fertilité, dont 205 ont été exposées in utéro au DES, et un total de douze
cas de malformations.

"Si le diéthylstilbestrol affecte les cellules germinales (reproductrices :
ovules ou spermatozoïdes) alors les effets transgénérationnels pourraient
également toucher les descendants des garçons exposés in utéro", relève le
Dr Hernandez-Diaz.

Les auteurs soulignent que leurs résultats doivent encore être confirmés à
plus grande échelle.

Le premier procès du DES
"Les connaissances acquises avec la débâcle du DES devraient guider la
recherche sur les risques potentiels associés aux oestrogènes (hormones
synthétiques contraceptives, phyto-oestrogènes de l'alimentation, certains
pesticides ou solvants) que pourraient affronter les générations futures",
avertit-elle.

La spécialiste évoque ainsi l'"héritage iatrogénique" ou legs aux
générations suivantes des effets indésirables des médicaments.

Le DES est un oestrogène synthétique utilisé depuis les années 1940 pendant
la grossesse pour prévenir les fausses couches et les accouchements
prématurés. En dépit d'une étude de 1953 contestant son effet protecteur, 4
millions de femmes ont été traitées dans le monde entre les années 50 et
60, selon Lancet. Nombre de leurs filles ont souffert de lésions, de
malformations génitales, et ont eu des difficultés à mener leurs
grossesses à terme.

En 1970, une épidémie de cancers du vagin était identifiée chez des
adolescentes nées de mères traitées au DES. Son administration pendant la
grossesse, interdite en 1971 aux États-Unis, s'est poursuivie en Europe
jusqu'en 1978.

Le premier procès du DES en France s'est ouvert le 29 mars devant le
tribunal civil de Nanterre (Hauts-de-Seine), onze ans après l'action
judiciaire engagée par dix femmes atteintes de cancers génitaux (col utérin,
vagin), dont les mères avaient été traitées par ce produit pendant leur
grossesse. Le tribunal rendra son jugement le 24 mai.

Selon l'association de défense des victimes, 160.000 garçons et filles nés
entre 1950 et 1971 auraient ainsi été exposés au DES, in utero, en France.

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