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[e-med] Afrique du sud: A propos du traitement à la névirapine
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 25 Mar 2002 10:09:13 -0500 (EST)
E-MED: Afrique du sud: A propos du traitement à la névirapine
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Traitement Nevirapine: la justice donne un nouvel ordre à l'Etat qui la
défie
PRETORIA, 25 mars (AFP) - 13h46
La justice sud-africaine, pour la troisième fois en quatre mois, a ordonné
lundi à l'Etat de généraliser la Nevirapine, un antirétroviral pour femmes
enceintes séropositives, tandis que les autorités de santé exprimaient de
plus en plus ouvertement leur défi aux magistrats.
La Haute Cour de Pretoria a débouté lundi une requête du gouvernement pour
un sursis contre une injonction du 11 mars, qui déjà le sommait d'étendre
immédiatement la Nevirapine. En décembre, la justice avait déjà ordonné en
première instance la généralisation du traitement dans la Santé publique.
L'Etat a fait appel devant la Cour constitutionnelle.
Le juge Chris Botha a prédit lundi que la Cour consitutionnelle confirmera
le jugement de décembre, et que même dans le cas contraire, l'inconvénient
causé aux structures de santé en généralisant provisoirement la Nevirapine
ne pèserait pas lourd face aux vies (de nouveaux-nés) qui pourraient être
sauvées d'ici là, le temps de la procédure d'appel soit plusieurs mois.
Le ministère de la Santé, qui n'avait pas réagi lundi en mi-journée, a donné
d'avance une claire indication qu'il n'entend pas suivre le jugement, mais
continuer à se fier à son programme d'expérimentation de la Nevirapine (dans
18 sites-pilotes à travers le pays).
"Ma position est que le système judiciaire ne peut pas établir des
ordonnances depuis un tribunal", a déclaré la ministre Manto
Tshabalala-Msimang dimanche soir sur SABC-TV, estimant que c'est aux
autorités médicales de régulation du pays de montrer la voie sur la
Névirapine, sur la base des expériences menées ou des doutes soulevés.
A la question de savoir si sa position signifait que l'Etat ne se plierait
pas à la décision de la Haute Cour, la ministre a répondu "Oui, c'est à dire
non".
Le gouvernement ignore depuis des mois les avis de scientifiques et les
appels de maintes sections de la société sud-africaine (presse, corps
médical, syndicats, églises, etc) pour généraliser l'usage de la Névirapine
dans la Santé publique. L'Etat argue de ressources et d'infrastructures
insuffisantes en vue d'un programme Nevirapine étendu à tous, mais invoque
aussi des résultats non encore prouvés sur les sites-pilotes.
Quelque 70.000 bébés naissent séropositifs par an en Afrique du Sud, selon
l'ONG d'aide aux malades Treatment Action Campaign (TAC), à l'origine de
l'action en justice pour forcer l'Etat à donner la Névirapine. Trois
provinces sur neuf se sont d'ores et déjà rebellées contre la ligne
officielle, engageant une généralisation du traitement.
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La lutte anti-sida doit être la même que celle contre l'apartheid (Desmond
Tutu)
JOHANNESBURG, 24 mars (AFP) - 13h25
L'ancien archevêque du Cap Desmond Tutu a estimé dimanche que la lutte
contre le sida devait s'apparenter à la lutte contre l'apartheid et que
toutes les méthodes disponibles, notamment les traitements anti-rétroviraux,
devaient être utilisées.
"J'aimerais... que nous ayons le même état d'esprit, la même passion, le
même engagement pour combattre cette pandémie que ce qui nous animait
lorsque nous luttions contre le fléau de l'apartheid", a déclaré à la
télévision publique SABC cet ancien leader de la lutte contre l'apartheid.
Desmond Tutu a affirmé qu'il soutenait la délivrance des médicaments comme
la Nevirapine, un anti-rétroviral pour femmes enceintes séropositives
destiné à empêcher la transmission du VIH de la mère à l'enfant.
"Nous devons utiliser toutes les informations et le savoir à notre
disposition... Nous devons vraiment éliminer ce qui cause (le sida).
Aujourd'hui ce qui est admis, c'est que le sida découle de ce virus (VIH) et
que ces médicaments ont un impact décisif", a ajouté le Prix Nobel de la
Paix (1984).
Le président sud-africain Thabo Mbeki avait provoqué un tollé en se
ralliant à une thèse défendue par un petit groupe de scientifiques
dissidents, mettant en cause le lien entre virus VIH et sida.
Le 11 mars, la Haute Cour de Pretoria a sommé le gouvernement de généraliser
immédiatement le traitement à la Nevirapine, sans attendre le résultat de
l'appel déposé contre un jugement identique.
La Cour a concédé au gouvernement la possibilité de faire appel devant la
Cour constitutionnelle du jugement de décembre dernier, mais lui a ordonné
entre-temps de se plier à l'injonction initiale, en généralisant la
Nevirapine dans les hôpitaux publics du pays, au-delà des seuls 18
sites-pilotes expérimentés à ce jour.
Dimanche, un haut scientifique sud-africain a critiqué dans la presse la
position du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) contestant le lien
VIH-sida, estimant qu'elle vouait à l'échec les efforts gouvernementaux de
lutte contre la pandémie.
"Partout où ces idées ont été rejetées, l'épidémie a été contrôlée avec
succès, et partout où elles ont été relayées, n'ont régné que confusion et
dénégation", a déclaré Malegapuru Makgoba, président du Conseil de recherche
médicale d'Afrique du Sud, au Sunday Independent.
L'Afrique du sud comptait 4,7 millions de séropositifs fin 2000.
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