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[e-med] (2) Sauvez-nous des accords de Bangui
- From: simonkabore@hotmail.com
- Date: Fri, 15 Feb 2002 03:48:28 -0500 (EST)
E-MED: (2) Sauvez-nous des accords de Bangui
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Vous trouverez ci dessous deux textes que j'ai envoyé dans un mailing liste
du "Sommet pour les génériques". Ces textes évoquent entre autres la
pétition que nous avons initiée au Burkina Faso pour demander le gèle des
Accords de Bangui et sa relecture à la lumière de la dernière Déclaration de
DOHA.
Texte I
PETITION CONTRE LES ACCORDS DE BANGUI
Dans un précédent message, j'ai parlé d'une pétition que notre association,
en collaboration avec MSF/Burkina et d'autres partenaires ,a lancé contre
les Accords de Bangui (BA) dits revisés. Cette pétition comporte deux textes
dont un est adressé au Président de la Republique et l'autre au Premier
Ministre.
Si nous avons choisit les plus hautes autorités de l'Etat, c'est parce que
nous avons jugé que les ministres qui ont eu en charge du dossier, celui de
la santé et celui du commerce n'ont pas su prioriser les intérêts des
populations malgré les efforts de Médecins Sans Frontières (MSF), de l'OMS
et d'autres partenaires techniques.
Nous avons commencé à enregistrer les signatures. Le moins que l'on puisse
dire est que les associations et les personnes contactées sont vraiment
sensibles au sujet. Nous avons déjà enregistré la participation de plus
d'une trentaine d'associations et une centaine de personne physique. Le
démarrage a été un peu difficile parce que nous avons demarré l'opération au
pif sans ressource pratiquement. Mais les prochains jours, nous nous
attendons à un décollage dans les chiffres parce que les relais sont devenus
très nombreux.
Beaucoup de gens ont commencé à s'interesser au problème. Nous avons reçu
l'invitation d'un centre de documentation et d'information sur le Sida et la
tuberculose ( CICDOC) d'animer une conférence publique sur le thème des
Accords de Bangui. RFI nous a également contacté pour un interview
téléphonique: merci à Gaelle qui a établit le contact. L'interview a été
réalisé le 14 Fevrier aux environs de 14heures.
Nous avons également eu un semblant de bonne nouvelle. Il semblerait que
pour que les AB entre en application le Conseil d'Administration doit
approuvé d'abord les textes de mise en application.Il se trouve que ce CA ne
se tiendra qu'en Dec 2002. Si les textes de mise en application sont rejetés
par les Etats cela bloquera en même temps l'application de l'AB. Les Etats
pourront en même temps demander la revision des BA ent enant compte d'autres
données.
Cela nous laisserait alors le temps de nous organiser mieux, mais ne devrait
pas nous inciter au relachement.
Merci à tous ceux qui nous ont écrits pour nous apporter leur soutien. Nous
demeurons disponibles pour les échanges d'idées. Nous insisterons même sur
la necessité de cette échange parce que le problème n'interesse pas
seulement une nation, la mobilisation doit être alors transnationale.Le
monstre n'est pas aussi invulnérable qu'il le parait.
Que Dieu ait pitié des pauvres . Mais n'est-ce pas qu'il n'ouvre sa porte
qu'à celui qui a pris la peine de taper, comme il l'a d'ailleurs recommandé?
Texte II
GAELLE
J'ai eu quelques jours d'absence qui ne m'ont pas permit de te repondre
aussitôt. Deux choses sont vraiment désolantes dans cette bataille contre
les accords de Bangui: le mépris des responsables africains et
l'indifférence des populations africaines à travers les associations.
Le mépris des responsables africains
Tout porte à croire que les accords de Bangui ont été signés sans avoir été
analysés sur tous les plans notamment sur l'aspect de la santé publique.
Tout a été mis en oeuvre apparemment dans les Etats pour occulter cet
aspect. Ils ne peuvent pas dire honnêtement qu'ils l'ignoraient. Je me
rappelle qu'en Avril 2001, une rencontre initiée par MSF et qui avait
regroupé plus d'une trentaine de responsables des ministères de la santé des
pays membres de l'OAPI était arrivée à la résolution que les Accords
revisées de Bangui devaient êtres à nouveau revisés ( remarque que c'etait
même avant le sommet de DOHA). J'ai également vu une note technique de l'OMS
approuvée par les parténaires au developpement de la santé expliquant aux
Autorités les méfaits de Bangui ( les accords). En Juin 2001, s'assayant sur
tout ça, le Burkina Faso a ratifié la convention, sans sourciller. Ceux qui
aujourd'hui ne trouvent pas de problème aux Accords de Bangui ne l'ont pas
vraiment fait valoir à la rencontre de MSF; ils n'ont pas non plus repondu
officiellement à la note tehnique de l'OMS, que j'imagine qu'ils ont reçu.
Ne pourrait ont envoyer les résolutions de la rencontre de MSF et la note
tehnique de l'OMS à Monsieur le Président de l'OAPI? A la vérité , dans nos
Etats, les structures chargées de la propriété intellectuelle ont pour
simple mission la protection de l'oeuvre des propriétaires de brevets. C'est
ce que un des responsables de ces structures nous a laissé entendre. Aucune
structure de l'Etat n'a au fait pour mandat de veiller à la protection des
intérêts du plus grand nombre de la population. C'est pour cela que les
populations soutenues par les associations et les ONG doivent s'organiser
pour se faire entendre. J'ai déjà évoqué dans un précédent message la
création d'un observatoire africain des traités et politiques touchant à la
santé. Je soutiens que si une structure de ce genre existait, avec des
repondants au niveau des Etats, l'A.B ( Accords de Bangui) ne serait pas
entrain de passer comme une lettre à la poste. Mais en attendant, une
urgence est là et appelle à une réaction rapide. Malheureusement, j'ai
l'impression que beaucoup d'associations africaines n'ont pas encore
comprises cela.
L'indifférence des associations africaines
Elle est avant tout due à un manque d'information. Beaucoup d'association
ignoraient jusqu'à l'existence des A.B ou des ADPIC. Vous comprennez bien
que ce n'est pas les gouvernements qui feront la publicité de ces textes.
Même la presse semble muette sur la question. A part les quelques articles
que j'ai fait passer dans la presse, ici , nous n'avons pratiquement rien lu
sur DOHA ou Bangui.
Mais le seul manque de l'information ne peut justifier cette indiférence
qui arrange beaucoup les autorités préoccupées souvent par d'autres intérêts
que ceux des populations. Les associations africaines semblent souvent
prises par une passivité maladive. Elles laisseront une situation
désagréable s'installer et elles iront ensuite pleurer leur sort sur
l'épaule de celui qui a su en son temps se tirer du nauvrage.
Mais l'espoir est permis parce que ici et là nous voyons une certaine
opinion publique naissante. Tout ce que je souhaite, c'est que cette opinion
s'exprime par apport aux A.B; que les uns et les autres sortent de leur
torpeur; qu'ils osent faire la pression sur leur gouvernement. Sans cela les
A.B s'appliqueront et nous seront les premiers et les principaux victimes.
Je me dit que le Président de l'OAPI ne peut pas être aussi à l'aise devant
une population africaine lui criant ses besoins de soins que devant des ONG
du Nord pour dire qu'il ne trouve aucun problème dans les implications des
A.B. Mais pour cela nous avons tout de même besoin du soutien et de
l'expérience des ONG du Nord: nous pourront y revenir une autre fois.
J'invite encore une fois les associations et les personnes sensibles à cette
question d'initier des actions et de partager leur expérience avec tous les
participants de cette liste. Prochainement je vous soumettrai des exemples
d'actions que je pense possible à mener.
Simon KABORE
BP: 300 Koudougou
BURKINA FASO
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