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[e-med] Revue de presse sur le sida


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 3 Dec 2001 08:03:56 -0500 (EST)

E-MED: Revue de presse sur le sida
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LE MONDE | 01.12.01 | 09h51
La gratuité indispensable en Afrique
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3244--251483-,00.html
Dakar de notre correspondante

Une part infime des malades africains reçoit des traitements
antirétroviraux. Les premiers programmes d'accès à ces thérapies n'ont été
lancés qu'en 1998 dans trois pays : la Côte d'Ivoire,l'Ouganda et le
Sénégal. Les observations faites jusqu'ici sur le plan biomédical sont
encourageantes. La mise en ?uvre de ces traitements est possible et leur
efficacité comparable à celle observée dans les pays du Nord.

Les modalités d'accès aux anti-rétroviraux et les aspects sociaux de la mise
sous traitement des personnes infectées par le virus VIH ont été au centre
d'un atelier tenu en octobre sur l'île de Gorée, au Sénégal.
Quarante intervenants ont dressé un premier bilan de l'action menée dans
plusieurs pays (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d'Ivoire,
Guinée, Mali, Maroc et Sénégal). Professionnels de la santé, chercheurs ou
simples malades ont constaté que l'accès aux traitements modifie la
perception sociale de la maladie et favorise le recours au dépistage, d'où
une prise en charge plus précoce et plus efficace. Toutefois, les programmes
mis en place par les Etats ne font pas face à l'augmentation du nombre de
demandes. Au Sénégal, pays où le taux de séropositivité est pourtant faible
(1,4 %), seulement 350 malades, soit 2 % des personnes se trouvant à un
stade avancé, reçoivent des antirétroviraux dans le cadre du programme
national. Ce nombre est en nette hausse depuis que les laboratoires
pharmaceutiques ont passé, en 2000, un accord avec le Sénégal accordant une
baisse de 90 % sur les antirétroviraux. Mais le principe de la participation
financière des patients, également appliqué en Cote d'Ivoire, au Mali ou en
Guinée, limite l'accès à ces médicaments. Censé garantir une meilleure
observance, le fait de s'acquitter d'une certaine somme n'améliore pas le
suivi du traitement et l'incapacité à payer est même la première cause de
son interruption prolongée.

TROUVER DES FINANCEMENTS

Les experts réunis à Gorée recommandent que les traitements anti-rétroviraux
soient entièrement gratuits pour tous. "Ni les Etats africains ni les
patients n'ont les moyens de les financer", note Bernard Taverne, médecin
anthropologue de l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Il
faut donc trouver de nouveaux financements auprès de la communauté
internationale.

Par ailleurs, il n'apparaît pas de profil social ou économique des patients
a priori non observants, ce qui va à l'encontre des idées reçues estimant
que les Africains ne prennent pas correctement leurs médicaments, notamment
faute de montre... Les dispositifs de soutien tels que les groupes de parole
contribuent à assurer une bonne observance. Le groupe de Gorée présentera
une recommandation dans ce sens à la Conférence internationale sur les
maladies sexuellement transmissibles et le sida, qui s'ouvrira à Ouagadougou
le 9 décembre.

Il sera également préconisé que l'accès aux antirétroviraux concerne aussi
les enfants. La Côte d'Ivoire, où le taux de séropositivité atteint près de
11 %, a déjà lancé, il y a quelques mois, un programme dans ce sens à
Abidjan.

Brigitte Breuillac


? ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.12.01

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Des lignes téléphoniques pour informer sur le SIDA au Mali

http://www.panapress.com/newslat.asp?code=fre031207&dte=02/12/2001

Bamako, Mali (PANA) - Le Premier ministre malien, Mandé Sidibé, a procédé
samedi à l'inauguration de 10 lignes téléphoniques spéciales fonctionnant 6
heures par jour pour recevoir tous les appels relatifs aux informations sur
le SIDA.

Cette inauguration marquait le lancement officiel des activités devant
marquer le mois de décembre décrété au Mali "mois de lutte contre le SIDA".

Le département de la Santé, indique-t-on, compte mettre en place dans les
prochains mois d'autres lignes téléphoniques à travers le pays pour
permettre au maximum de Maliens d'obtenir toutes les informations sur le
SIDA, en vue de la mise en oeuvre de façon efficace de la stratégie
2001-2005 élaborée par le gouvernement malien pour réduire la progression
de la maladie.

Au cours de cette cérémonie ponctuée par des représentations artistiques et
des sketches sur le danger que constitue le SIDA, M. Sidibé a également
remis un important lot de timbres et de cartes postales au symbole du SIDA
au ministre malien chargé de la Communication, en vue de leur mise en
circulation par l'Office national de poste (ONP).

Ces imprimés postaux contribueront, selon le Premier ministre malien, à
véhiculer davantage d'informations sur la pandémie et à sensibiliser les
Maliens sur ses conséquences sur la santé de l'homme.

Une projection de film montrant des personnes atteintes du SIDA ou
séropositives a clôturé la cérémonie. Celle-ci a regroupé autour du Premier
ministre et du ministre de la Santé, les autres membres du gouvernement,
les membres du corps diplomatique, les représentants de l'OMS, de l'UNICEF,
les associations et ONG impliquées dans la lutte contre le fléau, ainsi que
des artistes maliens très souvent mis à contribution pour les campagnes de
sensibilisation.

En prélude aux manifestations, toutes les écoles du pays ont reçu vendredi
des cours sur le SIDA, ses modes de transmission et les moyens de
prévention.

Par ailleurs, le lycée Massa Makan Diabaté, un des établissements
secondaires de Bamako qui compte environ 3.000 élèves, a procédé au
lancement d'un projet dénommé Projet "Solidarité Plus".Ce projet,
indique-t-on, vise à payer des médicaments pour l'établissement mais et
surtout à aider et à soigner les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Les ressources du projet proviennent, selon ses initiateurs, des cotisations
des élèves. Déjà chacun des 3.000 élèves a souscrit pour 100 FCFA pour le
démarrage du projet.

Le département de la Santé prévoit aussi avant la fin du mois
l'organisation d'un convoi, appelé "Convoi de l'espoir", qui doit sillonner
toutes les régions du Mali, en vue d'apporter le message à tous les Maliens
où qu'ils se trouvent.

L'année dernière, rappelle-t-on, un convoi dénommé "le train de l'espoir"
avait été organisé sur le trajet de la voie ferrée Bamako-Kayes pour les
mêmes raisons.

Bamako - 02/12/2001


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L'Afrique du Sud en danger
Le gouvernement refuse d'étendre les traitements.
http://www.liberation.com/quotidien/semaine/20011129jeue.html
Par SABINE CESSOU

Le jeudi 29 novembre 2001

Johannesburg de notre correspondante

Le procès intenté à l'Etat sud-africain par une association et un groupe de
200 médecins pourrait faire jurisprudence. La Haute Cour de justice de
Pretoria n'a pas encore rendu de verdict, mais l'un de ses juges, Chris
Botha, a affirmé lundi que toutes les femmes enceintes et séropositives du
pays devraient avoir accès à la Nevirapine. Ce médicament permet de réduire
de moitié les risques de transmission du VIH de la mère à l'enfant.

Aujourd'hui, seuls dix-huit hôpitaux publics distribuent ce traitement bon
marché - 30 rands par patiente (22 francs) - dans le cadre d'un projet
pilote national. Commencé l'an dernier, ce programme ne touche que 5 % des
femmes enceintes contaminées. La province du Cap, dirigée par un parti
d'opposition, a décidé d'aller plus loin. En distribuant la Nevirapine dans
un nombre croissant d'hôpitaux et de dispensaires, l'Alliance démocratique
(AD) a prouvé qu'une politique publique était possible. Cette leçon donnée
au gouvernement n'est malheureusement pas venue à bout des réticences de
Manto Tshabalala-Msimang, la ministre de la Santé. Le gouvernement continue
de penser qu'il serait «irresponsable» de distribuer la Nevirapine en
quantité, dans la mesure où nombre de nourrissons nés sans le virus le
contractent par l'allaitement maternel. Sans un programme global incluant un
approvisionnement aussi massif que coûteux de lait en poudre, les autorités
estiment que la Nevirapine n'est pas une solution.

Orphelins. Pour l'Etat, l'un des aspects du problème consiste par ailleurs à
savoir qui prendra en charge des milliers d'enfants peut-être sauvés, mais
qui auront perdu leurs parents. L'immense majorité des adultes sidéens sont
en effet condamnés, n'ayant pas accès aux trithérapies en vente dans le
secteur privé. Les prix sont en baisse, mais ils restent prohibitifs. Même à
750 rands par mois, un traitement antirétroviral représente encore le
salaire mensuel d'une employée de maison. S'il ne fait pas l'objet de
débats ouverts, ce cercle vicieux n'en continue pas moins de poser un réel
problème. «Voilà quatre ans que nous nous battons, et les laboratoires
Boehringer Ingelheim ont été jusqu'à proposer de donner la Nevirapine»,
s'insurge Geoff Budlender, l'un des avocats de TAC (Campagne d'action pour
les traitements). Son objectif: obtenir un verdict qui contraigne le
gouvernement à mettre en place un programme dans les trois mois.

A mesure que les années passent, il est vrai que les atermoiements du
gouvernement exaspèrent une large frange de l'opinion, y compris dans les
rangs du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. Avec le
Malawi, le Botswana et le Zimbabwe, l'Afrique du Sud est l'un des pays
d'Afrique les plus frappés par l'endémie. Les dernières statistiques
estiment qu'au moins 4,8 millions de personnes sont infectées, soit plus de
11 % de la population du pays.
Désormais, 40 % des décès chez les adultes de 15 à 49 ans sont dus au sida.
Les cimetières des grandes villes débordent, les enterrements se
multiplient en semaine, les week-ends étant surchargés.

«Déni». Dans un pays qui compte déjà plus d'un demi-million d'orphelins
séropositifs, les avocats de TAC dénoncent un véritable «génocide». La
pression monte, y compris à l'étranger.
L'organisation Human Rights Watch a envoyé le 21 novembre une lettre au
président sud-africain, Thabo Mbeki, lui reprochant son «déni» et sa
«négligence» face aux ravages du sida. Faute d'un accès général de leurs
mères à la Nevirapine, 70 000 bébés sud-africains sont condamnés chaque
année.


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