[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]
[e-med] Politique pharmaceutique en France (2)
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 12 Sep 2001 04:40:28 -0400 (EDT)
E-MED: Politique pharmaceutique en France (2)
-------------------------------------------------------------------------
La formation continue des médecins "laissée au bon vouloir des industriels""
LE MONDE | 11.09.01 | 11h37
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--221383-,00.html
La cour des comptes consacre une partie de son rapport au "bon usage" des
médicaments et à la "prescription utile", notions qui renvoient à la
formation et à l'information des médecins. Soulignant que celles-ci sont
"restées, en France, trop longtemps négligées par les pouvoirs publics", les
magistrats de la rue Cambon dénoncent une formation médicale continue
"laissée au bon vouloir des industriels".
Citant une note du président du Comité économique des produits de santé,
rédigée à l'été 2000, la Cour reprend à son compte son jugement sur les
"usages de prescription excessifs, tant en quantité qu'en qualité des
médicaments prescrits au regard du seul intérêt des malades".
Ecartant l'idée qu'il puisse "y être mis fin par des contrôles", la note
expliquait cependant que "ces excès, commis en toute bonne foi par les
médecins, résultent de ce que la quasi-totalité de l'information qu'ils
reçoivent sur les médicaments provient directement ou indirectement des
laboratoires".
Le rapport mentionne la "forte activité des visiteurs médicaux auprès des
professionnels de santé", qui correspond, selon le calcul des magistrats, "à
un ratio d'un visiteur médical pour trois médecins généralistes en activité
libérale à temps plein ou partiel".
Soulignant "les limites du dispositif actuel d'encadrement des dépenses
promotionnelles del'industrie pharmaceutique", la Cour cite le budget
marketing des laboratoires français, selon le syndicat patronal du secteur:
150 000 à 200 000 francs par généraliste et par an. Face à cette puissance,
"l'information indépendante existe, mais elle est limitée, dispersée et
sous-utilisée".
Pour preuve, la Cour cite le Fonds de promotion de l'information sur le
médicament, créé par la loi de financement de la Sécurité sociale 2001 et
géré par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé
(Afssaps). Ses ressources proviennent d'une partie "de la taxe sur les
dépenses promotionnelles en matière de produits de santé, dans la limite de
10 %, soit au maximum 130 millions de francs sur 1,3 milliard de francs".
"ANOMALIES PERSISTANTES"
Enfin, si la Cour souligne l'intérêt de la base de données sur le
médicament de la Caisse nationale d'assurance-maladie (Medicam), qui
"permet d'apporter au débat public des données autres que celles de
l'industrie", elle a des mots très sévères pour l'Afssaps. Sa base de
données interne sur les autorisations de mise sur le marché est qualifiée
d'"obsolète, voire inopérante". La Cour constate "un ensemble d'anomalies
importantes et persistantes dans la manière dont l'Afssaps gère l'accès aux
informations essentielles en matière de médicaments".
Les réponses de l'Afssaps sont attendues avec impatience.
P.Be.
--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
<e-med@usa.healthnet.org>
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour toutes autres questions addresser vos messages à :
<owner-e-med@usa.healthnet.org>
|