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[e-med] Des médicaments en manque de qualité (2)


  • From: msek@intnet.ne
  • Date: Mon, 10 Sep 2001 04:31:29 -0400 (EDT)

E-MED: Des médicaments en manque de qualité (2)
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[Modérateur: on nous communique la rectification importante suivante, merci.
CB]


Au Niger, il n'existe qu'une entreprise de fabrication de médicaments,
SONIPHAR SA , qui est bien contrôlée . Je suppose que l'auteur de l'article
veut faire référence au Nigeria où plus de 100 unités industrielles
pharmaceutiques sont opérationnelles.

Mahamane SEKOU
Pharmacien
msek@intnet.ne

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[e-med] Des médicaments en manque de qualité



To: e-med@usa.healthnet.org
Subject: [e-med] Des médicaments en manque de qualité
From: remed@remed.org
Date: Wed, 1 Aug 2001 10:17:34 -0400 (EDT)
Reply-To: e-med@usa.healthnet.org
Sender: owner-e-med@usa.healthnet.org



E-MED: Des médicaments en manque de qualité
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Sur le site de Infosciences :
http://www.infoscience.fr/articles/articles_aff.php3?Ref=667

Des médicaments en manque de qualité

Dans les pays en voie de développement, les médicaments en circulation ne
sont pas d'une qualité extrême. Au Niger et en Asie du sud-est, plus d'un
tiers sont des copies ou des sous-produits.

Dans nos pays industrialisés, nous avons une confiance absolue en la qualité
de nos médicaments.
Malheureusement, ce n'est pas le cas dans les pays en voie de développement.
Les médicaments fabriqués au Niger et en Asie du sud-est sont inefficaces
et, à terme, dangereux. Deux campagnes d'études viennent d'établir que le
tiers des traitements circulant dans ces pays dans tous les organismes de
santé sont des copies ou des produits mal dosés. Les trafics qui s'ensuivent
autour des faux sont préjudiciables pour tous ceux en attente d'un
traitement vital.

La qualité des médicaments est un problème de santé publique dans les pays
en voie de développement. Absence d'accès à des produits actifs d'excellente
qualité, manque de contrôles suffisants et de procédés adaptés rendent ces
médicaments impuissants contre la plupart des maladies tropicales. La
contrefaçon et l'utilisation de produits chimiques incapables de résister à
la chaleur et à l'humidité conduisent à l'arrêt désastreux du traitement
thérapeutique ou s'accompagnent de résistances aux pathogènes. Lorsque les
médicaments contrefaits se substituent aux vrais traitements, la mort n'est
pas bien loin. Il est extrêmement difficile de discerner les faux de tous
les sous-produits qui échappent aux contrôles drastiques de fabrication.

Pour en limiter la circulation, l'urgence est maintenant de connaître
l'étendue générale de cette dangereuse pharmacopée.
Au Kenya, 46% des médicaments locaux seraient sous-dosés. Au Niger, on se
penche sur les causes de leur manque de qualité. "Il ne s'agit pas pour
l'instant d'identifier l'origine de fabrication ou de contrefaçon de ces
médicaments mais d'obtenir des données sur leur réelle qualité et leur
efficacité," explique Robert Taylor de l'Université Robert Gordon en
Grande-Bretagne. Ce professeur en pharmacie a mené une campagne pour
identifier tous les médicaments, essentiels selon la liste établie par
l'Organisation mondiale de la santé (OMS), que l'on peut trouver dans les
pharmacies nigériennes.
Quarante-huit pour cent d'entre eux sont en dehors des normes
pharmacologiques normalement adoptées. Quand certains traitements, comme les
antipaludéens, contiennent moins de 25% de leur substance active, d'autres
en sont totalement dépourvus. Et non des moindres : le pyrazinamide, un
antituberculeux, et le metronidazole, un antibiotique. Un préjudice énorme
lorsque l'on sait que parmi ces produits, certains servent à traiter l'une
des plus graves affections respiratoires infantiles. "Il y a quelques
années, 80 000 personnes avaient été vaccinées avec des faux produits.
Plusieurs milliers sont morts de n'avoir pu être traités efficacement,"
raconte Jacques Pinel, pharmacien à Médecins sans frontières (MSF).

Cependant, rien de comparable avec les pays de l'Asie du sud-est. L'OMS
s'inquiète de ne pouvoir distinguer et contrôler dans ces régions les faux
médicaments des remèdes sous-dosés. Sur ou sous-dosés, les médicaments
nigériens restent en grande partie proches des limites pharmacologiques
standards. Preuve qu'il n'y a pas contrefaçon mais de sérieux manques dans
leur fabrication et leur contrôle.

Dans les échoppes, pharmacies et hôpitaux du Cambodge, du Laos, de Myanmar
(Birmanie), de la Thaïlande et du Vietnam sont vendues des tablettes
estampillées "artesunate", un antipaludéen particulièrement vital et
infaillibe contre le parasite Plasmodium falciparum. Mais qu'on ne se fie
pas à la marque.
Plus d'un tiers d'entre elles ne contiennent aucune des substances
attendues. Simplement un succédané d'antipaludéen peu efficace. De pures
imitations, jusqu'à l'emballage. Pour Nicholas While, de la Faculté de
médecine tropicale de Bangkok, qui rapporte ces résultats, il est urgent de
lancer des campagnes de sensibilisation contre "ce trafic meurtrier." Car
il s'agit bien d'un véritable trafic. Les prix de ces médicaments
contrefaits sont 30 à 45% moins chers que les vrais. Pour certains de ces
pays, c'est une véritable manne pharmaceutique qui est contrôlée par deux ou
trois groupes, travaillant vraisemblablement main dans la main.

Rien ne permet actuellement de contrôler la dissémination de ces faux
médicaments. Il y a une dizaine d'années, le Nigeria a dépensé 68 millions
de dollars pour tenter de résoudre ce problème. D'après ce que rapporte
Robert Taylor, il y a quelques progrès. Resterait à sensibiliser les
populations contre le danger qu'elles encourent. "Les grands groupes
pharmaceutiques pourraient aussi reconsidérer leur stratégie économique afin
que la trafic ne soit plus une affaire rentable," ajoute Alain Li Wan Po, du
Centre de pharmacothérapie de Birmingham. Du moins, peut-on espérer qu'un
programme d'expertise, patronné par ces mêmes groupes, se mette en place
pour conseiller tous les fabricants de médicaments locaux.

Olivier Donnars


[Modérateur : mettre des pourcentages est une mauvaise idée : cela
correspond le plus souvent à un état des lieux à partir d'une étude avec un
nombre limité d'échantillon prélevé à un moment donné dans un circuit
d'approvisionnement défini. Dans ce cas il est dangeureux d'extrapoler comme
il est dit dans cet article "Au Kenya, 46% des médicaments locaux seraient
sous-dosés". Quelqu'un connait l'étude de Robert Taylor ? Carinne Bruneton]

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