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[e-med] France: situation des génériques en France


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 7 Sep 2001 09:43:58 -0400 (EDT)

E-MED: France: situation des génériques en France
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[Modérateur: voici une série de 3 articles sur la situation des génériques
en France... et où on reparle de la prescription sous DCI. Bonne lecture...
CB]


La France accuse un fort retard dans le recours aux médicaments génériques
LE MONDE | 07.09.01 | 10h29
MIS A JOUR LE 07.09.01 | 11h05
http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226--220799-,00.html

Selon deux études de la CNAMTS, le montant des ventes de ces copies
conformes de médicaments de marque n'a représenté en 2000 que 3,1 % du total
des ventes de produits remboursables. Or c'est une économie de près de 5
milliards de francs sur deux ans que permettrait de réaliser le recours à
ces substituts moins chers.
Les médicaments génériques ont une belle marge de progression devant eux.
Malgré une augmentation depuis 1999 de la part de ces copies équivalentes
en tout point aux produits de marque dans les ventes de médicaments, le
montant des ventes de génériques ne représentait en 2000 que 3,1 % du total
des ventes de médicaments remboursables et 5,9 % du volume des unités
(boîtes de médicaments) vendues. Tous les médicaments de marque
remboursables n'ont pas leur générique, objectera-t-on.

Rapportées au répertoire des groupes des médicaments pour lesquels
molécules originales et génériques coexistent ? ce que l'on appelle un
groupe générique ?, les parts des montants et des volumes de génériques
vendus en 2000 étaient respectivement de 22,3 % et 29,3 %.
Or, il apparaît que ces résultats modestes, qui placent la France loin
derrière les autres pays, se doublent de très fortes disparités, comme
l'indique une analyse, encore inédite, de la Caisse nationale
d'assurance-maladie des travailleurs salariés (CNAMTS).

Travaillant à partir des fichiers de prestations remboursées par le régime
général au cours de l'année 2000 (hors sections locales mutualistes),
Pierre-Jean Lancry, directeur délégué aux risques, et Bénédicte Criquillon
(direction des statistiques et des études) ont regroupé par départements les
chiffres de plus de 22 000 officines de pharmacie. Il apparaît ainsi une
France des disparités. Disparités entre les officines d'abord, puisque le
taux de boîtes de génériques vendues rapporté au total des produits du
répertoire des groupes génériques varie de 4 % à 87 % selon les officines.
Il n'existe cependant pas de lien entre la taille de l'officine et le taux
de génériques vendus, précisent les auteurs de l'étude. Différences
majeures également selon les départements, puisque les écarts peuvent aller
de un à trois. La Corse et Paris sont les endroits où la part des génériques
est la plus faible : respectivement 14,6 % et 17,8 % en unités vendues. A
l'autre bout du spectre, la Marne et la Meuse se distinguent avec
respectivement 40,6 % et 41,1 % des unités vendues sous forme de génériques.

DROIT DE SUBSTITUTION

Comment expliquer ces différences ? Les données sur lesquelles ont travaillé
les experts de la CNAMTS ne permettent pas de distinguer si le générique
figurait sur la prescription du médecin ou si le pharmacien a usé de son
droit de substitution, en remplaçant le médicament de marque par sa copie
moins chère. Pour Claude Japhet, président de l'Union nationale des
pharmacies de France (UNPF), le développement du générique a eu du mal à se
mettre en place "pour deux raisons : les mots d'ordre lancés par certains
syndicats de médecins et les incompréhensions des patients". Selon lui, les
mauvais résultats enregistrés à Paris sont dus au paysage syndical, plus
hostile à la substitution, et à la forte concurrence entre les officines (1
100 pharmacies à Paris, "300 de trop", dit-il). Elles n'oseraient pas
substituer de peur de perdre leurs clients. "Les médecins qui étaient contre
le droit de substitution des pharmaciens ont mené une action directe ? en
inscrivant sur les ordonnances 'non substituable' ? et une action indirecte
en disant à leur patient : 'Attention qu'on ne vous change pas vos
médicaments'."

M. Japhet regrette "le manque de campagne incitative d'information" sur les
génériques de la part de l'Etat et des mutuelles. Ce travail semble jouer un
rôle majeur.

NOM DE LA MOLÉCULE !

Sans surprise, les deux départements en tête sont en effet ceux qui ont
entrepris d'importantes actions de sensibilisation. La Marne a même
expérimenté la possibilité pour les médecins de prescrire les médicaments
en utilisant leur dénomination commune internationale (DCI), le nom chimique
de la molécule et non la marque donnée par le fabricant.
Cette modalité de prescription n'est pas autorisée actuellement, mais
figurera dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui
sera présenté en conseil des ministres au début du mois d'octobre, ainsi que
l'ont annoncé le 7 juin Elisabeth Guigou et Bernard Kouchner dans leur "Plan
médicament".

Le rééquilibrage des ventes de médicaments au bénéfice des génériques est
souhaité par le gouvernement qui doit faire face au déficit de la branche
assurance-maladie de la Sécurité sociale. En 2000, ce déficit a été de 6,1
milliards de francs, les bonnes rentrées de cotisations ne parvenant pas à
compenser les 17 milliards de dépassement des dépenses de santé par rapport
aux objectifs votés par le Parlement.

Pour 2001, le dépassement est déjà évalué à 9 milliards et le déficit à 3,6
milliards. La ministre de l'emploi et de la solidarité et le ministre
délégué à la santé ont indiqué en juin que les mesures qu'ils présentaient
dans leur "Plan médicament" devraient permettre d'obtenir, d'emblée, des
économies annuelles comprises entre 2,2 et 2,5 milliards de francs pour un
secteur correspondant à des remboursements de 90 milliards par les régimes
d'assurance-maladie.

5 MILLIARDS SUR DEUX ANS

Or c'est précisément une économie de cet ordre ? 2,2 milliards de francs ou
près de 5 milliards sur deux ans ? que permettrait de réaliser le recours
aux médicaments génériques selon une évaluation, elle aussi inédite, de la
CNAMTS, l'étude "Généricam" portant sur les années 1999 et 2000.

La Caisse aboutit à ce chiffre en se plaçant dans l'hypothèse où les
médicaments de référence seraient vendus au prix moyen des génériques du
même groupe. Selon l'étude, l'action sur 22 groupes génériques (sur les 219
analysés) ayant le plus fort potentiel d'économie permettrait de récupérer
2,5 milliards sur deux ans. Les cibles sont donc identifiées.
Reste aux pouvoirs publics à engager les actions nécessaires.

Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard


Des copies conformes à moindre prix

Définition. L'article L. 601-6 du code de la santé publique définit le
médicament générique d'un médicament de marque comme celui "qui a la même
composition qualitative et quantitative en principe actif, la même forme
pharmaceutique et dont la bioéquivalence (effets thérapeutiques) avec la
spécialité de référence est démontrée par des études". Un générique est donc
une copie conforme d'un médicament de marque.

Chiffres. Le répertoire publié en juin 2001par l'Agence française de
sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) comporte un total de 105
principes actifs et associations, soit 245 produits de référence, auxquels
correspondent 1 047 génériques. En montants présentés au remboursement, les
génériques ont compté pour près de 2,8 milliards de francs, alors que le
médicament remboursable dans son ensemble se chiffre à plus de 89,2
milliards. L'écart de prix entre un médicament de marque et le générique le
moins cher est souvent de l'ordre de 20 ou 30 %. En cardiologie, un
bêta-bloquant comme le Sectral est vendu 52,70 F la boîte ; son générique,
l'acébutolol EG, est vendu 41 F. Parmi les antibiotiques, l'Oracéfal 250 est
vendu 37 F, contre 28,50 F pour le céfadroxil 250 EG.

Droit de substitution. Un décret, publié au Journal officiel du 12 juin
1999, a autorisé les pharmaciens à remplacer les médicaments prescrits par
des génériques, sauf si le médecin a spécifié que le produit indiqué n'était
pas "substituable".


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