[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]

[e-med] AG ONU : Communiqué final 27 juin 2001, 8ème séance plénière


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 29 Jun 2001 06:24:08 -0400 (EDT)

E-MED: AG ONU : Communiqué final 27 juin 2001, 8ème séance plénière
-------------------------------------------------------------------------

Assemblée générale
Vingt-sixième session extraordinaire
8ème séance plénière ? après-midi
Communiqué final
27 juin 2001
AG/1171
http://www.un.org/News/fr-press/docs/2001/AG1171.doc.htm

LES GOUVERNEMENTS S?ENGAGENT À ADOPTER DES STRATEGIES NATIONALES
MULTISECTORIELLES ET A FINANCER DES PLANS DE LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA, D?ICI
À 2003

La Déclaration d?engagement adoptée ce soir est le premier Plan mondial
de lutte contre le sida, souligne le Président de la session extraordinaire


En adoptant, ce soir, par consensus la Déclaration d?engagement de la
session extraordinaire sur le VIH/sida, les Etats Membres de l?Organisation
des Nations Unies ont conclu une manifestation dont l?envergure et le format
ont permis, selon l?avis le plus souvent exprimé, une prise de conscience
générale de la progression de l?épidémie et des risques croissants qu?elle
fait courir à l?humanité en termes de santé mais aussi de développement. L?
impact du VIH/sida sur l?économie et son coût social dans les pays en
développement et, en particulier les pays africains, où la maladie a annulé
l?acquis de décennies d?efforts, a pu être mesuré. La progression du virus
dans certaines catégories de population jusque-là épargnées ou moins
affectées, comme les femmes et les enfants, a été soulignée. Face à l?
évolution de la pandémie dans des régions comme les Caraïbes, l?Asie, le
Pacifique, l?Amérique latine et l?Europe centrale et orientale, les pays
moins touchés se sont dits préoccupés non seulement au nom de la solidarité
mais parce que, comme cela a été dit, le virus ne connaît pas de frontières
et d?autant moins en une époque de mondialisation.

La Déclaration d?engagement prend à compte les différents aspects de la
problématique tout en fixant des objectifs concrets assortis d?échéances à
une action mondiale se voulant à la mesure du fléau et en définissant les
principes et les modalités.

Au plan quantitatif, les objectifs fixés au niveau national consistent
notamment à concevoir et à mettre en ?uvre, d?ici à 2003, des stratégies
nationales multisectorielles et à financer des plans de lutte contre le
VIH/sida qui s?attaquent directement à l?épidémie et à intégrer la
prévention du VIH/sida, les soins, le traitement et l?appui, et des
stratégies prioritaires d?atténuation des effets de l?infection dans la
planification du développement. Dans le domaine de la prévention, il s?agit
d?établir, d?ici à 2003, des objectifs nationaux assortis de délais pour
atteindre l?objectif mondial fixé en matière de prévention à savoir réduire
l?incidence du VIH parmi les jeunes, hommes et femmes, âgés de
15 à 24 ans, de 25% d?ici à 2005 dans les pays les plus touchés et de 25% à
l?échelle mondiale d?ici à 2010. Il est prévu également de réduire de 20%,
d?ici à 2005, et de 50% d?ici à 2010, la proportion de nourrissons infectés
par le VIH en faisant notamment en sorte que les femmes et les nourrissons
infectés par le VIH aient accès à un traitement efficace, afin de réduire la
transmission du VIH de la mère à l?enfant.

(à suivre)
La stigmatisation et l?exclusion des malades, une question souvent évoquée
par les participants à la session extraordinaire, a été prise en compte dans
la Déclaration qui affirme la nécessité de respecter les droits des
séropositifs et des sidéens par l?adoption de mesures efficaces. Il y est
dit notamment que les stratégies et plans de lutte doivent combattre l?
opprobre, le silence et la dénégation, et éliminer la discrimination et l?
exclusion et une des mesures retenues consiste à promulguer, renforcer ou
appliquer, selon qu?il conviendra, d?ici à 2003, des lois, règlements et aut
res mesures afin d?éliminer toute forme de discrimination contre les
séropositifs/sidéens et les membres des groupes vulnérables.

Les partenariats avec la société civile et les milieux d?affaires y sont
encouragés. Enfin, au plan des ressources, une campagne mondiale d?appel de
fonds, doit être lancée d?ici à 2002 sous la direction d?ONUSIDA, afin d?
alimenter le Fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida et pour la
santé. Des systèmes de surveillance efficace des progrès réalisés dans l?
application de la Déclaration doivent par ailleurs être mis en place d?ici à
2003.

Les questions de la protection des groupes vulnérables et de l?
autonomisation des femmes, qui figuraient parmi les plus controversées lors
des négociations, ont été abordées à plusieurs reprises dans la Déclaration.
Des représentants d?organisations non gouvernementales (ONG), qui se sont
exprimés cet après-midi, ont toutefois regretté que les homosexuels et les
prostitués n?aient pas été nommément désignées comme faisant partie des
groupes à risques. Le résultat, a fait valoir l?un d?eux, est une
Déclaration affaiblie et des milliers de personnes sont toujours mises à l?
écart sous prétexte de protéger la sensibilité de certains pays membres.

Ce n?est pas un texte parfait, a déclaré Mme Penny Wensley (Australie), l?un
des deux médiateurs du processus, mais c?est cependant un bon texte, complet
et pratique qui commence par l?aspect que tout le monde considère comme
étant le plus important, le leadership, et s?achève par les questions de
suivi. Les rédacteurs étaient très conscients qu?un des buts de ce document
était une prise de conscience accrue et ils se sont efforcés de faire passer
le message. Une fois adoptée, ce n?est que dans son application que la
valeur de la Déclaration se manifestera, a-t-elle conclu. M. Ibra Deguène
Ka (Sénégal), le second médiateur du processus, a mis l?accent sur la
longueur des négociations qui, lancées le 15 décembre 2000, n?ont abouti qu?
hier, 26 juin. Des négociations difficiles, a-t-il indiqué, qui ont révélé
la sensibilité extrême de certaines questions mais qui ont pu aboutir à un
accord grâce à la capacité de dépassement des uns et des autres.

Après l?adoption de la Déclaration, le représentant du Népal a expliqué son
vote. Les représentants du Mexique et de la France, s?exprimant au nom d?un
groupe de pays, ainsi que l?Observateur du Saint-Siège ont formulé des
observations d?ordre technique.

Les Présidents des tables rondes, M. Denzil Douglas, Premier Ministre de
Saint-Kitts-et-Nevis, M. Grzegorz Opala, Ministre de la santé de la Pologne,
M. Abdul Malik Kasi, Ministre de la santé du Pakistan et Mme Anna Abdallah,
Ministre de la santé de la République-Unie de Tanzanie au nom de M. Benjamin
William Mkapa, Président de ce pays, ont présenté les travaux de ces
évènements parallèles.

Avant la clôture de la session extraordinaire, l?Assemblée générale avait
achevé son débat général en entendant les personnalités suivantes : le
Vice-Président et Ministrede la santé de Palaos, le Premier Ministre du
Niger, ainsi que les Ministres de la santé de la Jamaïque, du Brésil, de
Saint-Vincent-et-les-Grenadines et de Tuvalu. Les représentants des pays
suivants sont également intervenus : Ethiopie, Grenade, Albanie et Samoa.
Se sont aussi exprimés les représentants des organisations
intergouvernementales suivantes : Fédération internationale des sociétés de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Communauté européenne, Ordre militaire
souverain de Malte, Organisation internationale pour les migrations, Banque
interaméricaine de développement, Secrétariat du Commonwealth, Forum des
Îles du Pacifique, Organisation internationale du travail, Centre des
Nations Unies pour les établissements humains (HABITAT), Fonds des Nations
Unies pour la population, Programme des Nations Unies pour le développement,
et Fonds de développement des Nations Unies pour la femme. Ont aussi pris
la parole, les représentants des organisations non gouvernementales
suivantes : International Community of Women Living with HIV/AIDS, Centre
international de recherche sur les femmes, Global Network of People Living
with HIV/AIDS, Global Business Council on HIV/AIDS, Commission des Eglises
pour les affaires internationales du Conseil oecuménique des églises,
International Aids Society, d?International Council of Aids Service
Organizations et Communauté des pays lusophones.

L?Assemblée générale a observé par ailleurs, une minute de silence
consacrée à la prière et à la méditation.

Aperçu des travaux de la session extraordinaire

Au cours de la présente session, quatre tables rondes avaient été
organisées. M. Denzil Douglas, Premier Ministre de Saint-Kitts et Nevis, en
sa qualité de Président de la première table ronde sur «la prévention et les
soins», a expliqué qu?il y a été exposé de nombreuses questions et défis
liés à l?amélioration de la prévention et de l?administration des soins
jusqu?à un niveau où elles auront un impact important sur l?épidémie de
VIH/sida. De nombreux participants ont déclaré que la prévention et les
soins sont inséparables et se renforcent mutuellement. Les délégués ont été
d?avis qu?il faut répondre aux différents scénarios d?épidémie en tenant
compte des différentes situations socioculturelles et économiques qui
existent dans chaque communauté. De très forts appels ont été lancés à la
communauté internationale et à l?industrie pharmaceutique afin que les
ressources et services nécessaires soient fournis et qu?elles aident à
construire l?infrastructure et les capacités qui contribueront à la lutte
contre le VIH/sida dans les pays les plus sévèrement touchés. Il a été
souligné que les traitements contre le VIH/sida, y compris les
thérapeutiques antirétrovirales, peuvent être administrés efficacement, et
ce, à peu de frais. Les participants ont été d?avis qu?il faut intensifier
les efforts en vue d?augmenter la prise de conscience, l?engagement
politique et les ressources dans la lutte contre le VIH/sida et contre l?
opprobre associé au virus, les inégalités entre les sexes et d?autres
facteurs renforçant l?épidémie et son impact.

Pour ce qui est des travaux de la deuxième table ronde sur le
«VIH/sida et les droits de l?homme», M. Grzegorz Opala, Ministre de la santé
de la Pologne et Président de la table ronde, a fait part d?un accord clair
entre les participants quant au fait que le respect des droits de l?homme
est essentiel pour prévenir la propagation de l?épidémie. Le respect des
droits de l?homme permet aux individus de faire face aux facteurs sociaux,
juridiques et culturels, ce qui les rend moins vulnérables au virus. Il
permet également aux communautés de mieux réagir à l?épidémie et d?avoir
accès aux informations importantes. De nombreux participants ont souligné
que la protection des personnes séropositives signifie qu?il ne faut pas les
traiter comme des victimes mais comme des personnes ayant des droits.
Beaucoup ont dit que le VIH/sida a des incidences sur la réalisation de
nombreuses normes telles que le droit à la vie privée, l?égalité entre les
sexes, le droit à l?emploi et au développement. Les participants ont
indiqué qu?il existe un lien vital entre une réponse efficace à la crise du
VIH/sida et le respect de tous les droits de l?homme, en particulier des
droits garantissant la non discrimination, l?égalité entre les sexes et la
pleine participation des groupes touchés et des groupes vulnérables. Les
participants ont noté que la protection des droits de propriété
intellectuelle ne devrait pas l?emporter sur le droit à recevoir un
traitement approprié. En conclusion, il a été souligné que le moment est
venu de briser le silence qui règne autour du VIH/sida, des comportements
sexuels, des inégalités et de l?injustice qui sont liés au débat le
concernant. En conclusion, il a tenu à souligner que la Déclaration d?
engagement est le point de départ de toutes les actions qui seront prises
par les gouvernements. Les participants ont aussi salué le fait que, pour
la première fois, une telle déclaration reconnaît l?importance de rendre des
comptes.

M. Abdul Malik Kasi, Ministre de la santé du Pakistan et Président de
la troisième table ronde sur «l?impact socioéconomique de l?épidémie et le
renforcement des capacités nationales de lutte contre le VIH/sida» a
expliqué que tous les participants ont souligné l?urgente nécessité d?une
action collective mondiale contre le VIH/sida et exprimé leur ferme
intention de développer une approche commune pour prévenir et combattre
cette menace qui pèse sur l?humanité. Les participants sont tombés d?accord
sur le fait que le VIH/sida et la pauvreté sont intimement liés et que la
lutte contre la pauvreté doit donc être une partie intégrante de toute
campagne contre l?épidémie. L?allègement de la dette et une augmentation de
l?aide publique au développement sont essentiels dans le cadre de cet
effort, ont-ils estimé. Certains intervenants ont introduit le concept de
capital social, défini comme un réseau de valeurs partagées renforçant le
tissu social et dans lequel les sociétés doivent investir. Ils ont insisté
sur le fait que la lutte contre l?épidémie étant un défi commun, elle doit
être menée par une approche unifiée, mais il a été souligné qu?une telle
approche devrait respecter pleinement toutes les cultures, fois et valeurs.

Présentant au nom de M. Benjamin William Mkapa, Président de la
République-Unie de Tanzanie ainsi que de la quatrième table ronde sur «le
financement international et la coopération», les résultats de cette
réunion, Mme Anna Abdallah, Ministre de la santé de ce pays, a déclaré que
mobiliser un niveau de ressources proportionnel à l?ampleur de la crise du
VIH/sida est une tâche qui exigera des partenariats entre les gouvernements,
la société civile, le secteur privé, les organes bilatéraux et
internationaux, les fondations et les groupes communautaires. Dans le cadre
de la table ronde, l?Administrateur du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD), M. Malloch Brown, a déclaré que le chiffre de 9,2
milliards de dollars proposé pour le futur Fonds mondial représente une
estimation réaliste et raisonnable du coût d?une campagne efficace de lutte
contre le VIH/sida. Une partie de cette somme devrait provenir de sources
nationales, et c?est aux responsables politiques nationaux qu?il reviendra
de mener la lutte car chaque pays a des priorités et des caractéristiques
différentes, a-t-il également suggéré. Certains participants ont, pour leur
part, estimé que ce Fonds devrait être mené par ONUSIDA tandis que d?autres
suggéraient qu?il soit géré par un organe intergouvernemental de l?Assemblée
générale. Nombre d?entre eux ont souligné que les ressources allouées au
Fonds devraient s?ajouter à celles déjà consacrées à la lutte contre le
VIH/sida. Ils ont souhaité que les négociations sur ce point soient
conclues d?ici à la fin de l?année 2001. Au cours du débat général, les
intervenants avaient également mis l?accent sur l?importance d?un engagement
politique au plus haut niveau et ont cité, à cet égard, la Déclaration d?
Abuja comme une expression tangible de l?engagement des dirigeants des pays
africains. Certains représentants ont, toutefois, rappelé que la prise en
charge d?une personne séropositive est très coûteuse et peut rivaliser avec
d?autres prestations telles que l?éducation.

Lors de ces trois jours de session, douze chefs d?Etats dont un roi,
quatorze chefs de gouvernement, cinq Vice-Présidents, un Vice-Premier
ministre, et plus de cent ministres et hauts fonctionnaires, se sont succédé
à la tribune des séances plénières. Nombreux sont ceux qui ont également
participé aux quatre tables rondes qui se sont tenues en parallèle et
auxquelles participaient également d?autres représentants de la société
civile : institutions de recherche, fondations et grandes entreprises
privées. De nombreuses conférences, conférences de presse, portes ouvertes,
des débats, rassemblements, veillées, réunions d?informations ont été
organisées au cours de ses trois jours au siège de l?ONU et à l?extérieur.
On estime à plus de 3 000 personnes le niveau de la participation à la
session.

L?adoption de la Déclaration d?engagement dont une synthèse est présentée
ci-après, constitue le point d?aboutissement des discussions engagées au
niveau des Etats. La session extraordinaire dont un des objectifs, était de
lever des ressources qui viendraient alimenter le Fonds mondial pour la
lutte contre le sida et la santé, a été l?occasion pour plusieurs
délégations d?annoncer leurs contributions : la Norvège pour 110millions de
dollars, l?Ouganda pour 2 millions de dollars, l?Autriche pour 1 million de
dollars, le Libéria pour 25 000 dollars, le Mali pour 50 000 dollars. Le
Royaume-Uni a, pour sa part, porté son engagement de contribution de 100 à
200 millions de dollars. D?autres pays, comme les Pays-Bas, ont indiqué
que si des critères précis, transparents et garants d?efficacité étaient
définis, ils apporteraient leur contribution, et parfois àun niveau
substantiel, au Fonds. Plusieurs pays comme Cuba et Israël ont proposé une
aide technique.

EXAMEN DU PROBLÈME DU VIRUS DE L?IMMUNODÉFICIENCE HUMAINE ET DU SYNDROME D?
IMMUNODÉFICIENCE ACQUISE SOUS TOUS SES ASPECTS

Déclaration d?engagement sur le VIH/sida (A/S-26/L.2)

Aux termes de ce texte, les chefs d?État et de gouvernement et représentants
d?État et de gouvernement, s?engagent à rechercher des solutions à la crise
du VIH/sida en adoptant les mesures suivantes.

Au niveau national, ils s?engagent à concevoir et à mettre en ?uvre, d?ici à
2003, des stratégies nationales multisectorielles et de financer des plans
de lutte contre le VIH/sida. Ces stratégies et plans doivent s?attaquer
directement à l?épidémie et intégrer la prévention du VIH/sida, les soins,
le traitement et l?appui. Ils doivent combattre l?opprobre, le silence et
la dénégation, traiter des aspects de la maladie en termes de sexe et d?âge,
éliminer la discrimination et l?exclusion; encourager la formation de
partenariats avec la société civile et les milieux d?affaires et la
participation active des personnes atteintes du VIH/sida, des personnes
appartenant à des groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes;
défendre et protéger activement tous les droits de la personne et les
libertés fondamentales; intégrer une démarche soucieuse d?équité entre les
sexes.

Dans le domaine de la prévention, ils ont convenu d?établir des objectifs
nationaux assortis de délais pour atteindre l?objectif mondial fixé en
matière de prévention. Cet objectif est de réduire l?incidence du VIH parmi
les personnes âgées de 15 à 24 ans de 25% d?ici à 2005 dans les pays les
plus touchés et de 25% à l?échelle mondiale d?ici à 2010. Des objectifs de
prévention devront être établis au niveau national, afin d?identifier et de
prendre en compte les facteurs qui facilitent la propagation de l?épidémie
et augmentent la vulnérabilité des populations. D?ici à 2005, la lutte
contre le VIH/sida dans le monde du travail devra être renforcée, faisant
notamment en sorte que les séropositifs et les sidéens trouvent un soutien
sur leur lieu de travail. Des stratégies spécifiques pour les migrants et
les travailleurs mobiles devront être élaborées, ainsi que des mesures
systématiques de précaution dans les établissements de soins pour prévenir
la transmission du VIH.

D?ici à 2005, les Etats Membres s?engagent à veiller à ce qu?il existe dans
tous les pays, en particulier dans les pays les plus touchés, un large
ensemble de programmes de prévention tenant compte des valeurs éthiques et
culturelles locales, y compris des programmes d?information dans des langues
largement comprises par les communautés locales, respectueux des
particularités culturelles, visant à réduire la fréquence des comportements
à risque et à encourager un comportement sexuel responsable, incluant l?
abstinence et la fidélité; assurant un accès élargi à des articles
indispensables, tels que les préservatifs masculins et féminins et les
seringues stériles; comportant des programmes de réduction des dangers de la
toxicomanie; assurant un accès élargi aux services de conseils et de
dépistage volontaires et confidentiels, la fourniture de produits sanguins
non contaminés et un traitement rapide et efficace des infections
sexuellement transmissibles.

Les Etats Membres s?engagent à réduire de 50% d?ici à 2010 la proportion de
nourrissons infectés par le VIH en veillant notamment à ce que 80% des
femmes enceintes consultant pour des soins prénatals reçoivent des
informations sur la prévention de l?infection par le VIH, et en favorisant l
?accès aux traitements, en particulier à la thérapie antirétrovirale et à
des produits de remplacement du lait maternel.

En matière de soins, d?appui et de traitement, les objectifs fixés visent
notamment à assurer progressivement et de manière durable le niveau de
traitement du VIH/sida le plus élevé possible, en ce qui concerne notamment
la prévention et le traitement des infections opportunistes et l?utilisation
effective de thérapies antirétrovirales faisant l?objet de contrôle de
qualité; à coopérer de manière constructive au renforcement des politiques
et pratiques dans le domaine pharmaceutique, y compris celles applicables
aux médicaments génériques et aux régimes de propriété intellectuelle, afin
de promouvoir l?innovation et le développement d?industries locales
conformes au droit international.

Afin d?éliminer toute forme de discrimination contre les
séropositifs/sidéens et les membres des groupes vulnérables, les Etats
Membres s?engagent à promulguer, renforcer ou appliquer, des lois,
règlements et autres mesures d?ici à 2003. Compte tenu du fait que les
femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par le
VIH/sida, ils s?engagent également à promouvoir l?autonomisation des femmes
et à permettre à celles-ci de jouir pleinement de tous les droits
fondamentaux; à encourager les hommes et les femmes à assumer une
responsabilité partagée concernant la pratique de rapports sexuels sans
danger; à donner aux femmes les moyens d?exercer un contrôle sur les
questions liées à leur sexualité et de prendre à ce sujet des décisions en
toute liberté et de manière responsable afin de les aider à mieux se
protéger contre l?infection par le VIH.

En vue de mieux protéger les personnes vulnérables, c?est-à-dire les groupes
dont on sait qu?ils sont plus vulnérables face à l?infection sous l?
influence de facteurs comme les origines locales de l?épidémie, la pauvreté,
les pratiques sexuelles, certaines formes de toxicomanie, les moyens de
subsistance, le placement dans une institution, les bouleversements de la
structure sociale et les mouvements de population forcés ou volontaires, il
est prévu d?élaborer des stratégies, politiques et programmes au niveau
national.

Afin de réduire l?impact social et économique de la maladie, il a été prévu
de mettre en place, d?ici à 2003,à l?échelle nationale un cadre juridique et
directif assurant la protection, sur le lieu du travail, des droits et de la
dignité des séropositifs/malades du sida et des personnes affectées par le
VIH/sida et de celles qui sont le plus exposées au risque d?infection.

En ce qui concerne les ressources, il est prévu d?atteindre d?ici à 2005,
par étapes successives, un montant annuel de dépenses globales de 7 à 10
milliards de dollars des États-Unis pour la lutte contre l?épidémie; il est
également prévu de mettre en oeuvreimmédiatement l?Initiative renforcée en
faveur des pays très endettés et de décider d?annuler toutes les dettes
publiques bilatérales de ces pays, et d?insister pour que les économies
réalisées au titre du service de la dette servent à financer des programmes
d?éradication de la pauvreté, de prévention et de traitement du VIH/sida.
Les Etats se sont engagés à appuyer la création, à titre prioritaire, d?un
fonds mondial pour la lutte contre le VIH/sida et pour la santé destiné, d?
une part, à financer une action urgente et de grande envergure visant à
combattre l?épidémie, fondée sur une approche intégrée de la prévention, des
soins, du soutien et du traitement à apporter aux personnes atteintes et, d?
autre part, à aider les gouvernements dans les efforts qu?ils entreprennent
notamment pour combattre le VIH/sida, la priorité étant accordée, comme il
se doit, aux pays les plus touchés, en particulier ceux de l?Afrique
subsaharienne et des Caraïbes, et aux pays à haut risque.

En outre, il est prévu de lancer avant 2002 une campagne mondiale d?appel de
fonds visant le grand public et le secteur privé, sous la direction d?
ONUSIDA et avec le soutien et la collaboration de partenaires intéressés à
tous les niveaux, afin de contribuer au fonds mondial pour la lutte contre
le VIH/sida et pour la santé.

Enfin, les Etats Membres se sont engagés à mettre en place avant 2003 des
systèmes de surveillance effectifs des progrès accomplis dans la mise en
?uvre des engagements de la Déclaration ainsi que de consacrer au moins une
journée entière, pendant la session annuelle de l?Assemblée générale, à l?
examen d?un rapport du Secrétaire général sur ces progrès.

Explication de position

Le représentant du Népal a félicité tous ceux qui ont oeuvré jour et nuit en
faveur de cette Déclaration et a espéré qu'il en résultera une véritable
différence pour ceux qui vivent avec le VIH/sida. Il a expliqué avoir
demandé l'ajout d'une disposition sur la priorité de la lutte contre le
VIH/sida qui faisait clairement référence aux engagements pris pour
atteindre les objectifs de l'Aide publique au développement. Il a en effet
mis l'accent sur la nécessité de rendre disponibles des ressources
supplémentaires. Dans un esprit de coopération, il a expliqué s'être rallié
au consensus en renonçant à faire figurer cette mention dans la Déclaration,
dans l'espoir que les paysdéveloppés continueront à agir dans l'esprit de la
Conférence sur les pays les moins avancés.

Déclaration d'interprétation

L'Observateur du Saint-Siège s'est félicité de l'adoption de la Déclaration
d?engagement et a expliqué que sa délégation s'est ralliée à la volonté des
dirigeants mondiaux de trouver des solutions en faveur de tous ceux qui sont
ravagés par cette maladie. Il a aussi réaffirmé toutes les réserves qu'il a
déjà exprimées, qui concernent notamment les termes "santé de la
reproduction", "santé sexuelle" et "santé génésique". Il aurait apprécié
qu'on envisage ces notions dans une conception holistique de l'homme et de
sa santé, favorisant la recherche d'une maturité personnelle et sexuelle.
En ce qui concerne l'utilisation des préservatifs comme méthode de
prévention, il a précisé que si le Saint-Siège a accepté l'expression
retenue dans la Déclaration, il n'a cependant pas changé sa position à ce
sujet. Il a en effet rappelé que la méthode la plus sûre de prévention
contre le VIH/sida est l'abstinence avant le mariage et la fidélité au sein
du mariage. Il a par ailleurs regretté qu'on ne donne pas assez
d'importance à la promotion et à la protection des droits de l'homme, ainsi
qu'à la capacité des hommes à se protéger grâce au respect mutuel. Il a
regretté aussi que des comportements irresponsables et dangereux n'aient pas
été discutés



--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
<e-med@usa.healthnet.org>
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour toutes autres questions addresser vos messages à :
<owner-e-med@usa.healthnet.org>