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[e-med] AG ONU : Communiqué final 27 juin 2001, 8ème séance plénière (2)


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 29 Jun 2001 06:24:02 -0400 (EDT)

E-MED: AG ONU : Communiqué final 27 juin 2001, 8ème séance plénière (2)
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M. HAMA AMADOU, Premier Ministre du Niger : Ce qui apparaissait, il y a
quelque temps encore difficile à imaginer, le sida l?a réalisé: mobiliser le
monde uni et solidaire dans une coalition de toutes les nations de la
planète pour faire face à la maladie et l?enrayer. Le Niger fait partie en
Afrique des pays où le taux de prévalence du VIH est encore faible: environ
1,4% de la population générale. Mais ce chiffre ne nous rassure guère car
il traduit plutôt notre retard dans les moyens de dépistage et de
surveillance épidémiologique. Au demeurant, 1,4% c?est encore trop.

Ce sommet nous donne un espoir et constitue sans doute un premier pas vers
la maîtrise de la pandémie. La lutte contre le sida va coûter
financièrement très cher. Ce sommet, pensons-nous, doit avant tout servir à
mobiliser des ressources financières conséquentes et aider les pays les plus
faibles. Il faut donc de l?argent et beaucoup d?argent, car déjà à deux
dollars par jour et par malade, dans des pays comme le nôtre, les gens
continueront de mourir du sida. Pour me résumer, je veux dire qu?à l?heure
où je vous parle, pour survivre avec le sida, il faut être riche ou bien
vivre dans un pays prospère. Mais le sida a vocation aussi à ruiner la
prospérité. C?est pourquoi, le Niger a décidé également de contribuer au
Fonds spécial pour la lutte contre le sida pour un montant symbolique de 50
000 dollars.

Mme SANDRA SUMANG PIERANTOZZI, Vice-Présidente et Ministre de la santé
desPalaos : L?archipel des Palaos n?a pas été épargné par la calamité du
VIH/sida. Statistiquement, les Palaos ont perdu deux de leurs citoyens des
suites d?une infection par ce virus et ont enregistré trois autres cas d?
infection. Ces chiffres semblent modestes mais notre population totale ne
représente que de
20 000 personnes et croît lentement, ce qui rend très réelle la possibilité
que le VIH/sida décime l?ensemble de notre communauté. Possédant peu de
ressources naturelles, les Palaos comptent beaucoup sur des sources de
revenus extérieures, et en particulier du tourisme. Tout en fournissant des
revenus nécessaires, l?industrie touristique a des corollaires qui mettent
notre peuple en danger.
De notre point de vue, le meilleur moyen de lutter contre le VIH/sida est de
fournir une éducation publique de grande ampleur sur les pratiques sexuelles
sans risque. Nos efforts éducatifs se heurtent souvent aux barrières
culturelles et au manque de ressources. Il faut aussi lever les préjugés et
l?isolation dont souffrent les malades du VIH/sida afin qu?ils puissent
témoigner de ses dangers. Je lance un appel pour que nous nous assurions
que le principe d?égalité entre les sexes soit respecté dans les stratégies
de lutte contre le VIH/sida.

M. JOHN JUNOR, Ministre de la santé de la Jamaïque : C?est parce que
le sida ne connaît pas de frontières que pour être efficace la lutte contre
ce fléau doit être mondiale et commune. La session extraordinaire doit donc
être vue comme un premier pas important vers l?intensification des
partenariats internationaux et vers l?élaboration d?un consensus pour une
action mondiale. ?La déclaration d?engagement sera un outil crucial pour
définir notre réponse?. La crise du VIH/sida a créé de nouveaux défis
sociaux, politiques et économiques qui affectent de manière disproportionnée
les pays en développement. Dans les Caraïbes, la deuxième région la plus
touchée après l?Afrique subsaharienne, le sida est la principale menace du
segment le plus productif de la population. C?est en effet la première
cause de mortalité chez les hommes et les femmes de 15 à 44 ans.

En conséquence, le Gouvernement de la Jamaïque a pris des mesures de grande
ampleur pour améliorer les services de santé aux malades et a intensifié sa
campagne de prévention. Compte tenu des coûts associés au traitement du
VIH/sida et de l?effet général de l?épidémie sur l?économie, il entend
continuer à faire de la prévention sa première préoccupation. La Jamaïque a
aussi coopéré avec d?autres pays des Caraïbes pour améliorer la réponse
régionale à l?épidémie. Malgré le fort engagement politique et les
approches multisectorielles, les pays de la région ont besoin d?aide pour
renforcer leurs capacités et asseoir leurs actions de prévention, de soins
et de traitement. ?C?est pourquoi, nous accueillons favorablement la
proposition de créer un Fonds mondial pour la santé et la lutte contre le
sida?. Le Gouvernement de la Jamaïque espère que l?allocation des
ressources de ce fonds ne sera pas gênée par des obstacles bureaucratiques
qui empêcheraient que les sommes soient rapidement et dûment déboursées en
faveur de ceux qui en ont le plus besoin. Mais pour gagner la bataille
contre cette maladie mortelle, l?aide doit s?accompagner de mesures pour
accroître la prévention et l?information, réduire la stigmatisation, et
limiter les facteurs qui rendent les individus plus vulnérables, comme l?
inégalité entre les sexes, l?exclusion sociale, les conflits et le
dénuement. ?Nous n?avons pas d?autre solution que de nous engager à
promouvoir la prévention, garantir des médicaments et de soins moins coûteux
et respecter les droits des malades?.

M. JOSE SERRA, Ministre de la santé du Brésil : La lutte contre le VIH/sida
doit se fonder sur quatre piliers, la prévention, les soins, les droits de
l'homme et l'accès aux médicaments à des prix abordables. Depuis 1996, date
à laquelle l'efficacité des antirétroviraux a été prouvée, chaque Brésilien
vivant avec le VIH/sida ou malade du sida bénéficie d'un accès gratuit à ces
médicaments, grâce à la production locale. Le Brésil produit, en effet, à
bas prix, 8 différents types de génériques d'antirétroviraux non brevetés.
Il s'est avéré que la plupart des médicaments fournis par les laboratoires
brésiliens sont beaucoup moins cher que les médicaments importés. Il faut
dire aussi que cette concurrence réelle ou potentielle des sociétés
pharmaceutiques locales conduisent les firmes étrangères à baisser leurs
prix de 70% en moyenne. Le Brésil tient à souligner que la production
locale est en parfaite conformité avec l'Accord sur les droits de propriété
intellectuelle liée au commerce de l'OMC. S'il est vrai que cet Accord
contient des dispositions pour protéger les connaissances scientifiques, il
donne néanmoins la possibilité de promouvoir la santé publique. Les droits
de l'homme étant un des piliers de la lutte contre le VIH/sida cités par le
Brésil, ce dernier souligne que l'accès aux médicaments est un élément
fondamental de la pleine réalisation du droit à la santé physique et
mentale. Le Brésil se félicite que la session extraordinaire ait reconnu le
principe des prix différenciés, convaincue que les pays en développement ne
devraient pas acheter les médicaments contre le VIH/sida au même prix que
les autres pays. Le Brésil espère que les industries pharmaceutiques
reconnaîtront ce principe et attire, à cet égard, l'attention sur le succès
qu'il a remporté avec la mise en place sur Internet d'une banque de données
sur les prix des médicaments dans différents pays. La publicité de ces prix
devrait conduire à une hausse de la concurrence et, par conséquent, à une
baisse des prix.


M. DOUGLAS SLATER, Ministre de la santé et de l'environnement de
Saint-Vincent-et-les-Grenadines : Les Caraïbes constituent la deuxième
région la plus touchée par le VIH/sida dans le monde, après l'Afrique
subsaharienne. Les ressources humaines qui sont déjà faibles sont atteintes
par le décès de personnes qui, par leurs compétences, sont difficiles à
remplacer. En outre, le coût de la formation des citoyens est lourd. Il
faut cependant continuer à former la population, avec les ONG qui
participent aux programmes d'éducation. S'agissant du prix des médicaments,
l'industrie pharmaceutique doit continuer à faire preuve de bonne volonté en
rendant les traitements abordables. Le Gouvernement de
Saint-Vincent-et-les-Grenadines se félicite de la création d'un Fonds
mondial pour le sida et la santé et remercie les pays qui se sont engagés à
y contribuer. Dans les Caraïbes, nous sommes fiers d'institutions qui
coordonnent les efforts de lutte contre la maladie, telles que la CARICOM.
En conclusion, il faut renforcer les politiques en faveur de cette lutte
ainsi que la coopération internationale.

M. AMASONE KILEI, Ministre de la santé de Tuvalu : M?exprimant au nom de mon
propre pays et de ceux du Forum des îles du Pacifique, je tiens à indiquer
que le VIH/sida a affecté toutes les régions, y la nôtre. Même si son
incidence est relativement faible dans la région du Pacifique, cela ne reste
pas moins un sujet majeur de préoccupation en raison du risque élevé de
transmission lié à la mobilité croissante des populations de la région.
Cette situation exige une réponse rapide. Les petits Etats insulaires en
développement de la région du Pacifique sont confrontés à des défis
spécifiques, résultant du manque de communication et de systèmes de santé et
d?éducation surchargés. L?épidémie est une source supplémentaire de
vulnérabilité pour de nombreuses petites îles. Un grand nombre d?Etats
insulaires ont pris des mesures pour faire face à la situation créée par le
sida en développant des plans nationaux d?action multisectoriels et d?autres
sont sur le point de finaliser leurs projets de programme de lutte contre le
VIH/sida.

Les pays membres du Forum des îles du Pacifique se félicitent de la création
d?un Fonds mondial de lutte contre le sida. Pour la région du Pacifique, le
temps est un facteur clé. Nous ne voulons pas que la situation se détériore
davantage. Nous espérons que le Fonds sera aisément accessible et évitera
les lourdeurs bureaucratiques. Le Forum des îles du Pacifique fonde aussi
de grands espoirs dans la Déclaration d?engagement. Nous espérons qu?elle
définira des mesures pratiques permettant de créer et de renforcer les
capacités de lutte contre le sida des plus vulnérables et, en particulier,
des petits Etats insulaires en développement tels que le mien.

M. ABDULMEJID HUSSEIN (Ethiopie) : L?impact de l?épidémie de VIH/sida
sur l?économie et la société éthiopienne est considérable. Au cours de la
dernière décennie, plus d?Africains sont morts du sida que de la famine, la
guerre et les catastrophes naturelles combinées. Le défi du VIH/sida est d?
une telle ampleur qu?il nous concerne tous. En Afrique et dans le monde, d?
impressionnants efforts ont été déployés pour contenir la pandémie, éduquer
les populations à risques et prendre soin des personnes séropositives ou
souffrant du sida. Mais l?incessante propagation du virus nous démontre que
ces mesures sont insuffisantes. Nous devons partir du fait que le sida est
une maladie qui infecte et tue les êtres humains tout en étant une
catastrophe pour nos sociétés. Il frappe au point le plus faible de nos
sociétés, là où elles sont secrètes, ou hypocrites, ou abusives, ou injustes
et par-dessus tout, là où le tissu social a été déchiré par le processus d?
appauvrissement économique.

Les préjudices dont souffre le système immunitaire de nos sociétés et qui
ont permis au VIH de se propager jusqu?à la pandémie sont, en premier lieu,
la pauvreté et lesinégalités. Dans toute l?Afrique, les personnes les plus
pauvres ne savent pas comment se protéger du VIH/sida ou n?ont pas les
moyens de s?en protéger. L?inégalité entre les sexes est un autre de ces
éléments. Le traitement inégal des femmes est au centre de la pandémie de
VIH/sida et il est choquant d?apprendre que les personnes les plus exposées
au VIH sont les adolescentes. C?est principalement dû au fait que ces
jeunes filles n?ont presqu?aucun pouvoir en ce qui concerne les rapports
sexuels. Elles sont violées, intimidées, forcées, manipulées, ou simplement
achetées. Le VIH/sida ne connaît pas de frontières. Il sera vaincu par une
action collective, ou c?est lui qui nous vaincra.

M. LAMUEL STANISLAUS (Grenade) : Au vu de la crise mondiale causée par
le VIH/sida, les dirigeants se sont mobilisés en organisant des partenariats
à tous les niveaux. La plus grande tragédie se situe dans les familles,
spécialement pour les orphelins, les veufs, les veuves et les grands-parents
qui doivent à nouveau assumer le rôle de parents, à leur âge avancé. Avec
une population peu nombreuse, Grenade connaît peu de cas officiels, mais
cela n'enlève pas sa gravité au problème. La prévention fait défaut et on
manque de traitement et de soins du fait du coût élevé. Il en est de même
pour la coopération. Le Gouvernement a mis en place un Programme national
pour l'éducation, l'information et le conseil, mais il n'y a pas assez de
soutien financier. Il faut s'engager dans le sens de la Déclaration qui a
été préparée. Quant au Fonds mondial, on ne doit ni négliger ni rejeter
aucun contributeur potentiel, tel que Taiwan. Enfin, il faut féliciter
ONUSIDA pour son "ABC du sida, prévention et soins", A pour abstinence, B
pour fidélité et C pour préservatif. Les institutions traditionnelles,
comme la maison, l'école et l'église, doivent encourager l'abstinence et la
fidélité comme mesures de prévention, en particulier auprès des jeunes.

M. AGIM NESHO (Albanie) : Avec 52 cas de sida enregistrés pendant la période
1993-2000, l'Albanie est un des pays où le taux de prévalence du VIH/sida
est faible. Cependant la tendance est à la hausse en raison du jeune âge
moyen de la population, du nombre important d'émigrants venant de pays ayant
un fort taux de prévalence, le manque d'information sur le sida à l?
intention de la population jeune, les déficiences du système de santé en ce
qui concerne la prévention et le diagnostic, le chômage et la pauvreté.
L'Albanie a établit une stratégie nationale de lutte contre le VIH/sida et
de sensibilisation. Cette stratégie a pour objectif d'instaurer un
partenariat entre le ministère de la santé et les organisations non
gouvernementales. Dans ce contexte, deux conférences ont été organisées sur
les thèmes "Politiques de prévention et de contrôle de l'épidémie de
VIH/sida". De plus, avec l'appui de l'Organisation mondiale de la santé, un
programme national de lutte contre le VIH/sida et un réseau de laboratoires
et de centres de dépistage ont été créés. Les objectifs du programme visent
à prévenir la propagation de l'épidémie et assurer le diagnostic précoce, le
traitement et le soutien des personnes touchées par la maladie et des
personnes à risques. A cette fin, l'Albanie fait reposer cette stratégie
sur un fort engagement politique, des mesures préventives, des activités de
contrôle, l'encouragement de la recherche et le renforcement du système de
soins de santé. Récemment, un Comité interministériel, véritable Groupe
d'experts placé sous l'autorité du Premier Ministre, a été créé.

Mme NAMULAUULU NUUALOFA TUUAU-POTOI, Directrice des services de santé
publique de Samoa : Notre population actuelle est de 170 000 personnes dont
la moitié a moins de vingt ans. Le premier cas de VIH/sida a été enregistré
en 1990 et depuis lors, un total de 12 cas a été enregistré. La plupart de
ceux-ci ont été transmis lors de rapports sexuels. Mon Gouvernement a
commencé à développer son programme national de prévention et de contrôle du
VIH/sida, en 1987, qui visait principalement à provoquer une prise de
conscience du public. Un Conseil national de coordination sur le sida et un
Comité technique sur le sida ont ensuite été créés. La nature
multisectorielle du sida et ses implications larges au plan national ont
amené divers groupes sociaux à développer une Politique nationale sur le
VIH/sida qui a été approuvée au début de cette année.

Pour de petits Etats insulaires en développement comme Samoa, l?impact d?une
transmission incontrôlée et rapide du virus du VIH/sida serait
catastrophique. Nous avons une population peu nombreuse et jeune. Etre
confronté à une menace réelle d?extinction est effrayant. Nous voulons
survivre en tant que race jusqu?au prochain millénaire. Nous voulons voir
nos enfants et les générations futures profiter d?un avenir préservé. Comme
d?autres avant nous, nous nous félicitons de la création d?un Fonds mondial
pour la lutte contre le sida et la santé. Un accès en temps voulu au Fonds
serait bien venu dans le cadre de nos efforts de prévention et de soins et
nous espérons que la faible prévalence du VIH/sida dans la région du
Pacifique n?affectera par la mise à disposition d?une aide financière,
technique et médicale à notre région.

Mme ASTRID N. HEIBERG, Présidente de la Fédération internationale des
sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge : Le Mouvement de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge protège la vie et la santé. Il oeuvre
pour le respect de l?êtrehumain. Il soutient les personnes qui sont dans le
besoin, sans discrimination. Nous avons mis trop longtemps à comprendre ce
que de tels objectifs impliquent dans le contexte du VIH et du sida.
Pendant de nombreuses années, nous avons cru que les personnes vivant avec
le VIH/sida étaient différentes. Nous avons pensé que le Mouvement comptait
100 000 personnes vivant avec le virus, mais nous avons eu tort. Tous les
100 millions de volontaires, de membres et de personnels, appartiennent à un
mouvement qui vit avec le VIH/sida. Nous sommes les membres de communautés
qui sont ravagées par la plus grande catastrophe humanitaire que le monde
connaisse aujourd?hui. Le travail du Mouvement vise à limiter la
propagation du virus, un combat qui sera gagné en travaillant à l?intérieur
des communautés. C?est dans les communautés que nous, les volontaires,
aidons les familles et les communautés à prendre soin de leurs membres et
que nous promouvons la prévention. Nos sociétés nationales participent à
cet important travail et, l?année dernière, les sociétés de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge d?Afrique se sont engagées à mobiliser deux millions
de volontaires pour lutter contre le virus au cours des dix prochaines
années. Nous nous sommes engagés à réduire les préjugés négatifs associés
au VIH/sida. Les personnes vivant avec le VIH/sida sont des partenaires
incontournables dans la lutte contre la propagation du virus, qui est
encouragée par la stigmatisation, la discrimination, l?exclusion et la
limitation des choix.


M. JOHN RICHARDSON (Communauté européenne) : L'année dernière en
Afrique, il y a eu dix fois plus de personnes décédées du VIH/sida que de
morts dans les conflits. En Europe, nous avons la chance d'être encore en
vie à cette période de l'histoire. C'est donc l'heure de la solidarité
mondiale et l'Europe est pleinement engagée pour aller plus loin dans les
efforts de lutte à l'égard de l'épidémie. La Communauté européenne, qui
participe aux efforts de prévention depuis 1987, a travaillé récemment à
élaborer un programme d'action pour trois maladies contagieuses. Le
partenariat est indispensable, en particulier avec les personnes vivant avec
le VIH et avec les ONG. Il faut aussi faire tomber les obstacles tels que
l'ignorance, l'inégalité des sexes, la discrimination, le manque de
ressources et d'investissements dans le développement. Pour atteindre les
objectifs du Programme d'action de la Communauté européenne, des
investissements plus importants doivent être faits dans le domaine de la
santé; le prix des produits et la recherche sur les vaccins doivent faire
l'objet d'approches plus innovantes et une plus grande coopération est
nécessaire avec l?industrie pharmaceutique dans les pays en développement.
Il est aussi nécessaire d'adopter des normes internationales sur la
propriété intellectuelle, en encourageant les investissements dans les
nouveaux médicaments. Il est rappelé, à cet égard, l'accord TRIPS négocié
avec l'OMS. Quant au Fonds mondial pour le sida et la santé, la Communauté
européenne se félicite de sa création et est engagée dans les discussions
préparatoires pour s'assurer qu'il fonctionnera bien.

M. ROBERT L. SHAFER (Ordre militaire souverain de Malte) : L?ONU est l
a seule instance capable de coordonner à l?échelle internationale les
initiatives adéquates à prendre dans la lutte contre le sida. Il est
essentiel de développer les soins médicaux de base et le dépistage au niveau
local, de mettre à la disposition des malades des médicaments à prix
réduits, d?augmenter l?assistance technique et financière pour les
institutions locales, nationales et internationales de lutte contre le sida,
de mettre en place un système de prévention et de recherche soutenu par les
législations nationales et centré sur l?élaboration d?un vaccin. En outre,
toutes les mesures législatives en matière de lutte contre le sida doivent
être accompagnées d?une éducation de la population axée sur les valeurs
traditionnelles morales, l?abstinence et les soins à apporter. La question
soulevée par l?augmentation sensible du nombre d?orphelins doit, par
ailleurs, être considérée comme une priorité par les programmes de santé
nationaux et internationaux. Enfin, dans la mesure où les ressources
allouées à la lutte contre le sida sont encore insuffisantes, il est
indispensable de mettre au point des stratégies mondiales programmées et
coordonnées avec le soutien de tous dans le processus de prise de décisions.

M. NDIORO NDIAYE (Organisation internationale pour les migrations -
OIM) : Les migrants contraints de quitter leur foyer pour échapper aux
conflits, à la violence sociale, à la répression et aux persécutions ou qui
sont à la recherche d?une vie meilleure sont des populations
particulièrement vulnérables au virus du sida. La solitude, rarement
évoquée comme facteur de vulnérabilité, est un facteur supplémentaire de
transmission dans la mesure où il est plus facile pour les migrants de
consommer de l?alcool et d?avoir des rapports sexuels avec des prostituées.
Certains n?ont en outre pas d?autre choix que de vendre leurs charmes pour
subvenir à leurs besoins et le fait d?avoir été enrôlé dans des réseaux de
prostitution par des trafiquants est sans doute l?un des facteurs de
vulnérabilité les plus conséquents face au sida. Pour faire face à ce
problème, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et aussi
des groupes de migrants s?efforcent de réduire les risques de contamination
et de favoriser l?accès aux soins et aux structures d?aide. L?OIM organise,
par exemple, en Afrique du Sud des tournois de football pour sensibiliser
les migrants et des liens ont été noués entre les clubs, une ONG et les
dirigeants des communautés de migrants. Cependant, les projets nationaux
sont insuffisants et il faut encourager les initiatives régionales à l?
intention des populations mobiles et notamment recueillir des informations
plus substantielles afin d?aider les planificateurs et les décideurs à
plaider pour l?adoption de programmes d?action, de former des personnes
susceptibles de mettre sur pied de tels programmes et de créer des centres
régionaux spécialisés. Le problème du sida et de la mobilité des
populations est un problème mondial et, à cet égard, l?OIM se réjouit de la
création du Fonds mondial pour la santé et contre le sida.

Mme BURKE DILLON, Vice-Présidente exécutive de la Banque interaméricaine de
développement : La Banque interaméricaine de développement (BID) est un
partenaire engagé dans les efforts internationaux visant à stopper la
propagation du VIH/sida. En mars, cette année, au Sommet des Amériques à
Québec, nos chefs d?Etats sont tombés d?accord pour dire que le VIH/sida est
une menace à la sécurité de la région et ont réaffirmé leur volonté de
combattre la maladie et ses conséquences. La BID peut faciliter le dialogue
régional sur le VIH/sida, fournir une aide technique et consentir des prêts.
Elle peut rassembler les gouvernements, les ONG, les réseaux des «People
Living with AIDS», le monde du travail, les leaders religieux et le secteur
privé. Nous travaillons avec la plupart de ces groupes régulièrement et
pouvons faciliter le dialogue aux niveaux local et national.

Toutefois, en tant que banque de développement, notre principal apport à la
lutte contre le sida s?effectuera par l?aide technique et les prêts. Nous
pouvons consentir des prêts aux termes très préférentiels pour les pays les
plus pauvres. La BID peut procéder à des levées de fonds auprès de
donateurs et travailler en coordination avec ONUSIDA dans cette approche.
Nous voulons travailler en collaboration avec les autres institutions afin d
?éviter les doubles emplois.

Mme ROSEMARIE PAUL, Directrice du Département de la santé du
Secrétariat du Commonwealth : Le VIH/sida est sans conteste un défi commun,
peut-être le plus grand que les 54 Etats membres du Commonwealth aient
jamais affronté. Ils représentent environ 30% de la population mondiale
mais portent une part hors de proportion du fardeau du VIH/sida, à savoir
60% des séropositifs. En 1999, les chefs d?Etat du Commonwealth réunis à
Durban ont déclaré le VIH/sida urgence mondiale et appelé tous les secteurs
à mettre en place une réaction cohérente et concertée. Depuis cette
réunion, ils ont travaillé de concert avec les différentes instances du
Commonwealth pour réunir des ressources supplémentaires dans la lutte contre
le VIH/sida.

M. JIMMIE RODGERS, Directeur général adjoint de la Communauté du Pacifique,
Forum des îles du Pacifique : Comme d?autres délégations participant à la
session extraordinaire sur le VIH/sida, nous sommes venus ici avec de grands
espoirs. Nous nous félicitons de la création du Fonds mondial pour la lutte
contre le sida et la santé. Nous espérons que l?équité basée sur le mérite
constituera un critère d?accès à ce Fonds. L?ampleur et la taille de l?
épidémie ne devrait pas être le seul facteur déterminant d?accès au Fonds.
Les critères devraient également retenir la capacité à stopper l?épidémie et
à l?empêcher de se propager d?un pays à l?autre. Les fruits de la
Déclaration d?engagement que nous allons

adopter, ne se vérifieront que dans l?action. C?est l?espoir des pays en
développement de voir les paroles se traduire par des actes. Cela a pris
vingt ans pour que l?épidémie du VIH/sida soit placée à la tête de l?ordre
du jour politique mondial. La seule chose qui pourrait être pire que l?
épidémie serait l?inaction de la communauté internationale.

M. JUAN SOMAVIA, Directeur général de l?Organisation internationale du
travail (OIT) : Le VIH/sida n?est pas qu?une question de santé publique, c?
est une question qui touche le monde du travail, un défi au développement et
une vaste source d?insécurité. C?est pourquoi, pendant le mois de janvier
2000, le Conseil de sécurité a pris la décision sans précédent d?examiner la
question du VIH/sida, suite à quoi il est arrivé à la conclusion que l?
épidémie constitue une menace contre la sécurité humaine, aux niveaux
national et international. L?engagement de l?OIT d?être un partenaire face
à ce défi découle de son mandat social pour ce qui a trait aux droits dans
le cadre du travail. Il est également dû à la menace que représente le
VIH/sida pour les objectifs premiers que l?OIT s?est fixés, à savoir fournir
aux hommes et aux femmes un travail convenable et productif, dans des
conditions de liberté, d?équité, de sécurité et de dignité humaine.

Pour répondre à ce défi, nous avons commencé par développer un Code de
conduite sur le VIH/sida et le monde du travail, adopté à l?unanimité par
notre organe directeur le 22 juin dernier et lancé officiellement ce lundi
lorsqu?il a été transmis au Secrétaire général des Nations Unies. L?OIT a
également décidé de devenir partenaire d?ONUSIDA. Le Code de conduite est le
fruit d?un consensus entre gouvernements, employeurs et représentants des
travailleurs des 175 Etats Membres de l?OIT. Il présente une approche
équilibrée des problèmes de discrimination, de confidentialité, des
indemnités, soins et traitements ainsi que d?autres questions concernant le
VIH/sida dans le cadre du travail. Au niveau de l?entreprise, le VIH/sida
implique une perte de revenus, de savoir-faire et de marchés car les
consommateurs sont aussi touchés. Le nouveau programme de l?OIT sur le
VIH/sida est un début. La prochaine étape sera la préparation d?un manuel
sur l?information, l?éducation et la communication en vue d?appuyer l?
application du Code de conduite.

Mme ANNA KAJUMULO TIBAIJUKA, Directrice exécutive du Centre des
Nations Unies pour les établissements humains (HABITAT) : La session
extraordinaire qui s'est tenue au début du mois à New York, portant sur
l'examen de la mise en oeuvre du document issu de la Conférence Habitat II,
a adopté une Déclaration sur les villes et les autres établissements humains
pour le nouveau millénaire qui, parmi d'autres dispositions, prévoit
d'intensifier les efforts aux niveaux national et international à l'égard de
la lutte contre le VIH/sida, en particulier formuler et mettre en oeuvre des
politiques appropriées. La Déclaration reconnaît l'importance du rôle des
abris et logements, ainsi que des conditions de vie, dans la prévention, les
soins et le traitement du VIH/sida. Les conditions de vie des pauvres
mettent en danger la sécurité et les efforts de promotion du respect de soi,
de la dignité humaine et des comportements sexuels responsables. Il y a
aussi la question des migrants qui se trouvent souvent dans des situations
précaires et qui n'ont pas d'appui social, ce qui crée des conditions
parfaites pour la transmission du VIH/sida. Les villes peuvent cependant
fournir des occasions pour l'information, l'éducation et la prévention. A
l'Université de Columbia, une étude récente a démontré que les personnes
marginalisées peuvent assimiler les thérapies quand elles ont un logement.
Le fait de ne pas avoir de logement, en revanche, est un obstacle à la
fourniture des services et à la santé en général. Dans la ville de New
York, une organisation à but non lucratif fondée en 1983, Bailey House,
procure aux personnes vivant avec le sida un lieu de vie sûr et permanent,
une alimentation équilibrée et autre soutien afin qu'elles optimisent leur
santé et leur qualité de vie. Suivant cet exemple, les pays développés
doivent assurer le développement des systèmes de logement pour les personnes
sans abri. Les réalités économiques, sociales et culturelles dans les pays
les plus touchés exigent des campagnes sur les comportements sexuels
responsables, un dépistage et la disponibilité des médicaments
antirétroviraux. HABITAT est prêt à jouer son rôle dans le suivi de cette
session extraordinaire.

Mme THORAYA OBAID, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la
population : La pandémie du VIH/sida a détruit des générations de
travailleurs et créé des générations d'orphelins. Il faut lutter contre les
préjugés d'antan et nous devons nous mobiliser en établissant des liens
culturels entre nous. Le FNUAP, partenaire d?ONUSIDA, insiste sur la
prévention. Nous aidons les pays à fournir des informations sur la santé
génésique et des conseils de prévention contre le sida. Les femmes sont
particulièrement victimes de l'épidémie et il faut les responsabiliser pour
qu'elles sachent dire non. Il faut aussi toucher les jeunes qui doivent
adopter un comportement sexuel responsable, afin qu'ils donnent eux même
une éducation à leurs enfants. L'environnement nous impose de dissiper tout
ce qui peut les induire en erreur, sans avoir peur de diffuser des
informations sur la vie sexuelle, afin qu'ils prennent les dispositions qui
s'imposent pour se protéger. Nous avons obtenu une aide de la part de
fondations pour financer des programmes d'information dans quatre pays
africains. Nous espérons que notre stratégie en matière de santé génésique
permettra aux pays de mettre en oeuvre des mesures à cet égard. La
Déclaration d?engagement qui va être adoptée doit se traduire par des
actions concrètes.

M. MARK MALLOCH-BROWN, Administrateur du Programme des Nations Unies pour le
développement (PNUD) : Nous avons entendu, cette semaine, les statistiques
selon lesquelles on estime maintenant à plus de 36 millions de personnes
vivant avec le VIH/sida et, dans les régions du monde les plus touchées,
plus d?un adulte sur quatre en est infecté. Mais, compte tenu des
incertitudes des prévisions, nous ne sommes pas très sûrs de ce qui nous
attend si la maladie n?est pas contrôlée: des niveaux d?infection atteignant
des centaines de millions de personnes, une génération sans parents, l?
effondrement d?économies avec des effets comparables à l?esclavage, la
génération économiquement productive disparaissant pour donner lieu à des
sociétés de grands-parents et d?enfants. C?est pour cela que, cette année,
le monde doit se mettre sur le pied de guerre.

Sous la direction du Secrétaire général, le PNUD est totalement engagé dans
l?effort entrepris pour parvenir à des résultats réels et mesurables. Le
Programme fait porter ses efforts sur ce qui constitue son avantage
compétitif en tant que principale institution des Nations Unies dans le
domaine du développement et partenaire et conseiller auquel les pays en
développement accordent leur confiance. Cela signifie qu?il doit relever le
défi de la bonne gouvernance en mobilisant des acteurs bien au-delà du
domaine de la santé, en développant des plans nationaux et en remplissant
des fonctions de coordination au plus haut niveau des gouvernements.

Nous ne pouvons pas ignorer la tragédie dans nos propres rangs. Il est
estimé qu?au moins 3 000 membres du personnel des Nations Unies et leurs
familles vivent actuellement avec le sida et dans les pays les plus
affectés, les visites à l?hôpital et les obsèques font partie de la vie de
tous les jours. Me trouvant à la tête du PNUD, je m?efforce d?assurer aux
membres du personnel local et international l?accès aux derniers traitements
antirétroviraux, quel que soit le lieu de leur affectation.

Mme NOELEEN HEYZER, Directrice exécutive du Fonds de développement des
Nations Unies pour la femme (UNIFEM) : Cette semaine, pour la première fois,
tous les gouvernements du monde se sont réunis en un seul bloc pour s?
attaquer à la plus grande crise de notre temps. La table ronde qui s?est
tenue, en ce dernier jour de la session extraordinaire de l?Assemblée
générale, était consacrée à l?évaluation de l?attention que la communauté
internationale accorde aux dimensions sexospécifiques du VIH/sida et à
déterminer quelles mesures supplémentaires permettraient de rendre plus
efficace la lutte contre la pandémie. En ce qui concerne les femmes et les
filles, la réunion est parvenue à quatre grandes conclusions. Premièrement,
il est aujourd?hui incontesté que les femmes et les filles sont davantage
exposées au VIH/sida et que la pandémie affecte davantage la vie et l?avenir
des femmes. Deuxièmement, il est plus largement compris que les inégalités
entre les sexes et les rapports de force déséquilibrés entre femmes et
hommes dans toute société rendent les femmes plus vulnérables aux infections
et leur font porter un fardeau plus lourd lorsque le VIH/sida s?introduit
dans leurs foyer et communauté. Le monde s?aperçoit progressivement qu?à
cause de leur sexe, les femmes et les filles ont un accès limité aux
informations sur le virus, à la prévention, aux traitements, soins, soutien,
biens et services. Troisièmement, en dépit d?une conscience accrue du fait
que le sexe auquel on appartient joue un rôle agressif et prédominant dans
la propagation du virus et l?aggravation de son impact, cette prise de
conscience ne débouche pas toujours sur un engagement actif. Enfin, le
projet de Fonds mondial est en voie d?être mis en place. Il représente une
occasion de changer les choses en incluant les femmes à son établissement,
puis en ce qui concerne la participation et la prise de décision. Il faut
aussi reconnaître que le VIH/sida a des effets différents sur les femmes et
sur les hommes.

Mme BEATRICE WERE (International Community of Women Living with
HIV/AIDS) : De nombreux dilemmes se posent aux femmes vivant avec le sida,
car elles sont amenées à prendre des décisions très difficiles, comme celle
d?avoir ou non des enfants. La majorité des femmes atteintes du sida se
demandent aussi si elles doivent allaiter leurs enfants, au risque de subir
l'opprobre. Une personne qui n'a pas d'appui et qui n'est pas acceptée peut
constituer un grand fardeau, tandis que celle qui reçoit un soutien est
utile pour la société. Les femmes doivent être associées à tous les stades
des décisions de mise en oeuvre des mesures les concernant. Il s'agit de la
vie de millions de femmes qui luttent cruellement avec cette maladie. Nous
invitons cette assemblée à faire des engagements une réalité et nous
comptons sur les efforts du Secrétaire général.

Mme GEETA RAO GUPTA (International Center for Research on Women) : La
session extraordinaire et la pandémie du VIH/sida nous ont appris cinq
choses sur lesquels nous devons fonder en priorité notre action. Nous avons
appris que la prévention, le traitement et les soins se complètent et
renforcent la lutte contre la maladie. Nous devons alors les renforcer au
bénéfice de tous, quels que soient la nationalité, la religion, le sexe,
l'âge, l'orientation sexuelle ou l'ethnicité. Nous avons également appris
que l'inégalité entre les sexes est mortifère. Nous devons redoubler
d'efforts pour protéger les droits des femmes et leur intégrité physique,
pour réduire le fossé qui existe entre les sexes pour ce qui est de l'accès
à l'éducation, pour améliorer la situation économique des femmes, pour
rendre disponibles les préservatifs féminins à des prix abordables et faire
des microbicides une réalité. L'épidémie nous a appris que nous ne pouvons
pas nous réfugier derrière le silence à propos du sexe. Les définitions des
sexualités féminine et masculine ont un impact sur la vulnérabilité des
hommes et des femmes au VIH/sida. Le respect de normes sociétales,
concernant les hommes ou les femmes, peut entraîner l'adoption de
comportements à risques. Les préjugés alimentent l'épidémie. Nous ne
pouvons plus laisser une moralité déplacée aller à l'encontre de la santé.
L'épidémie nous a également appris que les adultes, les dirigeants et les
experts doivent tous faire en sorte de libérer la jeunesse et nos enfants de
l'épidémie. Nous devons nous résoudre à leur fournir un libre accès à
l'information et aux ressources. Enfin, nous avons appris que pour lutter
contre l'épidémie nous devons collaborer, coopérer et partager nos
ressources. L'expérience des organisations communautaires a autant de
valeur que les ressources des gouvernements donateurs. Nous devons être
responsables et agir de manière responsable. Nous devons être honnêtes et
accepter les compromis. C?est une épidémie qui nous concerne directement.
Nos actions doivent être à la hauteur de l'engagement que nous prenons dans
la Déclaration et respecter les principes de non discrimination, de respect
mutuel, d'humilité et de compassion.

M. JAVIER HOURCADE BELLOCQ, Secrétaire général du Latin American Network of
People Living with HIV/AIDS : Beaucoup d?améliorations ont été apportées
entre le premier avant-projet de déclaration et celui qui a été retenu.
Toutefois, beaucoup de notions ont été omises, ce qui a été souligné par d?
autres délégations, et cela se traduit par une déclaration affaiblie. Des
milliers d?êtres humains restent en marge pour ne pas affecter la
sensibilité de certains pays membres. Il faut maintenant donner vie à ce
document et nous verrons en 2003, 2005 et 2010, si nous avons réussi ou si
nous devons faire un nouveau constat d?échec. Les personnes affectées par
le sida sont disposées à participer à cet effort. Cela n?est possible que
si la honte qui les entoure est levée. Nous continuerons à appuyer ceux
qui s?efforcent de faire la différence et d?avoir un réel effet sur nos
vies. Nous faisons partie de la solution.

M. WILLIAM ROEDY, Président de MTV Networks International et du Global
Business Council on HIV/AIDS : Le secteur des affaires possède une force
unique dans la lutte contre le VIH/sida grâce à sa capacité de direction,
son pouvoir d?influence mondial et local, sa connaissance du marché, son
savoir-faire en matière de communication, ses contacts avec les médias et
ses réseaux de distribution, entre autres. Très simplement, nous pouvons
atteindre tous les êtres humains de la terre. En outre, le VIH/sida affecte
quotidiennement le monde des affaires, et le fait de plusieurs manières.
Chaque entreprise doit agir en fonction de sa taille, de sa clientèle et de
ses moyens. Nous devons utiliser nos réseaux mondiaux et nous rassembler au
sein de conseils nationaux d?entrepreneurs. Les membres du Global Business
Council souhaitent également établir des partenariats avec chaque
gouvernement. Les gouvernements ont un pouvoir d?action inestimable car ils
peuvent donner leur aval aux initiatives que nous prenons, parmi lesquelles
des programmes mis en place sur le lieu de travail et les conseils nationaux
d?entrepreneurs. Le plus important est de passer à l?action, de se lancer,
et c?est la spécialité du monde des affaires.

M. GIDEON BYMUGISHA, Commission des Eglises pour les affaires
internationales du Conseil oecuménique des églises : Nombreux sont ceux,
dans les églises, qui sont affectés ou infectés par le VIH/sida. La dignité
de chaque personne humaine est le fondement de la réaction que nous devons
avoir. Il faut encourager la solidarité en refusant toute forme de
stigmatisation. Toute personne vivant avec le VIH/sida doit être acceptée
et il appartient aux églises d'agir en ce sens. Les femmes doivent faire
l'objet d'une attention particulière en ce qui concerne le traitement. Par
respect pour la vie, des méthodes avérées pour prévenir la contamination
doivent être adoptées, comme l'abstinence - qui permet d'éviter des
relations sexuelles trop précoces -, la fidélité et l'utilisation des
préservatifs. Les églises sont prêtes à travailler en collaboration avec
ceux qui luttent contre le fléau. La présente session extraordinaire
devrait permettre de renforcer la collaboration souhaitée. Un document de
la Commission qui a été distribué consiste en une déclaration commune des
organisations fondées sur la foi. La Commission ne peut pas prétendre
parler au nom de toutes les religions, mais continuera à se battre pour la
dignité des hommes.

M. N. M. SAMUEL, Membre du Conseil de l?International Aids Society :
Nous devons mettre fin à la propagation du VIH/sida en utilisant les
connaissances scientifiques qui sont déjà à notre disposition. La
prévention doit s?apparenter aux soins. Ces vingt dernières années, nous
nous sommes concentrés sur la prévention uniquement dans les scénarios
concernant les pays en développement mais cette prévention devrait désormais
inclure des soins. Mettre à la disposition des individus infectés les
médicaments que nous possédons est un droit humain fondamental. Nous devons
allouer des ressources supplémentaires aux soins à l?intention des personnes
contaminées. Nous devons utiliser les stratégies disponibles aujourd'hui
pour interrompre la transmission du VIH. Les médicaments antirétroviraux
sont le seul outil à notre disposition et ils jouent un rôle très important
dans la réduction de la transmission du virus et l?amélioration de la vie
des hommes, femmes et enfants. Le besoin d?explorer les stratégies de
traitement alternatif adaptées aux pays en développement est urgent. Mais
il est également urgent de ne pas attendre de parvenir à un cas de figure
parfait pour commencer à administrer des traitements. Une autre nécessité
est de former le personnel sanitaire, y compris les médecins, les
infirmières, le personnel des laboratoires et les infirmières desvillages.
Nous devons tous nous engager à traduire notre savoir-faire en action.

M. RICHARD BURZYNSKI, Directeur exécutif de l?International Council of
AIDS Service Organizations (ICASO) : Dans la coordination de la présente
session, ICASO a joué un rôle important, car nous croyons que ce que dit et
accomplit l'Assemblée générale est crucial dans la lutte mondiale contre le
VIH/sida. Nous devons nous adresser directement aux groupes les plus
vulnérables, en les éduquant à la prévention et en leur fournissant soins et
traitements. Il s'agit notamment des hommes qui ont des rapports sexuels
avec d'autres hommes, des toxicomanes utilisant des drogues injectables et
leurs partenaires sexuels, ainsi que des travailleurs sexuels et leurs
clients. Les croyances religieuses et les pratiques culturelles ne doivent
pas ralentir les progrès qui ont déjà été accomplis dans ce domaine. Par
ailleurs, s'agissant des ressources, les gouvernements doivent les mobiliser
par les moyens qu'ils choisissent. Si c'est à travers le Fonds mondial,

il faudra s'assurer que les fonds atteignent bien les communautés qui en ont
le plus besoin. Enfin, en ce qui concerne la Déclaration d?engagement qui
doit être adoptée, ICASO l'utilisera pour appeler à des meilleures
politiques afin d'aboutir à des programmes plus efficaces à tous les
niveaux. Nous serons les partenaires des gouvernements pour mener les
actions découlant de cette Déclaration.

Mme DULCE MARIA PEREIRE (Communauté des pays lusophones) : Le sida n?
est plus un problème qui concerne seulement certains groupes à risques, ses
conséquences sont désormais mondiales et ont un impact sur l?économie des
pays et, en particulier sur leurs niveaux de productivité. La Communauté
des pays lusophones déploie des efforts afin de lutter contre ce fléau,
notamment par le biais d?un projet pilote qui doit aboutir en juillet
prochain à la signature d?un accord multilatéral. Parmi les mesures
proposées, on peut souligner la recherche de solutions pour la production et
l?acquisition de médicaments antirétroviruax à prix abordables, le
développement d?un accès facilité au dépistage, le renforcement des mesures
nationales de prévention et d?information. L?amélioration de la politique
de lutte contre le sida a été définie comme une priorité dans la déclaration
de Maputo. On peut noter, entre autres mesures, la marche organisée par le
Président du Mozambique, la lutte contre le sida définie comme priorité par
le Président de l?Angola la coordination d?une série de débats pour l?
introduction rapide de programmes nationaux de lutte contre la maladie par
le Président du Portugal, l?engagementdu Président du Brésil de favoriser
les transferts de technologies et celui des Présidents de Guinée-Bissau,
Sao-Tomé-et-Principe et du Cap-Vert d?organiser des plans d?action
nationaux. Pour sa part, l?organisation des pays lusophones a reçu le
soutien de spécialistes de la santé, de la famille et des femmes ainsi que
des représentants de l?ONUSIDA et l?UNICEF.

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