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[e-med] Il faut un vaccin contre le sida accessible à tous
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 27 Jun 2001 12:36:05 -0400 (EDT)
E-MED: Il faut un vaccin contre le sida accessible à tous
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Un vaccin à portée de main mais la voie reste pavée d'embûches
NEW YORK (Nations Unies), 27 juin (AFP) - 16h34
Un vaccin antisida pourrait être commercialisable d'ici cinq à dix ans mais
des obstacles sanitaires, économiques et industriels, resteront encore à
surmonter pour sa fabrication et sa distribution à grande échelle,
préviennent chercheurs et experts présents à la conférence de l'ONU sur le
sida, à New York.
L'an dernier, à peine 350 millions de dollars de fonds publics et privés ont
été consacrés à la recherche sur un vaccin antisida, alors que les
Etats-Unis et l'Europe dépensent plus de trois milliards de dollars rien
qu'en médicaments pour traiter les malades du sida.
Pourtant, avec 15.000 personnes nouvellement infectées chaque jour par le
virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui cause le sida, un
vaccin --tout le monde s'accorde là dessus-- reste le meilleur espoir des
chercheurs pour arrêter net la pandémie qui a déjà fait 22 millions de morts
en vingt ans.
Pour Seth Berkley, président de l'Initiative internationale pour un vaccin
contre le sida (IAVI), on a déjà perdu trop de temps. "Vingt ans après
l'apparition du sida, aucun prototype de vaccin n'a encore été complètement
testé. C'est une honte", s'indigne-t-il.
La lenteur des progrès s'explique en partie aussi par les défis que continue
de poser le VIH aux scientifiques.
S'ils comprennent mieux aujourd'hui les mécanismes de mutation et de
réplication du virus, ils ignorent encore précisément "les corrélations
précises entre réponse immunitaire et protection", explique Michel
Klein,directeur du programme vaccin sida d'Aventis Pasteur.
De plus, souligne-t-il, "il n'y a pas de modèle animal qui permette de
prédire ce que fera le vaccin chez l'homme".
Les procédures des essais cliniques sur l'homme sont lourdes, coûteuses et
prennent énormément de temps.
Au total, la quête d'un vaccin coûte en moyenne entre180 et 300 millions de
dollars, selon l'IAVI.
"Il faut en moyenne onze ans pour mettre au point un prototype", précise
Rolf Krebs, PDG de BoehringerIngelheim (Allemagne), une des six firmes
pharmaceutiques engagées dans la course.
En dépit de ces obstacles, les chercheurs ne sont pas restés les bras
croisés: une foule de vaccins sont en cours de mise au point, dont une
demi-douzaine sont parvenus au stade des essais cliniques.
"Ces vaccins pourraient être mis sur le marché d'ici cinq à dix ans", estime
Rolf Krebs.
La société la plus avancée dans ce domaine est Vaxgen, filiale de la firme
de biotechnologie Genentech. Son prototype, un vaccin de la première
génération baptisé AIDSvax, est le seul à être parvenu au stade des tests
d'efficacité (phase III). L'analyse finale des résultats est attendue d'ici
Michel Klein pense que les vaccins combinés de la deuxième génération
seront plus prometteurs car ils apportent une réponse "multifactorielle".
"Le vaccin que nous sommes en train de mettre au point pourra induire des
réponses immunes très larges: d'abord, des anticorps pour neutraliser le
virus et, ensuite, des cellules cytotoxiques pour tuer les cellules
infectées".
Sa firme, Aventis Pasteur, conduit des essais en Thaïlande. Les résultats
seront connus d'ici la fin de l'année. "Les premières indications sont
encourageantes", indique Michel Klein.
Les tests de phase III pourraient débuter dès l'an prochain en Thaïlande et
début 2003 aux Etats-Unis. Ilfaudra ensuite attendre au moins jusqu'à 2005
pour savoir si ces essais sont vraiment concluants.
Mais même si un vaccin était mis au point, et sans un vaste effort public
international, les pays en développement risquent de ne pas en voir la
couleur avant longtemps, prévient Seth Berkley, en proposant la création
d'un fonds mondial pour garantir l'achat de doses vaccinales par les pays
les plus démunis.
"Par le passé, il a fallu vingt ans ou plus pour que les vaccins
parviennent dans les pays en développement.
Ce genre de calendrier est inacceptable pour un vaccin contre le sida,
étant donné la gravité de l'épidémie", dit-il.
Il faut cinq ans pour bâtir une unité de production de vaccins, fait
remarquer Wayne Koff, vice-président de l'IAVI. "Même si nous disposions
d'un vaccin aujourd'hui, nous n'aurions tout simplement pas les capacités
de production suffisantes pour satisfaire la demande".
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Il faut un vaccin accessible à tous, prévient l'expert Seth Berkley
NEW YORK (Nations Unies), 27 juin (AFP) - 18h04
L'expert américain, Seth Berkley, adresse une mise en garde aux
gouvernements à l'occasion de la conférence extraordinaire de l'assemblée
générale des Nations Unies sur le sida.
Cet ancien médecin de formation, qui a lancé une croisade personnelle contre
le sida, a fondé en 1996 l'Initiative internationale pour un vaccin contre
le sida(IAVI), dont il est le président.
Cette organisation internationale a reçu le soutien de plusieurs
organisations internationales et de nombreuses fondations.
Q: A quand un vaccin anti-sida ?
R: Cela dépendra de l'effort mondial en la matière. A l'heure actuelle, la
quête d'un vaccin anti-sida figure plutôt au bas de la liste des
priorités. Les budgets de recherche consacrée à la mise au point d'un vaccin
ne représentent que 350 à 400 millions de dollars, soit à peine 2% des 20
milliards de dollars dépensés chaque année dans le monde pour la
prévention. C'est trois à quatre fois plus qu'il y a cinq ans et c'est donc
une amélioration. Davantage d'équipes de chercheurs travaillent sur le
problème. Il y a un regain d'intérêt en faveur de la mise au point d'un
vaccin car tout le monde réalise qu'il s'agit de la seule vraie solution à
long terme.
Nous disposons maintenant d'un certain nombre de bons prototypes de vaccin
au stade des essais cliniques. Nous pourrions donc avoir un vaccin d'ici
sept à dix ans, si nous sommes chanceux.
Q: En cas de mise au point d'un vaccin anti-sida, quels sont les principaux
obstacles à sa distribution dans le monde, et en particulier dans les pays
les plus touchés par la pandémie ?
R: Le premier obstacle est économique. Par le passé, il a fallu vingt ans ou
plus pour que les vaccins parviennent aux pays du tiers-monde. Ce genre de
calendrier est inacceptable pour un vaccin contre le sida, étant donné la
gravité de l'épidémie. Prenez l'exemple de l'hépatite B.
Le prix du vaccin a baissé de 150% et pourtant il reste inaccessible à 40%
de ceux qui en ont besoin. Chaqueannée, un million de gens continuent d'en
mourir. Il faut savoir que chaque jour il y a 15.000 nouvelles infections
par le virus du VIH et que 95% d'entre elles surviennent dans les pays en
développement, où l'accès aux soins est très faible. Or même si nous
trouvions un vaccin, il faudrait au minimum cinq ans pour qu'il parvienne
dans ces pays. De plus, les structures pour la diffusion d'un tel vaccin
vers les adolescents, les toxicomanes, les prostituées sont inadéquates,
voire inexistantes dans les pays en développement.
Q: Quelles sont vos propositions ?
R: Il faut une prise de conscience rapide et massive des gouvernements. Les
compagnies pharmaceutiques ont aujourd'hui peu d'intérêt à investir
massivement dans la recherche sur les vaccins. Le défi pour le secteur
public est notamment mettre en place une politique de prix différenciés,
avec des rabais à destination des pays les plus pauvres tout en protégeant
les marges de profit des entreprises pharmaceutiques dans les pays
industrialisés.
C'est pourquoi je propose la création d'un Fonds mondial d'achat de vaccins,
financé sur des contributions des Etats et des organisations privées et qui
garantira d'une part l'accès des pays développés aux doses vaccinales et
fournira d'autre part à l'industrie pharmaceutique l'assurance qu'un marché
existe.
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