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[e-med] session extraordinaire consacrée au VIH/SIDA -- France
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 27 Jun 2001 10:07:57 -0400 (EDT)
E-MED: session extraordinaire consacrée au VIH/SIDA -- France
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SESSION EXTRAORDINAIRE DE L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES CONSACREE
AU VIH/SIDA
Discours prononce par Son Excellence Monsieur Charles JOSSELIN Ministre
délègue à la Cooperation et la Francophonie
New York, lundi 25 juin 2001
Vérifier au prononcé
http://www.un.org/ga/aids/statements/docs/franceF.html
Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire général, Madame et Monsieur
les facilitateurs,
Permettez-moi tout d'abord de saluer l'événement que représente cette
session extraordinaire longtemps considéré comme un problème de santé
relevant des enceintes spécialisées, le SIDA est enfin pris pour ce qu'il
est : un terrible fléau, un obstacle majeur au développement démographique,
social, économique et, dans les régions les plus touchées, une menace pour
la stabilité politique. Bref un problème politique majeur nécessitant des
réponses adaptées, globales et une mobilisation de tous. Cette prise de
conscience est une première victoire.
Une seconde victoire nous attend à la fin de cette session : nous allons
reconnaître que l'articulation entre prévention et accès aux soins est
indispensable, qu'il ne peut y avoir de prévention efficace sans accès aux
soins, à tous les soins, y compris aux anti-rétroviraux. La France est,
depuis 1997, à la pointe de ce combat, notamment par la création du Fonds
de Solidarité thérapeutique internationale, et je suis très heureux qu'un
consensus se dégage aujourd'hui sur ce point.
Il nous reste beaucoup à faire.
1 - Soutenir les systèmes de soins d'abord, durement frappés et
désorganisés par la pandémie.
La France, avec plusieurs autres pays européens, propose en ce sens, en
plus de notre action de coopération bilatérale, une initiative de
solidarité thérapeutique hospitalière. Par le jumelage entre hôpitaux
d'Europe et de pays qui le souhaitent, notamment en Afrique, les
professionnels de santé du Nord aideront leurs collègues du Sud à combattre
le fléau.
2 - II faut que le prix des médicaments et des réactifs baisse encore, pour
pouvoir prendre en charge plus de personnes.
Il faut que les fabricants s'engagent résolument dans une politique de prix
différenciés. L'Europe est prête à les y aider. De plus il devrait être
possible d'autoriser la fabrication de génériques dans un pays tiers et de
donner ainsi une vraie portée aux souplesses offertes par les accords sur
les droits de propriété intellectuelle. Il faut également favoriser les
transferts de technologie.
3 - Le développement de la prévention et du traitement doit se faire
partout, dans les communautés, sur les lieux de travail. Faisons attention
toutefois à assurer un accès équitable à tous, qu'ils appartiennent aux
secteurs formel ou informel.
Alors que la France consacre plus de 100 millions de francs par an de son
aide bilatérale à la lutte contre le SIDA, le Premier ministre Lionel
JOSPIN, a annoncé il y a quelques fours un effort supplémentaire très
important. 10 % de l'annulation de la dette des pays les plus pauvres
seront consacrés à la lutte contre le SIDA, ce qui représentera un milliard
d'euros sur les dix prochaines années. La France contribuera en outre à
hauteur de 150 millions d'euros, sur trois ans, à la constitution du Fonds
mondial pour la santé et contre le SIDA, fonds proposé par le Secrétaire
Général et qui devra également financer des actions de lutte contre le
paludisme et la tuberculose. Nous voulons que ce fonds puisse financer des
actions de prévention et l'accès aux soins des personnes malades. Enfin
nous plaidons pour qu'une partie de l'AW soit consacrée à la lutte contre
le SIDA sous forme de don.
Aujourd'hui, tous les éléments sont donc en place pour que la lutte entre
dans une nouvelle phase : la mobilisation politique, la baisse des prix des
médicaments, les financements nécessaires au renforcement des politiques de
prévention et de traitement.
II reste à gagner cette guerre.
Mesdames et Messieurs,
Avec tout l'arsenal dont nous disposons pour contenir la maladie, nous ne
savons pas comment traiter plusieurs milliers de personnes, comment prendre
en charge plusieurs centaines de milliers de femmes enceintes, comment
atteindre les zones rurales des pays les moins avancés. Nous avons jusqu'à
maintenant transposé dans quelques hôpitaux universitaires de capitales
africaines les modes de prise en charge utilisés par les économies riches
du Nord. Or, ces prises en charge, sont inadaptées au regard du nombre de
malades à traiter.
C'est pourquoi le gouvernement français propose la tenue dune réunion
internationale "de l'engagement à l'action" à Dakar, les 30 novembre et 1er
décembre prochains. Le but de cette réunion est de dégager un consensus
politique sur les méthodes à utiliser. Rien ne serait plus désespérant pour
des millions de personnes malades de savoir que de l'argent est disponible
et de constater en même temps que rien ne change.
Je tiens à remercier le Secrétaire général et le Président Wade du Sénégal
pour avoir personnellement appuyé cette initiative. Et Mme Brundtland ainsi
que le Docteur Peter Piot pour le soutien qu'ils apportent dans la
préparation de la réunion.
Enfin je tiens à souligner que les droits de certaines catégories de
personnel, malades ou non, et plus particulièrement vulnérables - je parle
des femmes et des enfants, des homosexuels, des prostituées, des migrants -
sont encore ignorés. Or, même dans les pays où la maladie est contenue
comme dans le mien, ces populations continuent d'être contaminées, en dépit
des politiques de prévention. Ne pas reconnaître aujourd'hui cette réalité
est inacceptable sur un plan de santé publique.
Je vous remercie de votre attention.
******************
Message
de
S.E.M. GNASSINGBE
EYADEMA,
Président de la République Togolaise, Président en
exercice de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA)
à l'occasion de la 26ème Session Extraordinaire de
l'Assemblée Générale des Nations Unies consacrée au VIH/sida
Présenté par
Professeur Kondi Charles AGBA,
Ministre de la Santé Publique
New York, le 27
juin 2001
http://www.un.org/ga/aids/statements/docs/togoF.html
Monsieur le Président,
Permettez-nous tout d'abord d'exprimer, au nom de la Délégation Togolaise,
nos félicitations les plus chaleureuses au Secrétaire Général des Nations
Unies, Monsieur Kofi ANNAN,pour la qualité du Rapport présenté a l'occasion
de cette 26ème Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale consacrée au
VIH/sida et pour son engagement personnel dans la lutte contre cette
pandémie.
Son Excellence Monsieur Gnassingbé EYADEMA, Président de la République
Togolaise, Président en exercice de l'Organisation de l'Unité Africaine,
aurait bien voulu prendre part personnellement aux présantes assises mais,
retenu à Lomé par des contraintes de dernière minute, il nous a fait le
grand honneur de nous charger de donner lecture de son message à cette
auguste Assemblée.
Je cite:
"Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,
Cela fait 20 ans que le sida a été découvert. Beaucoup d'entre nous aeons
déjà, à cette tribune, fait le bilan de cette catastrophe.
J'aimerais, en tant que Président en exercice de l'OUA, insister sur la
terrible épreuve que le continent africain est en train de subir, sur cette
saignée qui, plus que toutes les guerres, le fait mourir.
Les chiffres vous les avez. Ce sont les chiffres de la honte. Honte parce
qu'il est inacceptable que nous Africains soyons oubliés sur le bas côté de
l'histoire, tandis que les pays riches eux avancent vers l'espoir.
Est-il normal qu'en occident les médicaments modernes, qui aident les
séropositifs à survivre, soient quasiment gratuits, distribués par les
différentes formes de solidarité sociale, tandis qu'en Afrique la
quasi-totalité des séropositifs n'ont accès à rien?
Est-il normal que les pays riches accaparent 90 % de l'argent dépensé pour
lutter contre ce virus, alors que 90 % des malades meurent oubliés dans les
pays pauvres ?
II faut, au nom de l'homme, je dirais même au nom de l'humanité, qu'une plus
grande solidarité soit instaurée.
II faut que les Africains aient la possibilité de se soigner.
II faut que les médicaments soient accessibles à tous.
Déjà la révolte gronde, les pays riches semblent tendre l'oreille et
commencer à comprendre que le fossé entre riches et pauvres est intolérable.
II faut agir maintenant !
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Insprirons-nous des décisions du Sommet Extraordinaire des Chefs d'Etat et
de Gouvernement de l'OUA sur le VIH/sida, la tuberculose et les autres
maladies infectieuses, réuni à Abuja les 25 et 26 avril 2001:
A Abuja, nous aeons déclaré le SIDA comme un état d'exception sur le
continent et aeons décidé de faire de la lutte contre le VIH une haute
priorité dans nos plans nationaux de développement.
Nous nous sommes engagés, à cet égard, à assumer une responsabilité
personnelle et à superviser la conduite des activités des Conseils et
Comités Nationaux de lutte contre le SIDA.
Nous nous sommes également engagés à prendre toutes les mesures nécessaires
à la mobilisation des ressources et, notamment, à consacrer au moins 15 % de
nos budgets annuels à l'amélioration du secteur de la Santé.
Nous devons toujours conserver toute son importance à la seule arme efficace
à ce jour celle de la prévention. Dans cette optique, utilisons les canaux
les plus adéquats pour toucher toutes les communautés, surtout les plus
vulnérables, afin de responsabiliser chaque individu et susciter partout un
changement de comportement.
Instaurons aujourd'hui le Fonds Mondial proposé par le Secrétaire Général,
foods qui contribuera notamment à développer la recherche en aidant les
laboratoires pharmaceutiques. Car s'il existe aujourd'hui des médicaments
modernes, ils ne guérissent pas la maladie. Quant aux vaccins tant promis,
ils tardent à venir.
J'interpelle aujourd'hui solennellement les pays riches. Ne demandez pas aux
laboratoires pharmaceutiques de supporter seuls les efforts de solidarité
car c'est sur eux, sur leur recherche que repose l'espoir d'un véritable
traitement.
Ne recommençons pas l'erreur qui a été commise à propos du paludisme. Les
laboratoires pharmaceutiques ont arrêté leurs recherches sur le vaccin
antipaludique, au motif qu'il ne serait pas rentable.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Aujourd'hui, 20 ans après le début de la pandémie du SIDA, c'est peut-être
l'heure des terribles bilans. Mais ce doit être, je vous le demande, l'heure
de l'espoir et de la solidarité.
Ou bien l'égoïsme l'emporte et le 3ème millénaire commence bien mal, ou bien
ensemble nous faisons le choix de l'homme, de tous les hommes, et le mot
humanité aura encore un sens."
Fin de citation
Telle est, Monsieur le Président, la teneur du message de Son Excellence
Monsieur Gnassingbé EYADEMA, Président de la République Togolaise, Président
en exercice de l'OUA.
Je vous remercie.
--
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