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[e-med] Médicaments Non Utilisés et "Pharmacie Gazon" (3)
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 27 Jun 2001 05:37:23 -0400 (EDT)
E-MED: Médicaments Non Utilisés et "Pharmacie Gazon" (3)
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Bonjour,
Jean Parrot, président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens, a
participé au forum de Pharmaceutiques Online le mardi 26 juin. Vous pouvez
consulter ses réponses sur le site web et plus particulièremenr celle que
j'avais posé relative aux dons de MNU.
http://pharma.rosebud.net/debat.php3?ref=12062001050602
Question de CARINNE BRUNETON, le 18/06/2001 11:35
Monsieur,
Nous sommes préoccupés par les envois de médicaments non utilisés dans les
PED par les associations françaisesen contradiction avec les principes de
l'OMS et qui posent de nombreux problèmes sur place. Les directeurs des
services pharmaceutiques africains sont également préoccupés par l'ampleur
et les volumes venant de France. Il existe une campagne européenne
coordonnée par l'association Wemos et à laquelle les associations Pimed
etReMeD participe. Quels sont les positions de l'Ordre? Quelle
évolutionpréconiser?
Carinne Bruneton
Réseau Médicaments et Développement
remed@remed.org
Réponse de Jean Parrot, le 26/06/2001 14:29
Vous avez tout à fait raison. Conformément aux principes de l'OMS, il faut
arrêter ces envois de MNU non conformes aux préconisations internationales
de santé publique et non adaptés à la prise en charge globale de bassins
entiers de populations démunies comme cela est le cas dans de très nombreux
pays en voie de développement. Les positions de l'Ordre sont claires.
L'Ordre est signataire de la Déclaration de "Good donation medicine",
rédigée par l'OMS et signée par la FIP (Fédé Int Pharma) : il faut la faire
respecter.
[à suivre... Carinne Bruneton]
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E-MED: Médicaments Non Utilisés et "Pharmacie Gazon" (2)
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Bonjour,
Nous sommes d'accord avec votre analyse.
L'acte de donner des médicaments a été médiatisé largement à la télévision
en France pour inciter les personnes à ramener leurs médicaments non
utilisés à l'officine pour leur destruction par Cyclamed, un organisme créé
par l'industrie pharmaceutique.
L'industrie pharmaceutique, dans le cadre de l'application de la loi Lalonde
a préféré ce système de destruction des emballages au paiement de l'écotaxe.
Il existe une campagne européenne pour amméliorer la qualité des dons
coordonnée au niveau européen par l'association Wemos et en France par les
associations Pimed et ReMeD
Vous trouverez plus d'information sur le site web de remed à l'adresse
http://www.remed.org/html/fr_dons.html
L'association ReMeD, en collaboration avec plusieurs associations françaises
vient de publier une plaquette "Dons de médicaments, des principes pour une
action efficace" (le texte est sur notre site web.
La plaquette (5000 exemplaire) va être distribué aux Ong et à toutes les
personnes qui souhaitent nous aider à mieux faire comprendre la
problèmatique
Carinne Bruneton
Réseau Médicaments et Développement
35 rue Daviel
75 013 Paris
tel 33 1 53 80 20 20
fax 33 1 53 80 20 21
REMED.75013@wanadoo.fr
remed@remed.org
www.remed.org
******************
E-MED: Médicaments Non Utilisés et "Pharmacie Gazon"
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Un encart paru dans le dernier bulletin de l'Ordre des Pharmaciens en France
a attiré mon attention et me paraît un bon sujet de débat lors du Forum
Pharmaceutique de Dakar sur la sécurité et l'accessibilité du Médicament en
Afrique notamment sur le marché illicite du Médicament.
Selon cet article, une plainte a été déposée contre un pharmacien
hospitalier à qui il est reproché d'avoir dispensé à l'hôpital des MNU
(Médicaments Non Utilisés) collectés auprés du public.( Nouvelles
Pharmaceutiques N=B0217 du 8 Juin 2001 p.10).
Cette dispensation qui ne semble pas être un cas isolé est illégale et
dangereuse car selon l'auteur de l'article "ces médicaments ont échappé au
circuit pharmaceutique c'est à dire que leurs conditions de conservation ne
peuvent être garanties et leur traçabilité ne peut être assurée."
Et l'auteur de l'encart conclut:
"Tout détournement de MNU pour une dispensation à l'hôpital constitue une
faute professionnelle sanctionnable disciplinairement, voire pénalement. La
sécurité sanitaire doit primer toute considération économique."
Je ne peux que souscrire à cette prise de position ferme des autorités
sanitaires contre ce confrère dont les réelles motivations m'échappent.
Observateur attentif des problèmes de dispensation de médicament en Afrique,
je souhaite que cette fermeté ne s'arrête pas aux portes des hôpitaux de
France.
En effet, je constate que paradoxalement l'Ordre des Pharmaciens apporte son
soutien à Cyclamed, à PSF et autre Ordre de Malte pour l'envoi sans aucun
contrôle de ces MNU (indésirables dans les hôpitaux français)dans les
hôpitaux africains dans le meilleur des cas si ces médicaments n'alimentent
pas le marché illicite des "pharmacies gazon" de Treicheville, Touba ou de
Dantopka...
Faut-il avoir une double lecture de la notion de sécurité sanitaire selon
que l'on s'adresse aux consommateurs du Nord ou du Sud?
La primauté de la sécurité sanitaire sur des considérations économiques
n'est-elle pas valable pour l'Afrique ou peut-on tout se permettre en
Afrique au nom du marasme économique?
L'Afrique doit-elle continuer à être la poubelle de l'Occident?
Cette pratique de collecte de MNU ne contribue-t-elle pas à donner bonne
conscience à l'Occident?
En effet dès lors que le consommateur a fait de la place dans sa
"pharmacie", il a le sentiment d'avoir doublement fait oeuvre utile non
seulement en sauvegardant son environnement immédiat, mais surtout en
sauvant la vie du "petit africain" empétré dans ses problèmes économiques.
Or il y a bien d'autres alternatves à l'envoi de MNU qui font plus de mal
que de bien aux populations africaines parce que ces MNU qui souvent ne
correspondent pas aux besoins de la population arrivent par des circuits
"caritatives" que ne maîtrisent pas les professionnels de la santé.
Il y a bien des cas où la destruction de MNU notamment dans les Balkans par
la communauté internationale s'est révélée bien plus coûteuse que leur
valeur marchande.
Même le plus anodin des médicaments peut se révéler être une arme dangereuse
s'il atterrit dans des mains non expertes
Dr Francis Coste da SILVA
francis.dasilva@wanadoo.fr
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