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[e-med] revue de presse 25/26 juin 2001


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  • Date: Tue, 26 Jun 2001 06:26:43 -0400 (EDT)

E-MED: revue de presse 25/26 juin 2001
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lundi 25 juin 2001, 19h31

Sida: Washington retire sa plainte contre le Brésil

GENEVE, 25 juin (AFP) - Les Etats-Unis ont accepté de retirer leur plainte
devant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) contre le Brésil sur la
fabrication de médicaments génériques, le jour même où s'est ouvert à New
York la première conférence de l'ONU sur le sida.

En échange, le Brésil s'est engagé à entreprendre des consultations avec les
Etats-Unis avant de lancer la fabrication de tels médicaments.

"Cet accord constitue un pas important vers une plus grande coopération
entre les deux pays, dans leurs objectifs communs de lutte contre le sida et
de protection des droits de la propriété intellectuelle", précise dans un
communiqué commun les délégations du Brésil et des Etats-Unis à l'OMC.

Washington et Brasilia ont négocié discrètement pendant plusieurs semaines
pour parvenir à cette "victoire du bon sens" pour les deux parties, a
déclaré le négociateur brésilien, José Alfredo Graça Lima.

En février dernier, les Etats-Unis avaient contesté au Brésil le droit de
fabriquer des médicaments génériques sans disposer du droit d'exploiter les
brevets américains. Il s'agissait de la première plainte jamais déposée
devant l'OMC portant sur une politique nationale de santé.

Depuis 1997, le Brésil a voté une loi selon laquelle ses laboratoires
pharmaceutiques peuvent fabriquer des médicaments génériques si les brevets
de médicaments étrangers ne sont pas exploités dans les trois ans sur le
territoire.

Les Etats-Unis avaient appuyé leur plainte sur l'accord TRIPS protégeant les
brevets, sans tenir compte d'un de ses aspects autorisant la mise entre
parenthèse de cette protection en cas d'urgence sanitaire nationale.

Pour sa part, le gouvernement brésilien a réaffirmé que sa loi était
pleinement compatible avec l'accord TRIPS.

Le 20 juin au siège de l'OMC, une première réunion a examiné les divergences
d'interprétation entre pays producteurs de médicaments, soucieux de protéger
leurs brevets, et pays utilisateurs, essentiellement les plus pauvres et les
plus touchés par le HIV/sida.

Lors de cette réunion, beaucoup d'Etats membres, dont ceux de l'Union
européenne, avaient fortement appuyé l'idée d'un "moratoire" sur toutes les
plaintes futures devant l'OMC en cas d'urgence nationale de santé.

Le représentant de l'Union européenne, Carlo Trojan, comme le directeur
général de l'OMC Mike Moore, avaient déclaré que les gouvernements devaient
être sûrs de pouvoir utiliser les mesures de sauvegarde de l'accord TRIPS,
sans risquer d'être poursuivis par des compagnies privées ou d'autres
gouvernements.

Les Etats-Unis avaient montré une approche relativement ouverte, le
représentant américain, Claude Burcky ayant affirmé que Washington était
déterminé à assurer que les membres de l'OMC seraient "en mesure, si
nécessaire, d'utiliser la souplesse existant dans cet accord pour répondre à
leurs objectifs de santé".

Washington était soumis à la pression croissante des organisations non
gouvernementales, qui avaient déjà conduit en avril dernier 39 laboratoires
pharmaceutiques, dont plusieurs américains, à abandonner leur plainte devant
un tribunal sud-africain contre une loi locale en matière de lutte
anti-sida.

Le retrait de la plainte américaine intervient au début de la première
conférence mondiale de l'ONU consacrée au Sida, une pandémie qui a déjà fait
22 millions de morts dans le monde, dont 17 millions en Afrique.

A cette occasion le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a réitéré son
appel aux pays riches pour qu'ils contribuent au fonds mondial de 7 à 10
milliards de dollars contre le sida et les maladies infectieuses, dont il a
lancé l'idée en avril au sommet africain sur le sida, à Abuja, au Nigeria.

jlv/bfr/sym eaf

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L'ONU a lancé une mobilisation mondiale contre le sida
NEW YORK (Nations Unies), 25 juin (AFP) - 0h59

L'ONU a lancé lundi à New York une session spéciale de trois jours sur le
sida, marquée dès son ouverture par l'appel des pays africains à la
solidarité contre cette pandémie qui a fait 22 millions de morts en vingt
ans.

Mais en dépit d'un appel passionné du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan
à la compassion pour les malades, la conférence a été plongée dans le
désarroi par la tentative d'un groupe de pays musulmans d'exclure la
représentante d'un groupe homosexuel.

Après deux heures et demie de vifs débats, 62 pays ont soutenu une motion
présentée par le Canada pour admettre Karyn Kaplan, de la Commission
internationale pour les droits des gays et lesbiennes, à une des quatre
table-rondes.

Contestant l'autorité du président de l'Assemblée générale, le Finlandais
Harri Holkeri, la plupart des pays musulmans ont mené une longue bataille de
procédure pour s'opposer, en vain, à la présence de la déléguée
homosexuelle.

L'ambassadeur sud-africain à l'ONU, Dumisani Kumalo, dont le pays est l'un
des plus touchés par l'épidémie, a plaidé contre toute discrimination en
rappelant que cette conférence était "consacrée aux gens qui meurent du
sida. Les gens qui en meurent sont des blancs, des noirs, des homosexuels,
des hétérosexuels, tout le monde".

Ces débats ont illustré les tabous qui entourent toujours la sexualité et le
sida et qui empêchent un accord sur la déclaration finale devant être
adoptée par la conférence, une coalition de pays musulmans s'opposant à
toute mention des homosexuels, drogués et prostituées, selon les diplomates.

En ouvrant la session spéciale de l'Assemblée générale -- la première jamais
consacrée à une question de santé -- Kofi Annan avait dénoncé l'ostracisme
dont sont souvent victimes les malades du sida.

"On ne peut faire face au sida avec des jugements moraux, ou en refusant
d'accepter des faits déplaisants -- et encore moins en stigmatisant ceux qui
sont infectés, et en les en rendant responsables", a-t-il dit à la tribune
de l'ONU.

Près d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement, d'Afrique et des
Caraïbes pour la quasi-totalité, des dizaines de ministres et des centaines
d'organisation non-gouvernementales, d'entreprises pharmaceutiques et
d'associations prennent part à la conférence de l'ONU.

Kofi Annan a réitéré son appel aux pays riches pour qu'ils contribuent au
fonds mondial de 7 à 10 milliards de dollars contre le sida et les maladies
infectieuses, dont il a lancé l'idée en avril au sommet africain sur le
sida, à Abuja, au Nigeria.

Les dirigeants africains qui se sont succédés à la tribune ont réclamé la
solidarité des pays riches pour faire face à la pandémie sur le continent
noir, la région du monde la plus touchée par le virus avec 70% des cas
mondiaux.

"Le fait incontournable est que, avec la fragilité de nos économies, nous
manquons simplement de la capacité à répondre de manière adéquate à
l'ampleur de l'épidémie", a dit le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo.

Si elles sont en effet devenues la norme dans les pays développés, les
"multithérapies", qui permettent de ralentir voire de stopper la progression
de la maladie, restent inabordables dans les pays pauvres en dépit de la
baisse des prix des médicaments.

"Le coût exorbitant des médicaments (...) porte atteinte au droit sacré et
fondamental de l'homme à la vie", a jugé le président du Sénégal, Abdoulaye
Wade.

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a promis que les Etats-Unis, qui
se sont déjà engagés à verser 200 millions de dollars au fonds contre le
sida, accroîtraient leurs contributions "au fur et à mesure où nous
apprendrons où l'argent est le plus efficace", a-t-il dit.

Les Etats-Unis ont par ailleurs annoncé lundi qu'ils retiraient leur plainte
devant l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) contre le Brésil, sur la
fabrication par ce pays de médicaments génériques contre le sida.

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Sida: la Norvège et le Canada annoncent le versement de plus de 150 M USD
NEW YORK (Nations Unies), 25 juin (AFP) - 23h12

La Norvège et le Canada ont annoncé lundi qu'ils s'engageaient à verser
respectivement 110 millions de dollars et 47,4 millions de dollars (73
millions de dollars canadiens) pour lutter contre le sida dans les pays en
développement.

Ces annonces, faites lors de la session spéciale de l'Assemblée générale de
l'ONU sur le sida, sont distinctes des contributions que ces pays pourraient
faire au fonds mondial de 7 à 10 milliards de dollars lancé par le
secrétaire général Kofi Annan.

Le gouvernement canadien a prévu d'affecter 29,1 millions de dollars à
l'Afrique, le continent le plus touché par la pandémie, 13,1 millions à
l'Amérique latine et les Caraïbes, 4,4 millions pour l'Europe de l'est et
800.000 dollars à l'Asie.

"Le Canada prend des mesures afin d'empêcher cette maladie de faire des
ravages dans les pays en développement", a dit la ministre canadienne de la
Coopération internationale, Maria Minna, dans un communiqué.

"Nous devons accroître nos efforts de sensibilisation et de prévention tout
en veillant à ce que les personnes déjà atteintes du VIH/sida aient accès
aux soins", a-t-elle ajouté.

De son côté, la ministre norvégienne du Développement international, Anne
Krystin Sydnes, a indiqué que la Norvège allait consacrer 110 millions de
dollars sur cinq ans à la lutte contre le sida, la tuberculose et la
malaria, avec un accent sur le renforcement de systèmes de santé dans les
pays pauvres.

Elle a précisé que la somme qui sera affectée au fonds mondial sera décidée
une fois que celui-ci sera plus avancé.

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Sida: la France prône la "solidarité thérapeutique hospitalière"
NEW YORK (Nations Unies), 25 juin (AFP) - 0h59

La France, avec plusieurs autres pays européens, a proposé lundi à New York
d'établir, au-delà de la coopération bilatérale déjà existante, une
"initiative de solidarité thérapeutique hospitalière" dans la lutte
internationale contre le sida.

"Par le jumelage entre hôpitaux d'Europe et de pays qui le souhaitent,
notamment en Afrique, les professionnels de santé du nord aideront leurs
collègues du sud à combattre le fléau", a déclaré le ministre français de la
Coopération et de la Francophonie, Charles Josselin, lors de la session
extraordinaire de l'assemblée générale de l'ONU sur le sida.

Cette initiative part d'un constat: "Les systèmes de soin (des pays pauvres
sont) durement frappés et désorganisés par la pandémie", a expliqué M.
Josselin.

Mais, a-t-il toutefois ajouté, il ne s'agit pas de transposer dans les
hôpitaux des pays en développement des modes de prise en charge utilisés
dans les pays riches. "Ces prises en charge sont inadaptées au regard du
nombre de malades à traiter", a-t-il en effet souligné.

La France a ainsi proposé la tenue d'une réunion internationale les 30
novembre et 1er décembre, à Dakar, dont le but sera de "dégager un consensus
politique sur les méthodes à utiliser".

"Rien ne serait plus désespérant pour des millions de personnes malades de
savoir que l'argent est disponible et de constater en même temps que rien ne
change", a ajouté le responsable français.

Cette initiative de partenariat hospitalier, à laquelle se sont associés
l'Italie, l'Espagne, le Portugal, le Luxembourg et la Slovénie, vise à
"renforcer les capacités de structures de santé des pays du Sud", a précisé
le ministre français délégué à la Santé, Bernard Kouchner, lors d'une table
ronde en marge des travaux de l'assemblée générale.

"Il ne servirait à rien de dégager des financements pour acheter des
médicaments si les pays ne peuvent les délivrer aux malades dans de bonnes
conditions", a dit ce dernier.

M. Josselin s'est en tout cas félicité de la "prise de conscience" suscitée
à l'occasion de cette conférence spéciale de l'ONU.

"Le sida est enfin pris pour ce qu'il est: un terrible fléau, un obstacle
majeur au développement démographique, social, économique et, dans les
régions les plus touchées, une menace pour la stabilité politique. Enfin, un
problème politique majeur nécessitant des réponses adaptées, globales et une
mobilisation de tous", a-t-il dit.

La France, qui consacre plus de 100 millions de francs par an de son aide
bilatérale à la lutte contre le sida, est l'un des tout premiers pays à
avoir déjà annoncé une contribution (à hauteur de 127 millions de dollars)
au fonds mondial pour le sida de sept à dix milliards de dollars créé à
l'initiative du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

"Il ne peut y avoir de prévention efficace sans accès aux soins, à tous les
soins, y compris aux (médicaments) antirétroviraux", a rappelé M. Josselin,
en souhaitant que "les fabricants s'engagent résolument dans une politique
de prix différenciés". "L'Europe est prête à les y aider", a-t-il souligné.

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