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[e-med] Assemblée générale sur le sida aux Nations Unies


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 25 Jun 2001 09:58:21 -0400 (EDT)

E-MED: Assemblée générale sur le sida aux Nations Unies
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Début de l'Assemblée générale sur le sida aux Nations Unies
(Le Monde - 24 et 25 juin 2001, Le Figaro, Libération, Les Echos, Financial
Times - 25 juin 2001)

C'est aujourd'hui que débute à New York, la session extraordinaire de trois
jours que les Nations Unies vont consacrer au sida. Cette session spéciale,
présentée comme « une grande première » est destinée à définir une stratégie
globale visant à freiner la propagation de la maladie et doit porter sur les
fonts baptismaux le Fonds international de lutte contre le sida et les
maladies infectieuses annoncé par Kofi Annan en avril dernier. Deux cent
pays y seront représentés et 500 ONG participeront aux débats. Pour Peter
Piot, directeur d'Onusida, « c'est un évènement historique », même s'il
estime que cette réunion intervient « trop tardivement ». Bernard Kouchner,
qui participera à la session les 25 et 26 juin, indique, dans Libération,
que « la partie n'est pas gagnée ». Ainsi, pour le ministre français,
l'enjeu est énorme. Avec la création du Fonds international, c'est rien
moins que se donner les moyens pour agir sur la santé dans le monde. C'est
ce que j'appelle l'ingérence thérapeutique. Et cela ne se fait pas sans un
conflit dur ». Le Figaro souligne que « l'enjeu de cette réunion sera de
savoir si on est capable de réunir chaque année les neuf milliards de $
nécessaires ». Parallèlement, Les Echos signalent que « sans fuir le débat,
les laboratoires ont d'ores et déjà beau jeu de dire que le coût n'est pas
le seul obstacle à la distribution des traitements, mais plutôt le manque de
structures de santé publique, aggravé par des guerres ou un bas niveau de
développement ». Quant au Figaro, il rappelle que les Etats ont désormais la
possibilité de choisir « entre l'importation (ou la fabrication) de
médicaments génériques et l'achat des antirétroviraux aux industriels sur la
base d'un produit négocié » tandis que le Financial Times met l'accent sur
les menaces que ce sommet peut faire peser sur le programme antisida du
Brésil, programme de traitement que le quotidien anglo-saxon juge
« réussi ».

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Divisions sur le front antisida
Polémique sur l'équilibre entre prévention et soins, au sommet de l'ONU sur
la pandémie.
http://www.liberation.com/quotidien/semaine/20010625lunf.html
Par PASCAL RICHÉ

Le lundi 25 juin 2001

Washington de notre correspondant

Pandémie la plus grave que le monde ait connue depuis plus de six siècles,
le sida méritait bien un sommet. Pour tous ceux, médecins ou militants, qui
se battent pour la distribution de soins aux malades du tiers-monde, la
Session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui
s'ouvre aujourd'hui à New York, devrait être l'occasion de donner enfin une
impulsion politique à leur cause.

Moment propice. Mais les quelque 1500 personnes qui ont manifesté sous la
pluie new-yorkaise, ne semblaient guère optimistes.
Très rares sont les chefs d'Etat et de gouvernement qui ont décidé de se
déplacer. Surtout, selon les associations militantes, les positions de la
nouvelle administration américaine, très réservée sur l'idée de financer la
distribution de médicaments dans le tiers-monde, risquent de tout gâcher.
Pour Michael Merson, ancien directeur du programme antisida de l'OMS
(Organisation mondiale de la santé), le moment est pourtant propice à une
avancée: «Il y a cette excitation croissante autour du vaccin, et surtout
les bons résultats des médicaments antiviraux. Si ce sommet permettait
d'aboutir à la création d'un fonds, doté dans un premier temps de deux ou
trois milliards de dollars, ce serait une très bonne nouvelle».

En avril, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a proposé la création
d'un tel fonds, «doté de sept à dix milliards par an», ouvert à la fois aux
Etats et aux sociétés privées, et destiné à lutter contre le sida, la
malaria et la tuberculose. Mais jusque-là, parmi les grands pays donateurs,
seuls quelques pays comme la France ou les Etats-Unis se sont manifestés. Et
les sommes promises restent maigres. Le gouvernement américain, par exemple,
n'a promis que 200 millions de dollars, une somme jugée «pathétique» par les
associations militantes.

«Evitement des risques». La préparation du sommet a révélé des divergences
profondes d'approche entre les pays. La dispute la plus alarmante porte sur
l'équilibre entre prévention et soins. La nouvelle administration
américaine, pour des raisons budgétaires mais aussi morales, ne parle que de
prévention, et semble jusque-là guère disposée à financer la distribution de
médicaments. «Ce débat entre "prévention" ou "soin" est stupide, s'énerve
Amir Attaran, directeur de la recherche médicale au Centre pour le
développement international de Harvard. Est-ce que, pour ce qui est des
accidents de la route, on se pose la question de savoir s'il faut choisir
entre prévention et soin?» Selon lui, «le fond de l'affaire, c'est que les
électeurs conservateurs américains gardent l'idée que les malades du sida
sont des gens qui ont péché».

Les républicains les plus conservateurs suggèrent ainsi de limiter la
distribution de médicaments à des catégories bien précises, comme les
orphelins. Ils insistent sur l'importance de programmes de prévention axés
sur l'apprentissage de l'abstinence et de la monogamie. Ils comptent sur les
organisations religieuses pour relayer ces actions. Un nouveau concept a
d'ailleurs été forgé: «L'évitement des risques» (risk avoidance). «Un nom de
code qui signifie: no sex!», grince Attaran.

Enormités. Une polémique a éclaté lorsque le nouveau responsable de l'USAID
(US Agency for international developement, équivalent du ministère de la
coopération), Andrew Natsios, a déclaré au Boston Globe qu'il était
totalement inutile de distribuer des médicaments aux 25 millions de malades
africains. Pourquoi? Parce que, a-t-il expliqué, l'Afrique manque de routes,
de médecins, d'hôpitaux. Et que les Africains, ces pauvres gens, «n'ont pas
la notion occidentale du temps»: «Vous devez prendre ces médicaments à
certaines heures du jour ou ils n'ont pas d'effet. Des tas de gens en
Afrique n'ont jamais vu une pendule ou une montre de leur vie. Et si vous
leur dites "une heure de l'après midi", ils ne savent pas de quoi vous
parlez. Ils savent simplement ce qu'est le matin, midi, le soir et la tombée
de la nuit».

Plusieurs personnalités, dans les pages éditoriales des grands journaux, ont
dénoncé ces énormités et exigé la démission de Natsios.
Les nouveaux médicaments se prennent matin et soir, et n'ont pas besoin
d'être gardés dans un compartiment à glace...

Au Brésil, le programme de distribution gratuite de médicaments dans les
quartiers les moins aisés ou dans des régions les plus reculées a donné de
très bons résultats. La seule difficulté, c'est le coût. Mais comme le
remarque Attaran, «un fonds de 7 milliards de dollars, ce ne serait pas
exorbitant: c'est 0,4 % du PIB des pays donateurs.
Les subventions à l'agriculture des pays du nord, elles, représentent 370
milliards de dollars!». «Ce gouvernement est extrémiste et irresponsable»,
estime Paul Davis, d'Act Up Philadelphie, qui fait remarquer que si la
prévention est importante, elle n'aidera guère les 36 millions d'hommes
actuellement touchés par la maladie. Selon certains militants, refuser de
réfléchir, au niveau politique, à un système de soins ouvert à tous, risque
par ailleurs de conduire à la mise en place d'un système à deux vitesses
extrêmement déstabilisant pour les nations africaines: des entreprises comme
Mercedes, Elf, De Beers ou Coca Cola ont en effet déjà décidé, elles, de
fournir des soins à leurs employés...

Compromis difficile. Une autre querelle, plus classique, oppose les pays
islamiques (et le Vatican) au reste du monde sur la question des«groupes
vulnérables» qui devraient être prioritaires dans les programmes de lutte
contre le sida: homosexuels, prostituées, drogués...

Plusieurs pays, comme l'Iran, ont accusé les pays du nord de vouloir
«légitimer des comportements totalement contraires aux valeurs d'autres
pays». L'Egypte a même proposé de mentionner parmi les facteurs de
propagation du sida «l'homosexualité masculine, la prostitution et d'autres
formes de comportement sexuels irresponsables». Les 189 pays se sont promis
de trouver un compromis ce week-end.


«Les pays donateurs doivent s'engager»

Kouchner plaide pour le Fonds international contre le sida.

Par ERIC FAVEREAU

Bernard Kouchner parle d'expérience. Il connaît par c?ur la lourdeur de la
grosse machine onusienne. Il connaît le peu de poids des grandes
déclarations générales et l'importance - parfois - des discussions en
coulisses. Dimanche, juste avant de partir pour l'assemblée générale de
l'ONU sur le sida à New York où il représente la France, le ministre de la
Santé le reconnaissait sans mal:
«La partie n'est pas gagnée.» Rarement un sommet a commencé sous des
auspices aussi incertains.

Ingérence thérapeutique. «L'enjeu est énorme, argumente Bernard Kouchner.
Avec la création du Fonds international, c'est rien moins que de se donner
les moyens pour agir sur la santé dans le monde. C'est ce que j'appelle
l'ingérence thérapeutique. Et cela ne se fait pas sans conflit dur.» Puis il
détaille: «Pour le Fonds à présent, seuls deux pays se sont engagés à donner
de l'argent, les Etats-Unis et la France: 200 millions de dollars pour les
Etats-Unis, 150 millions d'euros sur trois ans pour la France, avec 100
millions d'euros par an en plus par le biais de l'effacement de la dette.
C'est cela l'essentiel. De l'assemblée générale en elle-même, des discours
des uns et des autres, ou de la déclaration finale, il n'y a pas grand-chose
à attendre.»

Situation paradoxale. Vingt ans après le début de l'épidémie du sida dans
le monde, c'est un peu comme si on revenait au seul point névralgique:
l'argent. Preuve ou non d'un réel engagement des Etats du Nord. Depuis le
Congrès sur le sida, qui s'est tenu en juillet 2000 en Afrique du Sud, la
situation est en effet paradoxale: beaucoup de mots et peu d'actes. En
l'espace d'un an, les déclarations se sont multipliées. Pas une semaine sans
qu'une grande firme pharmaceutique n'annonce son intention de baisser les
prix des médicaments antisida pour les pays pauvres (aujourd'hui on en est à
une baisse du prix de 90 % en moyenne). Pas une journée également sans que
des fondations privées, comme celle de Bill Gates, ne révèlent qu'elles
vont mettre «des millions de dollars à destination de la lutte contre le
sida en Afrique». Certes... Mais sur le terrain, tout est lent à se mettre
en place. Hbinswanger - directeur à la Banque mondiale mais surtout
fondateur d'une ONG qui cherche à mettre des médicaments à disposition des
malades africains - le constate:
«Toutes ces annonces sont encourageantes. Mais sur le terrain on n'a
presque rien. Aussi bien les labos que les grands sponsors hésitent à
s'engager.» «C'est pour cela, insiste Bernard Kouchner, qu'il faut espérer
que les autres pays donateurs vont s'engager.
Et que l'on va réfléchir aussi sur des modes de financement à long terme des
médicaments.»

Mais pour le ministre français, d'autres problèmes vont encore se poser à
New York: «Ce fonds, pour qu'il marche, doit être dirigé politiquement. Il
faut un patron. Pour son fonctionnement, on parle de la Banque mondiale.
Pourquoi pas? Mais rien n'est réglé et on sait comment les agences de l'ONU
peuvent tout freiner pour garder leurs prérogatives.» Seconde difficulté: de
l'argent pour faire quoi? A l'occasion de cette assemblée générale, on a vu
ressurgir le vieux clivage entre prévention et soins. Alimenté violemment
par les déclarations de certains responsables américains de la lutte contre
le sida (lire ci-contre). «La position américaine est grotesque, s'énerve
Kouchner. Mais au sein de l'UE, le clivage existe aussi. L'Angleterre et la
Finlande sont opposées à la prise en charge des traitements. Il nous faut
convaincre, car on le sait fort bien: la lutte contre le VIH, pour qu'elle
réussisse, doit concilier prévention et prise en charge des malades.» A New
York, ce débat risque d'être explosif.

Coopération. Pour autant, le ministre français de la Santé reste confiant.
«Avec six pays européens - dont l'Italie, le Portugal et l'Espagne -, nous
terminons de monter le plus important projet de prise en charge des malades
du Sud.» Il s'agit de mettre en place une coopération d'hôpitaux du Nord
avec ceux du Sud. Pour faire ainsi transiter les médicaments antisida, mais
aussi pour s'occuper du diagnostic, du suivi et de toute la prise en charge
du patient. «Depuis que la France a lancé ce projet dans l'Union européenne,
il y a plus de 100 hôpitaux en Europe qui sont partants. Nous allons mettre
cette logistique à la disposition du Fonds de l'ONU. Et je l'ai dit à Kofi
Annan, on peut commencer dès aujourd'hui.».


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Sida: les entreprises pharmaceutiques sous pression pour réduire leurs prix
NEW YORK (Nations Unies), 23 juin (AFP) - 16h13

Les entreprises pharmaceutiques devraient être sous pression lors de la
conférence de l'ONU sur le sida, qui débute lundi à New York, pour réduire
plus encore le prix de leurs médicaments destinés aux pays pauvres.

Pour Stephen Lewis, l'envoyé spécial de l'ONU sur le sida en Afrique, la
décision récente de ces entreprises de diminuer le prix des médicaments
anti-sida est un pas historique pour faire refluer l'épidémie.

"Sont-elles allées aussi loin qu'elles le pourraient ? Je pense que non et
que le secrétaire général (de l'ONU Kofi Annan) fera pression sur elles pour
qu'elles aillent plus loin", estime ce responsable.

La session spéciale de l'Assemblée générale de l'ONU réunira 26 chefs d'Etat
et de gouvernement, essentiellement africains, et des ministres de 160 pays,
de lundi à mercredi à New York, afin d'adopter une stratégie globale contre
le sida qui affecte 36 millions de personnes dans le monde.

Anticipant ces pressions, un groupe réunissant les entreprises
pharmaceutiques américaines, Pharmaceutical Research and Manufacturers of
America (PhRMA), a affirmé que la question du coût n'était pas le principal
obstacle au traitement des 24 millions d'Africains vivant avec le virus VIH
qui provoque le sida.

"Le problème n'est pas de fabriquer les médicaments ou de les faire sortir
de nos usines", a dit aux journalistes Shannon Herzfeld, vice-présidente de
la division internationale de PhRMA.

Selon elle, du fait du manque de structures pour prodiguer des soins
publics - un facteur aggravé par la guerre et le bas niveau de
développement -, 88% des médicaments n'ont pas atteint leurs patients en
Afrique sub-saharienne au milieu des années 90.

Parfois, les médicaments ont été mal prescrits ou se sont déteriorés, et
souvent, ils ont été exportés pour alimenter un marché noir hors d'Afrique,
a affirmé Mme Herzfeld.

Elle a aussi estimé que le respect des prescriptions était "un gros
problème", même aux Etats-Unis où seulement 65% des patients prennent les
doses correctes et au bon moment.

Pour Randa Hamadeh, professeur associé de médecine à New York University,
les procèdures peuvent être simplifiées.

"Nous avons une pilule qui contient trois médicaments anti-rétroviraux qui
n'a besoin d'être prise que deux fois par jour", indique Mme Hamadeh qui
dirige un programme sur le sida impliquant 500 patients.

Des médicaments qui diminuent le risque de transmission mère-enfant peuvent
aussi être pris pendant de courtes périodes juste avant, pendant et après
l'accouchement, précise-t-elle.

"De nombreuses études montrent l'efficacité de ces interventions, et il
serait irresponsable, selon moi, de ne pas les fournir aux pays du
tiers-monde", souligne-t-elle.

"Soigner 1 million de patients coûterait 1,1 milliard de dollars, même avec
les nouveaux prix réduits - 600 dollars pour les médicaments et 500 dollars
pour les coûts des traitements annexes par patient", relève toutefois
l'administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD), Mark Malloch-Brown.

Avec 24 millions de personnes infectées par le virus en Afrique, "nous
n'avons pas la capacité ni les moyens de fournir un traitement pour tous",
ajoute-t-il, en considérant que la meilleure approche, en termes de coût et
d'efficacité, reste la prévention.

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