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[e-med] Dakar: Les pharmaciens africains plébiscitent les génériques


  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 20 Jun 2001 03:59:23 -0400 (EDT)

E-MED: Dakar: Les pharmaciens africains plébiscitent les génériques
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Les pharmaciens africains plébiscitent les médicaments génériques
DAKAR, 20 juin (AFP) - 8h52

Les pharmaciens africains en conclave à Dakar ont prôné le recours aux
médicaments génériques pour un accès des patients démunis aux soins de
santé, lors d'un forum consacré à la sécurité et à l'accessibilité du
médicament en Afrique.

Le forum de Dakar, qui réunit de lundi à mercredi des organisations de
professionnels africains du médicament, est le troisième, après ceux tenus
en 1999 au Mali et en 2000 au Bénin.

"La cherté des médicaments et la progression des ventes parallèles poussent
les populations démunies à se détourner des officines", analyse le Béninois
Joseph Amoussou, président de l'Intersyndicale des pharmaciens d'Afrique.
Selon lui, le médicament est un produit stratégique, mais peut aussi être
"nocif et dangereux"lorsqu'il se retrouve entre des mains inexpertes.

"Le médicament générique est une nouvelle thérapeutique identique à
l'original et coûte moins cher", explique à l'AFP Salif Maal, chef
préparateur à la pharmacie dakaroise Guigon.

Depuis la dévaluation en 1994 du F Cfa vis-à-vis du franc français, les
médicaments "classiques" ont vu leur prix doubler, entraînant une diminution
des ventes auprès d'une population au pouvoir d'achat réduit.

A la pharmacie Guigon, un paquet de 16 comprimés de paracétamol coûte 1.200
F Cfa (12 FF), alors que le même médicament conditionné en générique vaut
446 F Cfa (4,46 FF) pour 20 comprimés.

"Il faut rendre le médicament accessible à tout le monde", préconise le
Français Albert Mercury, gérant de Memo Pharma Export à Avignon (sud de la
France), qui déplore la lourdeur administrative pour l'homologation des
médicaments dans nombre de pays africains.

Selon plusieurs pharmaciens, dans la plupart des pays africains, le secteur
privé s'approvisionne en médicaments génériques auprès de centrales
d'achat.

"Cela a permis de détourner les gens du secteur informel", indique un
pharmacien nigérien, qui affirme que les patients peuvent trouver 20
comprimés d'aspirine à 110 F Cfa (1,10 FF), avec la sécurité en plus, dans
les officines.

Devant la prolifération des ventes illicites, avec parfois des complicités à
des niveaux "insoupçonnés", les pharmaciens africains estiment devoir être
les "seuls autorisés à distribuer les médicaments", pour briser la chaîne
des "trafics, de la contrefaçon et des abus".

Si les pharmaciens se félicitent de la disponibilité des médicaments
génériques, l'Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen) regrette
pour sa part que "la famille des produits concernés soit assez réduite".

Interrogé par l'AFP, Momar Ndao, président de l'Ascosen, suggère en outre
l'instauration d'un système de veille aux frontières et dans les officines
pour éradiquer les dépôts sauvages de médicaments.

Les pharmaciens misent aussi sur l'information pour accroître la
sensibilisation des populations aux dangers de l'automédication ou de la
délivrance d'ordonnances par des gens "non assermentés".

Si les prix des médicaments ne baissent pas, beaucoup de gens continueront
de se soigner par "analogie", utilisant les mêmes produits que ceux absorbés
par un voisin ou un parent affecté par le même mal, avec le risque de se
tromper, notamment, sur la posologie, avertit un médecin dakarois.

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