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[e-med] A propos du sommet de Abuja
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 2 May 2001 05:02:18 -0400 (EDT)
E-MED: A propos du sommet de Abuja
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Le Nigeria, coordonnateur de la bataille contre le VIH/SIDA
Panafrican News Agency (Dakar)
May 1, 2001
Posted to the web May 1, 2001
Lagos, Nigeria
Enthousiasmé par la volonté renouvelée de ses homologues africains
à lutter contre le fléau du VIH/SIDA, le président nigerian Olusegun
Obasanjo a annoncé la création d'un centre de coordination ouest
africain de lutte contre le VIH/SIDA dans son pays.
"Le Nigeria servira de centre de coordination de la lutte contre le
SIDA en Afrique de l'Ouest", a dit Obasanjo lundi à Abuja alors qu'il
donnait le coup d'envoi des Journées nationales de vaccination (JNV).
"Le centre va coordonner toutes les activités sur le VIH/SIDA. Tout ce
que vous voulez savoir sur la lutte, la prévention et la recherche sur la
maladie sera à votre disposition dans ce centre", a-t-il dit.
L'annonce du chef de l'Etat nigérian intervient quelques jours après
que ses homologues africains eurent décidé au cours d'un sommet,
les 26 et 27 avril au Nigeria, de faire du combat contre le SIDA leur
priorité et d'affecter aussi plus de ressources à la lutte contre la
pandémie qui fait des ravages sur le continent.
On estime à 24,5 millions le nombre de personnes vivant en Afrique
avec le virus du SIDA sur une population de 36 millions de malades
dans le monde.
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Ma double tragédie
Mme. Georgina Ahamefule
Posté par le Secrétariat du Sommet
Mme Georgina Ahamefule, 41 ans, fut une des personnes vivant avec le
VIH/SIDA qui ont été présentées lors de l'ouverture jeudi, à Abuja
[la capitale] du Nigéria, du sommet africain sur le VIH/SIDA, la tuberculose
et les autres maladies infectieuses opportunistes.
Georgina [Ahamefule] cependant fait face à un double péril. Indépendamment
du fait d'être séropositive, elle est infectée par la tuberculose.
Il y a quelques semaines, elle a fait la une de la presse quand un juge
nigérien lui a interdit l'accès à la salle d'audience où son ex-employeur
devait comparaître. Georgina [Ahamefule] avait été démise de ses fonctions
d'infirmière auxiliaire par son patron, quand celui-ci l'a testée sans son
consentement et découvert qu'elle était séropositive.
Ce Jeudi, elle a raconté son histoire au centre de conférence
internationale d'Abuja en présence de 10 chefs d'Etats africains, des
gouvernements et d'autres chefs d'état du monde entier comprenant le
sécrétaire général Kofi Annan de l'ONU et l'ex-Président des Etats Unis
Bill Clinton.
Voici son histoire:
Mon nom est Georgina Ahamefule et j'ai 41 ans. J'ai été diagnostiquée avec
l'infection par le VIH en 1995. L'année dernière en octobre, j'ai contracté
la tuberculose et depuis j'ai pris un médicament pour cette maladie.
Aujourd'hui, je me présente à vous dans une apparente bonne santé, quoique
ceci ne fut et continue d'être possible qu'à un grand prix: coût pour ma
famille, coût pour ma vie sociale et économique. Ce qui est difficile à
comprendre, c'est ces coûts auraient pu être considérablement réduits, si
la société dans son ensemble et les décideurs en particulier avaient prêté
plus d'attention à ce qu'elles peuvent faire pour alléger la douleur des
personnes moins chanceuses comme moi.
Dans ce pays, la politique officielle de notre gouvernement est de donner
gratuitement les médicament pour le traitement de la tuberculose. Pourtant
durant les six derniers mois durant lesquels j'ai pris des médicament
contre la tuberculose, j'ai dû les acheter dans le marché privé à un très
haut coût, et parfois ces médicaments ne sont même pas disponibles. Mon
docteur m'a informé que si j'interromps mon programme de traitement et si
je ne suis pas en mesure de le terminer, j'encoure le risque de développer
une forme presque incurable de la tuberculose appelée multi-résistante au
médicaments antituberculeux. Ce serait en effet une double sentence de
mort! Pourtant tout ceci peut être empêché si vous, nos décideurs, prenniez
la bonne décision et rendriez le médicament de la tuberculose disponible et
accessible à nous. Je suis une voix représentant des milliers de victimes
de la tuberculose dans ce pays et notre cher continent de l'Afrique. Bon
nombre d'entre nous sont des PLWHA (people living with the HIV/AIDS -
personnes vivant avec le VIH/SIDA). Si aujourd'hui nous ne pouvons pas
obtenir des médicaments pour nous guérir du SIDA, au moins, vous, nos
dirigeants, pouvez nous assurer les médicaments anti-tuberculeux qui sont
disponibles, pertinents, meilleur marché et qui peuvent certainement aider
à prolonger nos vies.
Je voudrais faire appel à vous, nos honorables dirigeants: nous le peuple
de l'Afrique sommes le plus grand capital économique que vous ayez,
pourtant observez comment lentement mais sûrement ces deux maladies
mortelles nous éliminent. Je me demande ce à quoi ressemblera le futur de
nos pays dans les 20 ans à venir si vous n'agissez pas rapidement. Vous
avez certainement la puissance de changer le destin de notre cher continent
de l'Afrique. Si un traitement définitif pour le SIDA n'est pas encore en
vue, s'il vous plaît, nous disposons d'un traitement définitif pour la
tuberculose. S'il vous plaît, rendez le nous accessible et bon marché, [de
manière à ce] que nous puissons continuer à contribuer à notre
développement socio-économique collectif.
Honorables dirigeants, le futur de l'Afrique est entre vos mains et l'heure
d'agir est MAINTENANT! S'il vous plaît, agissez maintenant et nous
gagnerons.
JE VOUS REMERCIE.
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Source:
http://www.healthnet.org/afronets/afronets-hma/afro-nets.200104/msg00148.htm
l
La courverture médiatique et Internet est assurée par les journalistes
contre le SIDA (JAAIDS) du Nigeria en collaboration avec la commission
économique d'Afrique (ECA)
[Remerciements à M. Omololu Falobi pour la couverture Internet du sommet.
Centre Médiadique du Sommet
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Un fond pour les médicaments instauré pour les nations les plus faibles
Rapport spécial: réduction de la dette du tiers monde
Rapport spécial: SIDA
Jane Martinson et Larry Elliott à Washington
Lundi 30 avril 2001
The Guardian
Les dirigeants des nations les plus riches se sont mis d'accord sur la
création d'un fonds de plusieurs milliards de dollars pour de nouveaux
médicaments et vaccins contre le VIH/SIDA, la tuberculose et la malaria
dans certains des pays les plus pauvres.
Le fonds, estimé à un montant de 3-4 milliards de dollars (soit 3,3 - 4,4
milliards d'Euro), payera les médicaments et les traitements qui existent
déjà, mais aussi pour la recherche sur de nouveaux vaccins.
Les militants pour la remise de la dette du Tiers-Monde ont argué du fait
que les pays les plus riches, la banque mondiale et le Fonds monétaire
international ont failli à apporter une aide aux pays pauvres de plus en
plus handicapés par la diffusion de telles maladies.
L'accord d'hier a été conçu de manière à prouver que le monde développé
prend au sérieux cette crise de santé publique.
Il y avait un important dispositif de police alors que les politiciens et
diplomates se rencontraient à Washington, parmi des démonstrations contre
la globalisation.
Contre la fureur déclenchée par les prix élevés pratiqués par les
compagnies pharmaceutiques pour les médicaments traitant le VIH/SIDA et
d'autres virus mortels, le fonds offrira une incitation aux compagnies à
mener à bien un travail de recherche et de développement pour des
consommateurs pauvres.
On croit comprendre que les Etats Unis ont affecté 1 milliard de dollars
pour le fonds, bien que les fonctionnaires doivent encore convaincre
quelques membres de l'équipe Bush que l'infrastructure requise pour
dépenser l'argent est en place.
Les groupes de campagne, hier, ont fait bon accueil aux fonds mais ont mis
en guarde que plus devrait être fait pour fournir une réduction de la dette
des pays pauvres luttant pour payer leur secteur de la santé.
Deux comités principaux du FMI ont accepté de considérer des réductions
supplémentaires de la dette pour des pays dans des circonstances
exceptionnelles. Ceci pourrait être une étape permettant de sustitutioner
le coût du traitement des épidémies aux remboursements de dettes. L'Afrique
sous-saharienne paye 13,5 milliards de dollards pour les remboursements de
dette tous les ans.
Adrian Lovett, de la campagne "Drop the Debt" (abandonnez la dette), dit:
les " créanciers ont aujourd'hui admis qu'ils devront prendre davantage de
mesures sur la dette en raison des urgences comme le SIDA. La mèche est
désormais vendue (The cat is now out of the bag.)"
Kofi Annan, sécrétaire général de l'ONU, a indiqué qu'entre 7 et 10
milliards de dollars seraient nécessaires pour payer le traitement dans les
pays en voie de développement.
La banque mondiale, qui s'est réunie avec le FMI en fin de semaine, compte
prendre la charge de distribuer l'argent aux compagnies de drogues et aux
nations faibles.
James Wolfensohn, président de la banque, a dit que la nécessité d'aborder
des problèmes de santé dans les pays en voie de développement est une
priorité pour son organisation.
Nicholas Stern, son économiste principal, dit que les pays riches ont dû
abaisser des entraves au commerce et augmenter l'aide de manière à pouvoir
atteindre le but de la réduction de moitié du nombre de personnes vivant
dans la pauvreté extrême jusqu'en 2015.
La banque définit la pauvreté extrême le fait de vivre avec moins de $1 par
jour. Parmi les 6 milliards d'habitants du monde, 1,2 milliard
appartiennent à cette catégorie.
Guardian Unlimited (c) Guardian Newspapers Limited 2001
Source: http://www.guardian.co.uk/aids/story/0,7369,480567,00.html
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le SIDA
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Lu dans la presse ivoirienne ce long article.
JMM
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Lutte contre le vih sida
Fraternité Matin,
30 avril 2001
Le Président Gbagbo invite les Etats
se doter d¹un ministère du à sida
La lutte contre le Vih/Sida en Afrique vient d¹aborder un virage nouveau la
semaine dernière, en terre nigériane les 26 et 27 avril à Abuja. En effet,
la conférence spéciale organisée par l¹OUA dans la capitale fédérale du
Nigeria, a démontré de façon nette, la volonté des dirigeants africains,
avec l¹aide de la communauté internationale, de mener désormais une lutte
sans merci à ce qu¹on peut appeler aujourd¹hui l¹ennemi n°1 de l¹Afrique, le
sida, mais aussi la tuberculose et toutes les maladies infectieuses.
Cette volonté s¹est manifestée au niveau de la participation. Ils étaient
nombreux, les chefs d¹Etat africains qui ont répondu à l¹invitation du
président nigérian, le chief Olusegun Obasanjo, et ceux qui n¹ont pas pu
faire le déplacement d¹Abuja, se sont fait représenter au plus haut niveau.
Avec eux, il faut aussi compter l¹ancien président américain Bill Clinton et
son alter égo, le Ghanéen John Jerry Rawling, le Secrétaire général des
Nations unies Kofi Annan et naturellement Hamed Salim Hamed, Secrétaire
général de l¹Organisation de l¹unité africaine. Notre pays était représenté
par son chef d¹Etat, le Président Laurent Gbagbo qui a même dirigé les
travaux de cette auguste assemblée après le président hôte.
Les différentes interventions entendues avaient le souci du concret. Et dans
cette démarche, le discours du Secrétaire général de l¹ONU fut un modèle
dans le genre. M. Kofi Annan, a en effet, failli faire exploser le centre de
conférence d¹Abuja d¹applaudissements en annonçant la création prochaine
d¹un fonds mondial contre le sida et contre les maladies infectieuses qui
lui sont généralement liées. L¹intérêt de cette information c¹est, ainsi que
l¹a indiqué M. Annan, que la création de ce fonds a été bien préparée et
qu¹elle a pratiquement eu le soutien de toute la communauté internationale.
Aujour-d¹hui, sa mise en ¦uvre n¹est plus qu¹une question de jour, puisque,
selon le Secrétaire général de l¹ONU, dès le mois de juin prochain, on
passera de la parole à l¹acte, à l¹occasion d¹un autre sommet spécial de
l¹Organisation des Nations unies, à New York, sur le sida.
³L¹heure est grave², s¹est écrié M. Kofi Annan du haut de sa tribune de la
conférence, comme pour dire aux dirigeants du continent qui sont intervenus
parfois très longuement sur la situation dans leur pays, que faire le
constat est bon, mais agir est mieux. Autrement dit, il faut passer à
l¹action maintenant. De fait, tous les dirigeants africains savent ce qu¹il
faut faire, seul le fonds manque le plus. Et en attendant de les avoir, le
secrétaire général de l¹ONU s¹est fait fort de rappeler les objectifs de
toujours de la lutte contre le sida ; organiser la prévention, prévenir le
mode de contamination le plus cruel, le plus injuste, à savoir la
transmission de la mère à l¹enfant, assurer à chacun l¹accès aux soins et
aux traitements, stimuler la recherche scientifique, protéger les plus
vulnérables, en particulier les orphelins.
Si les objectifs sont connus de tous, comment les atteindre constitue tout
le problème. Et c¹est là que la création du fonds mondial en juin prochain
représente la plus grande nouvelle de ce sommet qui va incontestablement
révolutionner la lutte contre la grande pandémie. ³Il nous faut de
l¹argent², a lancé M. Annan. De l¹argent pour financer la recherche
scientifique et les campagnes d¹éducation, de sensibilisation ; toutes
choses qui restent en l¹état actuel des choses, les seules rentables
parades. Car il faut organiser le dépistage, acheter les préservatifs et les
médicaments, prendre soin des orphelins, améliorer les systèmes de santé. Il
faut, a indiqué le secrétaire général des Nations unies de sept à dix
milliards de dollars supplémentaires par an pour organiser de façon
efficace, la lutte contre le fléau dans le monde entier et ce, pendant de
longues années encore et comme l¹Afrique à elle seule, représente les 2/3
des personnes touchées par la maladie, on imagine ce que cela représente en
termes financiers.
La situation ivoirienne
Si, à Abuja les dirigeants du continent sont d¹accord pour consacrer une
bonne partie de leur capacité financière à la lutte contre la pandémie, ils
n¹ont pas promis d¹aller jusqu¹aux 15% initialement annoncés. C¹est le lieu
de rappeler quelques aspects de la politique de la Côte d¹Ivoire en matière
de lutte contre le sida. Notre pays, on le sait, occupe une place non
enviable en Afrique de l¹Ouest en matière d¹infection du sida puisque les
chiffres officiels tournent autour de 10% de contamination. Le Président de
la République, M. Laurent Gbagbo qui a conduit une forte délégation à la
conférence d¹Abuja comprenant le ministre d¹Etat chargé des Affaires
étrangères, M. Abou Drahamane Sangaré, Mme Assana Sangaré, ministre déléguée
chargée du Sida et Mme Ohouochi Clotilde, ministre des Affaires sociales et
de la Solidarité nationale a indiqué par ailleurs que 600 mille orphelins du
sida sont dans notre pays. Aussi, très tôt, dès son accession au pouvoir, il
y a, à peine cinq mois, le Chef de l¹Etat a-t-il pris le taureau par les
cornes. ³Il m¹a semblé nécessaire de livrer une guerre totale au sida ²,
a-t-il affirmé. En effet, la Côte d¹Ivoire est le seul Etat africain à avoir
créé un ministère chargé de la lutte contre la grande pandémie, confié,
comme on le sait, à une femme, Mme Assana Sangaré, pharmacienne et femme
politique de longue date. Cette initiative unique en Afrique a été saluée
par la conférence comme la preuve d¹un esprit de responsabilité qui fera
bientôt école puisque des chefs d¹Etat ont promis sur place de créer chez
eux aussi, un ministère pour cerner davantage un mal ³ qui n¹est plus un
problème de santé publique mais de développement ², comme l¹a indiqué le
Chef de l¹Etat béninois, le président Mathieu Kérékou, et qui, selon le
chief Olusegun Obasanjo, infecte toutes les cinq minutes un adolescent.
Au sortir de cette conférence historique, on peut affirmer sans se tromper
que rien ne sera plus comme avant et Abuja sera considérée comme une étape
importante sinon décisive dans la lutte contre le Vih/Sida.
Quant à la Côte d¹Ivoire, grâce aux structures qu¹elle s¹est données ces
derniers mois et l¹implication personnelle de ses dirigeants déjà acquise,
elle devra encore aller de l¹avant et faire mieux afin que d¹ici quelques
années le triste et enviable record qu¹elle détient dans la sous-région, ne
soit plus qu¹un lointain et mauvais souvenir. Mais ce combat là, doit être
compris comme l¹affaire de tous : celui de tous les Ivoiriens et des
bailleurs de fonds.
AHOSSY BENITA
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