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[e-med] Sommet de l'OUA : revue de presse
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 27 Apr 2001 05:27:06 -0400 (EDT)
E-MED: Sommet de l'OUA : revue de presse
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Annan propose la création d'un fonds global de lutte contre le sida
ABUJA, 26 avr (AFP) - 19h31
Le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a proposé jeudi au
chefs d'Etats africains réunis au sommet d'Abuja pour discuter du sida et
des autres pandémies qui ravagent le continent noir, la création d'un fonds
global de lutte de plusieurs milliards de dollars.
"Le monde dans son ensemble devrait dépenser entre 7 à 10 milliards de
dollars dans la lutte contre le sida. Cela paraît beaucoup et c'est
beaucoup, mais ce n'est pas impossible lorsque l'on sait que cela
représente juste un peu plus de 1 % du montant global des dépenses
militaires", a-t-il affirmé, demandant la création d'un "fonds global" de
lutte contre la pandémie.
"Ce fonds doit être structuré pour que nous soyons sûrs qu'il réponde aux
besoins des pays et des personnes affectées. Il doit pouvoir compter sur les
conseils des meilleurs experts dans le monde, qu'ils se trouvent au sein de
l'ONU, dans la société civile ou parmi les personnes vivant avec le sida",
a-t-il précisé.
"J'entend poursuivre cette idée avec toutes les personnes concernées durant
les prochaines semaines et j'espère que dans un futur proche ce fonds sera
en place", a-t-il poursuivi.
M. Annan a précisé plus tard au cours d'une conférence de presse que "les
principaux donateurs et les pays développés ont un rôle à jouer" dans la
mise en place de ce fonds qui devra être financé par des fondations privées,
des individus et des gouvernements pour être durable sur le long terme.
Selon lui, il devrait y avoir un engagement des gouvernements donateurs
avant la prochaine session de l'ONU à la fin juin.
Le monde développé doit "dépenser plus pour la recherche" sur le VIH-sida,
a renchérit l'ancien président américain Bill Clinton, qui s'interroge:
"Nous avons bien l'argent, mais avons-nous la volonté ?"
"0,04% du PNB des nations industrialisées est suffisant pour combattre le
sida. Aujourd'hui les pays industrialisés ne dépensent que 0,02 % de leur
PNB dans la lutte contre le sida", soulignait de son côté la directrice de
l'Organisation mondiale de la Santé, Gro Harlem Brundtland.
"Le monde a de l'argent, qu'est-ce que dix milliards de dollars ? Cela peut
être fait aisément", a de son côté déclaré le président ghanéen, John
Kufuor.
"Mon opinion est que les Etats africains devraient mettre en place des
infrastructures et des institutions pour lutter contre le sida et cela doit
être une décision conjointe de tous les chefs d'Etat", a affirmé à l'AFP le
président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le gouvernement est le premier au
monde a comprendre un ministère spécialement consacré au sida.
Il "faut faire passer les efforts mis jusqu'à présent dans la discussion
dans des actions concrètes et pratiques", a lui aussi souhaité le président
rwandais Paul Kagame.
Découvreur au début des années 80 du virus du VIH-sida, le Pr Luc Montagné
soutient la proposition onusienne d'un fonds global, mais souligne "qu'il
est nécessaire que les gouvernements africains s'engagent et se mobilisent
pour développer des réseaux de distribution des médicaments".
"Le fonds pourrait acheter les médicaments au plus bas prix et les revendre
encore moins cher à des pharmacies centrales dans les pays pour des
distributions au plus proche des populations".
Il a souhaité que soient également prises en compte "la formation des
médecins sur le sida et l'administration des trithérapies".
Pour lui, il ne faut pas "oublier que nous sommes dans une étape
intermédiaire parce que ces médicaments ne soignent pas et qu'en Afrique,
les patients ne vont jamais supporter des traitements sur 5 ou 10 ans: il
faut donc poursuivre la recherche".
Le sommet doit s'achever vendredi par l'adoption à l'issue de ce sommet une
déclaration dite d'Abuja et un programme d'action commun de lutte contre le
sida.
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L'Afrique menacée par le SIDA, selon Obasanjo
Panafrican News Agency (Dakar)
April 26, 2001
Posted to the web April 26, 2001
Abuja, Nigeria
L'Afrique est un continent mis en danger par la pandémie du SIDA, a
déclaré jeudi à Abuja, le chef de l'Etat nigérian, Olusegun Obasanjo.
"Nous nous trouvons devant une pandémie hors de notre contrôle, qui
menace dangereusement nos pays, nos enfants, notre avenir. Nous
sommes un continent en danger", a dit M. Obasanjo, s'exprimant à
l'occasion de l'ouverture du sommet africain sur le SIDA, la
tuberculose et les maladies infectieuses qui leur sont liées.
"Cette triste réalité d'un continent qui se meurt et du défi qui consiste
à éviter une catastrophe monumentale sont les seuls choix sur
lesquels ce sommet devra prendre des décisions", a-t-il dit.
La rencontre de deux jours, organisée sous l'égide de l'Organisation
de l'unité africaine (OUA), cherche à trouver des moyens pour
dégager le continent de l'emprise du VIH/SIDA, suite aux décisions
prises lors de l'assemblée ordinaire de l'organisation qui s'était tenue
en juillet 2000 à Lomé au Togo.
En particulier, les dirigeants africains doivent élaborer et mettre en
oeuvre dans leurs pays respectifs, des stratégies et politiques de
nature à assurer une bonne maîtrise de la propagation du VIH/SIDA,
de la tuberculose et des autres maladies infectieuses qui leur sont
liées.
M. Obasanjo a fait remarquer que le SIDA a déjà fauché 11,6 millions
de vies humaines en moins de 20 ans, alors qu'au moins le tiers des
bébés qui naissent sur le continent de mères portant le virus, ont de
fortes chances d'être contaminés à travers la transmission de parent à
enfant ou l'allaitement maternel.
Le président nigérian a rappelé que plus de 50 pour cent des
orphelins du SIDA sont africains.
"Aidons l'Afrique à se réveiller. Sans la vie, nous ne pourrons même
pas commencer à parler de recherche de la justice ou d'action de
rétribution destinée à corriger les injustices.
Le dirigeant nigérian a qualifié la récente avancée dans le domaine
de l'accessibilité des médicaments pharmaceutiques en Afrique du
Sud, de "victoire pour l'Afrique et le monde entier".
Il a émis l'espoir que l'industrie pharmaceutique des pays développés
va faire preuve d'ouverture et soutenir une baisse notable des
antirétroviraux et des autres médicaments pour le traitement du SIDA
en Afrique.
"Nous sommes prêts à faire des affaires avec ceux qui sont prêts à
faire preuve de compassion", a dit M. Obasanjo, dont le
gouvernement vient de passer une commande d'une valeur de 4
millions de dollars de produits antirétroviraux auprès de CIPLA, en
Inde, dans le cadre d'un projet pilote de traitement de 10.000 malades
du SIDA.
Selon le président nigérian, "étant donné que dans le long terme, les
vaccins sont notre meilleur espoir de mettre fin à l'épidémie du SIDA
en Afrique, le continent doit utiliser le savoir le plus pointu que lui
offre
le monde".
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Clinton ravit la vedette au sommet africain sur le
SIDA
Panafrican News Agency (Dakar)
April 26, 2001
Posted to the web April 26, 2001
Abuja, Nigeria
Pour sa deuxième visite au Nigeria en l'espace de neuf mois, mais
cette fois-ci en tant que simple citoyen, l'ancien président américain,
Bill Clinton a ravi, jeudi, la vedette à l'ouverture du sommet africain sur
le SIDA à Abuja, suscitant la plus forte ovation de la foule.
Apparemment impressionné par son image plus vraie que nature et
son soutien à l'Afrique durant de nombreuses années, la foule l'a
ovationné alors qu'il entrait dans le Centre international de presse, le
lieu où se tenait le sommet organisé par l'Organisation de l'Unité
africaine (OUA) et abrité par le gouvernement nigérian pour forger une
stratégie continentale contre le fléau du HIV/SIDA, la tuberculose et
les autres maladies infectieuses connexes.
M. Clinton, qui a été invité au sommet par le président Olusegun
Obasanjo durant son dernier voyage au Nigeria en août 2000, est
entré en compagnie de l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings, et
a lancé par la suite une plaisanterie à ce sujet en déclarant qu'ils
représentaient tous deux le groupe des "anciens chefs d'Etat" à la
conférence.
Soulignant que le président Olusegun "reconnaît avec fierté que j'aime
beaucoup l'Afrique", l'ancien président américain a dit : "Je suis ici
car je me soucie de l'Afrique et du SIDA".
S'adressant à plusieurs chefs d'Etat africains présents au sommet, il a
déclaré : "Aujourd'hui, le monde se tourne vers les dirigeants africains,
non seulement pour sauver vos propres peuples, mais également
pour montrer au monde comment sauver les leurs".
Il a rappelé les chiffres accablants de l'infection au VIH/SIDA en
Afrique, avec 24,5 millions de personnes infectées sur le continent sur
36 millions de porteurs du VIH/SIDA à l'échelle mondiale et la
"tragédie économique" causée par la maladie.
Il a rappelé que son gouvernement a placé le SIDA comme une
question de sécurité nationale en raison de l'ampleur du problème,
ajoutant que, bien que son gouvernement a été tourné en dérision à
l'époque, il avait eu raison car l'épidémie avait pris une dimension
mondiale.
Se référant à l'Afrique comme le berceau de l'humanité, M. Clinton a
déclaré au sommet: "L'endroit où l'humanité a commencé a
l'opportunité de sauver l'humanité".
Mme Nancy Powell, secrétaire d'Etat adjointe pour l'Afrique est à la
tête de la délégation américaine présente au sommet, en raison de
l'absence du secrétaire d'Etat, Colin Powell, pour des raisons liées à
la présence du chef de l'Etat libyen, Moammar Kadhafi.
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Sida: le monde développé "doit dépenser plus pour la recherche" (Clinton)
ABUJA, 26 avr (AFP) - 19h43
Le monde développé doit "dépenser plus pour la recherche" sur le VIH-sida, a
déclaré jeudi à Abuja l'ancien président américain Bill Clinton, lors de la
cérémonie d'ouverture du sommet des chefs d'Etats africains sur les grandes
pandémies, notamment le sida.
"Le monde développé, y compris les industries et les ONG, doivent dépenser
plus pour financer la recherche" dans la lutte contre la pandémie du
VIH-Sida, a affirmé M. Clinton.
"Nous avons bien l'argent, mais avons-nous la volonté ?", a-t-il lancé.
"Je suis ici parce je m'inquiète pour l'Afrique, parce queje m'inquiète du
sida", a-t-il affirmé, rappelant les statistiques sur le sida en Afrique,
continent le plus touché avec plus de 70% des personnes contaminées dans le
monde.
"Ce problème n'est pas seulement celui de l'Afrique: aujoud'hui l'Afrique
est l'épicentre de l'épidémie, mais demain ça peut être l'Inde ou la Chine",
a-t-il rappelé.
"L'Amérique a trop longtemps ignoré l'Afrique (...) mais l'Afrique participe
à la globalisation de l'économie", a-t-il poursuivi, soulignant par exemple
que les Etats Unis y achètent 30% de leur pétrole.
L'ancien président a églement insisté sur la nécessité de permettre l'accès
aux médicaments, estimant que la récente décision de l'Afrique du Sud
favorisant les médicaments génériques ouvrait de nouvelles pistes.
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Message de l'UNESCO au sommet de l'OUA sur le
SIDA
Panafrican News Agency (Dakar)
April 26, 2001
Posted to the web April 26, 2001
Dakar, Sénégal
Le Directeur général de l'UNESCO, M. Koïchiro Matsuura, a souligné,
mercredi, l'importance de l'éducation préventive dans la lutte contre le
SIDA, déplorant "l'impact catastrophique" de la pandémie pour le
développement du continent africain.
Dans un message au Sommet de l'OUA sur le VIH/SIDA, la
tuberculose et les autres maladies infectieuses qui se tient
actuellement à Abuja (Nigeria), il a déclaré que son Organisation peut
mieux contribuer à contenir le sida, "en Jouant un rôle leader en
matière d'éducation préventive au sein du système des Nations
Unies".
M. Matsuura dont le message, lu devant le sommet par Nouréini
Tidjani-Serpos, sous-directeur général de l'UNESCO pour l'Afrique,
est parvenu à la PANA à Dakar, a affirmé que "l'éducation préventive
doit aller au-delà de l'éducation formelle pour atteindre les plus isolés
et les plus vulnérables et pour promouvoir une meilleure gestion des
risques liés au VIH/SIDA et à l'usage de drogues".
La stratégie d'éducation préventive de l'UNESCO consiste à intégrer
cette méthode dans le calendrier mondial du développement et dans
les politiques nationales, à adapter l'éducation préventive à la
diversité des besoins et des contextes et à modifier les
comportements à risque.
Elle vise également à réduire la vulnérabilité et à faire face à l'impact
du VIH/SIDA sur les institutions nationales, notamment dans le secteur
de l'éducation.
"L'éducation préventive est le meilleur des vaccins", et si elle est
pratiquée de façon massive, elle peut inverser les tendances
actuelles, ajoute le directeur général de l'UNESCO.
Il révèle que son Organisation va coopérer étroitement avec
ONUSIDA et d'autres partenaires internationaux afin, a-t-il dit, "de
lutter contre l'indifférence, empêcher la stigmatisation des malades,
surmonter la tyrannie du silence dont ils sont l'objet et favoriser leur
meilleure prise en compte".
M. Matsuura a appelé à l'intégration de l'éducation préventive
VIH/SIDA dans l'agenda mondial du développement et dans les
politiques nationales, déclarant que répondre aux impacts
institutionnels de la pandémie dans les écoles, auprès des étudiants,
des enseignants et dans d'autres institutions clés au niveau national,
"constituera une autre priorité pour l'UNESCO.
Le Directeur général de l'UNESCO souligne également la nécessité
d'adapter l'éducation préventive aux divers contextes et besoins,
s'engageant à en améliorer la qualité et l'efficacité et à développer
l'accès à l'information scientifique fournie par la recherche
fondamentale sur la pandémie.
Il a promis, à ce propos, qu'une attention particulière sera donnée à la
diffusion d'une information précise sur les modes de transmission, les
pratiques à faible risque et à l'emploi de services d'aide et de conseil
dans l'éducation formelle et non formelle, ainsi que sur les réseaux,
afin d'atteindre les élèves, institutions et communautés.
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[à suivre...CB]
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