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[e-med] France: Prescrire en DCI ?
- From: remed@remed.org
- Date: Thu, 26 Apr 2001 13:07:02 -0400 (EDT)
E-MED: France: Prescrire en DCI ?
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Prescrire en DCI ?
Article du 23 Mars 2001
Médisite
http://www.medisite.fr/actualites/pro/evenement/9075.html
Un médecin peut-il prescrire un médicament en utilisant seulement sa
dénomination commune internationale ? Le patient peut-il être alors
remboursé ? Loin d?être innocente, la question est posée de manière
récurrente mais la réponse varie selon les interlocuteurs. La confusion est
grande. La situation pourrait s?éclairer avec, notamment, la position de l?
Ordre. Voir l?entretien.
Mais d?ailleurs pourquoi prescrire en DCI seule plutôt qu?en nom de
fantaisie ou en DCI plus nom de marque ?
Elaborée par l?Organisation mondiale de la santé la DCI a pour but d?
identifier un principe actif et cela dans toutes les langues. Elle permet en
outre de nommer le médicament sans référence à un nom de fantaisie ou à un
nom de marque. Avec le développement des génériques la DCI facilite la
prescription, la délivrance du produit et son identification par le patient.
« La prescription en DCI facilite la substitution qui devient transparente »
explique Bernard Capdeville président de la Fédération des Syndicats
Pharmaceutiques de France. Avec une ordonnance prescrivant du paracétamol le
pharmacien délivre la marque qu?il veut selon son stock, selon le prix ou
selon les desiderata du patient, explique le Docteur Jacques Cogitore qui
depuis 5 ans prescrit en DCI seul. « Je ne prescris pas de générique ni de
médicament princeps je prescris une substance un point c?est tout. Si le
patient préfère une forme galénique plutôt qu?une autre je le précise sur l
?ordonnance » explique-t-il. Ensuite au pharmacien de jouer son rôle, comme
par exemple si le patient préfère tel ou tel excipient. Le dialogue entre le
patient et son médecin comme avec son pharmacien est nécessaire. Reste la
question de la légalité et du remboursement.
Dans un dossier très complet sur la DCI paru en septembre 200,1 le magazine
« Prescrire » répond oui au deux questions. Et le doute n?est guère permis,
les opinions des différents acteurs (Cnam, Ordre) ont évolué. Oui il est
possible de prescrire en DCI et il n?y a pas de problème pour le
remboursement confirme l?ordre des médecins. Voire l?entretien avec le
professeur Michel Detilleux
Reste que le doute est encore présent chez les praticiens mais aussi dans
les caisses primaires. Toutes n?acceptent pas. A la caisse de
Châlons-sur-Marne, ou on a promu la prescription en DCI seule, « on est à la
limite de la légalité » estime le Docteur Tassin, pharmacien-conseil.
Le Syndicat national de l?industrie pharmaceutique estime toujours pour sa
part que la prescription en DCI ne permet pas le remboursement. Une position
qui n?est guère surprenante. La DCI fait oublier la marque au contraire du
nom de fantaisie. « Il faudrait un texte législatif ou réglementaire pour
autoriser expressément la prescription en DCI et lever définitivement le
doute » estime le Docteur Costes, président de MG-France.
Bernard Kouchner, qui avait déjà travaillé sur le sujet lors de son
précédent passage au ministère de la santé, pourrait reprendre son ouvrage.
Faciliter la communication et le travail du pharmacien et susciter moins de
réticence à la substitution chez le patient, en portant une DCI sur une
ordonnance est une chose. Encore faut il connaître la DCI. Habitués aux
noms de fantaisie depuis la faculté, les médecins rechignent à prescrire en
DCI « demande un effort intellectuel » explique le Docteur Cogitore. Mais le
jeux en vaut la chandelle car la DCI remplace plusieurs noms de spécialités
et« cela permet de mieux connaître la substance prescrite ». Et une fois le
réflexe acquis?
Le Dr Tassin partage le même point de vue. La prescription en DCI dépasse
largement le cadre du générique estime-t-il. Mais pour certains produits,
les substances à marge thérapeutique étroite ou contenant des excipients
susceptibles de contre-indication, voire certains conditionnements peu
pratiques, il peut être nécessaire pour le médecin de préciser la
spécialité. De même lorsque la spécialité est composée de plusieurs
substances comme le Bactrim®.
Autres avantages, la DCI facilite la prescription pour les touristes et
autres voyageurs, et permet d?éviter certaines confusion : la FDA vient de
constater des erreurs de prescriptions dues à des confusions entre Taxoter®
et Taxol®.
Enfin Gille Johanet souhaitait que les médecins puissent prescrire en DCI
car « le poids des marques sur la prescription n'est pas forcément une bonne
chose. Cela libérerait les médecins du lobbying de l'industrie », expliquait
le directeur de la Cnamts.
Thomas Leven
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Entretien avec le Professeur Michel DETILLEUX, membre du bureau national du
conseil de l?Ordre,
PU-PH, hôpital Cochin
Les médecins peuvent-ils prescrire en DCI seule ?
Avant de savoir si cela est possible il faut se poser la question de l?
utilité de la prescription en DCI. La réponse est oui pour plusieurs
raisons. Elle permet la cohérence, la lisibilité et la continuité de la
prescription. Ce qui va dans de le sens de l?intérêt du patient. Le médecin
nomme le médicament par sa DCI et le patient le retrouve sous le même nom
lorsque le pharmacien délivre la spécialité.
Mais pour cela il faut que la dénomination sur la boîte soit composée de la
DCI suivie du nom de marque. Là il n?y a pas de règle d?uniformité. Mais,
malgré cette absence d?obligation, tous les industriels commercialisant des
génériques ont adopté la dénomination DCI plus nom de marque pour leurs
spécialités. Aujourd?hui 95 % des produits « per os » sont commercialisés
ainsi.
Si les conditions sont réunies, la prescription en DCI seule est elle pour
autant légale ?
Oui sans aucun doute. Il n?y a aucune disposition réglementaire s?y
opposant. Il y a un argument qui est souvent opposé à la prescription en DCI
: le code de la Sécurité Sociale autorise seulement le remboursement des
spécialités. Mais cet argument ne tient pas. Car au moment de la délivrance
de la prescription, le pharmacien porte sur l?ordonnance le nom du de la
spécialité. Dès lors les conditions sont remplies pour le remboursement.
Comment expliquez-vous toute cette confusion autour de la prescription en
DCI et jugez-vous nécessaire une nouvelle réglementation l?autorisant
expressément ?
Non il n?y a pas besoin de nouvelle réglementation puisque la prescription
en DCI est possible. Quant à cette confusion elle est sans doute due à des
réticences culturelles, au laxisme pour l?apprentissage du nom des
médicaments. Mais aujourd?hui en faculté de médecine tous les professeurs
enseignent en utilisant la DCI. Il y a aussi des raisons marketing, propre à
l?industrie pharmaceutique, qui font préférer une dénomination de
fantaisie. Et je loue les industriels qui ont choisi d?utiliser la DCI plus
le nom de marque pour commercialiser leurs spécialités génériques.
La prescription en DCI est elle seulement utile dans le cas des génériques
?
La réponse n?est pas évidente. Quelques médicaments sont plus connus sous
leur nom de DCI. Par exemple la mifépristone qui est aussi connu sous son
non de code, RU 486. Mais les exemples sont rares. Il y a aussi le cas des
statines dont le comarketing a été fortement encouragé. C?est à dire que
deux laboratoires commercialisent la même molécule sous des noms de marques
différents. L?une du laboratoire qui détient le brevet, l?autre du
laboratoire français qui lui aussi commercialise la substance. Le médecin
pourrait prescrire en DCI si les deux spécialités sont équivalentes. Pour
les génériques comme il y a une liste de stricte équivalence, il n?y a pas
de problème.
Propos recueillis par Thomas Leven le 22/03/2001
[En Afrique aussi, on prescrit depuis quelques années en DCI... n'est-ce pas
? Carinne Bruneton]
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