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[e-med] La Belgique en retard de médicaments


  • From: remed@remed.org
  • Date: Tue, 24 Apr 2001 07:51:03 -0400 (EDT)

E-MED: La Belgique en retard de médicaments
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[Modérateur: remerciements à J-M Milleliri qui a fait cette histoire belge
découverte sur le site de journal Belge "La Meuse" : www.lameuse.be .
Est-ce que les lecteurs belges de e-med confirment cette situation ? CB]


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La Belgique en retard de médicaments

La Belgique est-elle trop petite et trop faible pour négocier avec
l'industrie pharmaceutique? Selon le GBO (un syndicat de médecins), des
nouveaux médicaments tardent à être mis à la disposition des malades en
Belgique, tout simplement parce que nous n'intéressons pas les firmes
pharmaceutiques...

En Afrique du Sud, une coalition de firmes pharmaceutiques est en procès
avec le gouvernement pour empêcher le traitement des malades du SIDA par
médicaments génériques... En Belgique, on n'en est pas là, et pourtant, le
bras-de-fer avec cette puissante industrie est musclé aussi, estime le GBO
(groupement belge des omnipraticiens). «Certains médicaments innovants
n'existent pas sur notre marché parce que la firme joue sur un rapport de
forces inégal et préfère se passer provisoirement du marché belge, tellement
petit à l'échelle mondiale, plutôt que de négocier le prix de
commercialisation d'un médicament avec les autorités belges», écrit le GBO.

A prendre ou à laisser

En effet, le prix des médicaments, même non remboursés, n'est pas libre.
Avant d'être mis sur le marché, un médicament doit passer par une longue
procédure visant à s'assurer de sa qualité et enfin, de fixer son prix. Or,
les grandes firmes pharmaceutiques ne prennent pas de gants pour négocier
avec les Affaires Economiques belges, croit savoir le GBO.

«De plus en plus, les firmes pharmaceutiques ne négocient même plus! dit le
secrétaire général du GBO, le Dr Jean-Michel Melis. Elles mettent un prix
sur la table, et c'est à prendre ou à laisser. Or, quand il s'agit de
molécules nouvelles destinées à des traitements très pointus - SIDA,
cancers... - le prix peut être de plusieurs milliers de francs par comprimé!
Si les autorités ne sont pas d'accord, c'est bien simple: on ne
commercialise même pas en Belgique! En disant, bien sûr, que c'est la faute
du gouvernement...»

En quoi le prix d'un médicament non remboursé par l'INAMI intéresse-t-il les
autorités publiques? En ce qu'il peut devenir remboursable plus tard... Plus
le prix accepté au départ est élevé, plus la facture sera élevée pour
l'INAMI à l'arrivée, puisque le remboursement est toujours un pourcentage du
prix. En oncologie (traitement du cancer), c'est souvent 100 %...

Autre illustration du rapport de forces entre gouvernements et firmes
pharmaceutiques: les disparités de prix. «Le même vaccin de l'hépatite B
fabriqué dans le Brabant wallon est vendu sept fois moins cher en Pologne
qu'en Belgique, quatre fois moins cher au Portugal, et deux fois moins cher
en France», poursuit le Dr Melis. Le niveau de vie est pourtant très
comparable en Belgique et en France, mais le marché français est beaucoup
plus vaste et donc beaucoup plus intéressant pour le producteur. Conclusion:
les Belges n'ont pas fini de faire du tourisme pharmaceutique...

C. T.
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