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[e-med] ARV et revue de presse... suite
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 23 Apr 2001 13:52:11 -0400 (EDT)
E-MED: ARV et revue de presse... suite
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La commission des droits de l'homme demande un accès aux traitements
anti-sida
GENEVE, 23 avr (AFP) - 16h43
La Commission des droits de l'homme de l'ONU a voté lundi une résolution
demandant un accès universel aux médicaments anti-sida, qui a été adoptée
par les 52 des 53 Etats-membres, les Etats-Unis étant le seul pays à
s'abstenir.
La résolution invite les Etats à offir "aux secteurs les plus vulnérables de
leur population, la possibilité d'avoir accès sans discrimination à des
produits pharmaceutiques utilisés pour traiter des pandémies telles que le
sida, "à des prix abordables pour tous".
Elle exhorte aussi les Etats membres à "adopter des lois, conformément au
droit international applicable, y compris les accords internationaux
auxquels ils ont adhéré, pour protéger l'accès à ces produits (....) contre
toute restriction imposée par des tiers".
La résolution a été présentée par le Brésil, un des pays à la pointe du
combat visant à généraliser l'accès aux médicaments génériques à meilleur
prix dans les pays pauvres.
Alors que 36 millions d'habitants de la planète étaient séropositifs ou
malades du sida à la fin 2000, ce vote s'inscrit dans un débat mondial sur
l'accès aux traitements, plusieurs laboratoires de pays en développement
ayant fait des offres de médicaments génériques à bas prix, et plusieurs
laboratoires occidentaux détenteurs de brevets ayant à leur tour offert
d'importantes réductions de prix.
Une campagne internationale a conduit la semaine dernière 39 compagnies
pharmaceutiques à renoncer à leur plainte devant un tribunal de Prétoria
contre une loi favorisant l'importation de médicaments génériques bon
marché en Afrique du Sud.
Le Brésil a tenté de parvenir à une déclaration adoptée par consensus, mais
n'a pu obtenir l'acceptation des Etats-Unis, selon une source diplomatique
brésilienne. La résolution avait été parrainée par une grande partie des
Etats. Les Etats-Unis ont choisi l'abstention.
Brasilia est l'objet devant l'organe de règlements des différends de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'une plainte des Etats-Unis, pour
sa production de médicaments anti-sida. Washington, au nom des laboratoires
pharmaceutiques américains, proteste contre la décision brésilienne de
fabriquer des médicaments anti-sida d'origine américaine et non
commercialisés dans le pays.
Le Brésil s'appuie sur une clause de l'accord TRIPS de l'OMC sur les droits
de la propriété intellectuelle prévoyant qu'en cas d'urgence sanitaire et de
refus d'un laboratoire pharmaceutique de commercialiser ses produits
brevetés, un gouvernement peut délivrer des "licences obligatoires"
autorisant un concurrent à produire les médicaments ou à les utiliser sous
licence.
Cette possibilité doit cependant sauvegarder les intérêts légitimes du
détenteur de brevet, qui a besoin d'énormes investissements pour la
recherche et le développement des traitements et vaccins.
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L'Asie doit apprendre les leçons tirées d'Afrique, selon l'ONU
BANGKOK, 23 avr (AFP) - 16h28
L'ONU a appelé lundi à Bangkok les pays asiatiques confrontés au sida à
apprendre les leçons tirées d'Afrique où la pandémie a frappé le plus fort.
"Le sida pourrait bien croître plus vite en Asie qu'en Afrique", a averti
Kathleen Cravero, No 2 de l'agence ONUSIDA, au cpurs d'une conférence dans
la capitale thaïlandaise.
"L'Asie pourrait certainement apprendre de l'Afrique en matière de combat
contre l'ostracisme social", a-t-elle souligné.
L'Afrique compte aujourd'hui plus de 25 millions de personnes atteintes du
virus contre 6,4 millions dans la région Asie-Pacifique.
La conférence a plaidé en faveur des traitements antirétroviraux bon marché
dans les pays en voie de développement.
"Baisser les prix est une mesure nécessaire mais pas suffisante", a nuancé
Mme Cravero.
Le nombre de séropositifs est en nette augmentation dans les pays d'Asie du
Sud et du Sud-Est, avec près d'un million de nouveaux cas chaque année, dont
une majorité concerne les moins de 25 ans, selon l'ONUSIDA.
Les pays de la région les plus touchés sont l'Inde, le Cambodge, la
Thaïlande et la Birmanie.
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Les militants anti-sida veulent accélérer l'accès aux traitements
JOHANNESBURG, 20 avr (AFP) - 16h18
Les militants anti-sida, encouragés par le retrait de la plainte des
compagnies pharmaceutiques contre l'Afrique du Sud, entendent maintenant
accroître la pression sur le gouvernement et les laboratoires pour accélérer
l'accès aux traitements.
Ils souhaitent que les grandes compagnies industrielles et minières
financent les traitements pour leur travailleurs et que la médecine
traditionnelle, très implantée en Afrique du Sud, soit impliquée également.
Les organisations non-gouvernementales (ONG) ont largement contribué à
transformer l'action en justice des géants pharmaceutiques en désastre
médiatique, les faisant apparaître comme plus préoccupés de leurs profits
que de la vie des gens.
Les militants anti-sida sud-africains veulent maintenant que leur action
profite aux 4,7 millions de séropositifs (une personne sur neuf)
officiellement recensés dans le pays, le plus touché au monde par le virus.
Ils n'entendent pas se laisser décourager par les déclarations faites jeudi,
immédiatement après la capitulation des compagnies, par la ministre de la
Santé, Manto Tshabalala-Msimang, sur les médicaments anti-rétroviraux.
La ministre avait maintenu, dans la lignée de ce que le gouvernement de
Thabo Mbeki dit depuis deux ans, que ces médicaments étaient toujours trop
chers pour l'Afrique du Sud et que des craintes persistaient sur la toxicité
des produits.
Malgré cela, la Treatment Action Campaign (TAC) réitère de plus belle sa
demande d'utilisation des anti-rétroviraux comme la Nevirapine, pour réduire
la transmission du virus du sida de la mère à l'enfant.
"A court terme, nous voulons que le gouvernement se dote d'une stratégie de
traitement et d'un plan", souligne Zachie Achmat, président de la TAC. "Nous
voulons aussi que le secteur privé annonce qu'il va mettre ses employés sous
traitement anti-rétroviral et qu'il contribue à faire baisser les prix".
"Nous espérons avoir un plan de traitement en place au 1er décembre et des
anti-rétroviraux disponibles dans le service public d'ici le Nouvel An".
Le "consortium sida", une coalition d'organisations de Johannesburg, a
également appelé à la mise en place d'un plan de traitement.
"La tâche urgente est maintenant d'en appeler au gouvernement pour rendre
disponibles les traitements anti-rétroviraux, en particulier par la
production de médicaments génériques", a estimé la présidente du consortium,
Sharon Ekambaram.
La puissante confédération syndicale COSATU, alliée du gouvernement de
l'ANC, a l'intention de demander aux employeurs de fournir gratuitement des
médicaments anti-rétroviraux aux salariés et à leurs familles atteints par
le virus ou la maladie.
"Nous sommes conscients des restrictions budgétaires du gouvernement, c'est
pourquoi nous en appelons au secteur privé", a expliqué un porte-parole de
la COSATU, Patrick Craven.
La porte-parole du ministère de la Santé, Jo-Anne Collinge, souligne que les
traitements anti-rétroviraux dans le secteur public de santé sont pour
l'instant limités à des tests de Nevirapine dans 18 sites hospitaliers.
"Si l'impact est aussi bon qu'on le pense, nous déciderons de l'élargir",
a-t-elle indiqué à l'AFP.
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Les compagnies pharmaceutiques retirent leur plainte contre le gouvernement
d'Afrique du Sud
Ministre de la santé
Dr. Manto Tshabalala-Msimang
République sud-africaine
le 19 avril 2001
http://www.gov.za
Plus tôt dans la journée, à la cour suprême de Pretoria, les 38 compagnies
pharmaceutiques et l'association des fabricants pharmaceutiques (PMA) ont
annoncé qu'elles se retiraient de l'action en justice, qui avait pour
intention de frapper des dispositions principales de notre amendement de
1997 à la loi sur les médicaments et produits reliés.
Nous sommes heureux que l'industrie pharmaceutique ait finalement identifié
à la fois la légitimité de notre lutte, en tant que sud-africains, pour une
santé accessible, et l'authenticité de notre respect pour les traités de
commerce international dont nous faisons partie. Il est dommage que
l'industrie pharmaceutique ne pouvait pas se laissée persuader d'adopter
cette position il y a trois ans, quand le gouvernement sud-africain a
offert de travailler de manière constructive avec elle d'adresser des
soucis concernant la nouvelle loi. La réponse de l'industrie devint alors
de nous mener en justice, un exercice coûteux et en fin de compte stérile.
Nous considérons le règlement d'aujourd'hui comme une victoire dans le sens
qu'il dégèle notre loi et nous restaure la puissance de poursuivre une
politique que nous croyons être un élément critique pour fixer des
médicaments à un coût accessible et pour les contrôler de façon judicieuse.
Nous nous sommes engagés à inclure les fabricants pharmaceutiques dans de
telles initiatives, le cas échéant, et nous avons l'entière intention de
suivre cette ligne de conduite.
Le règlement que nous avons annoncé aujourd'hui est le produit d'un grand
nombre de personnes dans beaucoup de pays. C'est le travail d'innombrables
sud-africains qui se sont dressés dans une expression d'unité nationale et
qui ont clairement appuyé l'approche du gouvernement. C'est
l'accomplissement des organismes, des activistes et des gouvernements
d'ailleurs en Afrique et sur d'autres continents, qui ont identifié notre
bataille dans sa particularité en tant qu'élément d'un plus large mouvement
pour la justice en matière de santé.
Tandis que la politique de médicament du gouvernement sud-africain était
pilotée principalement par des facteurs domestiques, nous n'avons jamais
perdu de vue la dimension internationale et nous espérons que notre
expérience a contribué d'une certaine manière à la plus grande discussion
sur l'accès à la santé accessible pour les pays en voie de développement et
pour les pauvres en des nations plus riches.
Nous ne nous illusionnons pas que l'issue de l'affaire en jugement serait
la fin de notre lutte pour l'accès aux médecines accessibles. En réalité,
nous sommes seulement au début d'un long et laborieux chemin et cette loi
en est simplement un véhicule. Les décisions difficiles au sujet des
priorités de santé sujettes à contestions se trouvent devant nous.
L'acte de médecines était décrété mais pas promulgué quand l'action en
justice fut lancée il y a trois ans. Le gouvernement ira maintenant de
l'avant et promulguera la loi et dans quelques semaines éditera des projets
de règlementation concernant divers aspects de l'acte, qui seront soumis
au public pour commentaire.
Certains aspects de l'acte seront automatiquement mis en application avec
la promulgation, tels que la prohibition sur le prélèvement et la fourniture
d'incitations et des bonifications par l'industrie.
En outre, nous nous avancerons rapidement [vers les points suivants]:
* Installer le comité d'évaluation des prix dont le travail inclura le
rassemblement de l'intelligence pharmaceutique et d'informer le
ministre sur un système d'évaluation transparent pour des médicaments
* Lancer le système de la substitution générique, qui aura des avantages
principaux pour les consommateurs dans le secteur privé de santé ? et
particulièrement des arrangements médicaux.
En temps opportun, nous reconstituerons le conseil de commande des
médicaments en conformité avec l'acte.
Nous continuerons à engager l'industrie pharmaceutique ? pour les consulter
et pour les défier, comme approprié ? dans le contexte local et dans
l'arène internationale. Il y a une prise de conscience croissante
internationalement que nous ne pouvons pas espérer faire une "bosse" sur
les problèmes principaux de santé publique des pays en voie de
développement sans concentrer toutes les ressources disponibles. Ceci
exige un nouveau modèle d'engagement de la part de certains parties et cela
demande certainement que nous ayons le courage d'oser de nouvelles
associations.
Le gouvernement sud-africain propose comme début, d'instaurer un groupe de
travail commun avec l'industrie pharmaceutique afin de consulter et de
considérer de plus larges dossiers dans les domaines de la santé. En mai,
j'inviterai les cadres de toutes les compagnies pharmaceutiques localement
représentées à me rencontrer pour discuter un cadre de travail pour des
relations pertinentes. Mon intention est qu'il devrait y avoir un mécanisme
pour une interaction régulière.
La résolution de cette affaire en jugement ne fait que confirmer notre vue
que les marchés internationaux, qui jouent un rôle de plus en plus
important dans toutes nos vies, n'ont aucune conscience [morale] innée. En
revanche les gouvernements et les gens du commun agissant collectivement
ont la précieuse responsabilité de responsabiliser les énormes compagnies
qui dominent les marchés sur leur façon de répondre aux questions les plus
critiques de notre temps.
Ministre de santé
Dr. Manto Tshabalala-Msimang
République sud-africaine
19 avril 2001
Remerciements à e-drugs pour avoir signalé ce texte:
http://www.healthnet.org/programs/e-drug-hma/e-drug.200104/msg00068.html
[Traduction approximative: C. Labadie]
******************
Paris, le 17 avril 2001
République française
Conseil national du sida
25/27, rue d'Astorg 75008 PARIS
http ://www.cns.sante.fr
COMMUNIQUE DE PRESSE
A la veille de la reprise, à Pretoria, du procès intenté par 39 compagnies
pharmaceutiques au gouvernement d?Afrique du sud, le Conseil national du
sida (CNS) demande aux firmes concernées de retirer leur plainte.
Dans un rapport adopté en novembre 2000, le CNS a pris position en faveur d?
un accès généralisé aux traitements en matière de VIH/sida (antirétroviraux
et médicaments contre les infections opportunistes). Considérant l?accès aux
traitements comme un facteur décisif de la lutte contre l?épidémie de VIH, y
compris dans sa dimension préventive, le CNS a clairement affirmé que le
droit à la santé doit prévaloir sur les droits de propriété intellectuelle.
Pour le CNS, les accords multilatéraux relatifs à la protection de la
propriété intellectuelle dans le commerce mondial (accords ADPIC) doivent
être appliqués dans leur intégralité. Les importations parallèles et les
licences obligatoires constituent des exceptions sanitaires aux droits
exclusifs des détenteurs de brevet. Elles doivent pouvoir être utilisées par
les pays aux ressources financières limitées face à la menace majeure que
constitue, dans ces pays, l?épidémie de VIH.
Depuis le début de l?année, des évolutions favorables ont été observées.
Ainsi la demande de licences obligatoires formulées par des producteurs de
génériques, assortie d?offres très compétitives en termes de prix, motive
les nouveaux rabais consentis par quelques détenteurs de brevet sur les
antirétroviraux.
Le procès de Prétoria témoigne cependant des limites de ce processus de
baisse des prix, dont on ne saurait trop, par ailleurs, regretter le manque
de transparence.
- Les annonces de baisse des prix vont de pair avec une bataille judiciaire
acharnée qui vise à dissuader l?application souveraine d?une législation
donnant à un gouvernement les moyens d?acquérir des médicaments conformément
aux exceptions prévues à la protection du droit de propriété intellectuelle.
- Le processus de baisse des prix doit être accompagné d?un effort plus
important des gouvernements afin de rendre accessibles les traitements aux
personnes atteintes par le VIH. Cet effort doit concerner les
infrastructures, la recherche de financements, mais aussi l?utilisation
optimale de la législation sur les brevets.
En ce 17 avril 2001, les sud-africains atteints par le VIH attendent encore
de recevoir des traitements à des prix raisonnables. Dans leur
quasi-totalité, ils ne reçoivent aucun traitement.
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