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[e-med] A propos de la santé en Côte d'Ivoire : éclairages divers


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 23 Apr 2001 12:39:55 -0400 (EDT)

E-MED: A propos de la santé en Côte d'Ivoire : éclairages divers
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[Modérateur: il est plus intéressant de vous présenter plusieurs facettes du
problème concernant les problèmes d'approvisionnement en médicaments dans
les pays africains. En voilà une tentative... Si il y a des volontaires pour
faire la même chose dans les autres pays, ils sont les bienvenus! Carinne
Bruneton]

Fraternité matin
5 juin 2000
http://www.fratmat.co.ci/story.asp?ID=452
Les consommateurs des médicaments de rue sont de plus en plus nombreux:

Des malades trop pauvres pour être soignés dans les CHU

Institut de cardiologie réduit aux consultations. Maternité du CHU de
Yopougon pratiquement non fonctionnelle... Le système sanitaire ivoirien va
à vau-l?eau au grand dam de 20% d?Abidjanais et de 50% des populations
rurales du pays. La raison? ?Ils sont trop pauvres pour être soignés?.
Conséquence, l?attrait irrésistible des tradi-praticiens et des médicaments
de la rue.

Palliatif aux coûts incalculables. Regard! "Désolé, vous êtes trop pauvres
pour être? soigné ". Zahui modeste, ex-technicien de surface dans une
entreprise de la place, actuellement au chômage, n'en revient pas. Il est 21
h. Cela fait cinq heures de temps que son épouse se trouve-là, aux urgences
du Centre hospitalier. Etendue de tout son long, à même le sol. Tenaillée
par des douleurs abdominales atroces. Ses gémissements ajoutés aux
supplications de son époux, semblent laisser de marbre le personnel en
blouse blanche dont les va-et-vient incessants finissent par agacer Zahui.
Qui interpelle bruyamment l'un d'entre eux. " Monsieur, faites quelque chose
sinon ma femme va mourir ". Réponse à la sauvette : " Est-ce que vous avez
payé ? ! ". Econduit ainsi des urgences, faute d'argent, Zahui qui tient
dans ses mains sa " patiente ", prend le chemin de retour de la maison.

La mort dans l'âme. Les passants médusés le dévisagent en train de
soliloquer. " La santé, murmure-t-il, ne peut continuer à être ainsi le
privilège de quelques-uns, à condition qu'ils soient riches ". Et dans un
accès de colère mal contenu, il se surprend débitant à haute voix quelques
propos et invectives. Du genre : " Le ministre a pourtant dit à la
télévision que désormais, les indigents malades pourraient bénéficier de
consultation et de soins. Puis, payer après ". " Foutaise ! ", lance-t-il
indigné.

Ils sont nombreux, ceux qui ne peuvent pas, qui ne pourront jamais payer
pour se soigner. Parce que trop pauvres. Ces exclus du système sanitaire
ivoirien représentent 20% de la population d'Abidjan. Un rapport des experts
de la Banque mondiale indique que dans les autres villes du pays, cette
proportion augmente à 30%. Et dans le reste rural, elle est de l'ordre de
50%. L'accès aux soins de qualité (médecine moderne) s'ajoute aux
difficultés financières des pauvres. Pour y pallier, l'Etat a investi de
1994 à 1997, 300 milliards de francs dans le système sanitaire constitué de
: huit directions régionales, 40 districts, 5 centres spécialisés, 4 Chu, 14
Chr, 50 hôpitaux généraux et plus de 900 formations sanitaires de base. En
dépit de ces efforts, subsistent encore des insuffisances qui mettent à mal
le système. Il s'agit comme l'a reconnu l'ex-ministre de la Santé, le
professeur Kacou Guikahué, de " la faiblesse de ratio personnel de santé,
nombre d'habitants ", du " taux de fréquentation relativement bas des
centres de santé ", des " districts sanitaires qui ne sont pas pleinement
opérationnels et d'une qualité de soins qui laisse quelquefois à désirer ".
Et pourtant, en 1999, la part (subvention de l'Etat) allouée à la Santé
s'élevait, dit-on à 83 milliards de francs, soit 9% du budget de l'Etat.

Mais à qui profite (a profité) ces fonds publics destinés à soigner la
population ? " Ils servent davantage à soigner les plus nantis par rapport
aux plus pauvres. Ce n'est pas normal ! ", s'offusque M. Brunet Jailly,
économiste de la santé. Son observation est corroborée par des enquêtes de
consommation et celles concernant la fréquentation des formations sanitaires
en Côte d'Ivoire. Il ressort de ces études que " ce sont les plus riches qui
fréquentent les hôpitaux les plus coûteux alors même que l'activité de ces
hôpitaux est subventionnée par l'Etat à 90% ". Il faut payer pour se
soigner. A ce titre, selon des chiffres officiels du ministère de la Santé
publique, d'octobre 1994 à octobre 1998, les Ivoiriens ont dépensé au total
73 milliards de francs pour contribuer à leurs frais de santé (57% en
médicaments et 43% en acte de santé). Vu la faiblesse du pouvoir d'achat de
la majorité des Ivoiriens, on imagine aisément que de nombreux indigents ou
cas sociaux sont abandonnés à quai.

Au moment ou s'ébranle le train de la " Santé pour tous ", et du " bonheur
pour chacun". Beaucoup sont obligés de se rabattre sur les tradipraticiens
et les médicaments de la rue, quand d'autres rusent tout simplement avec le
personnel chargé de recouvrement des coûts de santé. Il n'y a qu'à se
rendre aux Chu de Yopougon et de Treichville par exemple, pour découvrir
entreposées dans des cartons, les pièces d'identification (carte nationale
d'identité), passeport, permis de conduire, etc.) abandonnées comme gage. Le
scénario est connu : les parents ou accompagnateurs des malades insolvables
promettent au personnel administratif de payer pour les actes et
l'hospitalisation des patients avant la sortie de ceux-ci del'hôpital. La
preuve de leur bonne foi étant attestée par la remise de leur "papier
d'identification", comme garantie. Mais généralement, ces parents ou
accompagnateurs se dérobent, après avoir frauduleusement soustrait des
chambres puis évacué en catimini, le malade à la maison. Manège sordide, qui
est pour autant symptomatique d'une situation réelle de pauvreté, face à un
système sanitaire excursionniste et inopérant.

DOUH-L-PATRICE

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http://www.fratmat.co.ci/story.asp?ID=4840
Fraternité Matin
21 avril 2001
Lutte contre le SIDA

Les entreprises s?engagent timidement dans la prise en charge des malades

Les experts réunis au Golf hôtel (Abidjan) poursuivent en atelier les
travaux sur la ?révision du plan stratégique 2000-2004, l?élaboration du
cadre stratégique et le plan d?action de lutte contre le sida 2001-2002?.
En attendant, les résultats des réflexions des différentes commissions, s?
interrogent sur la prise en charge des malades ; du traitement
antirétroviral des travailleurs entre autres. Surtout que, au niveau de la
prise en charge du diagnostic biologique, les objectifs prioritaires à
atteindre sont encore d?actualité. Relativement au renforcement de la
capacité de dépistage anonyme et gratuit sur toute l?étendue du territoire
national. Tout comme reste encore posée la question de la prise en charge
psycho-médicale et corrélativement, la nécessité de vulgariser la prévention
de la transmission mère-enfant. De même que demeurent problématiques, la
prise en charge psycho-sociale et les objectifs prioritaires définis depuis
bien longtemps.

Une étude fine menée par Dr Serge Eholié (CHU de Treichville, service des
maladies infectieuses et tropicales) avec P.A Ganymon, A Kakou, E.
Bissagnéné et A. Kadio établit clairement que le sida est un facteur de
ralentissement de l?activité et de productivité en entreprise privée. Les
premiers résultats indiquent que la prise en charge du traitement
antirétroviral (ARV) des employés apporte un réel bénéfice sur le plan
socio-économique.
L?étude mentionne une augmentation de la morbidité au cours des 10 dernières
années avec un taux d?absentéisme 5 fois plus important avec le sida qu?avec
les autres maladies. Ceci a un impact économique, avec une baisse de la
productivité, une augmentation des soins de santé en termes de consultations
et d?hospitalisation avec un coût moyen des infections opportunistes d?
environ 10 millions FCFA par individu. Dépenses augmentant chaque année,
avec comme conséquences, la détérioration du régime maladie. A ces coûts, il
faut ajouter, estime-t-on, les frais de solidarité et les frais funéraires
conventionnels.

Face à ces constats, certaines entreprises (une minorité que les autres
devraient suivre comme exemple) ont mis en place une stratégie impliquant la
direction générale, les syndicats et le personnel, sous forme de partage et
de soutien afin d?obtenir un fonds de solidarité permettant la prescription
des ARV. Tout en maintenant les campagnes de dépistage volontaire et
précoce, ainsi qu?une nette différence en termes d?amélioration de la
qualité de vie chez les patients. C?est dire que des pistes de réflexion
existent qui méritent d?être renforcées.

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Sida: un plan de lutte présenté au gouvernement ivoirien le 3 mai
ABIDJAN, 22 avr (AFP) - 20h58

Le ministère ivoirien en charge de la lutte contre le sida doit présenter le
3 mai prochain au gouvernement un plan national, a déclaré dimanche à l'AFP
la ministre Assana Sangaré.

"Depuis trois jours, nous avons engagé des réflexions avec tous les
partenaires nationaux et internationaux sur la planification de la lutte
contre le sida, le cadre institutionnel, la mobilisation des ressources et
un plan a été proposé", a ajouté Mme Sangaré.

"Nous allons présenter ce plan au gouvernement le 3 mai et à partir de cette
date nous allons le rendre public", a-t-elle poursuivi.

Le ministère de la lutte contre le sida avait organisé cette semaine un
atelier de trois jours sur "le plan d'action de lutte contre le sida
2001-2002". Mme Sangaré n'a toutefois pas précisé les détails du contenu de
ce plan.

La Côte d'Ivoire compte un million de séropositifs pour une population de 15
millions de personnes.

Début mars, une baisse de 90% des prix des antirétroviraux avait été obtenue
par la Côte d'Ivoire au terme de négociations avec des groupes
pharmaceutiques, notamment le laboratoire MSD (Merck, Sharp and Dohm), une
filiale du groupe américain Merck.

Depuis deux ans, la lutte contre le sida a marqué le pas dans ce pays. Des
essais d'un candidat-vaccin anti-VIH sont prévus pour fin 2001-début 2002.



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'SAFCO'- le forum public indépendant de la réponse
au Sida en Afrique du Centre et de l'Ouest
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Réponse à l'épidémie en Côte d'Ivoire


L'infection au VIH est à l'heure actuelle le problème de santé publique le
plus important de la Côte d'Ivoire. En l'an 2000, la séroprévalence VIH
était estimée à 10% dans la population générale adulte et le nombre de
personnes vivant avec le VIH/SIDA estimé à près de 1 000 000. De 1985 à
l'an 2000, la Côte d'Ivoire a notifié plus de 51 000 cas de SIDA à
l'Organisation Mondiale de la Santé. On estime également à 600 000 le
nombre d'orphelins du SIDA. Les conséquences de cette pandémie touchent
tous les secteurs socio-économiques. Au niveau du secteur de la santé, on
note une augmentation considérable de l'incidence des maladies opportunistes
dont la plus importante est la tuberculose.

En deux décennies, le SIDA s'est imposé comme le véritable frein au
développement de notre pays, ayant réussi à compromettre sérieusement les
indicateurs de développement. Son impact négatif sur la scolarisation,
l'agriculture, l'industrie et l'armée a été démontré. Ainsi, le SIDA prend
dans notre pays l'allure d'une véritable catastrophe nationale. Par
exemple, un enseignant meurt chaque jour du SIDA.

En réponse à ce fléau, le Gouvernement ivoirien a créé depuis 1987 une
direction exécutive de la lutte contre le SIDA, les Maladies sexuellement
transmissibles et la Tuberculose (PNLS/MST/TUB). Après 13 ans de lutte
malgré quelques succès et acquis, la situation épidémiologique reste
préoccupante

A l'occasion du Forum africain portant sur le VIH/SIDA qui s'est tenu à
Addis Abeba en décembre 2000, la Commission Economique pour l'Afrique et les
Nations-Unies ont mis en exergue l'importance du leadership qui doit
investir les Gouvernements des pays africains dans la lutte contre le SIDA.
Par ailleurs, un mois plus tard, les Premières Dames Africaines, en marge du
Sommet France-Afrique 2001 qui s'est tenu à Yaoundé, se sont engagées
elles-mêmes aux côtés des Présidents Africains, à s'impliquer
personnellement dans la lutte contre le fléau dans leur pays respectif.

C est pourquoi, depuis le 24 janvier 2001, les autorités ivoiriennes, ayant
pris la mesure de la situation, ont créé un Ministère Délégué auprès du
Premier Ministre chargé de la lutte contre le SIDA. Cette première mondiale
vise non seulement à intensifier la prévention mais aussi à oeuvrer pour
l'accès pour tous aux thérapeutiques antirétrovirales, sur tout le
territoire ivoirien. Elle s'inscrit également dans l'optique d'une
démédicalisation de la maladie avec une implication de tous les départements
ministériels, de la société civile et du secteur privé. Elle vise enfin une
meilleure coordination des activités des partenaires tant nationaux
qu'internationaux.

Le Ministère Délégué s'est ainsi fixé quatre axes majeurs :

"Le SIDA, un défi pour tous"

- La Prévention
- L'Accès aux traitements pour tous
- La Recherche
- La Décentralisation des actions de lutte

Un programme aussi ambitieux nécessite une concertation préalable de tous
les partenaires de la lutte contre le SIDA en Côte d'Ivoire. A cet effet,
un atelier de révision du plan stratégique 2000-2004, d'élaboration du cadre
stratégique et du plan d'action 2001-2002 de lutte contre le VIH/SIDA est
organisé par le ministère délégué du 19 au 21 avril 2001 à Abidjan. Il
s'agira au cours de ces 3 jours de travail de :
- Elaborer le Cadre Stratégique et adopter le plan d'actions 2001-2002 de
lutte contre le SIDA en Côte d'Ivoire en tenant compte du Plan Stratégique
2000-2004 révisé,
- Déterminer les modes de collaboration entre les différents partenaires.

Prennent part à cet atelier, tous les acteurs locaux de la réponse, les ONG,
le secteur privé et les différents ministères avec le soutien technique et
financier des partenaires au développement et des coopérations bi et
multilatérales.

Pour plus d'information, contactez: Koffi Justin, Coordonnateur adjoint de
l'atelier, PNLS, justinkoffi@hotmail.com ou Diallo Mamoudou, Conseiller
Programme Pays ONUSIDA, onusida@africaonline.co.ci

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