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[e-med] Test pour estimer la gravité de l'hépatite C
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 23 Apr 2001 07:28:23 -0400 (EDT)
E-MED: Test pour estimer la gravité de l'hépatite C
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Test pour estimer la gravité de l'hépatite C
samedi 21 avril - 9h56
PRAGUE (AFP) - Un simple test sanguin va permettre de mesurer la gravité de
l'hépatite C, évitant aux malades les biopsies qui les dissuadent souvent de
se soigner, a indiqué à l'AFP son inventeur, le Pr Thierry Poynard, à
l'occasion de sa présentation à Prague, devant le 36e congrès européen de
l'association pour l'étude du foie.
"Ce test, a expliqué ce médecin du service d'hépato-gastro-entérologie de
l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, repose sur l'analyse et le
dosage de cinq protéines présentes en grande quantité dans le sang qui
constituent la +mémoire+ des mécanismes conduisant à la fibrose du foie".
La complication majeure de l'hépatite C, la cirrhose, résulte de
l'accumulation progressive, dans le foie, de cicatrices, aussi appelées
fibrose. Ce phénomène survient chez deux tiers des personnes contaminées par
le virus de l'hépatite C. D'abord destiné à l'hépatite C, la plus grave, le
test pourrait être utilisé dans d'autres maladies de foie, comme l'hépatite
B ou l'alcoolisme.
Il n'existe pas de symptômes permettant d'estimer la quantité de fibrose
dans le foie et, jusqu'à présent, il n'y avait aucun moyen de l'évaluer. La
seule méthode est la biopsie, actuellement considérée comme obligatoire
avant tout traitement de la maladie. Mais cet examen, qui nécessite une
journée d'hospitalisation et consiste à prélever un petit échantillon de
foie sous anesthésie locale au moyen d'une longue aiguille puis à l'examiner
au microscope, est souvent redouté des patients.
Selon le Pr Poynard, cette pratique provoque "30% de douleurs importantes,
3% d'accidents sévères et sa mortalité est de trois pour dix mille". Selon
une étude récente citée par ce médecin, "50% des personnes porteuses du
virus de l'hépatite C refusent purement et simplement la biopsie et 20% des
généralistes déclarent qu'ils feraient de même s'ils étaient atteints".
Cette peur explique sans doute partiellement pourquoi un si petit nombre de
malades sont soignés. Selon les données officielles, seulement 50.000 sont
soignés, alors que, statistiquement, 150.000 à 200.000 pourraient l'être. En
tout, 500.000 à 600.000 personnes sont porteuses, en France, du virus de
l'hépatite et au moins un tiers ignorent tout de leur statut.
En attente d'une autorisation de mise sur le marché, mais déjà breveté, le
test mis au point en collaboration avec le laboratoire d'immunologie des
tumeurs du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) français,
devrait permettre de réaliser de substantielles économies: son coût, environ
200 F (30,49 EUR) est dix fois moins élevé que celui de la biopsie et de la
journée d'hospitalisation qu'elle impose.
En levant l'obstacle de la biopsie, il devrait aussi contribuer à augmenter
le nombre des malades traités car si un tiers des personnes ayant rencontré
le virus s'en débarrassent spontanément, les autres peuvent maintenant
bénéficier d'un traitement en constante amélioration. En dix ans, les
médecins sont passés de l'emploi d'un seul médicament à la "bithérapie",
associant l'interféron alpha à un antiviral, la ribavirine. Administrée
pendant six mois, il permet d'obtenir environ 60% de guérisons, soit un gain
d'efficacité multiplié par cinq.
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