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[e-med] Antirétroviraux en Afrique : revue de presse
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 23 Apr 2001 04:49:52 -0400 (EDT)
E-MED: Antirétroviraux en Afrique : revue de presse
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Les Sud-Africains devraient faire des économies sur les médicaments
JOHANNESBURG, 22 avr (AFP) - 14h10
Les Sud-Africains pourraient faire l'économie de plusieurs centaines de
millions de dollars à la suite de l'accord conclu le 19 avril entre Pretoria
et 39 compagnies pharmaceutiques, a rapporté dimanche l'hebdomadaire Sunday
Times.
Le 19 avril, 39 compagnies pharmaceutiques ont mis fin à l'action en justice
qui bloquait depuis trois ans l'application d'une loi favorisant
l'importation de médicaments génériques bon marché en Afrique du Sud, pays
le plus touché au monde par l'épidémie du sida.
L'accord entre les compagnies pharmaceutiques et l'Afrique du Sud prévoit le
maintien intégral de la loi sud-africaine de 1997 sur les médicaments, qui
prévoit de faciliter l'importation, la fabrication et l'émission de licences
pour les médicaments génériques, copies en général moins chères de
médicaments de marque.
Cet accord pourrait faire économiser aux Sud-Africains une somme estimée à
2,5 milliards de rands (306 millions de dollars / 340 millions d'euros),
selon le directeur de la Santé, le général Ayanda Ntsalubi.
Les consommateurs devraient bénéficier de coûts sensiblement réduits pour
les traitements contre le diabète, la dépression, ou pour le contrôle de la
tension artérielle.
Un médicament anti-diabète de marque coûte trois fois plus que son
équivalent générique, selon le fabricant de produits génériques Apen
Pharmacare.
En 2000, les Sud-Africains ont dépensé 6,9 milliards de rands pour des
médicaments de marque contre 970 millions de rands pour des produits
génériques.
Aux Etats-Unis, le marché des génériques représente 60% des ventes de
médicaments.
A la suite du retrait de l'action en justice des laboratoires, des militants
anti-sida tentent de faire pression sur le gouvernement et le secteur privé
en vue de généraliser l'accès aux soins de 4,7 millions de Sud-Africains,
soit un sur neuf, qui sont atteints par le virus VIH.
Ils ont indiqué à l'AFP qu'ils feraient campagne pour l'apparition
d'anti-rétroviraux dans le secteur public même si la ministre de la Santé
Manto Tshabalala-Msimang a indiqué la semaine dernière que ce type de
médicaments était trop onéreux.
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Communiqué de presse de MSF
Afrique du Sud : Une victoire majeure pour l?accès aux traitements des
malades dans les pays en développement
Les compagnies pharmaceutiques capitulent sous la pression de l?opinion
publique
Paris, le 19 avril 2001. Aujourd?hui, 39 firmes pharmaceutiques ont
abandonné le procès qu?elles menaient depuis trois ans contre le
gouvernement sud-africain. Celui-ci va pouvoir adopter sa politique
pharmaceutique visant à réduire le prix des médicaments pour les patients
sud-africains, en permettant l?importation de médicaments à des prix
abordables et l?usage accru de médicaments génériques de qualité.
Les firmes ont retiré leur plainte sans aucune concession de la part du
gouvernement sud-africain, et ont accepté de payer les frais du procès.
Médecins Sans Frontières se félicite de ce retrait que l?association avait,
avec d?autres, appelé de ses v?ux.
La réaction indignée de l?opinion internationale vient à bon escient
rappeler aux industriels de la pharmacie que, s?ils sont bien des
industriels comme les autres, les médicaments ne sont pas, eux, des produits
comme les autres. L?abandon du procès est aussi, pour les chefs d?Etat
africains qui se rencontreront la semaine prochaine au Nigeria, le message
clair que les vies humaines doivent et peuvent prendre le pas sur les
brevets industriels.
« A présent, rien ne devrait entraver la volonté de gouvernements qui
souhaitent garantir aux patients un accès durable à des médicaments à des
prix abordables » a déclaré Ellen?t Hoen, conseiller juridique de Médecins
Sans Frontières. Le retrait de cette plainte va aider les Etats à faire
valoir au mieux leurs droits dans le cadre des règles commerciales
internationales, afin de mettre en oeuvre des mesures en faveur de la santé,
comme par exemple les importations parallèles et les licences obligatoires.
« Nous ne pensons pas que les compagnies pharmaceutiques essaieront de
conduire un autre pays en développement devant les tribunaux » a-t-elle
conclu.
Médecins Sans Frontières souhaite que les Sud-Africains bénéficient
rapidement de cette loi de 1997. Nous souhaitons aussi que le gouvernement
sud-africain ne diffère pas plus longtemps la mise en place d?une politique
de traitement des malades du sida. Enfin, nous souhaitons que la solidarité
internationale manifestée à l?égard de l?Afrique du Sud lève les craintes d?
autres gouvernements des pays en développement.
Plusieurs Etats africains ont d?ores et déjà pris l?initiative de défendre
la santé publique en organisant une session spéciale à l?Organisation
mondiale du Commerce afin d?étudier l?impact des réglementations concernant
la protection des brevets en matière de santé (cette session se déroulera le
18 juin 2001 à Genève au Conseil de l?Organisation mondiale du Commerce sur
les accords ADPIC).
« C?est réellement la victoire de David contre Goliath », a déclaré Zackie
Achmat, Directeur de l?association sud-africaine TAC (Campagne d?accès aux
traitements), « et pas seulement pour nous en Afrique du Sud, mais aussi
pour tous ceux, dans bien d?autres pays en développement, se battent pour
avoir accès à des soins ». La pétition appelant les industriels a retirer
leur plainte a été signée par plus de 260 000 personnes, en provenance de
130 pays.
Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter :
Christine Marcilly au 01 40 21 28 97
Solenne Jouanneau au 01 40 21 28 42
Ou consulter le site www.paris.msf.org/presse
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Sida: les malades sud-africains vont encore devoir attendre
par Steven Swindells et Patricia Reaney
JOHANNESBURG/LONDRES (Reuters) - L'ampleur de la victoire juridique de
l'Afrique du Sud sur les groupes
pharmaceutiques est sensiblement atténuée par le fait que les médicaments
génériques ne vont pas soudain affluer
dans ce pays ravagé par le sida.
Les dirigeants politiques sud-africains sont les premiers à faire comprendre
que les 4,7 millions de séropositifs
que compte le pays devraient encore attendre avant de bénéficier de
traitements antiretrovirus à bon marché.
Le ministère de la Santé a réaffirmé sa volonté de lutter contre la pandémie
par l'éducation, la prévention et le
traitement médical des maladies opportunistes associées au sida comme la
pneumonie ou les maladies
sexuellement transmissibles.
"L'utilisation des antiretrovirus nécessiterait une décision politique à
cause de ses implications budgétaires. Il est
évident qu'aux prix actuels, elle n'est pas du domaine du possible", a
déclaré la porte-parole du ministère, Jo-Anne
Collinge.
"Nous essayons de trouver la solution la moins chère pour obtenir les
médicaments (...) mais je ne m'avancerai pas
à fixer un calendrier", a-t-elle ajouté.
Une rencontre entre le gouvernement sud-africain et les groupes
phamaceutiques qui étaient parties prenantes
dans le procès est prévue début mai.
Plusieurs groupes phamaceutiques ont proposé à Prétoria des antiretrovirus à
prix réduit mais le gouvernement
sud-africain a refusé ces offres parce que leur coût était, selon lui,
encore trop élevé et par manque d'infrastructure
pour contrôler la distribution des médicaments.
Dans une série d'interviews données après la victoire judiciaire sur
l'industrie phamaceutique, la ministre sud-
africaine de la Santé, Manto Tshasabala-Msimang, a réaffirmé que ces
problèmes de coût et d'infrastructures
restaient des obstacles à l'achat massif d'antiretrovirus.
L'Allemagne s'engage
Rien n'est en outre venu indiquer que le président sud-africain Thabo Mbeki
pourrait revenir sur son refus d'autoriser la médecine publique à utiliser
les antiretrovirus dont il a mis en cause l'efficacité.
L'administrateur du Programme des Nations unies pour le développement
(PNUD), Mark Malloch Brown, a déclaré
que le traitement médical ne suffirait pas à vaincre le sida et que la lutte
contre la pandémie devait aussi être menée
sur le front de la prévention.
"Pour tout professionnel confronté à cette pandémie, la réalité est qu'il
faut utiliser les deux moyens de lutte", a-t-
il dit depuis New York à Reuters dans une interview réalisée par téléphone.
"Dans une région où les dépenses annuelles de santé sont de 10 dollars par
personne, il est totalement invraisemblable de penser qu'il est possible
d'introduire des médicaments de ce genre et que le traitement résoudra
le problème", a-t-il ajouté.
Bien que sa mission première soit le développement, le PNUD joue un rôle
prépondérant de coordination dans la
lutte contre le sida dans les pays du tiers-monde ravagés par la pandémie.
Interrogé sur l'issue du procès de Pretoria, Mark Malloch Brown a refusé de
s'engager.
"Les droits sur la propriété intellectuelle et commerciale doivent être
respectés mais il faut aussi respecter le droit
des pauvres à être soignés à un prix abordable", a-t-il dit.
A Berlin, le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, a
déclaré que son gouvernement allait tout
faire, notamment dans le cadre du G8, pour pousser les pays riches à aider
le tiers-monde contre le sida.
"Face aux effets catastrophiques du sida et d'autres épidémies pour le
développement du tiers-monde, nous appellons les gouvernements des pays
industrialisés et les groupes pharmaceutiques à poursuivre sur la voie de la
coopération", a-t-il dit.
"L'Allemagne", a-t-il ajouté, "poursuivra cette action avec force dans le
cadre du G8".
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Libération:
Vers une «jurisprudence Pretoria»?
Après la reculade des labos, les instances internationales bougent.
Par CHRISTIAN LOSSON
Le samedi 21 et dimanche 22 avril 2001
L'OMC suivra-t-elle Pretoria sur le sida ? Après le jet de l'éponge des
laboratoires pharmaceutiques, jeudi, dans le procès intenté contre le
gouvernement sud-africain (Libération des 19 et 20 avril), les réactions
pleuvent. Depuis 1997, les «majors» bloquaient une loi sud-africaine
court-circuitant le droit des brevets, valables vingt ans et permettant de
produire et d'importer des médicaments génériques, notamment contre le sida.
«Droit à la vie». Lâchés par tous ses alliés, de Washington à Bruxelles
(«N'importe quelle boîte de relations publiques leur aurait dit de laisser
tomber depuis des lustres, mais visiblement ils étaient sourds», confiait
hier un proche de Pascal Lamy, le commissaire européen au Commerce), pressés
par une formidable coalition d'ONG qui revendiquait le «droit à la vie»
contre le «droit au profit», les labos ont fini par céder. L'Organisation de
l'unité africaine (OUA) y voit «une reconnaissance du droit à la santé»,
comme «base de développement socio-économique.»
Surtout, l'OMC, qui se refusait jusqu'à présent à intervenir «dans une
affaire interne à l'Etat sud-africain», est sortie de sa réserve. Selon Mike
Moore, son directeur, le Trips (accord international sur la propriété
industrielle) contient «toute la souplesse nécessaire pour répondre aux
besoins de santé des pays en développement» et peut être utilisé «comme base
pour résoudre l'accès aux traitements essentiels». Il est évidemment
aujourd'hui beaucoup plus facile d'interpréter, largement, le Trips qu'avant
la déroute en rase campagne des majors du médicament. Une réunion aura ainsi
lieu en juin au siège de l'OMC, à Genève. Mais c'est surtout l'ORD,
l'Organisme des règlements des différends, qui risque de sentir une légère
pression sur ses épaules. Ce panel des juges de l'OMC doit rendre un avis
sur la plainte, déposée en février, par les Etats-Unis contre le Brésil,
accusé de «concurrence déloyale» pour avoir fabriqué des génériques...
«Tout est permis.» Reste que Washington risque fort d'y regarder à deux fois
à son tour avant de faire plancher ses avocats sur la question. «Le rapport
de force a brusquement changé, note un expert. La dimension de santé
publique prime sur la dimension juridique.» Awa-Marie Coll-Seck, une des
directrices de l'Onusida, ne dit pas autre chose : «L'opinion publique s'est
réveillée, confie-t-elle. Cette histoire a trop longtemps été polluée par
des intérêts politico-économiques. Tout est permis désormais.» A commencer
par espérer que le G8 tienne ses promesses et se mobilise financièrement
dans l'aide au Sud. «L'Allemagne poursuivra cette action avec force», a
promis, hier, Joschka Fischer, le ministre vert des Affaires étrangères.
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Nouvel Observateur
TROIS QUESTIONS A... Geneviève Dischino
"Il faut un droit explicite des médicaments" (20.04)
Geneviève Dischino est membre de ReMed, Réseau Médicaments et Développement,
responsable de la campagne internationale "Copy=Right".
Les laboratoires ont-ils définitivement cédé?
- Ils ont retiré leur plainte contre l?Afrique du sud mais les questions
posées depuis plusieurs mois persistent. L'Organisation mondiale du commerce
(OMC) a tout de même reconnu que les mesures facilitant l'accès aux
médicaments étaient prévues dans les accords TRIPS [Ndlr: accords de l'OMC
régissant la propriété intellectuelle]. Les laboratoires pharmaceutiques s'y
opposent, car ils ne veulent pas que les pays en voie de développement
puissent recourir aux importations parallèles -produits des multinationales
vendus moins chers sur certains marchés- ou aux licences
obligatoires -productions locales de médicaments brevetés des grands
laboratoires-, mesures adoptées par des pays comme l'Afrique du Sud et le
Brésil.
Grâce à une campagne d'opinion massive, ce problème a été soulevé, et les
laboratoires craignent d?apparaître maintenant plus comme des financiers que
comme des gens qui travaillent dans la santé. Il a fallu que des fonds de
pensions américains, qui détenaient des actions de Pfizer, menacent de les
vendre, pour que ce laboratoire accepte de baisser ses prix en Afrique du
sud sur un médicament utilisé dans le traitement d?une infection liée au
Sida.
Les choses sont en train de s'organiser et les associations commencent à
avoir un poids politique et à représenter une contre-pression.
Est-ce la consécration d'un droit d'accès aux médicaments génériques pour
les pays en voie de développement?
- Je ne peux pas vous le dire, car il n'y a pas eu de jugement, donc rien
n'est fixé. Par contre, je crois qu'il va falloir arriver à discuter, au
niveau de l'OMC, d'un droit propre aux médicaments et d?une manière plus
générale de tout ce qui a trait aux droits de l'homme, comme la santé et
l'éducation,.
Le problème a commencé en 1995 avec la signature des accords TRIPS sur la
propriété intellectuelle, entérinés à Marrakech. Les pays industrialisés
devaient les intégrer rapidement dans leur législation, les pays moins
avancés avaient jusqu'à 2000, et les pays les moins avancés jusqu'à 2005.
Par exemple au Brésil, la loi n'est entrée en vigueur qu'en 1996. Avant
cette date, le Brésil avait copié huit antirétroviraux. Le Brésil, pour deux
autres médicaments importés, a demandé une réduction des prix aux
laboratoires Merks et Roche, ou envisage de prendre une licence obligatoire
, une mesure prévue dans les accords TRIPS. Les Etats-Unis ont déposé une
plainte devant l?OMC contre le Brésil.
Cette loi est très générale et concerne tous les produits. On ne peut pas
considérer les médicaments comme des auto-radios. Or ce système conduit à
avoir des droits commerciaux qui priment sur des droits de l'homme, comme la
santé. Les accords TRIPS doivent être clarifiés et les champs d?application
de mesures comme les licences obligatoires précisés. Il va falloir arriver à
un droit explicite du médicament.
Que manque-t-il encore pour faire reculer l'épidémie de sida en Afrique?
- Des médicament accessibles, des politiques de santé et un système de
financement. Dans beaucoup de pays en développement, il n'y a pas de réel
budget pour la prise en charge des malades du sida; c'est en train de se
mettre en place avec les plans multi-sectoriels.
Les pays africains ont demandé la réunion, en juin à Genève, d'une session
spéciale de l'OMC sur le problème de la propriété intellectuelle et de
l'accès à ces médicaments.
Mais les Etats-Unis continuent de refuser en bloc qu'il y ait une
concurrence par des médicaments copiés. Ils se retranchent derrière les
systèmes de protection intellectuelle et refusent que des pays comme le
Brésil ou l'Inde produisent des médicaments copiés et exercent une pression
sur les prix mondiaux.
Le gouvernement Bush a reçu des subsides énormes de l'association des
industries pharmaceutiques. Cette association, le plus gros lobby aux
Etats-Unis, remet chaque année au secrétaire d'Etat au commerce un document,
nommé le spécial 301, dans lequel elle cible les pays qui lui posent des
problèmes ou qui sont à surveillés.
Propos recueillis par Jérôme Hourdeaux
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Collecte de fonds
Panafrican News Agency (Dakar)
April 22, 2001
Posted to the web April 23, 2001
Kampala, Ouganda
Le président ougandais Yoweri Museveni a proposé aux dirigeants
africains de faire une collecte de fonds afin de financer le traitement
anti-rétroviral des 36 millions de séropositifs dans le monde.
"On peut mener la collecte entre nous" a déclaré à Kampala le leader
ougandais en fin de semaine dernière, à l'ouverture de la conférence
internationale sur le meilleur traitement et la longévité des personnes
vivant avec le VIH/SIDA en Afrique.
"L'Ouganda pourrait contribuer jusqu'à 1 voire 2 millions de dollar pour
aider les firmes pharmaceutiques à supporter les frais de recherche
et de production" a déclaré Museveni.
"Prêcher, dit-il, c'est pour les prêtres et non pour les firmes
pharmaceutiques qui font des affaires afin de gagner de l'argent".
La conférence de Kampala a été organisée par la Fondation
Rockefeller, en collaboration avec le Centre de Recherche Clinique et
l'Université Makerere de l'Ouganda.
Le programme des Nations Unies pour le Sida, le National Institute of
Health des Etats Unis et le Forum Mondial pour la Recherche en
Santé, ont contribué au financement de la rencontre.
Parmi les participants, on notait des experts scientifiques, des
organes des Nations Unies, des donateurs, de même que des
personnalités politiques et des personnes atteintes du sida.
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Le Kenya envisage d'importer des médicaments génériques anti-sida
Panafrican News Agency (Dakar)
April 20, 2001
Posted to the web April 20, 2001
Nairobi, Kenya
L'importation de la version générique des médicaments anti sida
pourrait être autorisée au Kenya si un projet de loi présenté
récemment devant le parlement est adopté.
Selon les autorités sanitaires à Nairobi, la modification du projet de loi
sur la propriété intellectuelle devrait entraîner une importante réduction
des prix des médicaments anti sida s'il est approuvé, sans violer le
traité de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dont le Kenya
est signataire.
Le ministre de la Santé publique, M. Sam Ongeri a déclaré, Jeudi,
devant le parlement kényan que les médicaments anti sida étaient
trop chers, ajoutant que le pays avait présentement besoin d'un
budget de 12 milliards de shillings par an pour l'achat desdits
médicaments (1 dollar américain = 78 shk).
Le budget total du ministère de la santé est de 9 milliards de shillings
kényans.
M. Ongeri s'exprimait ainsi après le retrait par 39 firmes
pharmaceutiques de leur plainte contre le gouvernement sud africain
qui prévoit d'importer ou de fabriquer des médicaments génériques
anti sida moins chers.
Au Kenya, une campagne similaire menée par une coalition d'ONG a
persuadé un géant pharmaceutique mondial, Glaxowelcome, de faire
baisser le prix de ses produits de façon substantielle.
Par ailleurs, l'équipe kényane chargée de la lutte contre le Sida veut
que le gouvernement demande aux autres compagnies
pharmaceutiques majeures de diminuer leurs prix à un niveau
abordable.
Le responsable de cette équipe, Keneth Chebet a fait observer à
Nairobi que les prix des médicaments utilisés pour limiter les charges
virales des malades étaient t rop onéreux pour le citoyen moyen et
que le gouvernement n'était pas en mesure de les leur procurer.
"Le citoyen kényan ordinaire n'a pas les moyens d'acheter ces
médicaments, il en est de même pour le gouvernement", a-t-il fait
remarquer. Il a ajouté qu'il faudrait plus de 12 milliards de shillings
kényans tous les ans au ministère de la Santé pour obtenir ces
produits.
M. Chebet a également demandé au gouvernement de réduire les
taxes sur l'importation de matériel médical afin de faire baisser le coût
des services médicaux au Kenya.
Les institutions de santé répercutent par la suite une Taxe sur la valeur
ajoutée (TVA) de 18 pour cent au patient, ce qui rend le coût de tels
services exhorbitant, a-t-il déploré.
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Les employeurs confrontés au ravage de la pandémie
Panafrican News Agency (Dakar)
April 22, 2001
Posted to the web April 23, 2001
Nicodemus Odhiambo
Dar Es Salaam, Tanzanie
Les employeurs tanzaniens sont confrontés aujourd'hui au ravage de
la pandémie du VIH/SIDA au sein de leurs agents, avec comme
conséquence la baisse de la productivité et l'accroissement des
charges indirectes liées à la maladie.
Cette difficulté est accrue d'autant qu'ils ont du mal à convaincre leurs
employés à prendre conscience du mal, qui a pris de l'ampleur, et les
idées fausses véhiculées.
Les enseignants qui meurent de Sida sont plus nombreux que le
nombre d'enseignants diplômés sortant des écoles de formation.
Et ceux qui meurent ne sont pas systématiquement remplacés.
La compagnie nationale d'électricité de Tanzanie, Tanzania Electric
Supply Company, a perdu au moins 500 employés victimes de la
même maladie en l'espace de 10 ans depuis 1990.
Seul établissement public à briser le silence sur la maladie en son
sein, elle révèle que le nombre de personnes mortes du Sida
représentait presque neuf pour cent du total de son effectif durant
cette période.
Mais la situation n'est pas différente dans les autres organismes
publics comme le révèle les statistiques du Fonds de pension.
90 pour cent des décès dans les entreprises contrôlées par l'Etat sont
liées à la terrible maladie.
Il en est de même dans le secteur privé.
Une récente enquête anonyme sur le VIH/SIDA menée par la
Fondation africaine pour la recherche médicale (AMREF) et d'autres
organisations dans plusieurs entreprises tanzaniennes, a montré un
taux de prévalence du Sida situé entre 5 et 25 pour cent chez les
employés.
"La situation est très grave", a fait observer Justine Mbonde, un des
enquêteurs.
Les coûts liés au VIH/SIDA pour une entreprise ou une organisation
peuvent être astronomiques. Que ce soit en termes de baisse de la
productivité ou tout simplement en termes d'absentéisme, a-t-elle
souligné.
Les entreprises font d'énormes dépenses en matière de soins
médicaux, de production et de frais funéraires pour les employés qui
ont été affectés par la maladie incurable.
De plus, elles doivent verser des primes d'assurance le cas échéant,
et des fonds de pension en cas de retraite anticipée ou du décès des
victimes.
Mais la façon dont la question est globalement abordée paraît plus
hasardeuse que ses implications sous jacentes, en raison des
nombreuses idées fausses qui entourent la maladie dans le pays.
AMREF indique, dans une étude de base menée en 1999 parmi 26
entreprises du secteur privé à Dar es Salaam et à Zanzibar, que
malgré la forte sensibilisation sur cette maladie, certains travailleurs
avaient toujours des idées fausses au sujet des modes de
transmission.
Au cours de cette étude, 38,9 pour cent des personnes interrogées
soit 443 travailleurs sur 1.140 sondés, croyaient que le fait de
partager des toilettes avec un séropositif pouvait faciliter la
propagation du virus, tandis que 9,7 pour cent des personnes soit 113
individus sur 1.161 personnes pensaient que le fait de partager le
même matériel sur le lieu de travail pouvait transmettre la maladie.
7,2 pour cent soit 85 pour cent sur 1.178 personnes étaient
persuadées que serrer la main à quelqu'un suffisait à se faire inoculer
le virus du VIH.
"Pour se débarrasser de telles idées fausses et de tels mythes, les
travailleurs doivent être informés sur l'essentiel du VIH/SIDA. Les
employeurs doivent mettre en place des programmes de
sensibilisation au Sida à cette fin", a recommandé Mme Mbonde
dans un document d'orientation sur le VIH/SIDA.
Malheureusement, les comportements à risque, comme la
multiplication de partenaires, une sexualité non protégée, l'usage de
drogue ou d'alcool qui aggravent l'expansion du virus, prévalent
toujours chez des travailleurs.
Cette étude a découvert que 1,3 pour cent des personnes soit 11 sur
825 enquêtées avaient eu des rapports avec plus de 5 partenaires
sexuels différents dans la même semaine, tandis que 7,8 pour cent
soit 64 personnes interrogées sur 825 avaient eu entre deux à cinq
partenaires différents dans la même période.
L'usage du préservatif est faible. A peine 40 pour cent soit 560 sur
1.129 sondés ont déclaré avoir déjà utilisé ce moyen de protection,
mais ne s'en servaient pas systématiquement.
Selon Mme Mbonde, "les employeurs doivent s'assurer que leur
personnel a des informations relatives à la prévention contre le VIH et
les risques encourus, afin d'avoir des effectifs en bonne santé".
Ayant pris conscience de l'impact de la maladie sur l'activité de
l'entreprise, les organisations, les entreprises et les employeurs
tanzaniens se penchent maintenant sur les défis posés par cette
hémorragie persistante dans l'espoir de renverser la tendance.
"Il est donc tout à fait justifié d'investir dans des programmes de
prévention, de traitement et de soutien en vue de juguler la baisse de
la productivité et de la rentabilité", a dit Mme Mbonde.
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RECUL DES MULTINATIONALES PHARMACEUTIQUES
Après Pretoria, quelle politique contre le sida ?
(20 avril 2001)
http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/pretoria/
C'EST une grande victoire que viennent de remporter, à Pretoria, les malades
du sida des pays pauvres. En abandonnant, le 19 avril 2001, le procès
intenté trois ans plus tôt au gouvernement sud-africain, les plus grandes
compagnies pharmaceutiques mondiales subissent une humiliante défaite. Face
à une opinion publique qui, dans le monde entier, s'est mobilisée en faveur
de l'accès aux traitements - suite à la campagne lancée enjuillet 2000,
depuis la Conférence de Durban, par des activistes sud-africains -, ces
firmes ont vu de jour en jour l'étau se resserrer autour d'elles.
Leurs arguments juridiques - sans doute le savaient-elles dès le début - ne
tenaient pas, mais elles voulaient faire de ce procès un exemple. Elles ont
hier reconnu que les lois sud-africaines incriminées, qui visaient à
utiliser les clauses de sauvegarde des accords mondiaux sur les droits de
propriété intellectuelle, étaient conformes au cadre de ces accords.
Elles risquaient aussi, au cours du procès, de se voir obligées de mettre
sur la table leurs secrets les mieux gardés : politique tarifaire (les prix
sont négociés pays par pays, et dépendent du rapport de forceinternational),
sources de financement de la recherche anti-sida (on se serait ainsi rendu
compte de l'escroquerie que représentent ces brevets censés financer la
recherche, alors que la plupart des molécules innovantes sont développées au
sein d'organismes publics puis transmises aux firmes sous licence
d'exploitation exclusive !), etc.
Mais le risque le plus important fut souligné par le représentant américain
au commerce de l'administrationBush, M. Robert Zoellick. Cette controverse,
déclarait-il lors du premier important entretien avec la presse qui suivit
sa nomination, « sera un test de la capacité [de l'administration
américaine] à renforcer l'adoption des principes du libre-échange aux
Etats-Unis et dans le reste du monde. (...) Le retour de bâton [qui] se
prépare contre l'industrie pharmaceutique pour l'affirmation agressive de
ses droits de brevets face à une crise sanitaire monumentale (...),
l'hostilité que cela génère pourraient mettre en péril tout le système des
droits de propriété intellectuelle (1). »
Ce système repose, depuis 1994, sur l'accord international dit Adpic
(aspects des droits de propriété intellectuelle relatifs au commerce), qui
fixe un cadre général tout en maintenant certaines exceptions lors, par
exemple, d'urgences sanitaires. Un accord dont les effets sont contestés
ailleurs, du secteur agricole à celui du logiciel, et qui témoigne d'une
volonté de privatiser, systématiquement, tous les savoirs, quelle que soient
leur origine et leur utilité.
Seul mérite de cette guerre du médicament livrée par les multinationales :
celui d'avoir déclenché, chez les producteurs et utilisateurs de « propriété
intellectuelle », la prise de conscience qu'un enjeu global les réunit tous
: l'existence de ce que certains qualifient de « domaine public de
l'information », ou d'« écologie de la connaissance ». On aura vu les
défenseurs du logiciel libre converser avec les activistes de la lutte
contre le sida, s'intéresser aux semences agricoles et à la biodiversité. Et
ce mouvement s'amplifie. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT), a
décidé le 4 avril de mettre tous ses cours sur son site Internet, à la
disposition de tous : « Nous espérons que nos supports de cours seront
traduits, commente le professeur Lerman. Les pays en développement ont
besoin d'information, et doivent développer des infrastructures et des
institutions (2). » Dans les milieux de la recherche, une pétition circule
pour exiger des revues scientifiques qu'elles ouvrent leurs archives
gratuitement à l'ensemble des étudiants (3). Et la notion de « bien public
global » commence à être discutée en-dehors des institutions
internationales...
Hier, à Pretoria, un verrou a sauté. Mais combattre le sida demandera bien
plus. Les pays du Sud vont devoir définir leur politique de soins, de
médicaments (production ou importation ? génériques ou molécules sous
brevet? négociation des prix ou jeu de la concurrence ? etc.), les
industriels, au Nord comme au Sud, mettre en place des capacités de
production adéquates, et la communauté internationale trouver les moyens de
soutenir l'accès aux traitements.
La proposition qui domine les débats est celle que fait, depuis Harvard,
l'économiste Jeffrey Sachs (4). Elle consisterait à mettre sur pied un fonds
international, sous la tutelle de l'Organisation mondiale de la santé et de
l'Onusida, qui serait alimenté par les Etats-Unis, l'Europe, le Japon et des
donateurs privés comme M. Bill Gates. Avec 1,1 milliard de dollars pour
2001, il serait possible de traiter, dans un premier temps, un million de
personnes, en achetant en gros des molécules sous brevet ou sous licence.
Pour de nombreuses organisations internationales, cette proposition est
séduisante.
D'abord parce qu'elle est constructive. Elle est aussi la moins dérangeante
: un nouvel appel à la générosité des pays riches, la relégitimation des
firmes pharmaceutiques dans leur « propriété » sur les médicaments, et la
gestion de la crise sanitaire depuis le Nord. Autant d'aspects qui
mériteraient qu'émergent d'autres propositions. Et que s'engage le débat de
l'après-Pretoria.
PHILIPPE RIVIÈRE.
Philippe.Riviere@Monde-diplomatique.fr
(1) Paul Blustein, « U. S. Trade Envoy Signals a New
Approach to Tough Issues », International Herald Tribune,
Paris, 14 mars 2001.
(2) Voir le site du MIT.
http://web.mit.edu/newsoffice/nr/2001/ocw.html
(3) Libération, 14-15 avril 2001.
http://www.liberation.fr/multi/actu/20010409/20010414samr.html
(4) Voir le site du Center for International Development
de l'université Harvard, Boston.
http://www.cid.harvard.edu/
« Le Monde diplomatique »
Sur l'apartheid sanitaire
* « Stratégies mondiales pour la santé populaire »,
par Philippe Demenet, mars 2001.
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/03/DEMENET/14920.html
* « L'exemple bangladeshi », par Philippe Demenet,
mars 2001.
http://www.monde-diplomatique.fr/2001/03/DEMENET/14921.html
* « L'épidémie, fille de l'inégalité »,
par Cécile Winter, septembre 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/09/WINTER/14242.html
* « Sida, fin de l'indifférence », dossier du 7 juillet 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/sida/
* « Contre le sida, l'arme du débat »,
par Dominique Frommel, décembre 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/12/FROMMEL/14605.html
* « Gisements d'infection », par Pilar Estébanez,
décembre 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/12/ESTEBANEZ/14604.html
* « Le facteur guerre », par Pilar Estébanez, décembre 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/12/ESTEBANEZ/14603.html
* « Scénarios de chaos », décembre 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/12/A/14606.html
* « En Afrique, une affaire de mort et de pauvreté »,
par Anatole Ayissi, décembre 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/12/AYISSI/14602.html
* « Les firmes pharmaceutiques organisent l'apartheid
sanitaire », par Martine Bulard, janvier 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/BULARD/13280.html
* « Préserver l'avenir ? », janvier 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/RIVIERE/13281.html
Sur la propriété industrielle
* « A qui appartiennent les connaissances ? »,
par Philippe Quéau, janvier 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/01/QUEAU/13278.html
* « Biens publics globaux, un concept
révolutionnaire », par Inge Kaul, juin 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/2000/06/KAUL/13929.html
Cartographie :
* « L'épidémie dans le monde »,
par Philippe Rekacewicz, juin 2000.
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/sida2000
Lire aussi
* Daniel Cohen, « La propriété intellectuelle, c'est
le vol », Le Monde, 7 avril 2001.
http://www.lemonde.fr/rech_art/0,5987,170287,00.html
* Olivier Blondeau, « Qui sont les prédateurs ? »,
Le Monde interactif, 28 mars 2001.
http://interactif.lemonde.fr/article/0,5611,3044--165683-0,FF.html
Sur la toile
* Campagne sud-africaine pour l'accès aux traitements
http://www.tac.org.za/
* voir aussi les liens du dossier du 7 juillet 2000
http://www.monde-diplomatique.fr/dossiers/sida/
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