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[e-med] Antirétroviraux : Accessibilité...et ensuite ? (2)
- From: "serge.barbereau" <serge.barbereau@wanadoo.fr>
- Date: Mon, 23 Apr 2001 04:49:59 -0400 (EDT)
E-MED: Antirétroviraux : Accessibilité...et ensuite ? (2)
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Bonjour,
Effectivement le problème n'est pas uniquement financier. L'observance est
un problème majeur. Le constat en France montre les nombreuses difficultés.
Dans les pays en voie de développement, il n'est pas rare d'avoir une non
observance de 50% . Elle est maximum en particulier dans les traitements
chroniques.
Un défi majeur sera cette observance, sinon ce sera un échec, mais aussi une
possibilité de majorer les résistances.
Serge Barbereau
Pharmacien
E-MED: Antirétroviraux : Accessibilité...et ensuite ?
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Accessibilité...et ensuite ?
Bonjour à tous!
A la lecture des nombreux articles de presse
concernant l'épidémie de SIDA, j'ai l'impression que
le problème quasi exclusif s'opposant à l'éradication
de cette menace consiste en l'accessibilité financière
des antirétroviraux, des thérapies associées et des
moyens de dépistage/suivi.
Les forums de discussion semblent aussi relayer cette
impression car l'on peut y lire des synthèses telles
que:
"Les prix des médicaments correspondent à 90% du
problème".
Les prix fixés par l'industrie sont inapplicables et
inacceptables. C'est vrai !
Il me semble pourtant que l'on s'en approche, de cette
accessibilité populaire aux traitements et suivi: des
génériqueurs font des offres fracassantes et les labos
des réductions vertigineuses.
Le mérite en revient, en particulier, à la pression
exercée par la société civile (ONG, associations de
malades...)sur les institutions et les fabricants.
Pour rendre enfin ces thérapies financièrement
accessibles, les gouvernements ne doivent-ils pas, à
leur tour, montrer leur volonté de participer à cette
lutte et s'engager plus avant ?
Il s'agirait de définir et d'appliquer des
mécanismes de subvention ainsi que d'appliquer et
contrôler des principes de tarification qui soient
clairs (ou de garantir la gratuité des soins, comme le
montre l'engagement du gouvernement brésilien).
Et ensuite ?
J'ose éluder les problèmes de garantie et contrôle de
qualité, de maîtrise des points d'entrée, de
distribution et de gestion, de coordination des
secteurs publiques et privés, d'éducation et
d'information de la population...
Il faut, bien sûr, utiliser les ressources existantes,
mais comment localiser les points d'hospitalisation,
de dispensation et de suivi ?
Dans des contextes où parfois plus d'un habitant sur
dix se trouve séropositif, ces structures doivent être
suffisament proches de la population et le secteur
privé activement associé aux efforts du secteur
publique.
Des structures sélectionnées pourraient elles être
spécialisées et son personnel formé ?
Un service d'hospitalisation et le laboratoire d'une
clinique privée pourraient-ils être contractualisés ?
Un système de suivi de la qualité des actes et
d'habilitation des approvisionnements et prestations
peut-il être mis en place ?
Et ensuite ?
Peut-on prendre le risque de rendre ces thérapies
rapidement obsolètes par un usage irrationnel, à
l'instar des antituberculeux ou des
antimalariques ?
Le virus du SIDA ne nous adresse pas seulement un défi
technique et existentiel (On ne sait pas exactement
quels antirétroviraux sont les moins toxiques, seuls
ou en association, ou bien ceux qui induisent le plus
rapidement des résistances. On tâtonne pour la
meilleure combinaison associant sécurité, tolérance et
efficacité.).
Cette épidémie impose également un changement de
comportement des professionnels de santé qui doivent
être à l'observation et à l'écoute des intolérances et
tolérances des patients ainsi que de leur compliance
aux traitements.
Les fréquentes modifications de protocoles s'appuient
sur le suivi du labo, l'état du malade, sa tolérance
et la connaissance des thérapies antérieures. Ici,
l'histoire thérapeutique du patient devient vitale et
son dossier clinique doit être tenu à jour et
consciencieusement archivé pour un suivi à vie.
Soyons optimistes et gageons que les thérapies contre
le SIDA seront bientôt accessibles.
Les gouvernements doivent alors engager leur energie
dans cette bataille car il deviendrait fâcheux que le
facteur limitant devienne clairement la volonté
politique.
Un brin utopiste, les tous petits pourcents des
budgets nationaux attribués à la santé devraient être
à la mesure de cette priorité. Lorsque l'on voit des
Etats sérieusement menacés par le SIDA et engageant
des fortunes colossales en effort de guerre, n'est-il
pas approprié de se dire que notre micro-ennemi n'a
que faire de nos macro-armements ?
Une fois l'accessibilité gagnée, nous aurons encore du
pain sur la planche...
=====
Guillaume Schmidt
pharmacien consultant
Annecy - France
adresse mail : schmidt_hg@yahoo.fr
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