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[e-med] Cameroun: Le droit de substitution accordé aux pharmaciens (2)
- From: "Charles Rambert" <crambert@free.fr>
- Date: Fri, 20 Apr 2001 05:29:00 -0400 (EDT)
E-MED: Cameroun: Le droit de substitution accordé aux pharmaciens (2)
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Je vois passer tous ces messages qui semblent montrer une avancée vers un
coût moins cher de la santé, préoccupation commune à tous nos états, qu'ils
soient riches ou non.
Mais derrière ces effets d'annonce, je me demande quelle réalité recouvrent
ces messages. Et surtout les intentions qu'ils recouvrent.
Pour l'exemple, et parce que les pays industrialisés sont aussi à la
recherche de coûts de santé plus bas et plus acceptables, prenons la France.
On nous dit que les génériques ne passent pas, ou très peu. On nous dit que
les médecins n'y sont pas favorables, que les pharmaciens le seraient si le
droit de substitution leur était accordé. Et que par conséquent le
pharmacien permettrait de réaliser les économies que la résistance des
médecins empêche!
Tout cela semble fort logique, et pourtant la réalité ne le démontre pas.
En effet, lors de la vente d'un OTC, donc sans prescription, le pharmacien
peut d'ores et déjà proposer un générique, ou le meilleur prix du marché.
Car le coût de la santé n'est pas uniquement l'affaire de la Sécurité
Sociale, mais celle de chacun dans la gestion son budget quotidien.
Alors, avez-vous essayé de demande, sans ordonnance, du paracétamol ou de
l'aspirine? On vous propose Doliprane, Efferalgan, Panadol, ou Aspirine Vit
C Effervescente UPSA. Ingénuement, vous demandez un générique, prétextant
que cela doit être moins cher. Et on vous répond qu'on en n'a pas, qu'il
faudrait des rayonnages supplémentaires, et que la différence de prix n'est
pas importante; donc pour vous client, cela ne changerait rien. (expèrience
vécue dans plusieurs pharmacies)
Se posent alors plusieurs questions:
a) De quel droit un commerçant peut-il décider de ce qui est important
financièrement pour ses clients?
Dans le cas cité ci-dessus, le client est une personne avertie, qui connait
les prix notamment. Mais comme d'une manière générale, le public ne connait
pas le prix des médicaments, nous assistons à une position de vente abusive
des professionnels. Alors qu'en France l'affichage des prix est obligatoire,
permettant au public de choisir en fonction du prix, on peut se demander
pourquoi les OTC ne sont pas soumis à cette obligation. De plus, la
présentation visible de l'assortiment disponible permettrait au public de
comparer entre deux pharmacies et de choisir en conséquence. Ce qu'il fait
pour des produits aussi chers que les cigarettes, les parfums, etc., le
client peut le faire pour des OTC. Encore faudrait-il que l'accés à
l'information soit possible.
b) Alors je me demande si les pharmaciens sont vraiment prêts à faire de
la place pour les génériques dans leurs rayons?
Si l'intérêt du client ne prime pas, je me demande quels seront les critères
de substitution appliqués par les pharmaciens sur des produits remboursés,
càd des produits où la transparence des prix aux yeux du public, n'existe
pas.
Je crains que la réponse à ces questions ne soit celle du Cameroun: les
pharmaciens substituent déjà. Explication et décodage de ce genre
d'information:
a) Le pharmacien substitue en infraction avec la loi: est-ce acceptable?
est-ce un exemple à suivre? En fait, nombreux sont les pharmaciens en
Afrique qui vendent à des prix nettement supérieurs au barême, quand il en
existe un. Leur capacité à ne pas respecter la loi semble sans limite! De là
à croire qu'ils agissent dans le sens de l'intérêt public, il y a une marge
... En réalité, même dans l'exemple du Caméroun, on ne sait pas si le
produit de substitution est vraiment moins cher, encore moins s'il est le
moins cher!
b) Le pharmacien substitue en tenant compte du pouvoir d'achat du patient:
est-ce un sens aigu de la santé qui le pousse, où le risque de perdre un
client? Les exemples ci-dessus me laissent à penser qu'il serait naïf de
croire que seul la santé les préoccupe.
J'entends par là que trop souvent le pharmacien réagit en fonction de son
tiroir-caisse et non des besoins du public.
Puissent nos dirigeants, dans tous les pays du monde, riches ou non,
réfléchir à la portée réelle de leurs déclarations, tel est le but de ce
message.
Charles Rambert
Spécialiste en Approvisionnement en Médicaments Essentiels
"Charles Rambert" <crambert@free.fr>
----- Message d'origine -----
De : <remed@remed.org>
À : <e-med@usa.healthnet.org>
Envoyé : jeudi 19 avril 2001 17:29
Objet : [e-med] Cameroun: Le droit de substitution accordé aux pharmaciens
> E-MED: Cameroun: Le droit de substitution accordé aux pharmaciens
> -------------------------------------------------------------------------
>
> Les pharmaciens, libres de substituer les prescriptions médicales
>
> Panafrican News Agency (Dakar)
> April 14, 2001
> Posted to the web April 14, 2001
>
> Yaoundé, Cameroun
>
> Le ministre camerounais de la Santé publique, Laurent Esso, vient de
> signer un arrêté donnant désormais aux pharmaciens camerounais,
> l'autorisation de modifier les prescriptions des médecins.
>
> Cette dérogation leur est accordée cependant à la condition expresse
> que le nouveau médicament contienne les mêmes éléments actifs,
> dose et mode d'administration permettant d'atteindre les effets
> thérapeutiques désirés.
>
> De plus, le nouveau médicament doit coûter moins cher que celui
> prescrit par le médecin traitant.
>
> Jusqu'ici, les pharmaciens camerounais n'avaient aucun droit de
> modifier une prescription médicale sans l'accord du médecin traitant
> l'ayant établie et se devaient de demander aux patients d'aviser leur
> médecin avant toute substitution de médicaments.
>
> L'arrêté en question, vise l'accès de tous aux médicaments
> essentiels. Il a été bien accueilli par les pharmaciens, qui voient en
> cette mesure, le besoin des responsables du ministère de la Santé
> publique de valoriser la profession et le savoir-faire des pharmaciens.
>
> Une enquête menée auprès des populations et des pharmacies de la
> capitale, montre cependant qu'avant la publication de cet arrêté, les
> pharmaciens pratiquaient la substitution des prescriptions médicales
> depuis longtemps.
>
> Selon certains pharmaciens, un grand nombre de patients demandent
> l'échange des produits médicaux prescrits par le médecin, contre
> d'autres beaucoup plus moins chers.
>
> "Dans ces cas, quand il existe des génériques, nous les prescrivons
> parce qu'ils sont moins chers et accessibles à tous", explique le Dr
> Zeudja de l'ordre national des pharmaciens.
>
> Malgré le soulagement que l'arrêté apporte, le ministre camerounais
> de la Santé publique précise que tous les médicaments ne peuvent
> être changés cependant par les pharmaciens.
>
> "Quand le médecin veut que sa prescription médicale soit strictement
> respectée, l'ordonnance médicale doit être suivie par la mention
> "j'insiste" en manuscrit, stipule l'arrêté.
>
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