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[e-med] Accès aux ARV dans les PED : Prétoria fête la victoire


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 20 Apr 2001 04:15:38 -0400 (EDT)

E-MED: Accès aux ARV dans les PED : Prétoria fête la victoire
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[La presse revient longuement sur les évènements de Prétoria, évènements
historiques... impossible de tous les répertorier
juste une petite sélection, bien incomplète...CB]

L'OMS se félicite de l'accord entre Prétoria et les laboratoires
pharmaceutiques
GENEVE, 19 avr (AFP) - 19h11

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) se félicite jeudi de l'accord
intervenu entre les 39 laboratoires pharmaceutiques et le gouvernement
sud-africain et se déclare prête à aider Prétoria dans sa lutte contre le
sida.

"Le réglement judiciaire devrait maintenant permettre au gouvernment
sud-africain, aux organisations non gouvernementales et aux laboratoires eux
mêmes d'investir leurs énergies dans la mise en place des éléments-clés" de
la politique gouvernementale de lutte contre le sida, y compris la
fabrication des médicaments génériques, précise un communiqué de l'OMS.

"L'OMS est disposée à assister le gouvernement sud-africain dans ce
processus", ajoute le texte.

Mais pour l'OMS l'accès aux médicaments de base, ycompris ceux contre le
sida, requiert trois éléments: des prix bas sur la durée, un accroissement
substantiel des subventions nationales et internationales, et enfin des
engagements et des actions concrètes pour bâtir un véritable système de
santé.

Pour l'ONUSIDA, l'accord intervenu est "une bonne chose parce que cela
permettra de remettre tout le monde au travail", a déclaré (en français) Mme
Awa-Marie Coll-Seck, directrice du département d'appui aux pays et aux
régions.

Cet accord permettra à l'Afrique du sud de produire ou d'importer des
médicaments génériques de lutte contre le sida, tout en étant
particulièrement vigilant à leur qualité, a-t-elle précisé à l'AFP.

Pour sa part, la Fédération internationale de l'industrie du médicament
(IFPMA) a salué le retrait de la plainte des compagnies et estimé que "les
gagnants de cet accord sont les malades sud-africains qui ont besoin d'une
recherche continue et améliorée, du développement et de la distribution
vaccins et de traitements de qualité".

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La COSATU et la TAC demandent la distribution des anti-rétroviraux
JOHANNESBURG, 19 avr (AFP) - 19h19

La centrale syndicale COSATU et la TAC, une organisation de défense des
malades du sida, ont demandé jeudi au gouvernement sud-africain de fournir
des médicaments anti-rétroviraux aux séropositifs et aux malades du sida,
après le retrait de l'action en justice des compagnies pharmaceutiques.

Selon les deux organisations, la décision des compagnies pharmaceutiques
"est une victoire historique du bien sur le mal".

"Pour les personnes vivant avec le VIH/sida et d'autres maladies graves, il
y a une lueur d'espoir qu'elles pourront avoir accès aux traitements dont
ils ont besoin pour survivre", écrivent les deux organisations, dans un
communiqué commun.

La TAC et la COSATU "félicitent et remercient le gouvernement d'être resté
ferme en défense de sa législation et d'avoir refusé d'entrer dans une
quelconque négociation avec les compagnies pharmaceutiques
multinationales".

"La campagne n'est cependant pas terminée", soulignent les deux
organisations qui appellent à une conférence entre le gouvernement et la
société civile "pour étudier les moyens d'accélérer la mise en oeuvre de la
loi sur les médicaments et commencer à fournir des médicaments
anti-rétroviraux aux gens vivant avec le VIH/sida."

La COSATU et la TAC appellent aussi à un accroissement du budget du
ministère de la Santé.

Malgré la possibilité ouverte au gouvernement sud-africain de mettre en
oeuvre sa loi sur les médicaments génériques, la ministre sud-africaine de
la Santé a écarté jeudi l'idée d'une distribution des anti-rétroviraux aux
séropositifs et aux malades du sida.
Ces médicaments restent selon elles trop coûteux et toxiques.

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Schroeder salue l'accord sur les médicaments pour le sida en Afrique du Sud
BERLIN, 20 avr (AFP) - 1h06

Le chancelier allemand Gerhard Schroeder "salue" l'accord intervenu jeudi
entre l'Afrique du Sud et les groupes pharmaceutiques qui bloquaient depuis
trois ans une loi sud-africaine favorisant les médicaments génériques bon
marché, annonce le service de presse du gouvernement allemand dans un
communiqué.

"Le retrait de la plainte des groupes pharmaceutiques contre le gouvernement
sud-africain est un signal d'espoir pour des millions de malades du sida
dans le tiers-Monde", déclare le chancelier.

Gerhard Schroeder rappelle qu'il avait discuté de cette question le 29 mars
dernier à Washington lors de son entrevue avec le président américain George
W. Bush: "Tous deux s'étaient prononcés pour que l'industrie pharmaceutique
prenne des mesures complémentaires permettant aux millions de séropositifs
et de malades du sida dans les pays très touchés du Tiers-Monde d'avoir
accès à des médicaments financièrement à leur portée".

Enfin, le chef du gouvernement allemand indique qu'il avait envoyé fin mars
une lettre en ce sens au président de la Fédération internationale de
l'industrie pharmaceutique, M. Krebs.

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Abbott maintient la baisse des prix des médicaments anti-sida en Afrique
NEW YORK, 19 avr (AFP) - 0h57

Le groupe pharmaceutique américain Abbott a indiqué jeudi que le retrait de
la plainte de groupes pharmaceutiques sur l'importation par l'Afrique du sud
de médicaments génériques bon marché pour lutter contre le sida ne modifiait
pas sa décision de baisser le prix de ses propres médicaments en Afrique.

"Nous n'avons pas de réaction au retrait de la plainte car nous n'en
faisions pas partie", a indiqué une porte-parole de Abbott à l'AFP.

La porte-parole Ann Fahey-Widman ajouté que le laboratoire américain
maintenait sa décision annoncée en mars de baisser le prix de ses
médicaments pour les thérapies anti-sida en Afrique et de les vendre à prix
coûtant.

La plainte et la décision d'Abbott de baisser le prix des médicaments
n'étaient pas liées, a-t-elle ajouté.

Le cours de l'action d'Abbott à Wall Street a perdu toutefois 2% à 45,95
dollars en milieu de journée, l'ensemble des valeurs pharmaceutiques
reculant après l'annonce du retrait de la plainte.

Au total 39 compagnies pharmaceutiques s'étaient associées dans cette
plainte. Elles ont annoncé jeudi à Pretoria qu'elles la retiraient et
prenaient en charge tous les frais de justice du gouvernement sud-africain.

De leur côté, les organisations américaines de lutte contre le sida se sont
félicitées de la décision descompagnies pharmaceutiques.

Raymond Offenheiser, président de Oxfam America, adéclaré que son
organisation était "ravie que les compagnies pharmaceutiques aient retiré
leur plainte immorale contre le gouvernement sud-africain".
"Au moins dans ce cas, dans ce pays, ils ont compris qu'ils ne peuvent pas
plus longtemps s'opposer au droit des gens pauvres à un traitement", a-t-il
affirmé dans un communiqué.

M. Offenheiser a ajouté qu'il espérait que cette décision "enverrait un
message clair aux compagnies pharmaceutiques et aux représentants américains
pour le commerce pour qu'ils arrêtent d'intimider d'autres pays comme le
Brésil, qui agissent afin d'avoir des médicaments à un prix abordable pour
leurs populations".

Le militant Jules Levin, basé à New York, qui fournit des informations sur
les traitements contre le sida aux personnes atteintes par le virus, a
déclaré pour sa part que le retrait de la plainte était positif "à court
terme" mais s'est dit inquiet pour l'avenir.

"Est ce que cela va entraver l'engagement de l'industrie pharmaceutique à
rechercher de nouveaux médicaments contre le HIV", s'est-il demandé. "Que se
passera-t-il si leurs directions décident qu'il pourrait être trop coûteux
de continuer avec le sida", a-t-il ajouté.

"Mon sentiment est que c'est un risque plus grand quece qui a été décrit",
a-t-il également affirmé.

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Annan "ravi" de l'accord sur les médicaments pour le sida en Afrique du Sud
NEW YORK (Nations Unies), 19 avr (AFP) - 22h06

Le secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a déclaré jeudi qu'il
était "ravi" après le retrait jeudi de la plainte des groupes
pharmaceutiques qui bloquait depuis trois ans une loi sud-africaine
favorisant les médicaments génériques bon marché.

"Le secrétaire général est ravi de la nouvelle que les sociétés
pharmaceutiques ont abandonné leur action enjustice contre le gouvernement
de l'Afrique du Sud", a déclaré un porte-parole de M. Annan, Manoel de
Almeida e Silva.

M. Annan a félicité les deux parties pour leur "sagesse"et leur
"persévérance", et souligné "l'intervention constructive du président
sud-africain Thabo Mbeki".

Il a exprimé l'espoir que l'accord de jeudi ouvre "une ère nouvelle de
coopération entre les gouvernements et le secteur privé dans la lutte pour
une meilleure santé dans tous les pays en développement".

Les 39 sociétés pharmaceutiques qui poursuivaient le gouvernement
sud-africain ont abandonné jeudi leur plainte en invoquant un compromis
trouvé avec Prétoria, alors que leur procès entamait de plus en plus leur
image dans l'opinion publique.

M. Annan a exprimé l'espoir que la décision des groupes pharmaceutiques
"permette aux médicaments qui traitent le sida et d'autres maladies d'être
"largement plus répandus en Afrique du Sud, à des prix abordables pour ceux
qui en ont besoin", dans un communiqué lu par le porte-parole.

M. de Almeida e Silva a rappelé que M. Annan s'était personnellement
impliqué dans cette affaire en rencontrant le 5 février à Amsterdam des
représentants de six groupes pharmaceutiques.

"Depuis cette rencontre, il a eu d'autres contacts avecles groupes
pharmaceutiques et les Sud-Africains", a ajouté le porte-parole.

L'accord de jeudi pourrait, selon certains experts, créér un précédent dans
d'autres pays en voie de développement, notamment le Brésil, l'Inde ou la
Thaïlande, qui fabriquent également des médicaments génériques contre le
sida.

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[Enfin, un gros dossier dans Libération d'où j'ai extrait ces deux articles
que vous pouvez retrouver ainsi que d'autres à l'adresse suivante :
http://www.liberation.fr/quotidien/index.html . CB]


Deux spécialistes se félicitent

Michel Kazatchkine (Anrs) «Une pression planétaire»

Le professeur Michel Kazatchkine est directeur de l'Agence nationalede
recherche sur le sida (ANRS).

Comment réagissez-vous au retrait des plaintes des 39 laboratoires
pharmaceutiques ?

C'est le résultat d'une pression planétaire, celle de millions de
consommateurs, sur un ensemble de producteurs. Il s'agit donc d'un grand pas
dans la construction d'une démocratie mondiale. Les firmes ont compris que
la publicité négative que leur ferait ce procès exercerait une pression
telle qu'elles seraient forcément perdantes.
L'important est que le système actuel va être cassé par l'arrivée des
génériques pour d'autres problèmes de santé majeurs des pays en voie de
développement.

Le bénéfice sera-t-il immédiat pour les malades ?

Restons prudents. L'accès aux génériques va être évidemment favorisé, mais
cela ne résout ni la question de leur production ni celle de leur
dispensation. Les laboratoires génériqueurs n'ont probablement pas la
capacité de monter en puissance avant de nombreux mois, et de toute façon,
tous les médicaments n'étant pas génériqués, les pays devront continuer à
en importer. Dans tous les cas, les gouvernements auront à trouver des
financements et des systèmes de distribution aux malades.

Que vont faire les laboratoires ?

Ils sont incontournables, parce qu'ils mènent les recherches sur les
nouvelles molécules, fournissent des produits de qualité et ont une capacité
de production que n'ont pas la plupart des génériqueurs. La solution
d'avenir est probablement dans la négociation de prix différenciés entre
pays riches et pays pauvres. Le système existe pour les vaccins, avec des
contreparties : l'Unicef en achète à bas prix, à condition que les pays
s'engagent à un certain pourcentage de couverture vaccinale.

Jacques Pinel (MSF) «Le prix paralysait les stratégies»

Pharmacien, Jacques Pinel cordonne les programmes médicaments à Médecins
Sans Frontières.

Comment la décision est-elle accueillie à MSF ?

C?est une grande victoire car la question des prix paralysait la réflexion
sur les stratégies thérapeutiques. Dans les pays pauvres, comment envisager
un traitement par une combinaison d?antirétroviraux quand son prix s?élève à
15 000 dollars (17 000 euros) par an ? A 300 dollars (340 euros), le
problème se posera différemment.

Quels seront les autres médicaments concernés ?

En premier lieu les antibiotiques. La ceftriaxone, un produit excellent pour
les méningites et les infections pulmonaires, n?était quasiment pas utilisée
en Afrique du fait de son coût. L?arrivée de génériques simplifiera le
traitement de millions de malades car la ceftriaxone est beaucoup plus
facile à manier que les antibiotiques actuels. Le problème est un peu
différent pour la tuberculose, car il est plus lié à la durée du traitement
(entre 6 et 24 mois) et à l?apparition de résistances du fait d?une
observance médiocre, qu?au prix des antibiotiques eux-mêmes.

Et les maladies plus spécifiques aux pays pauvres, comme le paludisme ?

Là, rien n?est réglé car l?obstacle essentiel reste celui de la recherche.
Les laboratoires n?acceptent de travailler sur de nouvelles molécules que s?
ils peuvent en tirer profit. Or, le paludisme concerne peu de monde dans les
pays riches, en dehors des voyageurs. Il faut donc trouver des incitations
financières pour les firmes, ce qui pourrait êtrele rôle d?organisations
comme l?OMS. Quant à des affections comme la maladie du sommeil ou les
leishmanioses, des molécules efficaces existent mais la plupart ne sont plus
produites, faute de rentabilité. Là encore, il reste à trouver des solutions
.

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Les labos minimisent leur défaite
Tous insistent sur les engagements pris par le gouvernement sud-africain.

Par CÉDRIC MATHIOT

Le vendredi 20 avril 2001

Contre-courant des déclarations de victoire des ONG et des militants
antisida, les représentants de l'industrie pharmaceutique tentaient de
sauver la face, hier, en expliquant que le retrait de leur plainte contre
l'Etat sud-africain n'ouvrait en aucun cas la porte au déferlement des
génériques (copies de médicaments) tant redouté. Certes, l'accord rend
possible l'importation et la production de copies de médicaments en Afrique
du Sud, mais il rappelle les conditions exceptionnelles qui autorisent une
telle mesure, expliquent les laboratoires. Loin d'une défaite, l'accord
vient ainsi rappeler «la forte protection de la propriété intellectuelle des
brevets», estime la Fédération internationale de l'industrie du médicament
(IFPMA), qui évoque un compromis «mutuellement satisfaisant».

Même contentement affiché chez le géant britannique Glaxo-SmithKline, un
des principaux fournisseurs d'antirétroviraux dans le monde avec les
Américains Bristol-Meyers Squibb et Merck, le Suisse Roche et l'Allemand
Boehringer Ingelheim: le texte «satisfait à la fois les objectifs du
gouvernement sud-africain et de l'industrie pharmaceutique. Le gouvernement
sud-africain a confirmé que sa nouvelle loi serait mise en ?uvre dans le
respect de l'accord international sur les droits de propriété
intellectuelle et le commerce concernant la protection des brevets», s'est
félicité Jean Pierre Garnier, le directeur général (français) du groupe.
Chez Aventis, qui n'était pas concerné directement, ne produisant pas de
traitements antisida, comme d'ailleurs la majorité des 39 plaignants, on
tient le même discours: «C'est un bon compromis. Pour nous, il s'agissait
d'une question de fond, les dispositions de la loi sud-africaine risquaient
de mettre en cause les accords internationaux en vigueur sur les brevets»,
explique François Gros, directeur de la communication du groupe français.

Lecture optimiste. De fait, pour la majorité des acteurs et experts du
secteur, l'accord est une débâcle en terme d'image pour l'industrie
pharmaceutique, mais il ne sera pas forcément suivi de l'arrivée massive de
copies de médicaments à Pretoria. En obtenant que le gouvernement
sud-africain ne recoure aux copies qu'au terme de la procédure fixée par les
traités de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui prévoit des
négociations avec les fabricants et des conditions strictes, les
laboratoires se réservent la possibilité de convaincre le pays de ne pas
aller voir ailleurs. «Nous allons pouvoir discuter avec le gouvernement
sud-africain, explique Jean-Jacques Bertrand, président du Syndicat
national de l'industrie pharmaceutique. Une lecture optimiste partagée par
Jean-Pierre Garnier, pour qui l'accord «pose les fondations d'un nouvel
esprit de coopération».

Reste que le tintamarre occasionné dans l'opinion a considérablement rogné
la marge de man?uvre des compagnies pharmaceutiques. «On peut avoir la
certitude, anticipe le responsable d'un groupe français, que les
laboratoires seront désormais obligés de fournir à l'Afrique du Sud des prix
suffisamment bas pour que le recours aux génériques ne soit plus justifié.
La pression est trop forte».
Visiblement, les groupes concernés l'ont vite compris. Avant-hier, Glaxo
Smith, Bristol-Meyers Squibb et Merck ont offert à la Zambie(avec
possibilité d'inclure le Bostwana) de baisser le prix d'une journée de
traitement antirétrovirale à 2 dollars (2,2 euros) par personne.







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