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[e-med] ARV en Afrique: revue de presse (3)
- From: remed@remed.org
- Date: Thu, 19 Apr 2001 11:10:57 -0400 (EDT)
E-MED: ARV en Afrique: revue de presse(3)
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http://www.medisite.fr/actualites/pro/afp/
L'accord entre les compagnies pharmaceutiques et le gouvernement
sud-africain (ENCADRE)
PRETORIA, 19 avr (AFP) - 15h55
Voici le communiqué commun publié jeudi par le gouvernement sud-africain et
39 compagnies pharmaceutiques après l'annonce par les firmes du retrait de
leur plainte en justice contre la loi favorisant l'importation de médicament
génériques à bon marché
(traduction AFP):
"Les parties ont abouti à un accord amiable concernant le litige en cours
devant la Haute Cour d'Afrique du Sud et en conséquence les requérants ont
accepté de se retirer de la présente action légale.
"Les parties sont d'accord pour considérer que les défis d'un accès accéléré
aux soins et aux traitements des maladies qui affectent la santé de la
population sud-africaine exigent une coopération et un partenariat entre
toutes les parties prenantes.
"L'industrie pharmaceutique, dont le rôle premier est de répondre à ces
défis de santé, va continuer à s'investir dans la recherche de nouveaux
médicaments et vaccins; elle souhaite travailler avec le gouvernement et
les citoyens d'Afrique du Sud pour les aider à faire bénéficier le plus
grand nombre de personnes des progrès de la santé -- particulièrement en ce
qui concerne le fardeau lourd et répandu que les maladies transmissibles,
émergentes et réémergentes, font peser sur les familles, les communautés et
l'économie d'Afrique du Sud.
"Les parties s'engagent à travailler ensemble pour mettre en oeuvre les
objectifs et les stratégies du gouvernement en matière de santé, chacune
apportant une contribution correspondant à ses ressources et à son
expertise.
"Dans le cadre de cet engagement, le ministère de la Santé va inviter un
groupe de travail de l'industrie pharmaceutique, et aussi demander à des
citoyens, de se concerter avec le gouvernement au sujet des règlements en
préparation et aux autres mesures nécessaires qui permettront la mise en
oeuvre de la loi 90 de 1997 sur le contrôle Médicaments et substances
assimilées, y compris la section 15 C".
"L'industrie se réjouit de l'occasion qui lui est ainsi fournie de se
joindre au gouvernement dans cette oeuvre importante.
"Le gouvernement de la République d'Afrique du Sud réaffirme son engagement
à honorer ses obligations internationales, y compris l'Accord sur les
aspects commerciaux des droits de propriété intellectuelle(TRIPPS).
"Au regard de cet engagement, les plaignants reconnaissent et réaffirment
que la République d'Afrique du Sud est en droit de promulguer des lois ou
des règlements nationaux, y compris les règlements de mise en oeuvre de la
loi 90 de 1997, ou d'adopter les mesures nécessaires à la protection de la
santé publique et d'élargir l'accès aux médicaments, conformément à la
Constitution sud-africaine et aux accords TRIPPS.
"Les parties rendent hommage, avec leurs remerciements, aux efforts du
Secrétaire général des Nations Unies et du président de la République
d'Afrique du Sud pour avoir facilité cet accord."
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Urgent Press Release
19 April 2001
Victory for Activists, People With HIV/AIDS and Poor People Everywhere!
Pharmaceutical Companies Beaten!
The Pharmaceutical Manufacturers Association and all the pharmaceutical
company applicants have UNCONDITIONALLY withdrawn their court application
against the South African Government. They will also pay TAC's costs.
They have conceded to public outrage and the legal arguments prepared by TAC
and the South African government.
The Minister of Health has assured TAC that no concessions have been made
and that the South African government will proceed to implement the
Medicines and Related Substance Control Amendment Act. The government must
now fulfil its constitutional duties to protect the rights to life and
health of all South Africans.
This is a victory by ordinary people against unethical actions by
multinational corporations. It has been shown that with a united global
effort, concerned citizens can make a difference. Although this court case
has dealt with South African legal issues, it is an example that people in
all poor countries can defend their essential interests.
TAC wishes to congratulate everyone who has helped with this battle,
especially the thousands of volunteers and demonstrators across South Africa
and around the world. This would not have been possible without the
assistance of our allies.
There is still much work to be done, though. The campaign continues.
TAC
Email: ngeffen@cs.uct.ac.za
[remerciements treatment-access.CB]
******************
Le retrait de la plainte des labos n'ouvre pas forcément la voie aux copies
de médicaments
PARIS, 19 avr (AFP) - 15h52
Echec tactique retentissant, le retrait de la plainte des 39 géants de
l'industrie pharmaceutique - qui voulaient empêcher le gouvernement
sud-africain de commercialiser à bas prix leurs traitements anti-sida -
n'ouvre pas forcément en grand la voie aux copies de médicaments.
Avec 10% de sa population frappée par le virus du sida, un record mondial,
l'Afrique du sud était le pays qui pouvait le moins bien passer pour le
méchant de l'histoire. Les plaignants s'en sont probablement rendu compte -
tardivement - et ont mesuré les dégâts que ce procès pouvait infliger à leur
image.
Mais il est également vraisemblable que de savants calculs ont été faits et
que les capitaines de cette industrie ont réalisé que le vieil adage en
vigueur dans le commerce - "un îlot de perte dans un océan de profits" -
pouvait aussi s'appliquer à l'Afrique.
En clair, les labos ont mesuré que les coquets profits réalisés dans le
monde développé - qui compte à peine 10% des malades - pouvaient permettre
de baisser considérablement le prix de leurs produits dans les pays du sud,
l'idée étant, au pire, de faire une opération blanche, au mieux de faire
quand même des bénéfices, en tablant moins sur les prix de vente que sur le
nombre de malades.
Sur le marché des médicaments, l'Afrique ne représente que 1,3% des ventes,
soit 3,5 milliards de dollars, contre 100 milliards pour l'Europe, et 169
pour l'Amérique du nord.
Pour conquérir des marchés africains totalement démunis, les grands
laboratoires ont parfois consenti des baisses de prix considérables. "De 30%
en 1993, puis à nouveau de 40% en 1996", précise Robert Lefebvre, un des
directeurs de Bristol Myers Squibb (BMS).
Pressions économiques
Mais même avec des baisses aussi fortes, les pays africains qui ne peuvent -
et parfois ne veulent pas - consacrer à la santé de leurs citoyens plus de
deux ou trois dollars par an et par habitant, ont été jusqu'à présent bien
en peine de s'offrir les précieux traitements.
Pour contrer l'arrivée de copies de molécules, des "génériques", les
laboratoires ont parfois utilisé les grands moyens.
Outre les plaintes comme celle dont faisait l'objet l'Afrique du sud - et
celle qui vise encore le Brésil - leslabos ne se sont pas privés d'exercer
ou de faire exercer des pressions économiques.
L'article 301 de la loi américaine de 1988 sur le commerce a déjà été
utilisé contre plus de 30 pays afin de protéger des compagnies américaines
et d'infliger des sanctions commerciales aux "contrevenants" à cette loi.
Selon les organisateurs du sommet sur l'accès aux médicaments qui se tiendra
début mai à Ouagadougou (Burkina Faso), l'Inde, l'Argentine, le Brésil et
l'Egypte en ont été les premières cibles.
Plus brutalement, la Thaïlande et la République Dominicaine ont été
instamment invitées à limiter le nombre de leurs copies de médicaments.
Faute de quoi, leurs exportations vers les Etats-Unis seraient drastiquement
revues à la baisse.
Pourtant, l'offensive des pays désireux d'utiliser des copies n'a pas eu que
des effets négatifs.
Dans les pays où ils ont pignon sur rue, comme le Brésil, l'arrivée des
génériques a forcé les labos à aligner leurs prix sur les copies : l'AZT qui
valait 0,56 dollar la boîte au Brésil en 1996, est tombé à 0,18 dollar cette
année, selon les statistiques brésiliennes.
Grâce à sa loi qui lui permet de copier un médicament dans les trois ans
suivant le dépôt du brevet s'il n'est pas fabriqué sur place, le Brésil a
diminué de 80% le prix de certains traitements contre le sida. Et à réduire
de moitié les décès liés à cette maladie.
PhC/cv/nm
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