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[e-med] ARV : réunion à Oslo sur les médicaments à prix différenciés
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 9 Apr 2001 09:01:30 -0400 (EDT)
E-MED: ARV : réunion à Oslo sur les médicaments à prix différenciés
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Bonjour,
Ci-jointe la traduction d'un article paru ce jour dans la presse brésilienne
sur la réunion d'Oslo qui a lieu aujourd'hui et demain.
Dominique Buchillet
dbuchil@attglobal.net
Aids. Barrados no baile.
Governo brasileiro e países em desenvolvimento pressionan e conseguem
participar de reunião para baixar os preços de medicamentos. Artigo de
Rodrigo
Caetano
Correio Braziliense, Brasilia, domingo 8 de abril de 2001, p. 21
Sida. Interdits de participer au bal.
Le gouvernement brésilien et les pays en voie de développement font
pression et réussissent à participer à la réunion sur la baisse des prix des
médicaments.
Article de Rodrigo Caetano
Les représentants de grandes entreprises pharmaceutiques de l?Organisation
mondiale du Commerce (OMC), de l?Organisation mondiale de la Santé (OMS),
de la Banque mondiale et les autorités sanitaires des pays développés sont
tous réunis dans un workshop sous le prétexte de discuter de questions
relatives à la santé publique. Ce devait être une rencontre secrète pour
débattre de la politique de prix différenciés pour les 12 médicaments qui
composent le cocktail anti-sida, prenant en compte le niveau de
développement de chaque pays.
Le lieu mystérieux et isolé de la réunion est une ville située à 100 kms
d?Oslo, capitale de la Norvège. Un hôtel de luxe a été exclusivement réservé
pour les participants de cette réunion qui a lieu aujourd?hui et demain. Le
Brésil, qui a fait la une des journaux internationaux et est menacé de
procès
par l?OMC pour être à la tête de la lutte en faveur de la réduction des prix
des médicaments contre le sida, ne devait pas participer à cette réunion. Ni
même les autres pays directement affectés par l?épidémie, comme l?Afrique du
sud. La presse a également été empêchée d?assurer la couverture de la
réunion.
Paulo Roberto Teixeira, coordinateur du Programme national de contrôle des
maladies sexuellement transmissibles et du sida du ministère de la santé
brésilien était profondément irrité quand il a entendu parler de la réunion.
?C?est un absurde! comment interdire le Brésil et les autres pays
intéressés et directement impliqués dans cette lutte de participer à cette
réunion ??, demande le coordinateur du programme MST/sida. Il est alors
immédiatement entré en contact avec l?ambassadeur brésilien Celso Amorim qui
représente le pays auprès des organismes internationaux qui ont leur siège à
Genève, en Suisse.
Amorim a plaidé pour le Ministère de la santé brésilien. Il a demandé à la
commission organisatrice que le Brésil soit représenté par au moins trois
personnes à la réunion. Mais cette demande a été refusée. La commission
organisatrice a seulement retenu le nom de Paulo Teixeira. ?Je vais
présenter
un panneau sur l?expérience brésilienne de développement de drogues
anti-sida
et suivre tout de près? a affirmé ce dernier.
Le Coordinateur du programme MST/sida du ministère de la santé brésilien
veut
profiter de la réunion pour renforcer une fois de plus l?intention du Brésil
d?établir des partenariats avec les autres pays désireux de fabriquer les
médicaments contre le sida, politique adoptée depuis juin dernier lors de
la
8ème Conférence internationale de Durban, en Afrique du sud.
La présence du représentant brésilien en Norvège va renforcer le choeur des
mécontents de la politique actuelle des grands laboratoires qui persistent à
vendre les remèdes à des prix considérés comme abusifs par les pays en voie
de
développement. Outre le Brésil, quelques Organisations non-gouvernementales
(ONG) internationales et les représentants de l?Afrique du sud, de
l?Ouganda et de l?Inde, invités de dernière heure et ne pouvant aussi être
représentés que par une seule personne, participeront également de cette
réunion.
Le modèle
Dans sa lutte pour baisser les prix des médicaments contre le sida, ce bloc
a
réussi à mobiliser l?opinion publique et, peu à peu, à changer la
situation. Ce n?est pas en vain que l?Organisation des Nations Unies contre
le Sida (UNAIDS) et l?Union des Nations Unies pour l?Education, les Sciences
et la Culture (UNESCO) considèrent que le traitement brésilien contre le
VIH, le virus transmetteur de la maladie, est un modèle qui doit être suivi
sur le plan international. Jorge Werthein, représentant de l?UNESCO au
Brésil, est en faveur d?une politique de prix différenciés. Pour lui, les
pays les plus pauvres doivent avoir les conditions d?acheter les médicaments
à un prix inférieur à celui qui est actuellement pratiqué pour pouvoir
distribuer gratuitement les médicaments. ?C?est une question d?humanité et
de droit à la vie. Et cela n?a pas de prix?, a-t-il affirmé. Werthein, qui a
dirigé au cours des années 1999-2000 les travaux d?un groupe de lutte contre
le sida, affirme
que les laboratoires doivent céder et qu?ils doivent baisser sur le plan
mondial le prix du cocktail anti-sida dans un accord similaire à celui qui a
été obtenu par le gouvernement brésilien. ?Le Brésil donne la priorité au
malade. C?est une lutte courageuse que tous devraient adopter car elle a des
résultats encourageants? a dit le représentant de l?UNESCO. Et il a raison.
Selon Teixeira, les prix baisseront encore plus avant la fin de l?année.
Mais la lutte est loin d?être finie. Pour l?instant, le score est en
faveur du groupe commandé par le Brésil. Il y a environ deux semaines, le
gouvernement a réussi après une bagarre soutenue avec le laboratoire
nord-américain Merck Sharp et Dohne à faire baisser les prix de deux
médicaments importés pour le traitement contre le sida. Le prix de la
capsule d?Efavirens est ainsi passé de 2.05 US$ à 0,84 US$ et celui du
comprimé d?Indinavir de 1,33 US$ à 0,47 US$. Le Brésil économisera 38
millions de dollars, ce qui lui permettra d?augmenter l?accès des individus
séropositifs aux médicaments anti-rétroviraux. Selon Teixeira, cent quinze
mille personnes recevront le cocktail gratuitement d?ici la fin de l?année
2001, c?est-à-dire vingt mille de plus que l?année dernière.
La prochaine collision entre le groupe commandé par le Brésil et celui des
grands laboratoires et des pays développés a déjà une date: du 25 au 27
juillet au cours d?une réunion extraordinaire au siège des Nations Unies à
New York.
Les réunions préparatoires à cette réunion commenceront au Brésil en mai.
Mais
Teixeira a annoncé qu?il avait été convié par le cabinet du secrétaire
général
des Nations Unies, Kofi Annan, à participer à des discussions sur la
question
des médicaments anti-sida avant cette réunion.
Les propositions brésiliennes
1. Garantie de la protection des législations nationales relatives à la
production locale de médicaments stratégiques dans des situations spéciales.
2. Définition de paramètres, tel l?indice de développement humain (IDH)
établi par les Nations Unies, pour une politique de prix différenciés des
médicaments contre le sida.
3. Création d?un fonds international permettant l?acquisition de
médicaments contre le sida et ses complications par les pays en voie de
développement.
4. Etablissement de subventions pour la recherche de nouvelles drogues
contre le sida en faveur des gouvernements des pays à économie stabilisée.
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