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[e-med] sida : Blair signe un rapport co-rédigé par les géants


  • From: CLabadie@t-online.de
  • Date: Mon, 9 Apr 2001 08:54:18 -0400 (EDT)

pharmaceutiques
Message-Id: sida : Blair signe un rapport co-rédigé par les géants
pharmaceutiques
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E-MED: sida : Blair signe un rapport co-rédigé par les géants
pharmaceutiques
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Blair choisit le parti des géants pharmaceutiques
Rapport spécial: SIDA
Sarah Boseley, éditeur de santé
Samedi 31 mars 2001
The Guardian

Le Royaume-Uni s'est aligné fermement du côté de l'industrie pharmaceutique
dans la bataille concernant les médicaments bon marché pour les pays en
voie de développement, déclarant que des brevets sur des médecines doivent
être raffermis même dans les pays pauvres où des millions sont morts des
maladies telles que la tuberculose et le SIDA.
La position du gouvernement est présentée dans un nouveau rapport
explicitement approuvé par Tony Blair et écrit par des ministres, y compris
Sir Hunt ministre de santé et Sir Sainsbury ministre de la science,
conjointement avec les dirigeants des principales compagnies
pharmaceutiques au Royaume-Uni, y compris GlaxoSmithKline et Merck.
Il [le rapport] énonce catégoriquement: " les droits de propriété
intellectuelle [ brevets ] sont le sang de l'industrie pharmaceutique
innovatrice. "
Le gouvernement et l'industrie indiquent qu'ils se " rendent intensément
compte de l'épidémie croissante du VIH/SIDA en Afrique et de leur
responsabilité à y répondre ". Le rapport poursuit: " Beaucoup peut être
fait pour réduire l'impact du SIDA et pour améliorer l'accès aux
médicaments. Cependant, la protection de la propriété intellectuelle n'est
pas intrinsèquement une barrière pour accéder aux médecines et les
tentatives de l'affaiblir seraient contre-productives. "
La position intransigeante du gouvernement est hors paire avec l'humeur
croissante soucieuse dans d'autres pays européens concernant le coût des
médicaments inabordables dans les pays pauvres où le SIDA, la tuberculose
et la malaria font des millions de victimes. Les injustices ont été mises
en valeur par une affaire en jugement présentée par 39 compagnies de
médicament pour arrêter une législation qui permettrait au gouvernement
sud-africain d'importer les médecines qui sont meilleur marché ailleurs. Il
y a deux semaines, le Parlement européen a invité les compagnies de drogue
à retirer leur action judiciaire.
" Il semble que le gouvernement capitule devant les grandes entreprises, "
a dit Sophia Tickell, conseillère supérieure politique à Oxfam, qui fait
campagne pour l'accès aux médecines bon marché. " Il est très difficile d'y
percevoir une autre explication. Cela semble un pas en arrière et hors
paire avec un nombre de plus en plus important d'autres gouvernements. "

Le rapport a été édité alors même que Merck, une des compagnies impliquées
dans le cas sud-africain, a menacé d'action judiciaire le Brésil. Le Brésil
est salué comme un modèle pour le monde en voie de développement pour être
parvenu à traiter une proportion significative de sa population
séropositive en passant des lois controversées lui permettant de fabriquer
les copies bon marché de huit des drogues brevetées, employées pour
maintenir le virus hors de mesure de nuire. Depuis 1997, quand il
[le Brésil] a commencé à faire ses propres versions, les admissions
d'hôpital pour des maladies connexes au SIDA ont chuté de 80% et les décès
de moitié. Le Brésil a ramené le coût pour traiter des patients en deçà
de US$7.858 par année, US$4.137 en 1997. Aux Etats-Unis le traitement
coûte entre US$10.000 et US$15.000.
Merck essaye maintenant d'interdire à la compagnie pharmaceutique d'état du
Brésil d'importer l'Efavirenz, une version générique indienne de sa drogue
Stocrin, en vue d'en tirer sa propre copie. Un dixième du budget SIDA du
Brésil est dépensé sur ce médicament, qui est seulement disponible aux prix
occidentaux élevés. Le Brésil a indiqué qu'il ne fera pas la drogue si
Merck relâche son prix de manière significative.
Tandis que les agences et les charités des Nations Unies ont donné un bon
accueil à la baisse des prix des médicaments dans le monde en voie de
développement, laquelle est survenue en raison de récentes concurrences
féroces par les génériques et de campagnes populaires dans les pays tels
que l'Afrique du Sud, le gouvernement Britannique soutient maintenant
publiquement la position des géants pharmaceutiques.

L'association de l'industrie pharmaceutique britannique a indiqué que le
gouvernement a partagé sa position sur les brevets. " Il [ le gouvernement ]
identifie l'importance des droits de la propriété intellectuelle dans le
développement de nouvelles médecines, " dit un porte-parole.
Le rapport est le résultat d'une commission spéciale
industrie/gouvernement, instaurée il y a un an après que les compagnies de
drogue aient averti qu'elles pourraient se retirer du Royaume-Uni, si
celui-ci exerce des pressions pour maintenir vers le bas les prix auquels
elles vendent des médecines au NHS. Il précise que le gouvernement
reconnaît la menace et veut faire tout pour persuader de rester ici
l'industrie [pharmaceutique] qui est énormément profitable pour la
Grande-Bretagne.

" Le Royaume-Uni doit continuer à offrir un environnement d'affaires, qui
prête appui et soit concurrentiel en comparaison à d'autres emplacements
viables, " indique le document.
Le premier ministre, dans un avant-propos, dit: " je m'engage à assurer que
le Royaume-Uni maintienne les dispositifs qui en ont fait un emplacement
attrayant pour l'investissement - dispositifs tels que la disponibilité
d'une main d'?uvre scientifique de haute qualité, la protection de la
propriété intellectuelle, un cadre de normalisation d'appui et un
environnement favorisant la recherche requise pour découvrir les
traitements du 21ème siècle. "

Le rapport peut être consulté à http://www.doh.gov.uk
Source: http://www.guardian.co.uk/aids/story/0,7369,466179,00.html
[Traduction approximative C. Labadie]

Christian Labadie
CLabadie@t-online.de

*******************
Madame,
Monsieur,

Alors que l'Europe rumine les conséquences des décisions prises durant les
dernières années concernant le BSE, que des millions d'animaux sont
sacrifiés pour maintenir les prix de la viande, que l'épidémie de fièvre
aphteuse est difficilement contenue au point que Tony Blair a décidé de
repousser des élections locales (un fait unique), ce dernier a choisi de
prendre le parti des industries pharmaceutiques (voir TRADUCTION
ci-dessous).
Malgré les voix des députés européens et de la ministre allemande du
développement Wieczorek-Zeul, le charisme de Tony Blair va peser très lourd
dans la balance lors de la reprise du jugement à Pretoria. Rappelons-nous
qu'après l'apartheid, ce fut le Japon puis l'Angleterre qui les premiers
relancèrent des liens commerciaux avec l'Afrique du Sud (1991). Ces liens
économiques avec l'Angleterre sont vitaux pour l'Afrique australe, à moins
que le bloc EURO utilise la force de la monnaie unique pour lui assurer
une voie économique sûre. Pour cela, il devient urgent que le chancelier
allemand, le président et le premier ministre français se prononcent
sans équivoque sur la question de l'accès au médecines essentielles
et sur les exceptions aux brevets (patent fair use).
Il est particulièrement inquiétant que le document gouvernemental signé par
Tony Blair fusse co-rédigé par des dirigeants d'entreprise. Il est
troublant que la rhétorique de Tony Blair choisisse l'analogie du mot
"sang" pour désigner les brevets. Tony Blair admet que la présence sur son
territoire d'une industrie profitable lui ait plus essentielle que la santé
des pays pauvres. Il admet ouvertement avoir cédé à un chantage. Le fait
que le rapport soit co-rédigé par les entreprises pourrait être un signe
désespéré de Tony Blair à son peuple et à la communauté internationale,
disant qu'il n'approuve pas, mais qu'il a les mains liées et doit signer
alors que les pressions boursières se font graves.
Médecins sans Frontières (MSF) nous demande à toutes et à tous de redoubler
nos efforts pour faire connaître leur pétition, dont vous trouverez une
version bilingue sur leur site canadien:
http://www.msf.ca/petition
MSF vous invite à envoyer un message à l'ensemble de vos connaissances pour
leur demander de co-signer cette pétition.

********************

Monsieur le Président de la République Française
Monsieur le Premier Ministre
Monsieur le Ministre de la Santé
Mesdames et Messieurs les Membres du Parlement
Monsieur le Président de la Suède (Présidence Européenne)

En qualité de citoyen français, j'ai l'honneur de vous demander de bien
vouloir lire la traduction d'un article du "Guardian Unlimited" concernant
la prise de position du Premier Ministre Tony Blair, et de considérer si la
France et l'Europe devraient s'exprimer avant le 15 Avril 2001, date de la
reprise du procès de Pretoria, sur cette question qui déterminera l'avenir
de la santé, du commerce et de la recherche.
Je soutiens solennellement l'action de la NAPWA, du TAC, de ReMed, d'Oxfam
et de MSF, et désire que les 39 entreprises pharmaceutiques retirent leur
plainte contre le gouvernement sud-africain.
Je soutiens le principe de la séparation des pouvoirs, et demande à ce que
la lettre secrète de Sir Leon Brittan à l'Afrique du Sud datée de mars 1998
soit publiée sur le Web, et que le rôle de la firme McKinsey dans
l'orchestration des décisions aux niveaux (i) hospitaliers,
(ii) gouvernementaux, (iii) européens (commission), (iv) pharmaceutiques
(mergers & acquisitions), (v) des pays pauvres d'Afrique, face
l'objet d'une étude exemplaire sur la nécessité de la segmentation des
domaines ouverts aux consultants, de manière à éviter les conflits
d'intérêts.
J'enjoins le Président de la République Française de convaincre son
homologue allemand de ne pas cesser les activités du GTZ au Botswana sous
prétexte que les revenus diamantaires de ce pays en feraient un pays
apparemment "riche", et que les investissements de formation y seraient
perdus car les gens meurent du SIDA avant même d'avoir mis en
application leur savoir. Il ne faut pas partir, mais il faut repenser
la transmission du savoir à l'échelle du temps du SIDA et prolonger
les vies pour ne pas interrompre la chaîne du savoir et du savoir-faire.
J'exprime le sincère souhait de voir nos chercheurs et institutions
coopérer dans une recherche intercontinentale sur le SIDA, et de tout
mettre en ?uvre pour utiliser les deux satellites construits par Alcatel
(EuropeStar et AfriStar) pour lancer une coopération en "eResearch" et
"eLearning" sur le SIDA (http://nucwww.chem.sunysb.edu/prevges/OERT.html).
Pour ce faire, il serait nécessaire que les copyrights des articles ès
sciences sur le SIDA fassent l'objet d'un "fair use" adapté à la
transmission du savoir, lequel en présence de virus VIH multi-résistants
deviendra la seule clé pour gérer l'épidémie.

Christian Labadie
Saint-Dié, Vosges
Master of Science en Chimie (State University of New York 1989)




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