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[e-med] Thabo Mbeki et le sida
- From: dbuchil@attglobal.net
- Date: Mon, 9 Apr 2001 05:24:37 -0400 (EDT)
E-MED: Thabo Mbeki et le sida
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Bonjour,
Deux autres articles parus dans la presse bresilienne le 8 avril 2001 :
1. un article de Thabo Mbeki, president de l'Afrique du sud
2. un article des agences intenationales accusant Thabo Mbeki de rendre plus
difficile le combat contre le sida
Dominique Buchillet
dbuchil@attglobal.net
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AIDS. Africa do Sul pressiona farmacêuticos.
Em artigo, o presidente sul-africano pede que as indústrias considerem a
saúde
um "direito fundamental" dos pobres Artigo de Thabo Mbeki
Folha de São Paulo, São Paulo, domingo 8 de abril de 2001 - Caderno Mundo,p.
A25
Sida. L'Afrique du sud fait pression sur les entreprises pharmaceutiques.
Dans
un article, le président de l'Afrique du sud demande que les entreprises
pharmaceutiques considèrent la santé comme "un droit fondamental" des
pauvres.
Thabo Mbeki
"Six ans après la libération de l'Afrique du sud, les questions les plus
conflictuelles qui absorbent l'attention de notre pays concernent la santé.
Elles surviennent en raison de l'épidémie de sida et de la législation qui
pourrait nous permettre d'acquérir à des prix accessibles les médicaments
pour
combattre cette maladie.
Il s'agit de la Loi sur le Contrôle des Médicaments et Substances associées,
à
laquelle 39 laboratoires multinationaux s'opposent depuis trois ans dans les
tribunaux pour empêcher qu'elle ne soit appliquée. Selon les estimations les
plus récentes, 4,7 millions de sud-africains - un sur neuf habitants - sont
infectés par le virus VIH.
Le fait que la santé ait acquis une place notable dans le débat public
confirme l'importance centrale du problème dans notre lutte permanente en
faveur d'une vie meilleure pour tous.
Pour ce qui concerne le programme d'action de notre gouvernement, il est
essentiel que nous nous unissions tous pour donner une réponse globale aux
problèmes de santé qui atteignent les sud-africains, en particulier les
millions de pauvres de ce pays.
Naturellement, la lutte contre la pauvreté est fondamentale dans cet effort,
ainsi qu'une bonne alimentation, l'eau potable, des installations sanitaires
modernes et un environnement propre et salubre. L'accès primaire aux soins
de
santé comprend ainsi l'accès aux services médicaux de base qui incluent la
disponibilité des médicaments. Parmi d'autres choses, cela requiert
également
un nombre supérieur d'agents sanitaires ayant une formation adéquate pour
orienter les personnes.
Une des tâches de ces agents sanitaires sera de conduire une campagne
éducative ample sur une grande série de questions, comme, par exemple,
l'importance d'utiliser l'eau potable pour éviter diverses maladies ainsi
que la nécessité d'utiliser des préservatifs pour éviter les maladies
sexuellement transmissibles.
La question des médicaments est centrale dans nos efforts pour atteindre
l'objectif de "la santé pour tous". Dans ce contexte, nous voulons témoigner
notre sincère considération à l'entreprise pharmaceutique nord-américaine
Pfizer qui a décidé de mettre gratuitement à la disposition des
sud-africains
l'un de ses médicaments contre le sida et ce pour une période de deux ans.
Cela représente déjà une économie annuelle de 43 millions de dollars pour
les
services de santé publique. La Pfizer va également apporter les fonds
nécessaires pour former des agents sanitaires à distribuer ce médicament,
ainsi que pour l'acquisiiton d'équipements indispensables à la réalisation
des examens médicaux.
Tout ceci est un exemple concret de ce qui peut se faire avec les secteurs
publics et privés pour s'affonter au défi de vie ou de mort que représente
l'amélioration de la santé des pauvres.
Nous reconnaissons le fait qu'il existe une contradiction inhérente entre la
recherche de la finalité "la santé pour les pauvres", avec laquelle notre
gouvernement est fermement engagé, et la recherche de bénéfices qui est
l'objectif de toute entreprise commerciale.
Une preuve sans équivoque de cette contradiciton réside dans l'insuffisance
des ressources qui sont allouées au développement de médicaments pour
combattre les maladies de la pauvreté et du sous-développement.
Une lutte permanente entre le peuple et les entreprises pharmaceutiques ne
pourra pas être évitée, à moins que tous les impliqués, y compris les
nations
développées, acceptent la possibilité de s'affronter tant aux nécessités
qu'aux impératifs de l'activité commerciale normale.
En raison de la reconnaissance universelle actuelle de l'importance de
l'éradication globale de la pauvreté, des relations entre la santé et le
développement et de la nécessité de mettre fin à la distance entre les
riches et les pauvres, entre le nord et le sud, je considère comme objectif
possible à atteindre celui d'arriver à une acceptation commune du principe
selon lequel la santé est pour les pauvres un droit humain fondamental.
L'effort pour généraliser le concensus autour de cette position doit
continuer
et, de la sorte, stimuler le développement de campagnes visant à améliorer
de
manière radicale la santé de la majorité des gens dans notre pays et dans le
reste du monde.
Il est malheureux que ce thème des droits de l'homme, de la dignité humaine
et
de la propre vie doive terminer dans nos tribunaux. Cependant, comme
toujours,
nous respecterons la décision, quelle qu'elle soit, de la justice."
****************
Mbeki é acusado de dificultar combate à Aids
Das agências internacionais
Folha de São Paulo, São Paulo, Caderno Mundo, p. A 25
Mbeki est accusé de rendre plus difficile le combat conre le sida
Des agences de presse internationales
"Le président de l'Afrique du sud, Thabo Mbeki, a été de nouveau attaqué par
des activistes et des organisations de lutte contre le sida après qu'une
commission de spécialistes créée pour conseiller le gouvernement [en
matière de lutte contre le sida] n'ait pu arriver à un concensus sur les
causes de la maladie.
Les 33 spécialistes engagés par Mbeki pour l'orienter en matière de lutte
contre le sida ont remis mercredi dernier un rapport confus au gouvernement.
Alors que les scientifiques orthodoxes défendent la distribution des
médicaments anti-rétroviraux aux femmes enceintes pour éviter la
transmission
du VIH à leurs bébés, les scientifiques dissidents persistent à affirmer
que le VIH ne cause pas le sida et recommandent la thérapie musicale et le
gingembre dans la lutte contre la maladie.
Les activistes considèrent que le rapport est une perte de temps et d'argent
au moment où le pays se confronte à une crise majeure de la santé publique.
Avec 4,7 millions de personnes séropositives, l'Afrique du sud est le pays
ayant le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde.
Près
de 1 700 personnes se contaminent chaque jour sans qu'il y ait dans le pays
une campagne de prévention du sida efficace ni de traitement pour les
malades.
Révoltés par le rapport de la commission des notables, les activistes ont
fait
appel à Mbeki pour qu'il abandonne sa position polémique en relation avec le
sida et accélère la lutte contre la maladie.
Le président de l'Afrique du sud est critiqué tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur du pays car il remet en cause le lien entre le virus VIH et le
sida et s'oppose à la distribution des médicaments anti-rétroviraux dans le
réseau de santé publique en alléguant non seulement de leur prix, mais aussi
de leur nocivité pour la santé. On lui reproche également d'avoir inclus des
scientifiques dissidents dans la commission chargée de le conseiller en
matière de lutte contre le sida.
"Le gouvernement continue à se cacher derrière l'excuse qu'il existe deux
visions différentes sur la cause du sida et, en faisant ceci, il ne
s'affronte
pas au problème", a déclaré un porte-parole de l'Alliance démocratique, de
l'opposition.
Selon certains fonctionnaires du gouvernement, Madame Manto
Tshabalala-Msimang, le ministre de la santé, serait convaincue que le sida
est causé par le virus VIH mais elle évite d'exprimer son opinion en public
pour ne pas contrarier Mbeki.
Le président est cependant confronté à une grande pression pour qu'il offre
les médicaments contre le sida dans le réseau de santé publique. Le débat
autour de ce thème est d'ailleurs alimenté par les entreprises
pharmaceutiques qui demandent en justice l'annulation de la loi de 1997,
approuvée par le gouvernement de Nelson Mandela, qui autorise l'achat ou la
fabrication de versions génériques de médicaments ayant un brevet en cas de
crises dans la santé publique.
Le jugement a débuté en mars dernier mais il a été repoussé en raison de la
présentation de nouveaux témoignages et il devrait reprendre le 18 avril
prochain. Toutefois, même si Mbeki change d'opinion sur la question du VIH,
il
a déclaré qu'il n'avait pas les moyens de distribuer gratuitement les
médicaments à la population. "Nous n'avons aucune objection de principe à
l'utilisation des anti-rétroviraux mais leur coût est une barrière énorme",
a
déclaré le ministre de la santé".
remerciement à prevges.SIDA@ml.free.fr
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