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E-MED: informations pharmaceutiques


  • From: (nom et addresse e-mail de celui qui a envoyé le message)
  • Date: Tue, 30 Jun 1998 07:43:25 -0400 (EDT)

E-MED : Informations pharmaceutiques


Bonjour,

Voici ce que vous pouvez lire sur le site du Centre National d'Information
sur le Médicament hospitalier : http ://www.adiph.org/cnhim rubrique
mini-dossier, mai 1998.

Vous verrez qu'on en découvre encore sur les activités des médicaments
essentiels

Carinne Bruneton
ReMeD



Sommaire et contenu de MINI Dossier du CNHIM - mai 1998, n°2 :

EFFETS INDESIRABLES : Uvéites médicamenteuses
- définition.
- exemples du cidofovir et des collyres bétabloquants.

(IN)COMPATIBILITES PHYSICO-CHIMIQUES :
- méthotrexate.
- chlorhydrate de dopamine - insuline.
- dexaméthasone sodique - chlorhydrate de granisétron.

INTERACTIONS :

- phénytoïne - ticlopidine.
- simvastatine - itraconazole.

_____________________________________

EFFETS INDESIRABLES

UVEITES MEDICAMENTEUSES : DEFINITION

Une uvéite se caractérise par une inflammation du tractus uvéal (iris,
corps ciliaire et choroïde).
L?inflammation de la rétine adjacente est traditionnellement incluse dans
la catégorie des uvéites.
Au plan anatomique, elle peut être classée en :
- uvéite antérieure (iritis et iridocyclite),
- uvéite intermédiaire (inflammation de la partie plane du corps
ciliaire),
- uvéite postérieure (choroïdite et rétinite),
- uvéite diffuse (iritis, uvéite intermédiaire et chorio-rétinite).

Les uvéites peuvent être d?origine infectieuse (herpès, oreillons,
chlamydiae, tuberculose, lèpre, syphilis, onchocercose, toxoplasmose,
mycose et cytomégalovirus par exemple) ou survenir dans le cadre d?une
maladie inflammatoire ou immunitaire (spondylarthrite ankylosante, syndrome
de Fiessinger Leroy Reiter, polyarthrite rhumatoïde, lupus, sarcoïdose ou
maladie de Béhçet pour les principales).

Les uvéites médicamenteuses sont rares. L?incidence est faible.

Les principaux médicaments infectieux responsables d?uvéites sont : les
antiviraux dont le cidofovir (Vistide®) et le ganciclovir (Cymevan® et le
dispositif intravitréen Vitrasert®), les antibactériens dont la rifabutine
(Ansatipine®) et les sulfamides antibactériens, les antiparasitaires dont
la diéthylcarbamazépine (Notézine®).

Les autres médicaments sont : le pamidronate sodique (Arédia®), les
quinidiniques, la streptokinase, les collyres bétabloquants, les
corticoïdes et les sérothérapies antiinfectieuses.

La thérapeutique des uvéites iatrogènes dépend de leur sévérité. Avec un
traitement symptomatique (corticoïdes le plus souvent), les uvéites
induites sont toujours réversibles en quelques semaines après l?arrêt du
médicament responsable.

Réf.1 : Manuel Merck 2ème ed.
Réf.2 : La Petite Encyclopédie Médicale Hamburger.
Réf.3 : Fraunfelder FW, Rosenbaum JT. Drug-induced uveitis. Drug Safety
1997 ; 17(3) : 197-207.
Réf.4 : Info Produit Vitrasert® (dispositif médical) 1996 in Micromedex,
volume 96, date d?expiration 30/06/98.

Les exemples du cidofovir (Vistide®) et des collyres bétabloquants sont
traités ci-après : CIDOFOVIR

Des cas d?uvéites antérieures ont été décrites chez des patients sidéens
recevant du cidofovir (Vistide®) en perfusion IV, ou en traitement
intravitréen, pour le traitement de rétinite à CMV. Ces uvéites sont
modérées à sévères. (1).
Cet effet est aussi décrit pour le ganciclovir, notamment lors de
l?utilisation des implants intravitréens du produit. (3).
Les cas d?uvéites antérieures ont été décrits chez 31% à 37% des patients
traités. (2).
Leur fréquence est plus élevée pour la voie intraveineuse.
Les uvéites apparaissent comme plus fréquentes avec le cidofovir qu?avec le
ganciclovir. (3).

Après la pose d?implants intravitréens de ganciclovir, 1 à 5% des patients
ont présenté des cataractes, des hyphéma et des uvéites. Les uvéites
surviennent 4 à 5 jours après le début du traitement.

La symptomatologie clinique diminue rapidement avec l?administration de
corticoïdes locaux. La symptomatologie est réversible en quelques semaines
à l?arrêt du traitement.

(1) Fraunfelder FW, Rosenbaum JT. Drug-induced uveitis. Drug Safety 1997 ;
17(3) : 197-207.
(2) Ambati J, Robinson MR, McCannel C, et al. Intraveinous Vistide induced
uveitis. American Uveitis Society Meeting 1997 May 10, Fort Lauderdale.
(3) Info Produit Vitrasert® (dispositif médical) 1996 in Micromedex, volume
96, date d?expiration 30/06/98.

COLLYRES BETABLOQUANTS

Par voie locale, les collyres bétabloquants peuvent entraîner des
irritations oculaires, des troubles de la vision, des kératites, une
diminution de la sensibilité cornéenne, une diplopie, un ptosis et une
blépharite.
Des cas d?uvéite ont également été décrits avec le métipranolol (Bétanol®).
(1).
Ces effets indésirables oculaires sont fréquents.

Au Royaume Uni, l?incidence des uvéites sous métipranolol est de 3,8 cas
pour 1000 patients avec le dosage à 0,6%, 1,13 cas pour 1000 patients avec
le dosage à 0,3%, et 0,5 cas pour 1000 patients avec le dosage à 0,1%. (2).

L?apparition d?une uvéite sous métipranolol nécessite l?arrêt du traitement
et l?administration de corticoïdes locaux. La symtomatologie régresse en 4
à 6 semaines.

(1) Martindale - The Extra Pharmacopoeia - 31th ed, The Pharmaceutical
Press, London 1996 : 831.
(2) Fraunfelder FW, Rosenbaum JT. Drug-induced uveitis. Drug Safety 1997 ;
17(3) : 197-207.

___________________________________
(IN)COMPATIBILITES

Les compatibilités et incompatibilités physicochimiques concernent les
médicaments mélangés en solution (perfusion intraveineuse), au sein d?un
même véhicule liquide (vecteur), dans un contenant particulier.

Deux substances ne peuvent être déclarées compatibles* que si
l?expérimentation en a été faite dans des conditions opératoires définies.

* L.A. Trissel - Handbook on injectable drugs - 9th Ed.

1. Fiche compatibilité

METHOTREXATE

Le mélange de méthotrexate (225 et 2400 mg/ml) dans une solution de glucose
5% ou de chlorure de sodium 0,9%, dans un contenant en PVC, est
visuellement compatible 30 jours à 4°C et à l?abri de la lumière (pas de
perte après dosage par CLHP).

Réf : Benaji B, Dine T, Goudaliez F et al. Compatibility study of
methotrexate with PVC bags after repacking into two types of infusion
admixtures. Int J Pharm 1994 ; 105 : 83-7.

Spécialités contenant du méthotrexate : Ledertrexate® poudre lyophilisée
injectable et solution injectable ; Méthotrexate Bellon® poudre lyophilisée
injectable et solution injectable.

En bref
Méthotrexate : 225 et 2400 mg/ml

Compatible
Vecteur : glucose 5% ou chlorure de sodium 0,9%
Contenant : PVC
Nature : visuellement
Durée, délai : 30 jours
Température : 4°C
Lumière : à l?abri de la lumière

2. Fiche incompatibilité

CHLORHYDRATE DE DOPAMINE - INSULINE

Le mélange des solutions de chlorhydrate de dopamine (3,2 mg/ml) et
d?insuline (1 U/ml), diluées dans une solution de glucose 5 %, administrées
à l?aide d?un système d?injection en Y, est incompatible.

Un précipité blanc apparaît immédiatement, qui se dissout rapidement et se
reforme en 24 heures à 23°C.

Réf : Yamashita SK, Walker SE, Choudhury T et al. Compatibility of selected
critical care drugs during simulated Y-site injection. Am J Health-Syst
Pharm 1996 ; 53 : 1048-51.

Spécialités contenant du chlorhydrate de dopamine : Dopamine Lucien®
solution injectable ; Dopamine Nativelle® solution injectable ; Dopamine
200 PF® solution injectable ; Dopamine 50 PF® solution injectable.

Spécialité contenant de l?insuline : Actrapid HM GE Penfill® solution
injectable ; Actrapid MC® solution injectable ; Endopancrine HP® solution
injectable ; Insuman rapide® solution injectable ; Orgasuline rapide®
solution injectable ; Umuline rapide® solution injectable et suspension
injectable.

En bref

Dopamine chl : 3,2 mg/ml
Insuline : 1 U/ml

Incompatibles

Vecteur : glucose 5 %
Contenant : système d?injection en Y
Nature : précipité
Durée, délai : immédiatement
Température : 23°C
Lumière : non renseigné

3. Fiche compatibilité

DEXAMETHASONE SODIQUE - CHLORHYDRATE DE GRANISETRON

Le mélange des solutions de phosphate de dexaméthasone sodique (660 mg/l)
et de chlorhydrate de granisétron (10 et 40 mg/l), dans une solution de
chlorure de sodium 0,9% ou de glucose 5% et dans un contenant en PVC, est
physiquement compatible.

S?il n?est pas noté de perte (ou très faible) de dexaméthasone après une
période de 14 jours à 4°C et 24°C, à l?abri de la lumière, il est observé
jusqu?à 8% de perte de granisétron dans les mêmes conditions (dosage CLHP).

Réf : Chin A, Moon YSK, Chung KC et al. Stability of granisetron
hydrochloride with dexamethasone sodium phosphate for 14 days. Am J
Health-Syst 1996 ; 53 : 1174-6.

Spécialités contenant du phosphate de dexaméthasone disodique :
Soludécadron® solution injectable.

Spécialités contenant du chlorhydrate de granisétron : Kytril® solution
injectable.

En bref

Phosphate de dexaméthasone disodique : 660 mg/l
Chlorhydrate de granisétron : 10 et 40 mg/l

Compatibles
Vecteur : glucose 5% ou chlorure de sodium 0,9%
Contenant : PVC
Nature : visuellement
Durée, délai : 14 jours
Température : 4°C et 24°C
Lumière : à l?abri de la lumière

_________________________________________

NOUVELLES INTERACTIONS

Les nouvelles interactions médicamenteuses (IAM) rapportées dans cette
rubrique sont le fruit des travaux menés par le Groupe de travail
"Interactions médicamenteuses" de l?Agence du Médicament, auquel participe
notamment le Directeur du CNHIM. Ne sont retenues et validées que les
interactions cliniquement significatives, c?est à dire susceptibles de
provoquer ou de majorer des effets indésirables ou d?entraîner, par
réduction de l?activité, des carences thérapeutiques. Le travail du groupe
est fondé sur une sélection d?IAM établie à partir des données de la
littérature internationale et de l?expérience pratique des utilisateurs.
L?ensemble des IAM est périodiquement revu et complété en fonction de
l?évolution des connaissances.

PHENYTOÏNE - TICLOPIDINE

L?association de la phénytoïne et de la ticlopidine, se traduisant par une
augmentation des concentrations plasmatiques de phénytoïne avec signes de
surdosage, demande de prendre certaines précautions d?emploi.

Le mécanisme de cette interaction correspond à l?inhibition du métabolisme
de la phénytoïne par la ticlopidine.

Il convient d?exercer une surveillance clinique et de contrôler les
concentrations plasmatiques de la phénytoïne.

Réf : Donahue SR. Clin Pharmacol 1997 ; 62 : 572-7.
Réf : Privitera M. Neurology 1996 ; 53 : 1191-2.
Réf : Riva R. Neurology 1996 ; 46 : 1172-3.

Spécialités contenant de la phénytoïne base ou sodique : Di Hydan® 100 mg
comprimé ; Dilantin® 250 mg/5 ml solution injectable.
Spécialité contenant du chorhydrate de ticlopidine : Ticlid® 250 mg
comprimé.

SIMVASTATINE - ITRACONAZOLE

Il est contre-indiqué d?associer la simvastatine (et par extrapolation la
cérivastatine et l?atorvastine) et l?itraconazole (et par extrapolation le
kétoconazole), en raison d?un risque majoré d?effets indésirables (dose
dépendant) à type de rhabdomyolyse.

Le mécanisme de cette interaction correspond vraisemblablement à
l?existence d?une compétition entre les deux médicaments au niveau de la
sous-unité CYP3A4, l?itraconazole en étant l?un des plus puissants
inhibiteurs. Il en résulte une diminution du métabolisme de
l?hypocholestérolémiant avec une augmentation conséquente de ses
concentrations.

Cette interaction n?est pas retrouvée avec la pravastatine et semble peu
probable avec la fluvastatine, celle-ci étant métabolisée au niveau du
CYP2C9.
Il convient d?interrompre le traitement par la statine pendant la durée du
traitement par l?itraconazole.
En cas de traitement durable par l?azolé, préférer une autre statine.

Réf : Segaert MF. Nephrol Dial Transpl 1996 ; 11 : 1846-7.
Réf : Lees RS. N Engl J Med 1995 ; sept 7th.
Réf : Neuvonen PJ. Clin Pharmacol Ther 1996 ; 60 : 54-61.
Réf : Horn M. Arch Dermatol 1996 ; 132 : 254.

Spécialités contenant de la simvastatine : Lodales® comprimé ; Zocor®
comprimé.
Spécialité contenant de l?itraconazole : Sporanox® gélule.

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